Greek Crisis

jeudi 20 octobre 2022

Automne d’un blog



Le temps que l’on nomme encore historique, finit des fois par peser lourd. Ce qui n’épargne pas non plus ceux qui luttent contre la tyrannie médiatique par la promotion de la réinformation dont certains blogs authentiques, à l’image de Greekcrisis - greekcrisis.fr que de nombreux lecteurs connaissent et apprécient depuis 2011. Je l’ai initié très exactement le 24 octobre 2011 ; ceci sous la pression, que je qualifierais avec le recul offert par la durée de “première pression à chaud”. Pression, il faut préciser du Régime de la Troïka, imposée à la nation et au peuple de la Grèce en mai 2010. Onze ans de blog... tout de même.

Le temps encore historique. Péloponnèse, octobre 2022

J’ecrivais alors ceci en 2013. Un jour de mai 2010, le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne ont fait irruption dans notre vie quotidienne en Grèce. Le gouvernement venait d’annoncer en catastrophe que l'État grec risquait de faire défaut dans le remboursement d'emprunts nationaux, s'il ne réussissait pas à se refinancer, et il devait concéder que les finances publiques étaient dans un état désastreux.

Le FMI, l’Union européenne et la BCE, constitués en une sainte alliance ultralibérale, missionnèrent aussitôt leurs experts et mirent le pays sous leur tutelle: la Troïka était formée, et ses Troïkans entrés dans la place. Leurs “traitements de cheval” - faits de coupes budgétaires et de privatisations à tout crin - allaient mettre à genoux tout un peuple, tout à fait dépossédé de tout pouvoir sur le cours de son devenir.

Les existences, les comportements, individuels et collectifs, bref toute la société en seraient profondément modifiés. Ces transformations, induites par la “thérapie de choc”, ont engendré une nouvelle situation dans un contexte d’accélération des temps nouveaux, accélération à la fois redoutée et pourtant acquise - dans les faits et dans tous les esprits - entre 2010 et 2012.

Cela... durera bien au-delà. Pour commencer, il s’agissait ni plus ni moins que du programme génocidaire initié par les globalistes, à travers son avant-première grecque, épisode relevant de la représentation du dernier spectacle du monde occidental, sous l’emprise du méta-capitalisme des satanisés.

Le blog n’était pas fait pour durer, ce qui peut d’ailleurs paraître étrange au vu des événements... essuyées durant toutes ces années, mais c’était effectivement ainsi que je voyais son avenir, voire, son devoir.

Manifestante de la première période sous la Troïka. Athènes, juin 2011

N’ayant pas tant pu saisir l’ampleur de l’Hybris, je croyais à tort, que finalement, notre force morale et autant physique, finirait logiquement par l’emporter... et de ce fait, le blog n’aurait plus raison d’être et cela même en seulement quelques mois.

Eh bien non. Plusieurs milliers de manifestations ont eu lieu en Grèce entre 2010 et 2016, souvent elles ont été initiées par les partis et les syndicats afin d’évacuer un peu de la vapeur sociale. Presque toujours la Sórosphère des anarchistes antifa, tout comme ceux mêmes casseurs issus des agents des Services grecs et étrangers, ont été de leur tâche accomplie pour créer du chaos organisé. Répression, découragement, répression et in fine, la trahison des partis politiques devenue perceptible, sans pourtant en finir avec elle ni avec eux. Allant de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par les... centres et toutes leurs cendres, sans alors exception aucune.

Le Régime totalitaire nécropolitique a su bien resté maître dans sa déconstruction, je dirais même... son “constructivisme” déjà du calendrier électoral, car entre 2012 et 2015, les forces dites “anti-mémorandum”, celles “œuvrant” contre la Troïka, ont alors fait surface, essentiellement la gauche supposée radicale de SYRIZA, puis, l’Aube Dorée naziforme, qui fut l’alter ego de la démocrature ; le tout, sous le bien commode emballage de l’épouvantail.

Maintenant on sait que SYRIZA fut préparé par les titis de Davos ainsi que par les autres rejetons de Soros avec l’aimable collaboration de la CIA, de la Loge du monde à Londres, en passant par leurs succursales NATO-européistes, à savoir Berlin et Bruxelles. J’avais de ce fait écrit dès 2011, que l’euro n’est pas une monnaie au sens prétendument économique du terme, mais alors une arme politique à destruction massive ; désormais d’ailleurs détruite sous nos yeux pour que le dollar puisse encore survivre encore quelques piètres... mois ou années.

Puis, de son côté obscur du crétinisme, l’Aube Dorée à commencer par son chef Michaloliákos, fut téléguidée par les Services secrets “grecs”, dont Michaloliákos est un indicateur depuis au moins les années 1990. Même en prison, ceux de l’Aube dorée bénéficient manifestement des promesses du Régime, par exemple quant à l’issue finale de leur sort.

Activité morte. Péloponnèse, octobre 2022

Le résultat très pratique... est de ce fait démontré par les actes. SYRIZA arrivant à ce pouvoir des marionnettes, il a rempli tout son contrat. Sous SYRIZA, la Troïka s’est ainsi installée en Grèce pour 99 ans, la Macédoine grecque fut offerte au Macédonisme des voisins Slaves rien que par l’officialisation de l’appellation non contrôlée dont bénéficie désormais leurs pays, à savoir la dite “Macédoine du Nord”, en sachant en plus, que ce Macédonisme est une création en réalité Khazare, datant d’il y a à peu près un siècle. Ce que d’ailleurs nos voisins Bulgares, le savent également très bien et parfois ils le disent.

Face au tournant Macédonien de SYRIZA, et autant celui du reste du “Parlement” d’Athènes, les pseudo-patriotes de l’Aube dorée se sont largement “couchés”, et comme par hasard, leur parti fut démantelé peu après, prétendument, suite à l’assassinat plutôt obscur et politiquement nuisible, celui d’un illustre inconnu jusque-là, le rappeur gauchiste Fýssas.

La phase suivante fut donc celle des années de l’après 2015, préparant la nomination au pseudo-pouvoir de l’ami des pédophiles et grand promoteur du LGBTisme comme sitôt de l’Ukronazisme en Grèce, Mitsotákis. Comme par hasard, et comme autant durant l’arrivée au pouvoir dans les années 1990 du père de l’actuel Mitsotákis, ces périodes furent marquées par l’élimination alors “miraculeuse” de l’échiquier politique, de l’extrême droite de pacotille.

Et pour ce qui est des vraies réalités, disons seulement qu’entre 2010 et 2022, près d’un million parmi les Grecs, ont quitté leur pays, tandis que depuis 2015, l’invasion immigrationniste, essentiellement issue des réseaux ONUSiens, Européistes et de Soros en passant par la Turquie d’Erdogan, ont fini par remplacer une partie de la population du pays. Et pas que les Grecs, car parmi nos voisins Albanais et Bulgares installés en Grèce dès les années 1990, nombreux ont été ceux qui se sont vus obligés au même départ, à destination de l’Allemagne, de la France, de la Belgique, voire, à destination des pays anglosaxons.

En tant qu’historien, je ne peux pas m’empêcher que d’établir le parallèle avec la période des années 1940 et surtout de la Guerre civile des années 1944-1949, guerre atroce et en somme barbare car totale, entre communistes et royalistes. Nos cimetières et nos ravins sont emplis de morts des deux côtés, tous ces jeunes Grecs ont surtout manqué à la reconstruction du pays, à ses luttes sociales, luttes de classe, voire nationales.

Morts de la Guerre Civile en 1944. Péloponnèse, octobre 2022

Avec le recul, on sait aussi ce qui n’est toujours pas officiel dans l’histoire enseignée et “acceptée” et pour cause, les Soviétiques n'ont aucunement poussé les communistes d’ici à l’insurrection armée, car en octobre 1944, Staline et Churchill avaient conclu un accord précis quant au sort de l’Europe, et de ce fait, la Grèce restait sous le patronage des Anglosaxons. Donc, l’entière responsabilité initiatrice dans le déclenchement de cette guerre civile est britannique, sans non plus sous-estimer le rôle de leurs agents en Grèce, car ils étaient au moins 5.000 depuis les années 1930, toutes... personnes alors bien loyales, y compris au sein du PC grec. La vérité est toujours amère, quand l’acception convenue de l’histoire reste encore à peine mangeable.

Le but britannique fut à notre avis, plutôt clair. Empêcher tout renforcement géopolitique de la Grèce et surtout, ne pas à lui rendre Chypre, une île dont la population à 82% grecque avait toujours voulu son rattachement à la Grèce et ceci, depuis ses révoltes des années 1930.

Les Grecs auront décidément mangé leurs dernières figues de l’été... même indien, celui autant des illusions, tandis qu’en dix ans seulement, leur classe moyenne fut largement déclassée, un processus interminable que ce pauvre blog a suivi... en subissant. Le pays est vendu, bradé, découpé en mille morceaux... que se partagent sitôt les rapaces mondialistes et les hyènes locales.

Dernières figues de l’été. Péloponnèse, octobre 2022

Une partie de la classe moyenne aura déjà abandonné ses véhicules, ses petites embarcations, voire ses maisons saisies ou vendues. Le... Reset moyen avant le grand, il fallait y penser. Les pauvres... sont encore plus pauvres, officiellement près de 40% de la population, pendant que l’économie grecque se criminalise d’en bas comme d’en haut. Drogue, prostitution, crime organisé sous le patronage de la plus grande mafia du pays, à savoir l’État conquis par les clans des partis, de ceux qui siègent au Parlement et cela sans aucune exception.

Le processus fut suffisamment long et pourtant il a été assez rapide du point de vue de l’histoire. J’ai tenu seul et inlassablement en toute indépendance les chroniques de ce blog, le tout, sous les vagues événementielles de l’Hybris. Ainsi, le positionnement du blog a fatalement évolué car finalement, l’expérience demeure toujours la meilleure école de la vie... et peut-être bien de la mort.

La boucle est alors bouclée, y compris politiquement en tout cas, et cela disons pour l’instant. En ce moment de Troisème guerre mondiale à petit comme à grand feu, initiée par l’Occient et visant ouvertement à détruire et à piller la Russie, le Régime totalitaire des... globaux, impose au psychopathe Mitsotákis que d’en finir rapidement avec l’affaire turque. En réalité, les pseudo-Grecs aux commandes en ce pays, ont admis depuis la fin des années 1990, le recul de la souveraineté grecque en Égée, à Chypre, voire en Grèce continentale, ceci bien entendu au profit visible de la Turquie.

Avoir abandonné véhicules et embarcations. Péloponnèse, octobre 2022

Ce qui s’y joue actuellement n’est qu’un théâtre, le régime d’Erdogan s’impatiente certes vu qu’Athènes joue les prolongations car le mafieux Mitsotákis, autant que tous les autres partis de la démocrature hellène, se trouve à la recherche d’un commode emballage pour cacher l’affaire devant une opinion publique hypnotisée... mais manifestement pas encore complétement.

Cependant, la tournure géopolitique actuelle laquelle indique que la fin du monde, ou sinon la fin du monde de l’Anglosphère serait proche, donne à la Turquie l’occasion de satisfaire son appétit de conquête. Ce qui rend une attaque turque plus que probable, et ce n’est pas Moscou qui viendra à l’aide de la pourriture des Mitsotákis au pouvoir à Athènes, quand ce dernier déclare que “la Grèce est en guerre contre la Russie”, déclaration qui n’est pourtant pas au goût de la majorité des Grecs. Sauf que cette majorité, ne s’exprime pas et surtout qu’elle ne bouge pas.

Yannákis, adespote de Greek Crisis. Péloponnèse, octobre 2022

Notons au passage que comme le rappelle l’analyste Fanoúla Argyroú, “les arguments de la Turquie au sujet de la prétendue démilitarisation des îles grecques de la mer Égée sont ridicules et ne servent que de prétexte”. Notons également que la famille Mitsotákis fait des affaires avec la Turquie, impose à la Grèce la dépendance énergétique vis-à-vis de la Turquie, rien que par de l’électricité importée et par le gaz qui arrive depuis l’Azerbaïdjan via la Turquie, après bien entendu avoir fermé les centrales thermiques du nord de la Grèce utilisant le lignite 100% grec.

Ainsi, ce lignite est désormais exporté vers Allemagne, pendant que les éoliennes allemandes se multiplient par centaines, défigurant nos montagnes et nos îles, en toute énième violation de la Constitution et autant des règles supposées internationales ou européennes, censées protéger nos parcs naturels ainsi défaits.

Dans un sens, on pourrait même prétendre que ce blog a peut-être aussi vécu. Je me souviens de ce fait, ses premiers paragraphes, nés du clavier d’un ordinateur aussi déchu aujourd’hui, c’était en octobre 2011.

Ce soir les médias sont bien agités. Il y a des cheveux à tondre. On s'y prépare à Bruxelles à tondre une partie de la dette grecque. Une partie seulement. Sur 300 milliards les 200 milliards en seront exclus. Le toilettage forcé concerne les banques et les caisses d'Assurance maladie et de Retraite du pays. Pas les actifs de la Banque Centrale Européenne par exemple”.

Ayant quitté Athènes pour quelques jours, je note ce silence accablant de la Grèce rurale. Les rues sont vides et les cafés ont perdu leur fréquentation. La sociabilité baisse ici aussi ses volets. Avant la Troïka, on paradait vraiment portant la richesse - petite ou provisoire peu importe - tout le monde avait à exhiber un nouvel achat. Désormais, lorsque le chômage et les faillites frappent les portes aussi des ruraux, ces dernières ne s'ouvrent plus pour les voisins, les cousins, les amis”.

Époque... suffisamment lointaine. J’avais initié mes articles dans le but de réinformer, de sensibiliser et de faire réfléchir. Après plus de six millions de pages vues, c’est chose faite... mais pour un pays défait. Et pourtant.

Je fais encore saisir ce qui en reste d’hellénique à mes vaillants participants à travers Grèce Autrement - greceautrement.fr, et malheureusement pour... les affaires courantes comme on dit, ils ne sont guère suffisamment nombreux. Je fais encore visiter le centre-ville d’Athènes, mais de moins en moins, déjà car je n’y suis plus. Il faut dire aussi qu’Athènes, ceci à l’instar des autres capitales en Occident, est d’abord une nécropole... très exactement sous le Régime de la nécropolitique ambiante et il fallait bien s’y attendre.

En les aidant un peu, même nos touristes finissent par le remarquer. Donc le processus m’est désormais trop familier. De la crise... ainsi à la nécrose. C’est aussi une raison qui me pousse à moins proposer Athènes dans mes programmes, car à force de visiter les cadavres on finit dans le caveau plus vite que prévu. Et pour preuve, ce cliché parallèle d’un même bâtiment public, quand la photo datant de 1958 à gauche est issue d’un film de l’époque, tandis que son... fantôme à droite, résume à lui seul la décrépitude, en somme ontologique du même bâtiment et en réalité du pays, ceci en 2020.

Athènes entre 1958 et 2020. Presse Internet, 2022

Il fallait passer certainement par là. Et pour l’anecdote, en 2011, ce blog bénéficiait d’emblée de toute la... surveillance de Mimi, puis, autant de celle de notre Hermès à partir de 2017, tandis que sa toute dernière période, son arrière-saison automnale pour le dire autrement, devient fatalement celle de Velissários, de Yannákis et de Léon. Et surtout de Volodia !!!

Car en géopolitique déjà, l’automne augure souvent l’hiver, celui de tous les dangers. Puis, onze ans c’est plutôt long. Pour survivre, le blog lancera sa campagne annuelle de soutien financier de fin d’année un peu plus tôt que prévu, c’est-à-dire début novembre.

Volodia et Velissários de Greek Crisis. Péloponnèse, octobre 2022

Survivra-t-il en ces temps que l’on nomme encore historiques, proposant aux lecteurs le côté, disons-le, quelque part originel de notre Tragédie ?

Et dire aussi que bientôt il faudra ainsi... fêter 1.000 articles publiés depuis octobre 2011. Espérons-le... peut-être.
Mimi et Hermès de Greek Crisis. Péloponnèse, octobre 2022

* Photo de couverture: Automne. Péloponnèse, octobre 2022