jeudi 15 octobre 2020

Soleil couchant



On a beau admirer le splendide coucher de soleil sur la mer Égée, le cœur n’y est pas. Seuls nos visiteurs, se laissent encore emporter par la seule beauté des sites et des situations qui sont les nôtres. Pourtant, l’automne se fait gentiment sentir, les orages de passages ont même déraciné des arbres à Athènes mais l’essentiel est comme toujours ailleurs, loin même du délire COVIDien lequel n’emportera pas le pays.

Bâtiments de la Marine nationale grecque. Presse grecque, octobre 2020

En mer Égée justement, l’armada de la Turquie est de sortie, le navire de prospection pétrolière Oruç Reis bien escorté, viole de nouveau depuis quelques heures l’espace maritime grec, rebelote. Le pays de l’islamisme pirate qu’est la Turquie agresse chaque jour davantage les pays voisins, Irak, Syrie, Libye, Chypre, Grèce, Arménie... pendant que l’Union européiste germanisée couvre et même encourage Ankara. Drôle de guerre.

Ou plutôt la guerre tout court. Cette fois-ci, l’attaque contre le noyau dur de la souveraineté nationale grecque est brutale. Le Oruç Reis se trouvait hier à 6,5 milles de Kastellórizo, en contestant à l’occasion la réalité, tout comme la légalité du plateau continental grec à 12 milles. Comme le note une partie de la presse non-mainstream, “Grèce et Chypre ont des vies parallèles. Leur destin est ainsi commun. Erdogan nous l'a clairement signifié par ses nouveaux agissements. Hier c'était Varóssia à Chypre, aujourd'hui c'est Kastellórizo, notre île. Pour remettre les choses dans leur propre dimension, la bataille à livrer est exactement la même, à Chypre comme en Grèce. Ces deux fronts sont inséparables”.

C'est autant ce que nous apprend le départ surprise de l’Oruç Reis hier en direction de Kastellórizo, 24 heures après la nouvelle invasion turque à Famagouste. Nous aurions dû insister sur la mise en place d’un front commun avec Chypre, en imposant des sanctions à la Turquie lors du récent sommet à Bruxelles, au lieu de courir désormais derrière les faits. Nous aurions dû maintenir vivante la doctrine de la zone de défense unifiée entre Grèce et Chypre. Et nous ne l’avons pas fait Nous sommes désormais confrontés à une nouvelle situation. C’est ce qui ressort même de l'annonce du ministère grec des Affaires étrangères sous Níkos Déndias, évoquant enfin une menace majeure pour la paix”.

Rappelons que si le navire turc s'était momentanément retiré du plateau continental grec, les autres navires turcs n’avaient jamais quitté la ZEE chypriote, en toute illégalité bien entendu, et nous, nous prétendions encore que Chypre... c’est un autre pays. Notons que certaines personnes naïves, pensaient que le calme prévaudrait alors jusqu'en décembre. À tel point que ceux qui voient du... nationalisme dans l'effort de défense côté grec, et de la... logique dans les revendications turques, ont commencé à réapparaître dans les médias. Et voilà où nous en sommes en ce moment. Les Turcs encerclent de nouveau Kastellórizo par un NAVTEX, atteignant cette fois les limites des eaux territoriales de ce complexe insulaire grec. Et ceci... alors qu’à Athènes, certains attendent toujours les sanctions de l'UE”.

Sauf que pour la presse aux ordres, la plus grande nouvelle du soir c’est évidemment le COVID-19 en Grèce, “436 nouveaux cas, 7 décès et au total, 86 patients entubés”. Eh bien non. Le coronavirus ne nous emportera pas collectivement. Et même au-delà de la géopolitique, c’est la mise à mort déjà de l’économie qui peut de nouveau nous être fatale. Il n’y a qu’à observer le quotidien grec à travers tous ses images. Le parking des autocars sous l’Acropole est désespérément vide, les affichettes “à vendre” ou “à louer” tapissent de nouveau les surfaces dans Athènes, et au centre-ville, les natifs qui ne fréquentent plus les boutiques ni les cafés... laissent alors la place aux migrants musulmans dépêchés par Erdogan dans sa guerre ainsi hybride et en réalité totale. Seuls nos animaux adespotes, sans maîtres, s’illustrent encore dans leurs habitudes ancestrales; bagarres entre matous et autant nouvelles portées.

Le parking des autocars sous l’Acropole. Octobre 2020

Les affichettes de la crise. Athènes, octobre 2020

Pourtant chez les humains, les choses bougent comme on dit. La propagande COVIDienne a déjà fait son piètre temps, et ceci indépendamment des suites probables dans la propagation de la maladie. Une authentique maladie bien difficile à gérer et très contagieuse mais qui tue si peu, en comparaison par exemple à celle de la grippe de 1918, le COVID-19 n’est tout simplement pas une pandémie. Certes, la planification des maîtres fous planétaires et transhumanistes de surcroît, travestit tant les réalités entre son scientisme nouveau et sa vieille tradition totalitaire réchauffée, alors on est bien dedans, couvre-feu ou pas d’ailleurs.

Nous resterons cloîtrés chez nous, ferons presque tout par Internet - vive la 5G - et ne sortirons plus que lorsque nous y serons autorisés. Ainsi en ont décidé les gnomes de Davos, sous le prétexte d’une pandémie fictive. À part ça tout va bien merci et les merdias peuvent continuer à vilipender les horribles... théoriciens du complot qui dénoncent la grande supercherie... Le discours à distance du Premier ministre britannique à la conférence de son parti l’a vu rejeter l’idée d’un retour à la normale. Utilise-t-il le Covid-19 pour suivre l’agenda de la Grande Réinitialisation du Forum économique mondial, comme beaucoup nous en ont averti ?” Bien dit.

Bagarres entre matous. Athènes, octobre 2020

Nouvelles portées. Athènes, octobre 2020

Pendant que l’économie se meurt de nouveau, les Grecs scrutent leurs journaux et répondent aux questions des sondeurs de manière plutôt logique. Ainsi, à la question “Quels sont les dangers pour vous et pour le pays”, le pays réel considère que le plus grand danger c’est la mise à mort de l’économie, suivi de l’immigration imposée laquelle à terme remplacera la population grecque dans son propre pays, ainsi que l’autre menace désormais ouverte et déclarée, celle de la Turquie.

En fin de liste seulement, arrivent les préoccupations... climatiques et enfin, seulement enfin, le COVID-19. “C’est un danger mineur et finalement passager”, en dépit de la peur générée bien compréhensible, estiment alors les Grecs, enquête de “Metron Análysis” réalisée entre le 15 et le 22 septembre 2020.

Dans le même ordre d’idées parmi celles que l’on n’étouffe plus si facilement, un Grec, jeune de surcroît, a interpellé les gnomes du “Parlement” européiste sur ces sujets et préoccupations alors réels. C’est un préliminaire prometteur quant au réveil des jeunes ; bien entendu, la vidéo en anglais, circule sur Internet grec en ce moment. La vérité... des peuples ne peut plus être étouffée !


Mais alors, l’un après l’autres, les lieux emblématiques de la vie économique et culturelle d’Athènes ferment définitivement leurs portes, emportés par le COVID-19, en réalité par son prétexte. Les deux dernières librairies de la fameuse “Loge des livres” ont fermé leurs portes avant l’été, et surtout, notre historique café littéraire, le légendaire “Polis Art Café” qui fut une véritable institution, culturelle avant tout, a tout simplement fait faillite. Nous resterons cloîtrés chez nous, ferons presque tout par Internet et ne sortirons plus que lorsque nous y serons autorisés, c’est presque fait.

Les Grecs scrutent leurs journaux. Athènes, octobre 2020

L’établissement coorganisait avec les éditeurs, de même que les associations culturelles, philosophique et parfois politiques, plusieurs événements par semaine entre septembre et juin chaque année. Présentations, débats, nouvelles parutions, signatures, concerts, jusqu’aux inoubliables soirées consacrées à la poésie sous la lune de l’Attique.

Sauf qu’il y a eu d’abord le confinement du dernier des... Printemps, puis, les mesures réduisant considérablement le nombre de participants durant l’été et enfin, l’interdiction pure et simple de l’ensemble des manifestations culturelles depuis le mois de Septembre. Ni Polis au sens alors de la Cité, ni Art, ni enfin Café. Sa terrasse est désormais déserte et désolante ; seuls les chats des lieux sont restés, nourris fort heureusement par ceux des Associations des amis des animaux. Il y a de quoi... miauler dans le vide.

Débat en terrasse du Polis Art Café. Athènes 2018

La terrasse du Polis Art Café déserte. Octobre 2020

Je me souviens d’avoir participé à un des débats en qualité de traducteur. C’était en mai 2018, j’accompagnais l’auteur Jean-François Aupetigendre, bloggeur également et ami du blog comme ami tout court, pour son livre “Le Porte-Monnaie. Une société sans argent”, lors de sa parution en langue grecque, depuis disponible en lecture libre en français.

Jean-François imagine une crise financière qui, en 2029, mettrait à bas tout le système financier international. Du jour au lendemain, nous serions privés de toute monnaie, sous quelque forme que ce soit. Et si la société civile s'organisait pour s'en passer définitivement, passant ainsi de la société marchande à une société sans argent...?

Presque sans argent, si ce n’est que pour boire un verre, la soirée fut belle et émouvante. Pour les besoins du débat, l’éditeur a cru bon inviter également deux politiciens bien connus, issus de la gauche. Ils n’ont pas toujours été à la hauteur, déjà... de la société sans argent de Jean-François. Depuis, ils ont même été définitivement rayés de la prétendue carte politique ; une société donc... sans gauche !

Jean-François Aupetigendre. Polis Art Café, Athènes, mai 2018

Le matou des lieux. Polis Art Café, Athènes, mai 2018

Maigre consolation, les cinémas et les théâtres pourraient rouvrir sous conditions... et encore, ce n’est pas évident car à 30% de leur capacité autorisée... leur répertoire n’est plus tellement viable.

Soleil couchant. On a beau encore arborer l’olivier et le drapeau national sur les balcons, nos poètes Séféris et Elýtis tous deux inconditionnels de la Patrie comme de la Poésie, n’auraient certainement plus reconnu leur pays. Et pourtant, ils avaient pu avertir à temps, des dangers du siècle d’après, désormais le nôtre.

Car en ce moment pratiquement de guerre, la gangrène ronge le pays comme rarement dans son histoire contemporaine. En opposition totale avec l’esprit comme autant les écrits des deux prix Nobel de littérature, Séféris en 1963 et Elýtis en 1979, les années 2010 à 2020 sont celles où le dénigrement alors domine, de manière bien entendu voulue et calculée. Des prétendus think tanks “de la modernité”, tous appointés par la nébuleuse Sóros, si ce n’est pas indirectement par l’administration turque.

Le trop fameux ELIAMEP en est un et de taille, seul problème, son directeur Thános Dókos, entre autres connu pour avoir exprimé l’idée du partage de l’Égée... moitié-moitié avec la Turquie, vient d’être nommé par la marionnette Mitsotákis en poste de conseiller en politique étrangère auprès du Premier ministre. Un choix désastreux par les temps qui courent, tout devient enfin possible dans ce pays... Au moment où la Turquie accentue ses attaques et ses provocations, cette nomination en dit déjà bien long... du “patriotisme” du clan Mitsotakién.

L’olivier et le drapeau sur les balcons. Athènes, octobre 2020

Cinéma de plein air. Athènes, octobre 2020

Odysséas Elýtis et son chat. Internet grec

J’évoquais déjà lors du précédent article de ce blog, qu’en ce moment même, “derrière le paravent du COVID-19, les Turcs avancent leurs bulldozers pour pénétrer dans Famagouste via la plage “aménagée” de Varóssia, seule ville dans Chypre occupée par la barbarie de l’Attila turc depuis 1974 restée en l’état, triste état certes, depuis ce dernier été grec d’il y a 46 ans”. Les Turcs occupaient sans pourtant “investir” la ville, car c’était une forme de leurre, à rendre prétendument aux Grecs ; lors des futures négociations supposées finales, entérinant l’invasion et l’épuration ethnique que la majorité grecque de 81% dans l’île avait subi en 1974.

En 2020, l’agressivité de la Turquie dépasse toutes les limites qu’elle s’était même imposée elle-même dans un sens. Désormais, et à deux doigts de la nouvelle guerre ouverte, Erdogan tel Hitler, annonce clairement ses visées. Occuper ou au pire satelliser l’ensemble de Chypre, de même que la mer Égée, voire, l’ensemble de la Grèce.

Détail de l’histoire diront certains, les reporteurs ayant de nouveau pénétré dans la ville fantôme de Famagouste, ont découvert à l’intérieur du bâtiment du Lycée de jeunes Grecques, un amas de vêtements, vraisemblablement issus du pillage ayant suivi l’invasion de l’armée turque. Poussière et temps figé... Pourtant, pas tout à fait.

Famagouste depuis 1974. Octobre 2020, presse grecque

Famagouste, amas de vêtements. Octobre 2020, presse grecque

Famagouste, amas de vêtements. Octobre 2020, presse grecque

La guerre initiée par Erdogan frappe donc aux portes du pays. Pendant ce temps, Mitsotákis renforce en Grèce la présence coloniale... des amis de longue date qui sont les siens, à savoir, les tenants des GAFAM, Microsoft, Amazon, les planteurs d’éoliennes de la dernière escroquerie allemande dénaturant les plus belles montagnes du pays, les promoteurs de la 5G partout et enfin, les VRP des compteurs d’électricité dits “intelligents” au budget annoncé pour cette ultime intelligence artificielle dépassant les 600 millions d’euros, la liste est longue.

C’est, soit la guerre désormais ouverte, soit l’humiliation nationale imposée par Berlin et par Ankara autour de la table des “négociations” conduisant tout droit à la perte supplémentaire de souveraineté comme du territoire national, il n’y a pas d’autre issue. Mitsotákis, le... bambin allemand sous les jupons de Merkel et son conseiller Thános Dókos, cherchent comme ils disent “l’apaisement” et font semblant de pas voir que l’envahisseur est déjà là. La propagande officielle préfère alors diffuser en boucle les dernières mascarades du système des oligarques politiques, à savoir la Daube dorée et enfin le COVID-19. Seulement, comme l’écrit l’universitaire Yánnis Mázis, “devant l’agressivité de la Turquie par l’initiation actuelle de la phase IV de son opération Attila à Chypre et devant sa volonté affichée de réduire à son profit l’espace maritime, insulaire, voire continental grec, eh bien, il va falloir se réveiller pour que notre pays ne se retrouve pas mutilé en décembre prochain”.

Le journaliste Trángas à sa manière, est autant explicite dans ses émissions.

Soyez prêts pour une guerre d’envergure, le gouvernement des Quislings à Athènes ne peut pas faire passer la trahison nationale sans guerre, même d’opérette. Car les réactions populaires seront autant d’envergure et dans pareil cas, il n’y aura ni masques ni distanciation sociale. La question alors sera: L’Égée ou alors le COVID ? Eh bien, l’Égée naturellement. Et en cas de guerre, l’UE allemande ne bougera pas, il va falloir donc d’urgence, travailler notre géopolitique bien à nous devant l’agresseur Turc. Les liens doivent être renforcés avec nos alliés potentiels, au besoin même de circonstance, les Français, les Égyptiens, les Irakiens, les Israéliens, les Égyptiens, les Arméniens et bien naturellement les Kurdes. Car le calendrier s’accélère”. Radio 94,3 FM, zone matinale du 14 octobre.

Athènes... libérée des Allemands le 12 octobre 1944

Athènes, ville morte. Octobre 2020

C’est vrai que la Turquie islamo-totalitaire met de nouveau de la pression car elle veut tout, autrement-dit notre capitulation lors des supposées négociations, le temps presse. Elle doit compter avec ses déconvenues en cours ou même possibles ailleurs, en Arménie, en Libye, voire en Syrie et au Kurdistan. Un “épisode chaud” est peut-être en préparation en mer Égée pour qu’ensuite, l’OTAN et Berlin puissent “arranger” les “négociations” préalables à la capitulation grecque, celles que le pantin Mitsotákis ne peut pas faire passer autrement.

Erdogan est autant pressé par le calendrier électoral aux Etats-Unis et compte profiter du flottement qui en résulte, COVID-19 compris. Comme en 1974, l’invasion turque à Chypre, opération au demeurant co-écrite avec la puissance Britannique, avait été risquée au moment où le Président Nixon était embourbé en plein scandale du Watergate. L’histoire ne se répète pas vraiment, sauf que par certains moments, elle tourne bien en rond. La visite cette semaine à Athènes de Heiko Maas, ministre fédéral allemand des Affaires étrangères avait d’ailleurs comme seul but d’exécrer encore de la pression sur l’agressé, et non pas sur l’agresseur, ceci en dépit des déclarations officielles.

Situation mortelle dans un siècle déjà bien malade. Le beau pays en souffre, la nouvelle mise à mort de son économie restante en plus. Nos chatons nouveaux sont certes là, nos touristes de la dernière minute admirent comme jamais le coucher du soleil devant la mer Égée, pendant que nous scrutons le ciel et la mer, et que les forces armées grecques sont en état d’alerte, en dépit même de la trahison des politiciens. On sent alors que le jour-J n’est guère loin.

Nos chatons nouveaux. Athènes, octobre 2020

Nos touristes de la dernière minute. Cap Sounion, octobre 2020

Ce Jour-J c’est d’ailleurs tout le problème de la clique des oligarques du pays. Les familles économiquement régnantes sous l’Acropole sont déjà bien mouillées et depuis longtemps avec les Allemands, les Turcs et même les Azéris. D’où le non-soutien de la Grèce de Mitsotákis à nos amis Arméniens, contrairement aux intérêts de la Grèce et contre la volonté populaire qui s’organise comme elle peut pour donner un coup de main à l’Arménie.

La boucle est ainsi bouclée pour les oligarques d’Athènes, car ils savent qu’ils sont tenus par le président Ilham Aliyev. De même que certains politiciens. On ne peut pas agir trop longtemps et surtout impunément contre les intérêts du pays, servant uniquement les intérêts de son propre clan, qui plus est, ignorant la géopolitique. Une certaine presse alternative croit même pouvoir aller plus loin dans ce constat.

Des politiciens bien connus en Grèce vivent désormais dans la peur de subir la colère du président corrompu de l'Azerbaïdjan, Aliyev. Pendant tant d'années, en raison de la corruption qui le caractérise, Aliyev n'a pas eu trop de mal à trouver des hommes politiques et des hommes d'affaires en Grèce, prêts à se corrompre pour servir les intérêts de l'Azerbaïdjan comme bien sûr ceux de la Turquie et d’abord les leurs. Il faut préciser que le président azerbaïdjanais avait déjà corrompu plusieurs hommes politiques occidentaux afin de promouvoir ses intérêts. Et nous le répétons, les intérêts d’Ilham Aliyev vont de pair avec ceux d'Erdogan”.

Une réalité d’ailleurs si tragiquement établie à Malte, par le meurtre de la journaliste de talent et de courage Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre 2017”.Sa recherche avait été donc interrompue, elle enquêtait sur l’affaire du financement occulte des politiciens maltais par l’Azerbaïdjan, via le blanchiment nécessaire passant par les banques de l’île”.

Níkos Déndias reçu par le président de l'Irak, Barham Salih. Photo de presse

D’où, suite aux derniers développements de l’actualité, l'attitude musclée de Níkos Déndias, ministre des affaires Étrangères, qui se montre indigné devant les agissements de l'État meurtrier d’Aliyev. Et voilà que tous ces hommes d'affaires et politiciens de langue grecque ayant été corrompus par Aliyev, sont en ce moment si terrorisés. Aliyev fait pression sur eux pour que la Grèce change complètement sa ligne soutenant même ouvertement l'Azerbaïdjan, ou du moins, ne pas soutenir à terme l'Arménie, si ce n’est que par la seule parole sans suite. Sauf que Déndias est intransigeant. Et les amis d'Aliyev en Grèce n'osent plus en rajouter car Déndias est déterminé à dénoncer publiquement quiconque ose faire pression sur lui. Alors, ces appointés par Aliyev tremblent de peur, car le maître de Bakou pourrait lui aussi ouvrir sa bouche, voire, publier... les talons des chèques envoyés... en Grèce”.

Le ministre des Affaires étrangères justement, effectue cette semaine une visite officielle en Irak, où il est reçu par le président irakien Barham Salih et le Premier ministre Mustafa Al-Kadhimi. Notons que Barham Salih avait été d’abord Premier ministre au gouvernement régional du Kurdistan de 2009 à 2012 et ensuite, président de la République d'Irak depuis 2018. Après Bagdad, Níkos Déndias se rendra également à Erbil où il rencontrera le président et le Premier ministre de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani ainsi que le leader historique Massoud Barzani. Enfin et c’est... une bonne idée, le ministre des Affaires étrangères inaugurera sur place le consulat général de Grèce à Erbil, en présence de nombreux responsables locaux.

Et ce n’est pas tout. La provocation turque a atteint de nouvelles limites quand durant la nuit du 14 au 15 octobre, les Turcs ont tenu bloqué en l'air pendant vingt minutes, l'avion gouvernemental transportant le ministre des Affaires étrangères Níkos Déndias de retour à Athènes. L'appareil, parti d'Irak se trouvant au-dessus de la frontière avec la Turquie alors que ses pilotes avaient normalement reçu les permissions requises des autorités turques, ces dernières ont refusé dans un deuxième temps d'approuver l'assentiment qu'elles avaient précédemment accordé. Tournant en rond pendant vingt longues minutes, les pilotes tentaient sans succès de contacter les autorités turques qui ne répondaient plus aux appels, sachant que le carburant ne serait pas suffisant pour atteindre Athènes au-delà d’un certain retard. Voilà pour la... modernité turque, y compris dans la routine des vols aériens. Guerre et Paix, octobre 2020.

La... Sainte famille du clan des Mitsotákis. Photo, presse grecque 2020

Voilà donc que certaines réalités sont désormais un peu plus claires. Déjà Déndias, l’homme... de la famille Rothschild et l’avocat de leurs affaires en Grèce, n’est visiblement pas sur la même longueur d’ondes que le clan Mitsotákis, ce dernier étant comme on sait lié à Berlin, à Sóros, aux GAFAM, mais aussi à Aliyev et donc à la Turquie.

Et oui, les Mitsotákis, ce clan parasite parmi tant d’autres sur le corps de la Grèce et sur le peuple grec. Les médias aux ordres “oublient” par exemple que Kyriákos Mitsotákis a autant “oublié” le remboursement des 300.000 euros empruntés par lui pour le soutien de “sa presse locale” de la Canée en Crète, ou que sa sœur, Alexándra Mitsotákis draine de centaines de milliers d’euros pour être la lobbyiste officielle des éoliennes allemandes en Grèce, celles que son frère impose aux Grecs. Accessoirement, le parti de la Nouvelle Démocratie doit aux banques plus de 300 millions d’euros, tandis que de nombreux ministres actuels comme passés, dont Mitarákis, Lovérdos, Georgiádis doivent aux mêmes banques plus de 20 millions d’euros que d’ailleurs, ils ne remboursent pas. Au même moment, le Grec lambda se voit saisir sa maison pour une dette de 5000 euros qu’il n’arrive pas à rembourser.

Sauf que parfois, le reportage autorisé se laisse emporter par les faits. En juin 2014, Aliyev fut le grand invité de Dóra Bakoyánni, sœur officielle et d’après certaines sources ; la mère... non déclarée de Kyriákos Mitsotákis. Dans la villa de Dóra et de son mari Isídoros Koúvelos du quartier huppé de Glyfáda sur la Riviera d’Athènes, il y a eu bien foule ce soir-là. Entre autres convives, il y avait le Patriarche du clan Konstantínos Mitsotákis, l’ex-Roi Konstantínos II de Grèce, les armateurs Vardinoyánnis et Marinákis. Les discussions ont ainsi porté sur l’approvisionnement en gaz naturel de la Grèce par la compagnie SOCAR de Bakou et en réalité d’Aliyev comme d’Erdogan, presse grecque, juin 2014. En grande... “patriote et philanthrope”, Dóra a donc été l’entremetteuse officielle et visiblement heureuse dans cette affaire finalement douteuse, déjà contraire aux intérêts du peuple grec.

Dóra Bakoyánni et Ilhan Aliyev en pleine complicité. Athènes, juin 2014, photo de presse

L’accord avec la SOCAR a été finalement conclu en 2016 sous SYRIZA de Tsípras, l’autre pourri des politiciens à la même politique comme à la Sóros. Ainsi, la Grèce achète du gaz aux Azéris et non pas aux Russes par exemple, lorsqu’on sait que 20% de cet argent grec finit chaque année dans les poches d’Erdogan d’après le fonctionnement propre à la SOCAR.

Enfin, il y a l’actualité très parallèle de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan en Turquie, couplé d’ailleurs d’un gazoduc. Son affaire aide à mieux comprendre les enjeux actuels, en mer Égée comme dans le Caucase. Elle fournit aussi un certain éclaircissement quant au positionnement scandaleusement pro-turc du Secrétaire général de l’OTAN. Comme le souligne l’analyste Yórgos Adalís, “c’est d’abord BP qui détient la plus grande participation de la propriété du gazoduc Bakou-Ceyhan, 30,1% et il en est le gestionnaire. La SOCAR azerbaïdjanaise, dans laquelle les décisions sont prises directement par la famille Aliyev, elle en détient le 25%. Le troisième pourcentage le plus important du pipeline est détenu par l'américain UNOCAL avec 8,9%. UNOCAL est une filiale de CHEVRON, qui devrait - sauf imprévu - acquérir les parcelles de prospection gazière en mer, chypriote et israélienne, après la faillite de la Noble Energy”.

Le quatrième propriétaire du gazoduc est le norvégien STATOIL avec un pourcentage de 8,71%. Jens Stoltenberg le connaît fort bien ; depuis qu'il fut membre du parlement en tant que présidente de l'Autorité indépendante de l'énergie. Il avait initié les Fonds d'exploitation des hydrocarbures de Norvège, structure qui finalement est devenue un acteur mondial”.

Garibaldiens lors de la guerre gréco-turque de 1912

Plus tard, c’est en tant que Premier ministre, qu’il a été le pionnier dans la privatisation de STATOIL et de sa transformation en EQUINOR. Lorsque Stoltenberg a accédé aux commandes en Norvège, les dépenses militaires de son pays étaient alors fort réduites pour ne pas dire insignifiantes, sitôt arrivé au pouvoir il les a remis au goût du jour et surtout de l’OTAN. Son investissement à la tête l'OTAN était essentiellement une récompense. Et bien sûr, nous n'oublions pas que la Norvège fournit à la Turquie du personnel spécialisé pour ses prospections pétrolières illégales en Grèce et à Chypre. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le pipeline Bakou-Ceyhan est dans un sens, un enfant de Stoltenberg”.

Il y a donc ce Stoltenberg à l’OTAN en plus des politiciens bien de chez nous à Athènes, rendant l’équation difficile à résoudre. Ainsi, le clan Mitsotákis ou la gôche de Tsipras, en passant par le reste des parasites politiques, ils engraissent tous et directement la famille Erdogan et autant la Turquie islamiste dans son économie de guerre contre les Grecs, les Arméniens, les Syriens et les Kurdes. C’est déjà pour cette raison largement suffisante, que nous n’accordons la moindre confiance à la gestion Mitsotákis dans le contexte actuel. Restent, la logique de l’histoire en devenir, la folie islamiste, voire, la folie propre d’Erdogan que l’on dit même souffrant d’un cancer, autant que les divergences entre les Puissances et entre les lobbys du Pétrole ; voilà ce qui peut faire la différence désormais. Eh bien naturellement sur le terrain, ce qui fera la différence, tient de la détermination du peuple grec, tout comme de celle des forces armées du pays, bien capables de mettre en échec cette Turquie militaire largement surestimée.

On nourrit toujours nos animaux adespotes. Athènes, octobre 2020

Les choses doivent enfin être dites telles qu'elles sont. Il ne faut plus embellir cette situation très mauvaise et fatalement dangereuse que la Turquie en pays pirate, a ainsi engendré année après année en Méditerranée orientale. La grande erreur des Allemands, répétée par les Américains, supposant pour les besoins du débat que c’est une erreur, c'est qu'ils font encore confiance à la Turquie du leader islamiste Erdogan. Eh bien, ils sont déjà dans le déni total. La Turquie a déjà changé de camp, mais ils font semblant de ne pas le voir. Quel autre pays aurait pu acheter le système russe des missiles S-400 sans se voir déjà imposer des sanctions? Aucun.

L’Allemagne comme les États-Unis protègent alors encore la puissance pirate d’Erdogan, sauf qu’ils le paieront bien cher et accessoirement hélas c’est l’ensemble de l’UE qui le paiera. Erdogan est un personnage à la Hitler, mauvais, vindicatif et en plus islamiste. Les Allemands le paieront même plus rapidement que les Américains, étant donné que la Turquie est la plaque tournante du terrorisme islamiste visant d’abord l’Europe. Sa nouvelle génération de terroristes se prépare. Les services secrets de Washington et de Berlin d’ailleurs le savent.

La Turquie ne va donc pas s’arrêter aux menaces. Ni en mer Égée et en Grèce continentale, et encore moins à Chypre. C'est toute la mise en œuvre exacte des plans qui sont les siens. Erdogan ne teste pas les eaux, comme on dit parfois dans le langage diplomatique, non, il veut la guerre. Malheureusement, la Grèce et Chypre doivent également se préparer à la guerre - pour le dire ainsi franchement - et pour ce faire, ces deux pays doivent tisser des solides alliances régionales.

Fin de partie. Les Mitsotákis et les autres marionnettes en poste à Athènes ne pourront plus très longtemps offrir le pays sur un plateau... continental, tout en faisant jouer le disque rayé du COVID. Erdogan veut tout, la guerre comme... autant la paix, la sienne bien évidemment. Rappelons tout simplement que les Accords de Munich ont offert à Hitler ce qu’il voulait, et qu’ensuite, la guerre a tout de même eu lieu. Accessoirement, une telle aventure finale nationale survenue après dix ans de Troïka en Grèce, emportera certainement plus d’un, parmi la caste des parasites à Athènes, politiquement déjà... pour ne pas dire aussi physiquement.

Ainsi va la vie des peuples, en Paix comme en Guerre. On a beau admirer le splendide coucher de soleil sur la mer Égée, le cœur n’y est pas, en tout cas plus de cette façon. Sous l’Acropole, on nourrit toujours nos animaux adespotes, comme on nourrit surtout l’espoir du sursaut et autant la haine de la classe politique. C’est une lame de fond qui monte alors en parallèle avec les dangers mortels qui pèsent sur la nation.

Hermès de Greek Crisis. Athènes, Octobre 2020

Soleil couchant sur le pays. L’automne se fait gentiment sentir. En dépit de notre survivalisme obligé, chez Greek Crisis on se prépare aussi.

En attendant, notre Hermès se porte mieux et notre Mimi est en forme. Drôle de Paix !


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Mimi est en forme. Athènes, octobre 2020


* Photo de couverture: Soleil couchant. Cap Sounion, octobre 2020