vendredi 20 novembre 2020

Contre la léthargie



Automne sous scellé. Les Grecs luttent comme ils peuvent contre la léthargie exacerbée. Déjà, la société humaine fluidifiée, voire liquide, celle des réseaux, ne remplace pas l’immédiateté du contact de la société chaude et bouillonnante. Et pendant qu’à Thessalonique il n’y a plus un seul lit disponible en réanimation et que les cliniques privées viennent d’être réquisitionnées dans un système de Santé qui craque de partout, l’Union des commerçants du pays adresse son cri d’alarme au gouvernement. “Nous mourons, contrairement à ce qui s'était passé lors du premier confinement, les ventes dans les supermarchés sont en baisse, de même que les ventes en ligne. Les Grecs sont à sec. Laissez-nous ouvrir en décembre”. Automne et ses couleurs.

Automne et ses couleurs. Athènes, mont Hymette, novembre 2020

Cependant, la vie d’abord sociale, doit conserver le minimum de sa dignité, coûte que coûte. Les Athéniens sortent dès qu’ils le peuvent, ils marchent et ils échangent volontiers entre eux à la première occasion, même brièvement. Et c’est autant l’occasion d’observer ce qui les entoure, la ville et ses immeubles, les forêts proches, et même les animaux.

Chaque week-end, les enfermés de la ville d’Athéna empruntent par exemple des chemins qui mènent au mont Hymette... en sortie encore autorisée. C’est l’occasion de se dégourdir les jambes, laisser les enfants jouer à cache-cache, courir, pique-niquer, sortir leurs chiens. Ou alors, ils sortent pour enfin distinguer l’Acropole d’en haut ainsi que la mer au loin, derrière le Rocher Sacré. Sans le savoir, ils reprennent en quelque sorte le fil des impressions de Chateaubriand, datant de 1806. De ce temps de jadis, quand le voyage palpable devenait tout juste éventuel et encore seulement pour une poignée de gens. Déplacements de nouveaux possibles sous condition, en ce siècle nouveau et scanné qui est le nôtre.

J’ai vu, du haut de l’Acropolis, le soleil se lever entre les deux cimes du mont Hymette ; les corneilles qui nichent autour de la citadelle, mais qui ne franchissent jamais son sommet, planaient au-dessous de nous ; leurs ailes noires et lustrées étaient glacées de rose par les premiers reflets du jour ; des colonnes de fumée bleue et légère montaient dans l’ombre le long des flancs de l’Hymette et annonçaient les parcs ou les chalets des abeilles”, “Itinéraire de Paris à Jérusalem”, récit de voyage de François-René de Chateaubriand publié en 1811, relatant son voyage effectué de juillet 1806 à juin 1807.

Distinguer enfin l’Acropole, puis parler, se parler. Au moment où l’essentiel des liens sont brisés autant que les certitudes par le totalitarisme prétendument sanitaire, il fallait s’y attendre. De ce fait, et à défaut de pouvoir retrouver ses amis ou ses proches qui n’habitent pas le même quartier, échanger quelques mots avec des inconnus que l’on croise chemin faisant à travers le mont Hymette, retrouve alors une saveur oubliée.

Distinguer enfin l’Acropole. Athènes, novembre 2020

Sortie encore autorisée. Mont Hymette, novembre 2020

Échanger quelques mots. Mont Hymette, novembre 2020

Oui, échanger quelques mots, au besoin ayant enfin ôté son masque, mais en respectant tout de même une certaine distance au cas où. Alors marche, convivialité et observation. Les Athéniens se sont raconté des histoires de leur temps présent... ou plutôt absent. Ceux des classes décidément encore trop moyennes expriment d’abord leur désarroi face au désastre économique, avant de maudire le COVID-19 et les politiciens avec. Comme sous chaque régime dictatorial, parler à des inconnus, devient un acte qui mobilise autant l’instinct que la diplomatie. Au gré des coupures sociales et sociétales, les plus sceptiques ainsi que les plus tourmentés devenus les inconditionnels du... vaccin miracle font plutôt bon ménage. Après tout, on monte jusqu’à la montagne d’abord pour la balade, la vue et l’air pur. Rencontres et découvertes du mont Hymette, novembre 2020.

Finalement, les peuples s’avèrent généralement mieux logiques que leurs “dirigeants”. Le consensus au pays réel grec tient désormais autant de la méfiance face à un virus difficile à combattre, que de la suspicion grandissante vis-à-vis des politiciens marionnettes et de leurs experts. Ces “dirigeants” obéissent d’ailleurs aux seuls ordres de leurs véritables maîtres et cela ne peut plus être dissimulé. Mitsotákis par exemple, quand il recite tel un disque rayé, la leçon apprise par cœur d’après la doxa de ses seigneurs.

Oui, l’autre jour, Mitsotákis s’exprimant devant les caméras, avait entreposé le livre -The Great Reset- de Klaus Schwab et de Thierry Malleret sur son bureau, pour que tout le monde puisse l’apercevoir. D’ailleurs, on sait que quelques semaines seulement après le premier confinement en Grèce comme partout ailleurs, au mois de juin dernier, Schwab, le président du Forum Économique Mondial de Davos et ancien du groupe Bilderberg, ce terrible Klaus Schwab justement, n’a pas hésité à déclarer que cette pandémie offrait une fenêtre rare et étroite pour réimaginer et réinitialiser notre monde. C’est mal parti... les amis, je le sens”, émission à l’heure de grande écoute de l’après-midi, radio 94,3 FM le 19 novembre, cité de mémoire.

Rencontres et découvertes. Mont Hymette, novembre 2020

Rencontres et découvertes. Mont Hymette, novembre 2020

Rencontres et découvertes. Mont Hymette, novembre 2020

Parmi les... agents fidèles ayant visiblement prêté serment à Klaus Schwab plutôt qu’à la Constitution de “leurs” pays, figure Niki Keraméos, la Ministre de l'Éducation et des affaires religieuses de Mitsotákis. Sa brève biographie sur le site du Forum Économique Mondial est... déjà rassurante. “Elle a débuté sa carrière d'avocate dans les litiges impliquant d’acteurs économiques majeurs, comme Enron et AOL - Time Warner. Au sein du gouvernement, elle a siégé dans des comités traitant de l'administration électronique, de la réforme constitutionnelle, de l'éducation et de la jeunesse”. La presque jeune Níki, dont la participation au groupe Bilderberg en 2019 avait été saluée par la presse mainstream comme une sublime réussite, avait été naturellement imposée au poste stratégique de l’Éducation... antinationale ; j’y rajouterai, rien que par intuition, autant avec l’aval de Berlin, de Bruxelles et de Sóros.

Sur le chemin du retour, les promeneurs du week-end sous autorisation découvrent alors ce qui est déjà délaissé, abandonné en ces quartiers de la classe dite moyenne. Véhicules sans plaques d’immatriculation, maisons inhabitées, comme déjà toute cette tristesse des tavernes et des cafés sans âme. Question de timing, voire d’agenda. De nombreux établissements ont fermé durant la mutation introduite par la dite crise grecque, d’autres, restent fermés “seulement” pour cause de confinement. Certains n’ouvriront sans doute plus jamais.

Café fermé pour cause de confinement. Athènes, novembre 2020

La crise, c’est la guerre. Des entrepreneurs, des employés ayant perdu leur travail, notamment dans le secteur de la restauration et du petit commerce se suicident ou tentent de se suicider en ce moment en Grèce, dans l’indifférence totale on dirait, de même que de nombreux jeunes, d’après déjà le témoignage des médecins hospitaliers de Thessalonique. Sans oublier l’abrogation de fait de la mission de l’hôpital public, à savoir, d'assurer et de concourir à la prise en charge de l'urgence et la permanence des soins aux patients. “Désormais, dans notre hôpital plus rien ne fonctionne, hormis la prise en charge des patients atteints de COVID-19, tous les autres doivent s’adresser aux structures privées... si seulement ils peuvent supporter le coût. Ni prévention, ni prise en charge, ni guérison, les conséquences de cette situation sont catastrophiques”, radio 94,3 FM, le 20 novembre 2020, zone matinale.

Ailleurs, en France ou en Belgique par exemple la situation n’est guère meilleure. Le capitalisme dit “populaire” finit alors dans le fossé creusé par les faussaires du monde. Preuve s'il en est que “l’Europe unie” se construit en ce moment même et une fois de plus... sur les cadavres des peuples et des nations. Sauf que les médias mainstream n’ont d’yeux que pour les seuls disparus pour cause de COVID-19, ou sinon atteints en plus d’autres pathologies par le COVID-19.

Les cafés donc disparaîtront largement, autant que les écoles. Niki Keraméos à l’Éducation ex-nationale, introduit et généralise “seulement” pour cause de confinement, l’éducation à distance. Comme les GAFAM, Bill Gates et les leurs, constituent les vrais proches des Mitsotakiéns, c’est naturellement CISCO qui est à l’origine des premiers couacs dans le système “de l’éducation distancée” qui ne fonctionne pas vraiment cette semaine et tout le monde se moque en Grèce. Sauf que pour l’essentiel il s’agit à terme de la disparition de l’école et du remplacement des enseignants, par la supposée intelligence artificielle. À l'exception bien évidemment des enfants de la dite élite, issue du 0,1% de la population.

Ancienne taverne de quartier, lieu à l'abandon. Athènes, novembre 2020

Abeilles... à l'abandon. Mont Hymette, novembre 2020

Cerfs-volants devenus inutiles. Athènes, novembre 2020

Pour ceux du Forum Économique Mondial il n’y a pas photo. Ou plus exactement ils nous placent alors tous... hors cadre, en dépit des balivernes que l’on peut souvent lire sur leurs propres blogs, à l’image de celui de la jeune Ida Auken “jeune leader mondiale” et membre de Global Future. Le texte rédigé avant la réunion annuelle du Forum, a été à l’occasion repris par la revue... socialiste “Forbes”.

Bienvenue en 2030. Bienvenue dans ma ville - ou devrais-je dire, notre ville. Je ne possède rien. Je ne possède pas de voiture. Je ne possède pas de maison. Je ne possède aucun appareil, ni vêtement. Cela peut vous sembler étrange, mais c'est tout à fait logique pour nous dans cette ville. Tout ce que vous considérez comme un produit est maintenant devenu un service. Nous avons accès au transport, au logement, à la nourriture et à tout ce dont nous avons besoin dans notre vie quotidienne. Une par une, toutes ces choses sont devenues gratuites, donc cela n'a plus de sens pour nous de posséder beaucoup”.

Lieux et découvertes. Mont Hymette, novembre 2020

Ma plus grande préoccupation concerne toutes les personnes qui ne vivent pas dans notre ville. Ceux que nous avons perdus en chemin. Ceux qui ont décidé que c'était trop, toute cette technologie. Ceux qui se sont sentis obsolètes et inutiles lorsque les robots et l'Intelligence Artificielle ont repris une grande partie de nos emplois. Ceux qui se sont fâchés contre le système politique et se sont retournés contre lui. Ils vivent leurs différents types de vies en dehors de la ville. Certains ont formé de petites communautés autonomes. D'autres sont simplement restés dans les maisons vides et abandonnées des petits villages du XIXe siècle”.

Voilà pour l’univers 100% Orwellien, à travers un “socialisme égalitariste” de façade, quand la gouvernance mondiale aura effacé complétement les nations et les états, et surtout quand elle aura spolié les biens de tous. Les seuls possédants seront alors les ultra-riches... sauf qu’auparavant, nos “gouvernants” nous auront certainement sauvé du COVID-19. Alors, nous devons dire stop à la... mutation pendant qu’il est encore temps, luttant d’abord contre la léthargie organisée.

Automne sous scellé. Les nombreux enfermés de la ville d’Athéna ont emprunté les chemins qui mènent au mont Hymette... en sortie encore autorisée, porteurs comme ils sont encore de toute leur mélodie humaine bien à eux. Les plus jeunes, se sont remémorés leurs meilleurs souvenirs de fête, espérant déjà que nos tavernes à musique ne mourront pas toutes. Les plus jeunes, comme ils disent d’ailleurs, ils ont la haine des Mitsotakiéns, car ces Orwelliens ont d’abord rendu les fêtes illégales, pour sitôt incriminer et stigmatiser toute cette génération qui se sent déjà sacrifiée. Guerre et Paix alors fusionnées. Certains analysent la situation... savamment chaotique comme état déjà d’actualité. L’Europe continentale se trouve dans une soumission d’ailleurs plus “naturelle” depuis des années déjà. “Cette docilité est notamment symbolisée par l’Euro qui malgré son échec politique et le projet régressif que porte cette monnaie, va continuer à nous être imposé, à nous les peuples européens continentaux, mais sous une autre forme”.

En effet, comme il y aura bientôt un nouveau dollar, il va y avoir un nouvel Euro. L’hyperclasse l’a déjà murmuré par l’intermédiaire de Christine Lagarde directrice de la BCE. L’effondrement qui vient va entrainer une véritable destruction de la monnaie, entrainant avec elle, le peu de richesses que l’Europe continentale est encore capable de produire”.

La solution de l’establishment pour pallier à cet effondrement, social, économique et politique, sera donc la mise en place d’un Euro numérique. Mais vous l’imaginez bien, nous ne serons pas les seuls à nous voir imposer une monnaie numérique -CBC ; le Central Bank Currency, d’autres ont même déjà presque franchi le pas. C’est notamment le cas de la Chine : avec son yuan numérique qui avance à grands pas. Et malgré les analyses bancales de vieux idéologues libéraux incohérents, la Chine est bien le pays du socialisme corporatif voulu et porté actuellement par l’establishment financier transnational”.

La Chine, incarne même ce laboratoire rêvé aux yeux des GAFAM ou encore des financiers féodaux à la Sóros. Tout y est. Surveillance intériorisée, nanotechnologies, transhumanisme, Intelligence artificielle, modification de l’ADN du vivant... les vaccins et le Comité central en plus. Reste à “convaincre” les peuples occidentaux et même tant d’autres, décidément... perdus en chemin. Ceux qui ont décidé que c'était trop, toute cette technologie. Ceux qui se sont fâchés contre le système politique et se sont retournés contre lui. Au besoin par l’éducation à distance, qui plus est... sanitaire.

Mimi de Greek Crisis. Athènes, novembre 2020

Sur le chemin du retour, les promeneurs du week-end sous autorisation découvrent même ce qui est déjà délaissé, ou peut-être pas encore tout à fait. Telle une remarquable voiture des années 1960, une Volvo Amazon, également connue sous le nom de Série 120, construite entre 1957 et 1970.

Reste donc à “convaincre” les peuples. Question de timing, voire d’agenda... que fort heureusement n’inquiète guère notre Mimi de Greek Crisis. Et encore moins ses cousins, petits félins adespotes, sans maître, que les Athéniens croisent également sur le chemin du retour de leurs sorties autorisées.

Au-delà de la société humaine liquide, voire liquidée... surtout lorsqu’on est à sec. Ou pour en finir, devant la lame de fond qui attend visiblement le politiciens marionnettes.
Petits félins adespotes. Athènes, novembre 2020

* Photo de couverture: Sur le chemin du retour, une Volvo Amazon. Athènes, novembre 2020