Greek Crisis

mardi 20 avril 2021

La mer à boire



La vie reprend son cours... quand elle le peut. D’abord la jeune Psipsíka n’est plus. Emmenée par nos soins chez le vétérinaire de l’île de Poros ; il l’a réanimé une première fois samedi soir, mais elle est partie dimanche. “Croyez-moi, c’était irrécupérable”. Par contre Zóga, délivrée des grossesses et stérilisée a bien récupéré, au point de la libérer de sa case dès lundi après-midi au lieu de mardi matin. La vie, la mort, l’amour. Ainsi, de courte visite à Nauplie il y a quelques jours, ville tant prisée des voyageurs, si vivante il y a encore un an, nous avons parfaitement vu qu’à bien des égards, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Zóga a bien récupéré. Péloponnèse, avril 2021

Nauplie à travers sa grande épopée, tout comme à travers ses petites histoires. Tels près du port ces deux amoureux qui se bécotent, et c’est tout juste pour faire contraste avec les terrasses des cafés sans âme. Port important au dix-neuvième siècle et ville jadis première capitale de la Grèce libérée des Turcs ; rappelons encore le sort si injuste réservé à Ioánnis Kapodístrias, car le premier Gouverneur des Grecs y avait été assassiné en 1831. Lointaine époque ?

Les vrais maîtres des lieux. Nauplie, avril 2021

En attendant le retour de la grande histoire ou à défaut... celui des touristes, les chats et les chiens sont en ce moment les vrais maîtres de la ville historique, déjà qu’ils se baladent sans permission de sortie.

Les popes et certains habitants profitent du soleil, ils ne se doutent même pas de la fin programmée de leur sacerdoce. Les initiés aux commandes ont déjà supprimé de fait le calendrier chrétien depuis mars 2020 ; surtout sa plus grande fête pour l’Orthodoxie et pour le peuple grec ; cette année, Pâques a lieu le dimanche 2 mai.

Les popes profitent aussi du soleil. Nauplie, avril 2021

Sauf que la Xénocratie maladive en a décidé autrement. Devant les protestations bien molles des ecclésiastes, les conseillers Sorites de Mitsotákis, laissent entendre que l’heure des messes pourrait être modifiée, ainsi que leur déroulement dans le sens de la durée, car tout devrait coller aux mesures sanitaires et au couvre-feu.

Du jamais vu en Grèce... mais il y a décidément un temps pour tout, entre le sacré et le profane. Le clergé joue alors très volontairement le jeu de l’acclimatation des masses populaires au New Age des gnostiques paranormaux associés. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les crypto-lucifériens de l’ONU ont imposé un autre calendrier festif mondialiste, dont le véritable but est de remplacer le calendrier chrétien. Hitler et Staline en leur temps... ne s’y sont pas vraiment parvenus.

Les vrais maîtres des lieux. Nauplie, avril 2021

Et déjà bien en amont de la Semaine sainte, la place Sýntagma au centre de la vieille ville de Nauplie est bien déserte, sans ses restaurants ni ses cafés. Désolation. Même le fameux glacier qui pourtant vend à emporter, est désespérément fermé. Il était venu il y a plus de vingt ans depuis son Italie natale, pour s’installer en cette belle “Napoli di Romania”, autrement-dit, Nauplie la belle. Un synonyme pour les Italiens, de Naples dans l’Empire romain d’Orient. Antica Gelateria di Roma, de la glace donc... à la glaciation.

Même le fameux glacier venu d'Italie. Nauplie, avril 2021

Nous avons certes trouvé de la glace ailleurs, au lait local... mais à la souffrance nationale. Il y a de l’attente dans l’air du temps, les professionnels du secteur, les restaurants, les boutiques et les hôtels prévoient la réouverture du pays... surtout quand Mitsotákis déclare clairement qu’il interdit aux Grecs à fêter Pâques au village ou à la campagne... pour ouvrir à peine deux semaines après le pays aux touristes.

Les garçons... du pays réel asservi, après sept mois d’emprisonnement confinatoire, serviront alors les touristes, autant asservis chez eux, mais qui vont s’échapper d’ailleurs sous conditions et peut-être pour peu de temps encore, des conurbations européistes.

De la glace ailleurs, au lait local. Nauplie, avril 2021

Déjà, ceux des camping-cars sont de la partie... fuyant leurs patries. L’autre midi, un couple de retraités Allemands, s’est pointé dans notre coin du Péloponnèse à bord de leur maison mobile toute neuve. “Nous avons quitté l’Allemagne car Merkel est inféodée à Soros et nous, nous ne supportons plus le confinement”. “Mais, le saviez-vous que la Grèce est sous confinement strict depuis novembre et que les Grecs, ne peuvent même pas circuler d’une municipalité à l’autre ?

La place Sýntagma est déserte. Nauplie, avril 2021

Non, personne ne nous a rien dit, ni de départ en Allemagne, ni à l’embarquement à bord du ferry en Italie... et encore moins lors du débarquement à Patras. Tout ce qui les intéressait c’est le PCR négatif, nous l’avons naturellement ; le PCR et rien d’autre. Le camping-car c’est notre hôtel, et à son bord nous nous baladons partout dans le Péloponnèse depuis une semaine, et vraiment personne ne nous a rien dit, ni interdit. Comme d'habitude, on nous a laissés libres. L’Europe va mal”. En effet, et même Allemagne comprise.

La place Sýntagma est déserte. Nauplie, avril 2021

Retour au triste sort des libertés. Par exemple, pour ce qui est des tests rendus obligatoires... sachant qu’il s’agit tout de même d’un acte médical, les parents d’élèves qui ne sont pas pliés aux règles ont désormais la vie dure.

La semaine dernière à Thessalonique, la mère d’un élève a été conduite devant le juge menottée pour flagrant délit. Cette mère d'un lycéen avait refusé que le test COVIDien soit pratiqué sur son fils en vue de reprendre ses obligations scolaires après six mois de pseudo enseignement à distance.

Son arrestation a été notamment motivée par le nouveau cadre à travers le processus de la pénalisation des opinions non mainstream ; déjà, parce qu'elle avait posté un texte que l’on dit “incendiaire” sur sa page Facebook. De son côté, la mère de l’élève a porté plainte à l’encontre du Proviseur du lycée, étant donné que son fils a été sitôt renvoyé de l’établissement.

La mère d’un élève, menottée. Thessalonique, avril 2021 (presse locale)

C’est une autre forme de guerre et alors un temps de chien. La mère a été rapidement libérée certes, mais le Régime entend donner l’exemple et surtout, étaler l’image forte devant tous les récalcitrants. Au même moment, partout en Grèce et d’abord à Athènes, de très nombreux jeunes remplissent les places pour alors fêter... illégalement l’avènement des temps nouveaux. De toute manière le coronavirus multi-mutant circule allègrement comme tout virus de ce genre, confinement d’ailleurs ou pas.

Les hôpitaux ont du mal à suivre, et quant au gouvernement, il a récemment prétendu qu’il n’y a pas de compte rendu issu des réunions entre les politiques et le comité dit “scientifique COVID-19”. Seulement voilà, un journal s’est procuré ces documents qui ne devraient pas exister, pour y apprendre enfin ce que l’on savait déjà.

Il n’y a pas grand-chose de scientifique dans cette affaire ; ces médecins si grassement payés par le gouvernement et par l’industrie pharmaceutique ne font que dorer la pilule aux mesures adoptées qui sont prédéfinies car strictement politiques, c’est-à-dire, liberticides et totalitaires. Les Grecs désormais le savent, ainsi le temps de l’observation des mesures de distanciation sociale a pris fin, pour une partie du moins de la population. La vie, la mort, l’amour... et même la drogue. L’autre soir, dans un quartier d’Athènes ils étaient plus de cinq mille jeunes à danser, à boire et à se droguer.

Certains jeunes du pays donc qui ne s’insurgent plus, ni de sa perte ni de la leur d’ailleurs, “résistent”... en se droguant, au sens bien étroit comme au sens large. L’Occident ne meurt plus au combat, mais il se noie dans la farce, dans la drogue et dans l’alcool. La Police n’intervient plus pour l’instant, ce qui permet de dire aux journalistes stakhanovistes du Régime “que les jeunes ne prenant aucune mesure de protection, ils aggravent la situation ; en conséquence, nous ne sortirons jamais du confinement en accordéon si cela perdure”.

Une autre forme de guerre, un temps de chien. Nauplie, avril 2021

Pendant que les navires des croisières locales depuis Nauplie, ainsi que certains yachts, restent désespérément à quai, la grande histoire suit dans son côté obscur de la force, à travers toute la petitesse de l’énorme trahison. Nikos Déndias, homme proche des Rothschild en Grèce et ministre des Affaires étrangères, en visite officielle en Turquie invité d’Erdogan... s’est effrité publiquement devant les caméras avec son homologue turc, lui rappelant combien la Turquie menace ouvertement les îles grecques.

En somme une bonne nouvelle... dans un tel océan formé par tant de tristes vagues. Même les acolytes de Mitsotákis, ceux appartenant à ELIAMEP, le Think Tank... représentant Sóros et Ankara à Athènes, sont montés au créneau pour blâmer Déndias. “Monsieur Déndias tu dois apprendre à te taire”.

Ainsi que certains yachts. Nauplie, avril 2021

La version courageusement optimiste de cette affaire suppose que Déndias a enfin dit leurs quatre vérités aux Turcs, et qu’il n’a pas avalé, une fois n’est pas coutume, son chapeau. Certains à Athènes, prétendent même que Déndias fait de l’ombre à Mitsotákis, ce qui n’est guère difficile !

Hélas, je n'y crois pas trop, car, on peut apprécier le dialogue impliquant Déndias en Turquie, tout en sachant que derrière les portes fermées derrière le vrai dialogue rien n’a filtré. Il n’y a eu même pas de descriptif si ce n’est que pour la forme, au moyen par exemple d’un communiqué officiel.

Car rien que pour la mise en scène, Berlin est aussi passé par là dans ses négociations secrètes qui sont en cours, où, comme l’écrit à sa manière le journal turc Yeni Safak cité par la presse grecque, “La Turquie ne doit pas être inquiète des déclarations de Déndias, car il y a aussi Mitsotákis. Et Déndias, n’a pas suivi les instructions de Mitsotákis, nous le savons”.

Les héros de la Révolution grecque de 1821. Nauplie, avril 2021

Je dirais même, à l’instar de certains analystes à Athènes que tout ceci n’est que théâtre... d’ombres. Les initiés du mondialisme parasitaire ont porté au pouvoir Tsípras pour “régler” l’affaire macédonienne et pour en finir avec la protestation des Grecs contre la Troïka, tout comme ils ont nommé Mitsotákis pour parfaire le recul de la souveraineté grecque et à terme, même le recul des frontières du pays, en mer Égée, en Thrace et de manière déjà plus flagrante à Chypre.

J'ose même prévoir le calendrier: Élections anticipées dans quelques mois, ensuite signature avec la Turquie, au besoin sous un gouvernement de coalition “gauche” - “droite”, et enfin, le Mémorandum 5 à la clef. En attendant, le pays, ce qui en reste en tout cas ; entreprises, immobilier, montagnes, ressources, alors tout sera bradé aux amis mafieux internationaux et locaux des criminels qui gouvernent par cooptation dans la démocrature actuelle.

On a beau encore se souvenir des héros de la Révolution grecque de 1821 pour alors se défaire de l’occupation ottomane ; mais deux siècles plus tard, la société grecque est incapable de se relever. “Nous ne pouvons plus rien faire, nous suivons les événements à la télé et nous subissons, c’est tout”, me disait ce matin un pêcheur d’ici, ses filets d’abord remplis d’amertume.

Les chats et les chiens sont décidément les vrais maîtres des lieux à Nauplie... quand les initiés de la Xénocratie demeurent les vrais seigneurs de l’Éparchie grecque. En tout cas pour l’instant... mais qui s’éternise.

Les vrais maîtres des lieux. Nauplie, avril 2021

Notons qu’à Nauplie, les habitants ne commentent pas la prestation de Déndias en Turquie, car déjà, les mauvaises herbes poussent ici ou là devant les portes des tavernes fermées depuis six mois. Comme par exemple, c’est devant l’une d’entre elles, que nous avons surpris le couple des propriétaires bien mal en point. La femme avait éclaté en sanglot ; et son mari tentait en vain de la rassurer. “Ne t’en fais pas, l’activité va reprendre et les beaux jours reviendront progressivement dès l’été prochain”.

Le cœur n’y est plus et l’esprit s’effrite. Nous cheminons désormais tels des automates sans aucune prise sur nos vies collectives et j'ose dire, autant sur notre vie personnelle pour un nombre bien grandissant d'Européens. Plus vite on le comprendra, plus vite on sauvera nos pays. J’espère me tromper, mais hélas le plus souvent, les appréhensions de ce pauvre blog finissent par se concrétiser quelques années plus tard. Dix ans de blog, ce n’est d’ailleurs pas rien en termes d’analyse, de travail et enfin, de douloureuse expérience. Observation participante !

Les mauvaises herbes devant les portes des tavernes. Nauplie, avril 2021

Notre moment historique devient celui des cités grecques, jadis libres sous l'Antiquité mais pour si peu de temps. Leurs Assemblées supposées du peuple, d'abord sous Philippe II de Macédoine, puis sous les Royaumes Hellénistiques et enfin durant Rome, étaient seulement en fin de compte, informées des décrets et des lois promulgués ailleurs.

Décrets et lois transmis depuis la haute administration de l'Empire aux éparques locaux, pour ensuite être communiqués... pour information aux Assemblées qui comme à Athènes, ne décidaient finalement que de la voirie, ou des Panathénées. De notre temps, même les fêtes sont abolies... c'est tout de même un signe. Et dans la série des signes qui ne trompent pas, un militaire et père de deux enfants, s’est suicidé cette semaine à Thessalonique, se jetant du balcon de son appartement. La vie, la mort et... le désespoir.

Zóga, délivrée. Péloponnèse, avril 2021

Mais alors pour nous... en ce Péloponnèse encore mythique, Zóga, délivrée des grossesses et stérilisée, a bien récupéré au point de la libérer de la case lundi après-midi, au lieu de mardi matin. Merci de tout cœur à tous les amis du blog pour votre soutien renouvelé... nous poursuivrons, y compris sur la voie des animaux adespotes qui sont les nôtres à nous tous.

Zóga a ainsi retrouvé les siens ; mais alors nous, nous ne pouvons plus retrouver nos bons vieux amis pour enfin défaire de l’histoire et autant débattre de l’actualité, confronter comme nous l’avions toujours fait, nos versions des faits et des gestes autour d’un petit verre d’ouzo. Du jamais vu en Grèce...

La mer à boire... c’est maintenant, car la vie reprend décidément son cours... vraiment quand elle peut.
Zóga a ainsi retrouvé les siens. Péloponnèse, avril 2021

* Photo de couverture: Deux jeunes amoureux. Nauplie, avril 2021