jeudi 18 février 2021

Citrons givrés



Le Parthénon sous un manteau de neige, l’image est plutôt insolite. Vague de froid, neige épaisse, et naturellement, ce que l’on nomme fréquemment “des catastrophes en cascade”. Près d’un tiers des foyers en Attique, la région d’Athènes, ont été privés de courant électrique dès lundi soir, et dans certains cas, il y a eu en même temps de nombreuses coupures ou de la réduction du débit d'eau courante. Chez nous également, à l’heure du premier café il fait déjà bien tard... pour par exemple se chauffer. Et l’image, n’a désormais plus rien d’insolite.

A l’heure du premier café. Athènes, février 2021

La première réaction... populaire, surtout avant les coupures de courant, fut celle de l’amusement. Les jeunes et les moins jeunes ont sitôt profité du phénomène... avant qu’il ne soit trop tard. Nous les avons rencontrés près de chez nous dans la nuit du lundi à mardi, et comme c’est presque toujours attendu dans pareils cas en Grèce, la joie a alors duré bien peu.

Les jeunes ont voulu profiter du phénomène. Athènes, février 2021

La neige sous l’Acropole, c’est tout de même un événement rare. Rare, mais pas impossible pour Athènes et plus généralement, pour la partie sud du pays. Des conditions météorologiques comme en ce moment, elles sont tout de même observées à Athènes environ une fois tous les 15 ans, par exemple, en 2008, en 1983, durant l’autre Occupation en 1941, ou encore en 1934. Par contre, ce qui est nouveau, tient des conséquences, cette fois bien humaines et en réalité très politiques.

La neige sous l’Acropole. Athènes, février 2021, presse nationale

D’abord et avec les premiers flocons, la “gouvernance” Mitsotakiénne s’est empressée de fermer carrément l’autoroute du nord de la capitale, avec moins de cinq centimètres de neige aux premières heures du “phénomène”. La raison est politique.

Au pays actualisé... des citrons givrés, ce gouvernement comme tant d’autres avant lui, agit d’abord en entremetteur de la caste des familles les plus puissantes de la Grèce, dont celles issues de l’oligarchie de la branche BTP qui contrôlent et qui exploitent entre autres cette autoroute ; en l’occurrence GEK TERNA et son PDG Peristéris, pour ne pas les nommer.

Ainsi pendant près d’une journée, Athènes a été coupée du reste du pays continental, mais on sait pourquoi. Tout ce ridicule a été mis en œuvre pour que le gérant de l’ouvrage et ami du salopard Mitsotákis...ne se trouve pas dans l’obligation de verser un million d’euros d'amende, au cas très probable, où il ne parviendrait pas à maintenir au minimum ouvertes, quelques voies de circulation, car telle est pourtant son obligation contractuelle.

Au pays actuel... des citrons givrés. Athènes, février 2021

L’État a donc couvert la Société de l’Autoroute... en bon mafieux et cela encore se comprend, ces mêmes sociétés financent comme on sait largement les partis de la pouriture politique... quand la “philanthropie” de Soros n’arrive pas à leur suffire.

Et pendant que devant la tombe du Soldat inconnu, les gardes Evzones sont couverts d’une cape en laine, les disjonctions, les explosions dans certains répartiteurs et surtout, les chutes d’arbres sur les équipements du réseau électrique au Nord d’Athènes, ont plongé plusieurs centaines de milliers de foyers dans l’obscurité, dont notre quartier.

Devant la tombe du Soldat inconnu, garde Evzone. Athènes, février 2021, presse nationale

La suite relève alors du dernier des truismes. Et d’abord, nous avons encore plus froid que d’habitude. Quatre jours sans notre unique chauffage électrique, sans four, ni chauffe-eau, et sans frigidaire, dont le contenu restant est depuis entreposé sur le balcon. Après une journée de coupure totale, le courant est revenu, mais seulement en monophasé, c'est-à-dire, aucune prise ne fonctionne et ce sont seulement les lampes qui nous éclairent, peut-être pour ne pas trop nous réhabituer à la lumière des bougies. Pas encore en tout cas. Certains appartements situés dans le quartier dont les propriétaires ou les occupants avaient fait le choix du... triphasé intégral, sont tout simplement plongés dans l’obscurité. Ailleurs, et pour la quatrième journée consécutive, il n’y a toujours pas de courant du tout.

Notre quartier sous la neige, fort heureusement, nous nous sommes retrouvés entre voisins, déjà pour évaluer la situation. Sans chauffage central depuis 2012, les occupants de notre immeuble se débrouillent comme ils peuvent. Mais sans courant triphasé, plus aucune solution... civilisée ne veut démarrer. Ni chauffage individuel dépendant du gaz de ville chez les uns, ni chauffage électrique chez les autres. “Nous grelotons comme du temps où nous étions mômes au village... sauf que nous avons désormais soixante ans”, répète alors le voisin dentiste.

Notre quartier sous la neige. Athènes, février 2021

Sandra, l’enseignante est partie passer la nuit chez sa mère dans un autre quartier d’Athènes... loin du royaume du monophasé... comme chez nous. Son compagnon et leurs deux chats sont restés... en première ligne électrique, même pratiquement coupée.

Toutes les familles habitant l’immeuble ont certes joint le service technique de la Régie pour sitôt ensuite échanger leurs expériences. Toujours la même réponse. “Patience, nos techniciens travaillent dans votre quartier pour réparer les dégâts”. Patience donc.

Entre-temps, il fallait faire quelque chose. J'ai remonté de la cave le chauffage d’urgence et sa bonbonne de gaz ; utile certes mais largement insuffisant... sauf visiblement pour notre Mimi.

Sauf pour notre Mimi. Athènes, février 2021

Ensuite, j'ai remplacé une des lampes par une prise bricolée... descendant du plafond, et avec toutes les rallonges et les multiprises nécessaires, nous avons pu rebrancher le routeur, ainsi que certains appareils peu gourmands, dont l’ordinateur portable, merci pour la Quatrième Révolution industrielle... sans la deuxième. Toute une civilisation... pour ne pas dire toute une période glaciaire, la fibre optique et le 5G en plus, l’orgueil en somme des gouvernants et surtout celui de leurs véritables maîtres parmi les seigneurs des GAFAM.

Une prise... descendant du plafond. Athènes, février 2021

Une prise... descendant du plafond. Athènes, février 2021

Et c'est alors au gaz... de camping que nous cuisinons, façon de parler. Demain, cinquième journée avec si peu d’électricité... sauf miracle. En tout cas dans notre immeuble, c’est à tour de rôle que nous avons donné à manger à Nina et à Gatoúlis, chats adespotes vivant sous notre immeuble qu’il ne faut surtout pas oublier. Argýris, gatophile attitré de l’immeuble d’en face a même fait mieux. Il a obtenu de sa copropriété, l’autorisation d’ouvrir une partie de la cave pour permettre aux adespotes d’y passer la nuit. Voilà pour le premier miracle, sans doute... et sans l’électricité.

Au gaz... de camping. Athènes, février 2021

Plus au nord en Attique, il n'y a même pas ce minimum d’électricité et parfois, il n'y a plus d'eau non plus comme on sait. Nous souffrons déjà un premier rhume, de mal au dos ; nous comptons surtout sur le retour du soleil... comme autant sur la fin de l'UE. Et c’est vrai que le soleil est revenu bien avant l’électricité ; toujours sans leurs frigidaires, les habitants du quartier font déjà la queue devant la superette pour y trouver... leur bonheur d’urgence. Image... insolite.

Le soleil est revenu. Athènes, février 2021

Ceux de Thessalonique, et plus généralement les Grecs du nord se moquent déjà un peu des problèmes des Athéniens. Certes, disposer de plusieurs engins pour déneiger comme en Thessalie, cela n'a pas de sens à Athènes ; par contre, l’abandon de l’entretien du réseau d’électricité, dont des arbres situés autour des pilonnes compris, c’est une autre chose.

Personne n’a pensé enterrer le réseau par endroits si besoin, et ensuite, la... découpe de la Régie ex-nationale DEI en quatre branches à moitié privatisées, sa fragilisation, le fait d'avoir divisé son personnel d’origine par deux en plus de la sous-traitance attelée... à sous la sous-traitance, ce sont finalement des choix politiques volontairement assassins, de surcroît européistes dans notre cas. Deux personnes âgées, médicalement et mécaniquement assistées à domicile, sont mortes sur l’île d’Eubée suite au non rétablissement du courant électrique.

Habitants du quartier devant la superette. Athènes, février 2021

Alors... voilà, froid et neige et enfin une meilleure météo dès hier mercredi. Nos deux chats sont pourtant perturbés, surtout Hermès, normalement ils n'ont pas si facilement froid, je n'arrive pas à comprendre.

Ah, le général hiver, le colonel Mitsotákis, la division “Das Reich” européiste, et en plus, ces autres rapaces bien de chez nous. Et dire qu'il y a encore ceux qui se disent patriotes et souverainistes mais qui voient l'UE comme toujours étant... une entité naturelle. De la météo en somme. En attendant, les médias mainstream, reproduisant les déclarations du sociopathe Mitsotákis ont... assuré les Grecs que “le programme de vaccination se poursuivra sans entraves”.

Le pays réel en rigole, déjà que de bien nombreuses doses issues de Pfizer, stockées dans ces congélateurs adéquats à une température de -70 degrés Celsius ont été perdues car les équipiers locaux aux commandes, ont oublié d’acheter des générateurs... contrairement à tous les entrepreneurs sérieux du pays, hôteliers, restaurateurs, bouchers ou épiciers. Kikílias, le ministrion installé à la Santé Publique, ami et protégé des loges maçonniques d’Athènes est aux dires de tous un hébété fini. Visiblement, le niveau n’est plus ce qu’il était, y compris chez les... initiés historiques. Panne... de courant !

Le Parthénon sous un manteau de neige. Athènes, 16 février, presse nationale

Dans la précipitation, et pour ne pas perdre les clients... ceux du gouvernement des malades sanitaires, ont alors vacciné pêle-mêle, de nombreux détenus, ainsi que plusieurs migrants illégaux. Pour certains d’entre eux, les deux doses ont été administrées en même temps, Crash radio le 18 février.

Visiblement, rien n’est jamais perdu par les temps qui courent au pays des citrons givrés, sauf l’essentiel. Le Parthénon sous un manteau de neige c’est beau ; surtout, il n’est pas encore tout à fait vendu.
Nous avons donné à manger à Gatoúlis. Athènes, février 2021

* Photo de couverture: Le Parthénon sous un manteau de neige. Athènes, 16 février, photo Stávros Petrópoulos