vendredi 29 mai 2020

Machination



Au pays déconfiné les terrasses restent souvent vides. Terrasses des cafés comme terrasses privées. Aux villages du vieux Péloponnèse, réinvestis dans tout le sens du terme par les retraités acquéreurs de l’Europe du nord, l’aporie est de mise. Certaines demeures sont closes, les habitants s’inquiètent vraiment des pensionnés propriétaires, restés bloqués pour cause de COVID-19 dans le... grand nord au-delà du parallèle boréal de Zagreb à Limoges!

Terrasse privée. Péloponnèse, mai 2020

Les églises enfin ouvertes au pays réel, on fait son signe de croix, on invoque Saint-Georges et Saint-Cyprien comme on scrute alors l’horizon des faits et des gestes. L’économie ne repart pas comme avant, l’avenir avance désormais encore plus masqué que d’habitude. D’après les médias, la fréquentation des restaurants et des cafés est en chute libre. Les gens sont d’abord appauvris, ensuite ils ont pris des habitudes de confinés, enfin, il y a la peur du COVID-19 ou plutôt de l’avenir.

Ceux du gouvernement exhortent les hôteliers et les restaurateurs à rouvrir leurs établissements, ce n’est pas gagné. Au vieux pays on vient de loin, et en termes de commerce supposé libre, on a appris à lire les signes apportés par les mauvais nuages bien mieux que les apparatchiks de la caste des politiciens.

“Nous avons tant travaillé, nous avons vécu, nous sommes arrivés enfin à notre situation actuelle. Je tiens ma boutique coûte que coûte, mes fournisseurs m’annoncent des prix en hausse, je vends pourtant mon café au même prix que l’année dernière et la baisse de la TVA ne me sauvera pas si la fréquentation de revient pas.” Stélios qui tient le café sait de quoi il parle, seuls les politiciens estiment que la baisse de la TVA, ramenée de 24% à 13% suffira à elle seule pour sauver les meubles de la dernière Grèce. Le beau pays et alors son vide.

Petite église. Péloponnèse, mai 2020

Saint-Georges et Saint-Cyprien. Péloponnèse, mai 2020

On vient de loin. Péloponnèse, mai 2020

Au pays déconfiné, les citrons tombent des arbres et les vieux métiers attendent toujours leur heure. Au café du port, fréquenté par ceux dont les revenus n’ont pas été affectés par le Covidisme réellement existant, commentent et se remémorent ainsi le passé à défaut d’avenir bien précis. Anciens de la Marine marchande, de la Marine nationale, vieux matelots ayant navigué à bord des légendaires paquebots de croisières jadis grecs, depuis longtemps passés à la postérité des souvenirs après démolition forcément navale.

Les jeunes travaillent comme ils le peuvent quand les vieux comptent leurs annuités. Les anciens de la marine marchande espèrent toujours avoir droit à une retraite décente, c’est-à-dire, dépassant à peine les mille euros par mois lorsque les autres employés du privé tomberont fatalement dans des comptes d’apothicaire avec leurs futures petites centaines d’euros. Dix années d’Occupation par la Troïka et par la caste des profiteurs à Athènes ont considérablement rabaissé la dignité des travailleurs autant que l’espoir. On se contentera de bien peu, mais jusqu’où?

Le vieux pays réfléchit et se creuse la tête. Pendant que Mitsotákis, l’ami de Sóros, fait dire aux médias aux ordres qu’il y de quoi pavoiser des fonds de relance proposés par la Commission européenne, dont 32 milliards seraient attribués à la Grèce, en partie sous forme de prêts. Au café, les avis sont à ce propos arrêtés. “Ils vont nous pondre un nouveau mémorandum, une Troïka élargie et à l’occasion, surtout à l’occasion, engraisser les amis historiques des politiciens hystériques.”

Les citrons tombent. Péloponnèse, mai 2020

Vieux métiers. Péloponnèse, mai 2020

La Grèce d'antan et ses chats. Années 1930, archive ELIA sur Internet

C’est autant vrai que la caste des politiciens de la pseudo-démocratie actuelle grecque, au demeurant xénocrate et apatride, œuvre principalement pour le bien-être d’une petite quinzaine de familles d’oligarques à Athènes, et cela se voit. Même le vieux clientélisme, notamment celui de la fonction dite publique et territoriale, n’arrive plus à masquer les faits. La caste des apatrides-nés croit même voir plus loin. Elle espère remplacer les fonctionnaires par les logiciels autant que les électeurs-figurants, par les envahisseurs de la colonisation musulmane, migrants alors instrumentalisés qu’elle projette naturaliser contre toute logique de survie sociale et nationale, ignorant naturellement l’immense majorité des Grecs.

Pendant que depuis le vieux Péloponnèse on scrute l’horizon pour y décerner les rarissimes premiers voiliers de la saison qui n’en est déjà pas une, la question dite “migratoire” par le langage imposé s’envenime comme prévu. L’invasion organisée par la Turquie, l’ONU et les ONG à la Sóros visant à déposséder les Grecs de leurs terres comme de leurs droits suit son chemin. La presse électronique patriote revient par exemple sur le procès de deux figures éminentes de l’ONGisme Sorite, arrêtés à Lesbos en 2018. Il y a de quoi.

Il s’agit des “solidaires” Sarah Mardini et Séan Binder, “volontaires” lors de l’opération de recherche et de sauvetage de l’organisation ERCI à Lesbos, localisant les bateaux des trafiquants-passeurs qui traversent la mer Égée pour faciliter leur arrivée sur les côtes grecques. Ils ont été arrêtés par la police grecque le 28 août 2018, leurs actes ayant été contrôlés au cours des mois précédents, et ont été inculpés de faux aggravés, de violation de secrets d’État, d’espionnage, ainsi que de possession illégale de radios sans fil maritimes portables.

Les rarissimes premiers voiliers de la saison. Péloponnèse, mai 2020

Tradition vivante. Péloponnèse, mai 2020

Terrasses vides. Péloponnèse, mai 2020

D’après l’instruction, les deux accusés ont été également interpelés le 9 février 2018 à Mytilène à bord d’une jeep, laquelle, sous ses plaques d’immatriculation légales, avaient été apposées des fausses plaques d’immatriculation de type militaire grec, en plus de la radio sans fil de type naval branchée sur les fréquences des garde-côtes grecs et sur celles de la capitainerie du port, sans oublier leurs jumelles de nuit parmi le matériel saisi. Inutile de dire que tout le Gotha immigrationniste de l’écosystème Sóros se mobilise pour défendre ses soldats. Human Rights Watch, les Verts, à l’instar des partis de la Gauche de l’euro-système.

Leur ligne de défense est d’ailleurs sans surprise. Il s’agit d’une tactique bien établie par tous ces agitateurs qui se fatiguent tant, afin d’imposer la standardisation des frontières ouvertes. D’après cet argumentaire, leurs secourus sont tous des réfugiés, leur droit de circuler ne devrait pas être érigé en infraction, ceci même lorsque leur transfert est essentiellement assuré par des réseaux d’une véritable traite négrière, qui fonctionnent comme une entreprise multinationale invisible avec des bénéfices colossaux, au demeurant partagés avec les ONG.

Pour Human Rights Watch cependant, peu importe si dans le but de sauver des intrus, l’organisation ERCI a remplacé les autorités officielles grecques dans le contrôle et la garde des frontières, ou qu’elle a eu des contacts avec les réseaux de trafiquants, ou même qu’elle a surveillé de près et en toute illégalité les activités du port comme celles de la FRONTEX. Trente-deux eurodéputés se précipiteront également au secours des accusés, dans une déclaration commune signée par des membres de la gauche, des verts et des libéraux dès 2018.

Matériel issu de l'autre guerre! Péloponnèse, mai 2020

Grèce d'antan. Péloponnèse, mai 2020

Le contenu de leur appel suit plus ou moins le même argumentaire. “Nous croyons fermement que les volontaires de l’aide humanitaire ne constituent pas un danger pour la société et ne doivent pas être traités comme des criminels. Nous unissons nos voix à celles de leurs familles, aux universités où Sarah et Séan étudient, à d’autres ONG et organisations humanitaires et à des personnes à travers l’Europe qui apprécient les efforts humanitaires pour ceux qui en ont besoin ou qui sont menacés en mer.”

La déclaration a été signée par les chefs de file des libéraux, de la gauche et des verts, Guy Verhofstadt, Ska Keller et Gabi Zimmer, tandis que du côté... grec, on remarquera les signatures de Stélios Koúloglou et de Dimítris Papadimoúlis de SYRIZA à la Sóros. Finalement, la pression internationale sera payante. En décembre de la même année, ces personnes condamnées à la détention provisoire ont été libérées après le paiement d’une caution, voir Yórgos Rakkás, SLpress, le 26 mai 2020.

Printemps bien avancé au vieux pays des caprins... comme des nouvelles méthodes. Le gouvernement s’apprête à vider en partie les campements en relâchant déjà 16.000 migrants reconnus comme refugiés dans la nature morte de la société grecque, histoire de remplir le pot de nouveau et ainsi de suite, télévision grecque, le 27 mai. Sauf que l’installation de nouveaux camps, bourgades en somme de la colonisation du pays rencontre partout l’opposition des habitants comme des élus locaux et régionaux, à l’instar de ce qui se passe par exemple à Grevená, en Macédoine grecque, presse du 28 mai.

Printemps bien avancé. Péloponnèse, mai 2020

Caprins. Péloponnèse, mai 2020

Péloponnèse toujours et à Kranídi en Argolide, les migrants... logés dans un hôtel loué par une ONG près de cette belle localité touristique, se sont révoltés et ont même... manifesté jusqu’au cœur de la localité en contournant les barrages policiers largement insuffisants. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et cafés, puis les habitants se sont enfermés chez eux. Mercredi 26 mai le Journal télévisé du soir de la chaîne ANT1 a diffusé son reportage depuis Kranídi. Tous les habitants en colère ont exigé le départ des migrants et la fermeture de l’hôtel lequel est loué de la sorte aux ONG depuis 2016.

D’après ce reportage, le ministre... des migrants Mitarákis a déclaré qu’à terme, les 55 hôtels qui logent des migrants seront vidés et leurs occupants évacués. Méfiance naturellement. La responsable municipale de Kranídi, jointe au téléphone par le journaliste présentateur de la chaîne ANT1 a précisé “que la situation est intenable et que les habitats ne sont guère en sécurité, physique, économique, tout comme sanitaire. Enfin, lorsque le gouvernement prétend œuvrer pour le redémarrage du tourisme, c’est alors et sous ces conditions de la poudre aux yeux.”

Lorsque l’élue locale a dit que “si le gouvernement n’agit pas dans le bon sens les habitants feront respecter la loi aux migrants directement sur le terrain”, le journaliste aux ordres lui a coupé la parole pour sitôt répliquer, “non surtout pas”, reportage aussi à travers la presse écrite le 27 mai. Dans une autre vidéo que les chaînes dites généralistes n’ont pas pu ignorer, on y découvre, toujours depuis Kranídi, des scènes où comme à Lesbos, les envahisseurs volent et égorgent les bêtes des habitants. Naturellement... les trente-deux eurodéputés ne se précipiteront pas pour soutenir les droits des habitants. Et encore moins, quand la monoculture de l’immigrationnisme devient un véritable cancer autant social qu’économique, ne permettant plus le développement des autres activités, tourisme compris. D’où par exemple l’étau qui se resserre autour de Lesbos, obligeant même certains des habitants à quitter leur île. Cela se nomme tout simplement replacement de la population par une forme de guerre, d’ailleurs sournoise et totale.


C’est autant vrai que le pays réel se rebiffe et que depuis la réaction armée des habitants à Lesbos en Chios en février dernier, on sait que la peur peut aussi changer de camp. “Les salopards, ils terrorisent les Grecs avec le COVID-19 pour oublier le reste et pour ne plus réagir”, entend-on même sur le café du port en plein Péloponnèse. Et à Thessalonique, capitale de la Macédoine et deuxième ville grecque, deux cent autocars de tourisme ont été garés au centre-ville en signe de protestation ou plutôt de désespoir. Pour 80% des employés du secteur en Grèce du nord c’est déjà le chômage et alors la chute libre, presse du 29 mai. Covidisme réellement existant.

Signe des temps, en ce 29 mai, on commémore les 567 ans de la prise de Constantinople par les Turcs, c’était en 1453. D’où, par ailleurs, la provocation de la journée quand Erdogan organise solennellement son spectacle de prière depuis la Saint Sophie, pourtant officiellement musée, faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité. Signe des temps toujours, la presse locale thessalienne revient sur le sort tragique des néo-martyres orthodoxes Russes et notamment du jeune soldat Yevgeny Rodionov. Il a trouvé une mort atroce aux mains des islamistes Tchétchènes ; sa canonisation date du 20 août 2002.

Né, à Moscou, le 23 mai 1977, le jeune Yevgeny fut appelé sous les drapeaux de la Fédération de Russie en 1995 et envoyé en Tchétchénie. Là, il fut capturé, moins d’un an plus tard, quand un groupe de rebelles s’empara du fortin où il était en poste. Gardé captif durant trois mois, ses geôliers espérant en tirer une rançon, Yevgeny Rodionov fut finalement décapité le jour de son dix-neuvième anniversaire car il refusait de se convertir à l’islam et de se séparer de sa croix de baptême, presse de Thessalie, le 23 mai.

Saint Yevgeny Rodionov. Presse grecque et internationale, mai 2020

Pays concret. Péloponnèse, mai 2020

Aux églises ainsi rouvertes, on fait son signe de croix, on invoque Saint-Georges et Saint-Cyprien comme on scrute encore et toujours l’horizon. Ou, comme l’écrivait à sa manière Renée Richer, “dans un pays aussi fragile que la Grèce, ce qui vous reste après un tourbillon historique, c’est votre culture, quand le monde vous a oublié”. C’était en mémoire de l’écrivain Yórgos Theotokás ami de Yórgos Séféris.

En 1954, Séféris critique son ami au sujet de Chypre dans une lettre qu’il lui adresse ; Theotokás venait de publier dans la presse grecque un article consacré à l’affaire Chypriote.

“Il y a 400.000 âmes dans ce coin de la terre parmi les meilleurs et les plus authentiques des Grecs, que certains essaient de couper de leurs vraies racines et de faire d’eux des fleurs poussées sous serre. Dans ce coin de la terre, il y a bien une machination qui veut transformer les Grecs de Chypre en Chypriotes non-Grecs ainsi plantés de la sorte, cette même machination qui veut faire de ces gens des bâtards, autant par l’achat que par l’abaissement des consciences, en utilisant la flatterie des faiblesses comme celle des intérêts. La question chypriote est tout d’abord une question de culture au sens le plus large du terme, ceux qui se trouvent derrière cette machination appellent alors propagande politique, l’instruction naturelle grecque de ces gens”, lettre de Séféris du 28 décembre 1954, “Yórgos Theotokás - Yórgos Séféris - Correspondance 1930-1966”, Athènes 1981.

Yórgos Theotokás et son jeune épouse Koralía en 1966

Derrière la machination se cache bien entendu le colonisateur britannique, dont Laurence Durrell, l’écrivain et autant agent des Services secrets britanniques, non moins chef du Service la propagande anglaise à Chypre en 1954. C’est la raison pour laquelle Séféris, s’est définitivement détourné avec dégoût de son ancien ami des années 1930.

La machination actuelle à l’échelle du continent est très exactement portée par l’écosystème Sóros. Machination qui veut transformer entre autres les Grecs en non-Grecs, cette même machination qui veut faire de ces gens des bâtards, autant par l’achat que par l’abaissement des consciences, en utilisant la flatterie des faiblesses comme celle des intérêts. L’immigrationnisme en plus, pour en finir avec les sociétés et les nations en Europe.

Pays réel déconfiné. Péloponnèse, mai 2020

Au pays déconfiné, les terrasses sont vides mais les cœurs sont pleins de mille choses indignes. Les habitants s’inquiètent des pensionnés enragés du système Sóros qui exigent à devenir les propriétaires du pays par l’invasion, contre toute logique Aristotélicienne, contre toute logique tout court.

Au pays déconfiné, les citrons tombent des arbres et les vieux usages attendent toujours leur heure. On vient de loin.


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On vient de loin ! Péloponnèse, mai 2020


* Photo de couverture: Terrasse privée vide. Péloponnèse, mai 2020