Greek Crisis

samedi 17 avril 2021

Appel urgent... du blog Greek Crisis



On pénètre parfois malgré nous, le noyau dur de l’existence. Vendredi, en fin d’après-midi, Psipsíka, petite âme du port parmi les autres chats adespotes des lieux... est venue mourir auprès de nous. C’est vrai que nous nous occupons dans la mesure du possible d’un bon nombre de chats ici... et c’est visiblement ce que Psipsíka, très malade a ressenti. En dépit des difficultés qui sont... les nôtres et même au-delà de l’étonnement de notre Mimi ou de notre Hermès, nous n’avons plus hésité une seule seconde.

Psipsíka du port, très malade. Péloponnèse, avril 2021

Le rendez-vous fut sitôt fixé pour ce samedi chez le vétérinaire de l’île de Póros qui nous est proche. Dans la foulée, nous avons également amené Zóga, qui incontestablement est la Reine des femelles du port... mais alors de ce fait, elle avait échappé à la campagne de stérilisation de l’année dernière. Elle allait encore mettre bas d’ici peu de temps ; le vétérinaire nous a donc conseillé de “s’en occuper” aussi urgemment, pour également la faire stériliser, la délivrant définitivement du fardeau.

Elle miaulait tant Zóga. Péloponnèse, avril 2021

Elle miaulait d’ailleurs tant quand nous avons réussi à la capturer, et ensuite, durant tout le trajet et à bord du bac reliant le Péloponnèse et l’île de Póros ; la... traversée dure à peine dix minutes. Par contre, Psipsíka, très mal en point depuis un moment déjà, respirant difficilement, elle n’arrivait plus à miauler. Inquiétant... silence.

Le bac, reliant le Péloponnèse et l’île de Póros. Avril 2021

Chez le vétérinaire, nous avons à peine attendu cinq minutes, disons que nos deux âmes adespotes ont aussitôt suscité toute la curiosité des leurs. La prise en charge a duré plusieurs heures ; de ce fait, nous avons à l’occasion revisité ce Póros sans âme... sans visiteurs et sans cafés.

Nous y avons enfin frugalement grignoté notre bout de pain... très quotidien à la féta, que nous avions préparé avant notre départ. Cependant, nous nous sommes accordés tout juste... le luxe d’un café forcément à emporter, assis le cœur bien plein devant le spectacle d’un port vide. Nous avons d’ailleurs remarqué que les prix pratiqués... sont tous en hausse. On y vend le petit feuilleté au fromage à plus de deux euros, deux fois plus cher pratiquement que dans notre petite bourgade du Péloponnèse, pourtant proche. C’est pour une autre fois donc sur Póros, car alors... cette semaine, tout est pour Psipsíka et pour Zóga.

Chez le vétérinaire. Póros, avril 2021

La curiosité des autres chats. Póros, avril 2021

Ceux de l’île de Póros, s’agissant cette fois-ci des humains, préparent en ce moment leurs cafés, restaurants et hôtels pour la saison touristique. Autrement-dit, en vue de la supposée reprise annoncée pour la mi-mai, car la fermeture dure tout de même depuis octobre dernier. Toute une éternité, déjà dans la vie d’un chat.

L’optimisme des Poriótes est plutôt pondéré, l’île est fortunée comme on a l’habitude de dire, sauf que désormais, l’inquiétude gagne la classe moyenne aisée. Tel ce gérant local d’une flottille de voiliers de location, expliquant à un marin retraité toute la suite des... opérations. “Cette histoire du COVID ne se terminera plus. Je te le dis ; nous allons vivre à moitié, comme nos grands-parents”.

Le retraité de son côté, croit pouvoir récupérer un peu de son pouvoir d’achat, volé il y a dix ans sous la Troïka. “Tu sais quoi, Mitsotákis lâchera un peu, étant donné qu’il se prépare pour des élections anticipées”. Paroles, toujours sans musique. Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes rapidement éloignés des bancs publics et des discussions de ce genre.

Chez le vétérinaire, la tirelire pour les adespotes. Póros, avril 2021

Car notre politique bien à nous ce week-end, ce sont nos animaux adespotes... eux qui n’ont jamais eu de maître justement ni de Troïka. Et pourtant. Chez le vétérinaire, nous avons découvert une tirelire au profit des adespotes. Décidément, les sans maître, ne sont pas les mieux lotis dans ce bas monde, nous en savons autant quelque chose.

Comme prévu, Zóga a été délivrée, et sitôt stérilisée. En septembre dernier, comme elle ne pouvait plus s’occuper de sa portée, elle nous avait apporté ses petits... en appelant à l’aide.

Zóga délivrée et stérilisée. Péloponnèse, avril 2021

De retour, nous l’avons installée dans la grande case qui sert pour faire voyager notre Hermès en voiture. Nous la surveillerons, nous lui mettrons une petite couverture durant la nuit, et nous commencerons à lui donner à manger dès ce dimanche. “Libérez-la seulement mardi matin, si vous avez la possibilité. Comme la pauvre elle était pleine, sa cicatrice est bien plus grande que d’habitude, lorsque nous stérilisons les femelles. En cas de pépin, téléphonez-moi”.

Zóga installée dans la grande case. Péloponnèse, avril 2021

C’est, répétons-le, notre seule grande affaire politique jusqu’à mardi prochain, y compris pour ce pauvre blog, souvent si polémique par les temps qui courent. Car, on pénètre bien parfois le noyau bien dur de l’existence, et pas seulement malgré nous.

On s’en doutait même un peu. À défaut de pouvoir sauver l’âme du pays, sauvons peut-être la dernière mémoire grecque, à savoir ses chats.

De la... mémoire grecque. Póros, avril 2021

Nous avons remercié notre vétérinaire et nous avons réglé, dont le coût de deux journées... d’hospitalisation déjà pour la pauvre Psipsíka. Car elle y est restée. “Vous savez, vous avez pu l’emmener juste à temps... elle était hélas mourante. Je fais de mon mieux mais je ne sais pas si elle pourra récupérer. Je vous le dirai dimanche, voire même lundi. Sinon...

Car Zóga, déjà elle récupèrera, et nous la nourrirons de nouveau sur le port avec nos autres adespotes. Ainsi ce week-end, nous pensons à nos vraies affaires politiques, à nos amis... ceux qui en ce moment sont souffrants en France, mais qui s’en sortiront comme Zóga, notre Reine du port et même du Péloponnèse.

Sur le port, Zóga est à gauche. Péloponnèse, avril 2021

D’où d’ailleurs notre appel présent, plus qu’urgent. Amies lectrices et amis lecteurs de ce pauvre blog, aidez-nous par vos dons car nous devons tenir. Et si ce n’est plus tant pour... nos combats politiques communs ; c’est alors pour le noyau bien dur, c’est-à-dire adespote... de l’existence.

Nous n’avons certes pas hésité une seule seconde... et nous attendons impatiemment les nouvelles de la pauvre Psipsíka. Elle est très mal en point, mais nous espérons qu'elle guérira. Notre seule politique bien à nous !
La pauvre Psipsíka hospitalisée. Póros, avril 2021

* Photo de couverture: La pauvre Psipsíka hospitalisée. Póros, avril 2021