jeudi 25 mars 2021

Patrie et Liberté



Journée de la grande commémoration usurpée. D’abord, ce 25 mars 2021 est un jour important pour l'Hellénisme et pour l’Europe car il marque le bicentenaire de la proclamation de la Révolution nationale grecque de 1821. Un long conflit durant lequel, les Grecs réussirent à obtenir leur indépendance de l'Empire ottoman. Sauf qu’en ce moment du bicentenaire, moment collectif dystopique et autant dyslexique, l’histoire n’a pas dit son dernier mot.

Jeunes et leur peinture murale. Igoumenítsa, mars 2021 (presse locale)

Le peuple, qui ne se croit plus vraiment libre, n’est certes pas à la première usurpation de son histoire. Cependant, elle sera peut-être la dernière du genre... si l’on ne prend pas garde. Visiblement, en ce 25 mars, marquant la deuxième année de la contre-révolution coronariste, de bien nombreux Grecs ont davantage peur du virus que de la perte totale de ce qui reste encore de leurs libertés, déjà conditionnelles.

Ceci est d'autant plus vrai, que le dit système de Santé, largement et méthodiquement défait depuis des années, s’est effondré un peu partout et d’abord à Athènes ; surtout quand le protocole suivi s’apparente plutôt... à une roulette russe pour les patients les plus fragiles. Sans traitement antibiotique au début et à domicile, lorsque les malades arrivent à l’hôpital et qui sont parfois intubés par des médecins non spécialistes, l’issue est hélas parfois fatale.

Les syndicats des médecins hospitaliers sous la pression des événements, viennent de saisir la Haute Cour de Justice d’ailleurs à ce propos. Ils estiment que la “seule responsabilité dans le tri final des malades intubés, parfois même en dehors des unités de soins intensifs” et subséquemment celui des éventuels décès, est celle de l’État et des gouvernants. Sauve qui peut, d’après la “grande réussite” du confinement le plus long en Europe, toujours en vigueur depuis novembre dernier, déjà synonyme de la destruction de ce qui subsistait encore de l’économie grecque.

La bénédiction du drapeau. Theódoros Vryzákis, 1865

Pourtant, ce n’est pas le COVID-19 qui menace le pays, en dépit de son instrumentalisation, mais plutôt, la destruction systématique de tout ce qui faisait alors sens dans son identité et dans sa culture. De même que la géopolitique historique sans cesse renouvelée en Méditerranée orientale, celle de de la Turquie et du jeu des Puissances alors compris.

Bicentenaire donc de la proclamation de la Révolution nationale grecque... dans le brouillard. Ce qui par exemple a fait déjà débat en Grèce cette semaine, tient de la souillure ostensiblement exhibée sur le célèbre tableau de Theódoros Vryzákis représentant la bénédiction du premier drapeau national, celui des révolutionnaires de 1821. Cette souillure venue d’en bas, c’est-à-dire à l’initiative de certains citoyens, autant calculée, est l’œuvre de la communauté LGBT en Grèce ; car c’est sur sa page Facebook que la reproduction du tableau a été publiée. Le drapeau des insurgés a été carrément remplacé par celui de la communauté LGBT.

Devant le tollé provoqué, les responsables de la communauté LGBT ont sitôt publié un communiqué à la noix, histoire de noyer le poisson dans les eaux troubles de l’ethnophobie, peine plutôt perdue. Substituer l’identité nationale et ainsi la patrie par les supposées “batailles sociétales particulières”, n’est en réalité qu’un des aspects du nouveau totalitarisme New Age.

Souillure venue d’en bas. Athènes, mars 2021

Pauvre modernité, si riche en absurdités. On se souviendra que l’écrivain grec célèbre Yórgos Ioánnou que les lecteurs assidus de ce blog connaissent, était d’abord un grand patriote et ensuite un homosexuel. Sachant faire la part des choses, il n’a jamais substitué son identité nationale par celle de son orientation sexuelle, et Dieu sait, combien Ioánnou avait à l’époque souffert des scléroses et des hypocrisies de la société grecque à ce sujet. Sauf que notre écrivain, né en 1927 et mort en 1985, était d’une autre génération. Ou comme me le dit de manière bien crue un ami journaliste, “la Patrie n’est pas une affaire... de cul”.

Notons aussi que le peintre insulté de la sorte, Theódoros Vryzákis dont le père avait été pendu par les Turcs, fut ce premier grand peintre grec, connu pour ses portraits de combattants de la Guerre d'indépendance grecque. Il a même été le premier des peintres de la Grèce libérée de l'occupation ottomane. Enfin, durant son séjour à Paris en 1855, il y présenta entre autres son célèbre tableau de “L’Exode de Missolonghi”.

Dîner officiel au palais présidentiel. Athènes, 24 mars (presse nationale)

L’autre souillure, cette fois-ci venue “d’en haut” est celle des célébrations officielles par le régime de la Xénocratie et des initiés, celui des turcophiles... et parfois même des pédophiles. Tandis que les anarchisants, les gauchistes, de même que les partis de la gauche parlementaire ont pu organiser ces derniers mois plusieurs dizaines de défilés et de rassemblements, voilà que le Régime de la démocrature avariée interdit expressément en les désignant un par un, tous les rassemblements populaires à Athènes en cette grande journée de la petite Grèce.

Plus de quatre mille policiers et alors un nombre inconnu de snipers ont été postés au centre d’Athènes... pour bien “aseptiser” le défilé du bicentenaire. C’est bien connu, le peuple... forme une organisation “terroriste”.

Snipers postés au centre-ville. Athènes, 25 mars (presse nationale)

Car plusieurs associations culturelles et politiques issues d’un bien large univers non mainstream,“de droite comme de gauche” comme on disait jadis, ont appelé à manifester, les rassemblements avaient été fixés devant les statues des héros nationaux de la Révolution de 1821. Mais ce Régime des comploteurs-nés, ne peut que finalement haïr le peuple, et désormais même, le lui montrer ouvertement.

Yánna Angelopoúlou au milieu. Dîner officiel, Athènes, le 24 mars

Les oligarques d’Athènes sont autant de la partie dans ce festin, ceux qui d’ailleurs traitent parfois directement avec la Turquie dans leurs juteuses affaires. La famille Angelópoulos par exemple, laquelle a vendu des navires de prospection pétrolière à Erdogan... ceux-là même que la Turquie islamo-totalitaire déploie illégalement à l’intérieur des eaux territoriales de la République de Chypre et de la Grèce.

Notons que l’épouse d’Angelópoulos, la coquette Yánna, est depuis 2019 installée par Mitsotákis en personne, à la tête du dit “Comité pour le bicentenaire de la Révolution nationale grecque de 1821”. Un comité composé des seuls historiens révisionnistes antinationaux à la mode. Cette cohorte fait alors de tout son possible pour travestir le sens de la Révolution nationale et chrétienne du peuple grec, en un évènement post-historique, au besoin dénaturé et pourquoi pas... mondialiste.

Et comme prévu, le comité est présidé par la... bimboïde sans âge, Yánna, aussi connue pour son arrivisme originel, quand déjà jeune députée de droite en 1990, elle s’est laissée... évanouir dans un timing bien calculé, devant le richissime Angelópoulos. Ensuite et tombant dans ses bras, elle l’a séduit avec succès ; l’histoire est en somme assez banale.

Le prince Charles et Mitsotákis. Athènes, le 24 mars (presse nationale)

Ces histoires, vielles comme le monde, n’intéressaient guère ici, sauf que Monsieur est un oligarque pesant de tout son poids sur le destin du pays, et que Yánna, la femme qui s’évanouit quand elle veut, elle est également une habituée du cercle Sóros. Elle avait, on s’en souvient, organisé et financé le voyage Sorite résultant de la première invitation de Tsípras aux États-Unis, bien avant son arrivée au pouvoir à Athènes.

Ainsi c’est toujours la fête des initiés et... des Puissances. Florence Parly, la ministre des Armées représentant la France assiste au défilé militaire et aérien pour la cérémonie du bicentenaire, tandis que quatre avions de combat Rafale de Dassault Aviation y participent, ainsi qu'une frégate française faisant escale au Pirée.

Le Premier ministre Mikhaïl Michoustine. Athènes, le 24 mars (presse nationale)

Du côté russe, c’est le Premier ministre Mikhaïl Vladimirovitch Michoustine qui représente la Fédération de Russie et enfin, Chypre est représenté par son Président... l’autre ami des initiés, l’alcoolique Anastasiádis.

Bien entendu, la présence bien insultante pour le peuple grec est celle du prince Charles et de son épouse la duchesse de Cornouailles Camilla, arrivés ce mercredi après-midi à Athènes pour prendre part aux célébrations du bicentenaire de la supposée indépendance de la Grèce. Inutile de dire que le fils de la reine Elizabeth II, cet initié maçonnique et mondialiste de très haut niveau, représente d’abord et surtout, la caste de ceux qui depuis Londres, ont organisé l’assassinat du premier Gouverneur grec Ioannis Kapodístrias en 1831 à Nauplie.

D’où depuis la pérennisation du régime, comme autant de la caste xénocrate qui règne à Athènes par délégation, après l’assassinat de Kapodístrias, car il s’agit d’un assassinat fondateur de la Grèce contemporaine. Notons rapidement que la version historique officielle des faits est fausse et que les archives britanniques au sujet de l’assassinat de Kapodístrias restent... accessoirement, hermétiquement fermés. Enfin, nous, nous n’oublions pas les crimes de l’Anglocratie à Chypre, entre tortures, assassinats et pendaisons, crimes d’ailleurs toujours en cours pour ce qui est de leur volet géopolitique.

L'assassinat du Gouverneur Ioannis Kapodístrias. Nauplie, 1831

Tout n’est pourtant pas perdu. Certains jeunes par exemple, à l’instar de ceux d’Igoumenítsa, ville portuaire importante sur le continent grec en face de Corfou, ont peint l’effigie du grand héros de la Révolution Théodoros Kolokotrónis, et leur graffiti comporte enfin cette phrase de Kolokotrónis devenue célèbre. “Les traîtres doivent être décapités et alors brûlés”.

Voilà que notre Révolution n’est pas du tout achevée. Car bien en son temps il y a deux siècles, ce 25 mars 1821 n'est pas arrivé soudainement, car la Révolution de 1821 fut l'un des nombreux soulèvements des Grecs réduits en esclavage, depuis la chute de Constantinople en 1453.

Certes ces révoltes ont échoué, étant donné que leurs mouvements locaux n'avaient pas encore un caractère panhellénique. Mais en 1821 et en dépit des orientations diplomatiques issues du Congrès de Vienne en 1815, la Révolution grecque fut aussi l'un des moments clé de l'histoire européenne du XIXe siècle, car elle a été le point de départ dans la dissolution de l'Empire ottoman, déjà sur le déclin.

Nauplie, ville historique, première capitale de la Grèce. 2020

Rappelons rapidement que la Révolution grecque commença en fait en février 1821 chez les Grecs du Danube, pour ensuite se poursuivre dans le Péloponnèse le mois suivant avec la libération de la ville de Kalamáta. Rapidement, toute la Grèce fut concernée et même Chypre, avec la célèbre proclamation des révolutionnaires grecs à destination de l'opinion publique européenne. “Nous sommes libres”. En quelques mois, la Révolution est consolidée, ce qui met déjà en lumière le génie stratégique des chefs de guerre, tel Theódoros Kolokotrónis.

L'incapacité des Turcs à réprimer la Révolution a conduit rapidement à l'émergence des Égyptiens d'Ibrahim dans le conflit, et qui représentaient la plus grande menace pour les insurgés, sans oublier les premiers conflits déjà fratricides entre Grecs.

La chute de Missolónghi en avril 1826 relança à son tour le mouvement philhellène en Europe et le soulèvement grec prit alors des proportions internationales. Ainsi, la contribution des Puissances, Russie, Angleterre, France à la libération a été décisive, notamment avec la bataille de Navarin, en octobre 1827.

Commémoration officielle. Athènes, le 25 mars (presse nationale)

Cela étant dit, et contrairement à ce que la version officielle de l’histoire veut imposer, ce n’est pas la seule bataille de Navarin qui fut décisive pour l’issue de la Révolution, mais plutôt la ténacité et le sacrifice des Grecs. Ces derniers ont continué à se battre héroïquement jusqu'à la dernière grande bataille à Pétra, en Béotie, en septembre 1829, deux ans durant après Navarin.

Pendant ce temps, l'arrivée d'Ioánnis Kapodístrias en Grèce au début de 1828 et sa proclamation par l'Assemblée nationale comme Gouverneur de la Grèce, marquent le début de la construction du nouvel État.

La tombe d'Ioánnis Kapodístrias à Corfou

Finalement, 1821 incarne la page la plus brillante de l'histoire de la nation grecque depuis même bien longtemps. D’où sa négation par les historiens New Age, et autant par la propagande ambiante. Rappelons que plus d’un demi-million parmi les Grecs de 1821 habitant les régions essentielles pour les batailles de la Révolution, à savoir, la Roumélie et le Péloponnèse, ont trouvé la mort, d’abord au combat, mais autant par les massacres perpétués par les Turcs, ainsi que par la famine et les maladies.

Car, lors de cette longue lutte de libération, les décès sont dus autant aux épidémies, qu’aux faits de guerre. Les assiégés de Missolónghi par exemple, après l'épuisement des stocks de leur nourriture, ont été contraints de consommer tous les animaux de compagnie qui existaient, tandis que certains dans leur désespoir, ont alors eu recours... à la nécrophagie.

Evzones... masqués sur l’Acropole. Athènes, 25 mars 2021 (presse nationale)

Rappelons seulement ici, combien les conditions de vie, d'habillement et d’alimentation pour la grande majorité des Grecs étaient misérables pendant toute cette période, favorisant la manifestation de maladies graves, dont les principales étaient la dysenterie, le choléra, la peste, la variole et le paludisme. De même, le régime alimentaire des Grecs en difficulté comprenait principalement du pain, des biscottes, du maïs bouilli et plus rarement de la viande et du poisson. Il comprenait également du vin et du raki, tandis que l'huile semble avoir été le seul produit alimentaire en abondance tout au long de la Guerre d’indépendance. Grèce pays de l’olivier, pour la guerre comme pour la paix.

Deux siècles plus tard, l’ampleur de la phobie coronovirulente apparaît sous ce prisme plus que ridicule. Sauf que ça marche. Image autant affligeante et ridicule, que celle des Evzones, montant alors masqués... le drapeau national sur l’Acropole en cette journée du bicentenaire.

Défilé populaire spontané. Thessalonique, 25 mars 2021 (presse locale)

Voilà donc tout ce que les initiés du laquais Mitsotákis n’ont pas célébré durant cette journée. Ce sociopathe de service, a même déclaré “que 1821 est alors équivalent à la lutte contre le COVID-19, notamment au moyen des vaccinations, lesquelles nous apporteront la... liberté. Nous poursuivons ainsi sur notre chemin, armés de notre nouveau patriotisme, celui de la responsabilité”. Ou alors, comment éliminer sciemment l’esprit et le message de 1821, tout en faisant semblant de lui rendre hommage. Propagande, totalitarisme et ainsi inversion des réalités.

La clique des Mitsotákis qui agit en bande criminelle organisée, n’a d’ailleurs jamais fait partie du peuple grec. Et quant au patriotisme, il n’est ni vieux, ni nouveau ; il l’est ou il ne l’est pas. De ce point de vue, Mitsotákis et sa clique incarnent plutôt prétraitement le Josef Mengele de l'historiographie, ce nazi alors éternel, au service des sociopathes planétaires, à la manière de Claus Schwab et de son tristement célèbre Great Reset.

Défilé populaire spontané. Thessalonique, 25 mars 2021 (presse locale)

Car ces ennemis de la Grèce, ont en réalité célébré bien autre chose que la Révolution du peuple grec en 1821. Ils ont de ce fait fêté et pour ne rien taire, les 190 ans de leur mainmise sur le pays, après avoir assassiné le Gouverneur Kapodístrias, en... dignes successeurs des traîtres et des Xénocrates d’alors comme de toujours. Comploteurs et autant serviteurs de l'Empire britannique, ils deviennent en ce moment, les valets des actuels maîtres fous, initiés et mondialistes.

Mitsotákis a même ouvertement menti ce 25 mars 2021, déclarant qu’il a “défendu nos frontières à Évros et en mer Égée”. Car la presse seulement locale de la région frontalière de l’Évros, publie chaque jour de bien nombreuses photos issues du terrain... devenu passoire. Les envahisseurs qu’Erdogan envoie toujours en Grèce, pénètrent même dans certaines maisons, menacent les habitants, volent leur bétail... avant de poursuivre leur route vers Thessalonique ou vers Athènes, pendant que les Grecs subissent la prison du confinement.

Les envahisseurs qu’Erdogan envoie en Grèce. Région de Thrace, mars 2021, (presse locale)

Journée obscure de la grande commémoration usurpée. Il a même neigeoté ce 25 mars 2021 à Athènes avant le retour du soleil, pour ce bicentenaire de la Révolution nationale grecque de 1821. Un long conflit... durant lequel, les Grecs doivent alors tout recommencer deux siècles après 1821.

Notre moment collectif reste dyslexique, l’histoire n’a pas dit son dernier mot mais voilà que nos vrais amis, les autres peuples alors nous saluent, par exemple, en nous envoyant leurs photos du drapeau grec, hissé à l’occasion devant certaines Mairies en France. Nous les remercions de tout cœur.

Le drapeau grec. France, 25 mars 2021

La triste journée s’est terminée, les Grecs n’ont pas assisté au défilé du bicentenaire, et la caste des ennemis officiels du pays finit alors son repas du soir... qui n’a jamais été grand. L’histoire peut alors, seulement recommencer.

Ainsi à Thessalonique, un... certain peuple a organisé son propre défilé, ignorant les interdictions de la Junte de Mitsotákis. “Vive la Patrie, Vive la Liberté”. Ailleurs pourtant, les policiers du Régime ont dispersé les patriotes... car Pólemos, est décidément ce mot grec que le peuple utilise alors sans interruption depuis les temps d’Homère. Ou sinon, comme le répète notre voisin, il y a toujours la célèbre phrase de Théodoros Kolokotrónis... et des jeunes d’Igoumenítsa, “Les traîtres doivent être décapités ou alors brûlés”.

1821, la page la plus brillante de l'histoire de la nation grecque depuis bien longtemps. “La Patrie et la Liberté”. Difficile... de l’expliquer à tout le monde, à commencer par notre Hermès de Greek Crisis !
Hermès de Greek Crisis. Athènes, mars 2021

* Photo de couverture: Révolution nationale grecque de 1821. Œuvre de Georg Perlberg, 1806-1884