vendredi 2 avril 2021

Objectif pour l’humanité



Avril et son poisson qui se vend plutôt mal. En ce Péloponnèse qui tourne au ralenti, les clients manquent, y compris pour le poisson frais. Le petit chalutier ne quitte son port qu’un jour sur deux, et encore. Les tavernes fermées depuis six mois ne sont qu’un lointain souvenir ; les restaurateurs achetaient tout de même une bonne partie des prises en cette période de carême, mais c’était du temps d’avant. Avril 2021, sixième mois consécutif de confinement. Objectif... pour l’humanité.

Vestige de la Deuxième Révolution industrielle. Péloponnèse, avril 2021

Sur le port, plus personne ne s’attarde devant la vieille pompe, vestige parmi d’autres de la Deuxième Révolution industrielle. Les étapes... révolutionnaires sont à présent toutes brûlées et visiblement le tourisme avec. Fánis, qui voulait encore y investir l’année dernière, est revenu sur sa décision. Il avait acheté “pour un prix correct” un immeuble ayant jadis servi d’hôtel-restaurant pendant les lointaines années 1990, dans l’idée de le rénover.

J’y installerai un piano-bar branché, ça change de ce que tout le monde propose ici” disait-il en 2020. Il en était bien fier cet ancien officier de la marine marchande ayant travaillé près de 25 ans à bord des pétroliers et des vraquiers par tradition, mais aussi par nécessité. Pour le changement... on est plutôt servi, depuis la phase préliminaire du Great Reset. Fánis a donc reporté, pour ne pas dire annulé son projet. “Je me crois revenu au temps des parents et des grands-parents, et encore, à l’époque nous bâtissions un certain avenir, une certaine situation. Même la marine marchande n’est plus ce qu’elle fut, elle n’embauche quasiment pas et ceci depuis plusieurs mois”. Fin de série.

La vielle Grèce. Artisans à Athènes des années 1950

Car la vielle Grèce des années 1950, vivait certes encore largement dans la boue des quartiers insalubres, sauf qu’elle pratiquait alors une myriade de petits métiers, lesquels naturellement ne rapportaient pas grand-chose ; cependant, tout le monde rêvait de s’en sortir.

Vielle Grèce, quartier de Dourgoúti. Athènes, années 1950

On se souvient autant à ce propos, du film que le réalisateur Nikos Koúndouros avait tourné dans le quartier de Dourgoúti à Athènes en 1954 et qui fut son premier long métrage après ses années d’emprisonnement politique car il était de gauche, intitulé comme par hasard “Ville magique”. Le film, inspiré du néoréalisme italien, reprend alors le thème habituel du mélodrame et développe l'éthique du pays réel et des humbles, opposée à la corruption et à l'argent. C’est l’histoire d’un jeune chauffeur de camion qui se mêle dans une affaire illégale avec un escroc pour gagner enfin le cœur de celle qu’il aime après avoir épongé ses dettes. Mais surtout, dans l’espoir de quitter un jour le bidonville.

“Ville magique”. Film de Nikos Koúndouros, 1954

En 2021, cette phase historique justement, vécue par les plus âgés, les ascendants immédiats des Grecs actuels, revient sur scène comme un cauchemar et même en force, dans leur mémoire revisitée.

Ils nous ont rendus esclaves, malades et impuissants. Tout est bousillé dans ce pays, nous partirons de ce monde emplis de toute cette amertume. Seules les générations qui nous suivent, trouveront peut-être le bon usage de la réaction. Ces salopards d’initiés, car nous les identifions désormais clairement, dont ces faux-Grecs de politiciens, avaient préparé leur sale coup depuis très longtemps, et voilà que notre nation est sur le point d’être détruite”. Constat cynique, fait par un vieux pêcheur d’ici.

Il faut préciser que les habitants de la presqu’île n’ont pas suffisamment réalisé l’ampleur du... grand chantier. “Ces gens creusent notre tombe”, le répète pourtant notre ami pêcheur. Certains pourtant réalisent seulement sur le tas... toute la profondeur du système. Car en politique rien n’arrive par hasard. Chaque fois que survient un événement on peut être certains qu’il avait été prévu pour se dérouler de cette façon.

Mitarákis et la Commissaire Ylva Johansson. Lésbos, mars 2021 (presse nationale)

L’initié Mitarákis par exemple ; le ministre des migrants-colons a accueilli la semaine dernière sur le... “terrain Grèce”, la Commissaire des envahisseurs Ylva Johansson. La mafia européiste vient d’allouer comme on sait, près de 300 millions d’euros à ses sbires à Athènes, rien que pour accroître le nombre des “camps pour migrants et réfugiés”, d’après la novlangue en usage.

C’est-à-dire, en langage dont la sémantique n’est pas tordue, construire dans cette phase du projet en cours, près d’une centaine de bourgades musulmanes et ainsi remplacer à terme la population grecque des îles, des villes, tout comme celle des campagnes de la péninsule grecque par autant d’envahisseurs instrumentalisés, légalisés et financés par l’entremise de la mafia des ONG, tout comme par l’immigrationnisme des initiés. Car le Grand Reset c’est aussi cela.

Une habitante de Sámos a d’ailleurs rappelé à la Commissaire le b.a.-ba de la géopolitique d’après Thucydide ; à savoir, que “la Grèce est le pays des Grecs et non pas des autres, ni d’ailleurs celui de Johansson”, pour recevoir en guise de réponse... les mensonges habituels de la novlangue des initiés. L’échange s’est fait en anglais. Ailleurs comme à Lesbos, les Grecs ont également manifesté, sauf qu’à notre humble avis, le temps des rassemblements gentillets, exprimant certes la colère du pays réel, est plus que dépassé.

Ce que les Grecs savent, lorsqu’encore ils le savent sous la monoculture médiatique coronariste, tient de la transformation officielle de leur pays, à commencer par les îles et par certains territoires situés sur la frontière avec la Turquie, en zones grises officielles, sous contrôle Onusien et européiste. Le but est désormais ouvertement annoncé par la dite “nouvelle politique européenne d’immigration”.

Manifestants des îles contre Ylva Johansson. Mars 2021 (presse nationale)

Ces zones devenues foyers de population musulmane, imposée sans le moindre aval des habitants du pays, ne seront plus gérées, même de loin et pour la forme, par les autorités locales ou nationales grecques mais seulement, par les instances immigrationnistes des initiés de Bruxelles, de Berlin, des ONG et des loges... s’agissant au passage des “frères” de l’initié Mitarákis, de son vrai nom Mitarachi. Sans oublier les nombreux djihadistes sur le terrain, agents pour l’instant dormants ou agissant dans l’ombre. L’organisation du monde occidental devient autant chaotique que totalitaire, l’un n’exclue d’ailleurs par l’autre.

On notera à l’occasion ces propos de l’initié atypique Charles Riandey d’il y a déjà plusieurs années.

La nécessité d'une organisation totalitaire du monde, de laquelle sera exclue toute notion de primauté d'une nation, subsiste néanmoins. Elle se réalisera inéluctablement à son heure, heure qui n'est pas encore arrivée et que personne n'a intérêt à vouloir anticiper, car l'on ne cueille les fruits que lorsqu’ils sont mûrs”.

Manifestants contre Ylva Johansson. Lesbos, mars 2021 (presse nationale)

Les... fruits sont visiblement trop mûrs depuis deux ans, seulement voilà, sur notre presqu’île, certains Grecs sont davantage préoccupés par la situation économique et COVIDienne, plutôt que par cet autre assassinat de leur pays. Notons que sur dix à onze millions d’habitants, le pays il y a encore trente ans, peuplé à 97% de Grecs orthodoxes, compte officieusement près de trois millions d’étrangers, naturalisés d’ailleurs compris, d’après une procédure plus que burlesque.

Sur notre presqu’île. Péloponnèse, avril 2021

Donc, la population grecque de l’Hellade a déjà été remplacée à hauteur de 30%, en plus de l’exode de 700 mille Grecs vers l’étranger, sous les effets... très calculateurs de la Troïka dans cette phase supposée finale de la Xénocratie historique qui règne sur le pays depuis l’assassinat commis par les initiés, de notre Gouverneur Ioánnis Kapodístrias, c’était en octobre 1831.

Tout ne serait cependant pas perdu. La comédienne et traductrice Natalía Kapodístrias est la dernière descendante du premier... et pour l’instant, dernier gouverneur de la Grèce libre ! Infatigable, elle traduit actuellement le journal manuscrit et inédit de Roxándra Stoúrtza, l’amie proche de Kapodístrias et également dame des honneurs de l'Impératrice Élisabeth Petrovna de Russie.

Natalía et Ioannis Kapodístrias. Corfou, avril 2021 (presse nationale)

Natalía, évoque autant cette vérité orthodoxe dans l'influence indélébile de la personnalité du Gouverneur, ainsi que l'arbre généalogique de sa famille et son degré de parenté avec le grand patriote grec.

Depuis mon enfance, j'ai été émue par le fait que Kapodístrias était infatigable, sobre et totalement dévoué à sa mission. Le sentiment aussi, qu'il n'aimait pas la sociabilité inutile, et le simple fait, que par exemple, la lampe de son bureau s'éteignait tard dans la nuit pour s'allumer bien avant l'aube. Voilà ce qui m'inspire. Je me souviens combien mon père faisait souvent référence à l’intégrité de Kapodístrias, au fait qu'il ne gagnait pas d'argent par sa carrière politique et diplomatique, mais au contraire, il a légué toute sa fortune à la Patrie”.

Temps dirons certains, bien révolus. Notre Gouverneur, avait d’ailleurs séjourné en ce Péloponnèse des amis des nôtres ; nous avons alors respecté la tradition et allumé une chandelle en mémoire de Kapodístrias, étant donné que le... Régime actuel n’a pas encore définitivement fermé toutes nos églises et chapelles.

Nous avons alors respecté la tradition. Péloponnèse, avril 2021

Retour aux sources.. comme autant retour à une certaine féodalité, celle que le Gouverneur avait voulu combattre bien à son temps. Car en ce Péloponnèse qui tourne au ralenti, les clients manquent toujours pour le poisson frais, quand les petits métiers surtout jugés “trop anciens”, diminuent encore davantage. Au même moment, nos ennemis depuis “les hauteurs de la gouvernance”, évoquent ouvertement sans plus se gêner, le Great Reset du pays... “pour enfin aboutir à la Grèce 2.0, un bien grand projet d’envergure”.

Non, chez les initiés rien ne tombe vraiment du ciel. Ou, pour le dire à la manière d'Alexander King et Aurelio Peccei, fondateurs du néo-malthusien Club de Rome, se faisant les interprètes de l’estime que les mondialistes nourrissent pour les peuples, “éternels enfants irresponsables et incapables d’une vision organisée”, avertissaient dans la préface au cinquième rapport au Club de Rome intitulé Objectifs pour l’humanité: “On ne peut appliquer la logique que si les gens sont culturellement préparés à en accepter les sévères nécessités”.

Grèce du petit commerce. Commerçant de l'île d’Égine, années 1950

On y est déjà, le conditionnement COVIDaliste en plus. Donc c’est la guerre, comme je l’écrivais au sujet de la dite “crise grecque” ou de l’euro, arme de destruction massive il y a dix ans et sur ce pauvre blog. Le Great Reset... ou de la poudre aux yeux. De la poudre, comme on dit aussi, à canon.

Telle est également l’excellente analyse de Dmitry Orlov, histoire de comprendre ensemble comment le monde a changé récemment.

Si l’impasse dans laquelle se trouve le capitalisme impérialiste occidental appelle à la guerre mais que l’état actuel des affaires mondiales empêche les impérialistes occidentaux de déclencher la prochaine guerre mondiale, quelle est la solution ? La réponse est de déclencher une guerre contre votre propre peuple. Dites-leur que c’est à cause d’un virus, un virus de la grippe de type corona, quelque peu mortel mais bien plus tranquille que toutes les précédentes grippes graves depuis celle dite Espagnole il y a un siècle, et attaquez-les, enfermez-les et détruisez leurs vies et leurs entreprises. Faites croire à la population que des personnes en bonne santé peuvent être malades et contagieuses. Forcer tout le monde à entrer dans un camp de concentration numérique. Utilisez votre contrôle des médias pour qualifier de théoricien du complot quiconque est en désaccord avec ce plan”.

Evzones, soldats d’élite... masqués. Athènes, mars 2021

Un plan ambitieux de ce genre a besoin d’un plan marketing pour l’accompagner ; c’est pourquoi nous avons quelque chose qu’ils ont appelé le Grand Reset. Le terme est un peu exagéré, mais s’ils l’appelaient comme ce qu’il est en réalité - un confinement local - personne n’achèterait l’histoire. Ce plan prévoit de réduire la population mondiale, pardon, locale... - peut-être par une vaccination forcée ? - laissant ainsi une grande marge de manœuvre aux riches pour qu’ils restent riches tandis que les pauvres deviennent indigents. Ou quelque chose de ce genre. Des personnes brillantes et très riches ont travaillé sur ce plan pendant des décennies, et c’est ce qu’elles ont trouvé. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Les étapes de l’obsolescence imposée sont à présent toutes brûlées et l’homme avec, comme nous en avertissait déjà Günther Anders.

Péloponnèse 2021, avril et son poisson, le chalutier qui ne quitte plus son port qu’un jour sur deux et encore. Les matous alors... ils attendent. Objectif pour l’humanité !
Les matous alors... ils attendent. Péloponnèse, avril 2021

* Photo de couverture: Le petit chalutier. Péloponnèse, avril 2021