lundi 25 mai 2020

Cafés et terrasses



Petite victoire, grande joie. Les églises, les cafés et les tavernes ont rouvert après deux mois et demi de fermeture. Notre sociabilité est de retour, elle est cependant blessée et surtout appauvrie. Mais on fera avec, comme on sait se débrouiller à la seule et unique manière héritée des anciens. Se retrouver, échanger, agir et si possible... travailler. Contre vents et marées.

La chatte blessée. Péloponnèse, mai 2020

En ce Péloponnèse... vieux comme le monde, les habitués du café le mieux situé sur le port sont de retour. De même que le caïque de notre capitaine avec son poisson étalé de la matinée, puis, nos chats des lieux estampillés... de la ténacité. On échange d’emblée et chaleureusement certains vœux disons coutumiers, entre clients et tenants de l’établissement, en ces circonstances pourtant si exceptionnelles. Vœux habituels à peu près traditionnels, comme lors d’un baptême, voire, pour un début d’année. Car ce qui s’y déroule tient plutôt d’un recommencement aux allures d’une régénération, c’est d’ailleurs ainsi que l’espoir renait.

“Soyez les bienvenus, santé et force les amis.” Les discussions portent fatalement autour... du pot cassé de la normalité. “Notre vie normale c’est fini... en tout cas pour cette année. Puis, nous appréhendons le retour des touristes, il y aura fatalement parmi eux ceux qui seront malades ; Mitsotákis va tout ouvrir dans le pays pour sauver le minimum, mais c’est déjà largement fichu.” Ou sinon on commente volontiers la reprise des cours, primaire compris à partir de juin, dans une semaine. Les parents et surtout les grands-parents ne sont pas forcément rassurés mais on se dit confiant quant à la gestion intrafamiliale. Méfiance pourtant et alors interrogation. “Ah les gars, vous n’avez pas tout compris, en octobre ou même avant, ces gens vont lâcher la deuxième vague du Covid-19 ou de son prochain cousin, histoire de nous achever. Nous n’arriverons pas à nous défaire des diables si facilement, je vous le dis.”

Belles retrouvailles malgré cela. Les grands-parents qui ressortent après dix semaines de confinement racontent combien ils ont été protégés par leurs enfants et petits-enfants, déjà pour passer le cap. “Vous avez vu, en Europe du nord et ailleurs, les gouvernements ont quasiment assassiné leurs vieux. Peut-être qu’ils ne pouvaient faire autrement.” De toute manière en Grèce, dix ans d’austérité ont resserré certains liens et ceci, par la force des choses. Peu de Grecs ont désormais les moyens pour affronter le coût des maisons de retraite, ensuite, le regroupement obligé de certaines familles s’est réalisé autour du seul revenu régulier et de ce fait disponible, celui des retraités. Ceci explique aussi cela.

Tables disposées à une certaine distance. Péloponnèse, mai 2020

Sociabilité des lieux publics. Thessalie, mai 2020

Météo thessalienne. Mai 2020

Il y a quelques jours en Thessalie, les habitants se retrouvaient encore sur les trottoirs et sur les bancs publics, mais depuis ce lundi 25 mai, tout le monde espère que le retour des tables et des chaises... s’inscrira si possible dans nos droits fondamentaux. L’économie est certes blessée, mais quoi qu’il en devienne, pour les établissements ouverts les nouvelles règles sont respectées, les tables sont par exemple disposées à une certaine distance... bien naturellement en attendant les clients.

Belles retrouvailles. Notre pêcheur montre alors si fièrement cette jeune chatte... miraculée et ressuscitée. Elle a été blessée il y a deux semaines par une voiture sous la conduite d’un humanoïde de la taxinomie des barbares, depuis, et durant une semaine elle marchait péniblement, visiblement elle a été touchée à la colonne vertébrale. Capitaine Yánnis a donc pris davantage soin d’elle que d’habitude, lui assurant son poisson plus que quotidien. Entre-temps la chatte a accouché de huit adorables chattons et finalement, sa santé fut rétablie. Petites victoires, grandes joies.

Pour le reste la météo globale se dégrade, en Thessalie comme un peu partout. A l’instar, il faut le dire, de celle de la géopolitique. Disons pour faire court, que le gouvernement des vendus se ridiculise chaque jour davantage sur le marché des dupes. Sauf que nous risquons d’en arriver à un point de non-retour. Des retraités assis sur la terrasse de notre café, Allemands et Grecs, tous descendus des villages de la montagne d’en face, en parlent aussi. Tant l’inquiétude et la grossièreté, celle des politiciens, ne se cachent alors plus. Ces retraités ont passé, à en croire leurs dires, le meilleur confinement possible en Europe. Loin d’Allemagne et autant loin des positions pro-turques de l’élite historique de Berlin.

Vision historique, école en Thessalie. Années 1950

Météo en Thessalie. Mai 2020

Le pays dans le brouillard. Grèce Centrale, mai 2020

Sur la frontière avec la Turquie du fleuve Évros, l’armée de cette Turquie islamo-totalitaire d’Erdogan aurait d’après certains reportages depuis environ deux semaines profité de la diminution du niveau de l’eau pour occuper une bande de terre grecque sur 16000 mètres carrés. Ce que le ministre des... étranges Affaires étrangères à Athènes, Déndias, a d’abord dissimulé des médias pour ensuite minimiser l’affaire en déclarant “qu’on ne fait pas la guerre pour quelques mètres de terre.” “La honte”, aux yeux des Allemands d’ici, tout comme de leurs amis germanophones du coin. Non, il n’y a pas que le déconfinement qui décide de la pluie et du beau temps en ce pays. Surtout pas.

Nous avons toutefois retrouvé notre Agora des cafés et ce n’est pas rien par les temps qui courent. En ce Péloponnèse habitué des visiteurs, on s’avoue malgré cela déjà vaincu du dernier des destins. De nombreux hôtels n’ouvriront pas. “Mon cousin qui travaille à Rhodes occupant un poste de responsabilité dans le secteur me dit que son hôtel fera de même. Le risque est énorme, le coût de fonctionnement n’est plus supportable, les clients surtout ne se basculeront pas. En plus, les tour-opérateurs exigent que les prix soient davantage cassés tandis que le gouvernement octroie certaines aides à l’hôtellerie et à la restauration ainsi qu’à d’autres entreprises seulement sous certaines conditions. Surtout, lorsque les entrepreneurs doivent s’engager à ne pas licencier jusqu’au mois d’octobre. Bonne blague. Peu d’entrepreneurs sont alors tombés dans ce piège... car l’avenir est visiblement intenable.”

Pays dans le brouillard... en attendant l’été. Pays réel qui dispose ses tables et ses chaises sous ces affiches bien de saison, faisant la promotion des métiers de la Santé et au passage... la promotion culturelle des masques. Réalités que l’on croyait alors masquées mais invisibles, c’était bien avant le Covid-19. Les Grecs en déduisent alors qu’il s’agit d’une bien méchante maladie, manifestement un peu... technique ayant causé tant de douleurs ailleurs et moins chez nous, nous imposant surtout un nouveau régime symbiotique et notamment politique. “C’est le totalitarisme de Bill Gates et de Sóros, lesquels financent une pléiade de politiciens et de journalistes à Athènes. Ils veulent en outre imposer leurs vaccins aux puces électroniques, voire, leurs vaccins ayant comme on le sait causé tant de morts et de paralysés en Afrique et en Asie. Ils sont déjà sous le coup de procès en Asie et en Afrique et ce n’est pas du conspirationnisme car ces faits sont réels et avérés”, croit savoir de son côté le journaliste Trángas sur 90.1 FM en zone matinale le 25 mai. L’année 2020 se terminera peut-être mal, sauf qu’elle ne manquera guère de suspens.

Le bistrot, Agora des Grecs. Thessalie, années 1950

Temps nouveaux. Tríkala, Thessalie, mai 2020

Tables disposées à distance. Péloponnèse, mai 2020

En ce Péloponnèse... vieux comme le monde, la vie reprend, avec ses habitués et ses caïques.

Le capitaine Yánnis nous a montré, à part son chat, une bien curieuse petite créature des fonds de la mer, remontée avec ses filets ce matin. “C’est la première fois que je vois cette petite bête si bizarre.” Petit attroupement, photos et encore interrogations. Le capitaine fait son signe de croix en rejetant la bête dans la mer. Il y a de quoi... par les temps qui courent.

La bête curieuse remontée de la mer. Péloponnèse, mai 2020

Sauf que nous n’en avons pas fini avec les créatures des bas-fonds. L’autre “bête curieuse” du pays c’est bien la famille Mitsotákis... entre autres. Pour le géopoliticien et enseignant à l’École des officiers, Konstantinos Grívas, les masques sont désormais tombés. “Nous arrivons bien dans le cas où notre territoire national est alors cédé à la Turquie. Sur le fleuve Évros, comme potentiellement ailleurs. Tel est le rôle accélérateur de la famille Mitsotákis dans la mise en exécution des accords secrets allant dans ce sens, bien entendu en trompant les Grecs. Il existe de toute évidence un puissant et agissant parti turc officieux, lequel traverse même l’ensemble du système politique grec, il faut enfin le dire, les masques sont tombés. Cela passe également par le peuplement du pays par ces migrants musulmans pour ensuite créer des zones grises sur les îles et en Grèce continentale que la Turquie revendique déjà ouvertement. Il s’agit bel est bien d’une guerre hybride et d’ailleurs totale.”

“Nos politiciens collaborent ainsi avec l’ennemi et pour vendre l’affaire, pour produire de la communication, ils nous diront qu’ils amèneront le soi-disant différent devant les tribunaux internationaux, ceci pour entériner leur trahison et autant accords secrets, tribunaux notons-le, largement contrôlés par Sóros. Sauf que cet ultime système politique grec, celui en réalité du parti unique affrontera, un jour pas si lointain, ses propres choix et cela ne se passera... pas disons calmement. Sauf qu’un nouveau système politique finira par naître, c’est inéluctable.” Parmi les commentaires laissés sur la page de l’interview de Grívas, figure le suivant: “Traîtres, exécutons-les maintenant. C’est de la haute trahison et nous avons le droit de ce châtiment, c’est prévu par notre Constitution.” Pour un nombre manifestement grandissant de citoyens... le problème n’est pas le Covid... mais alors le vide sidérant, celui des politiciens payés et installés pour agir uniquement contre le peuple, contre le pays et contre la nation.

D’où les affaires du moment en Grèce. Comme pour Papadimoúlis par exemple, le riche eurodéputé SYRIZA proche de Sóros, lequel a récemment et visiblement fructifié davantage ses affaires en acquérant plusieurs appartements à Athènes pour ensuite les louer aux ONG immigrationnistes appartenant à Sóros, ONG d’ailleurs gérées par certains proches des Mitsotákis. Nous voilà encore devant... ces autres bêtes immondes du pays ainsi réunies au sein du parti unique. On en parle aussi jusque sur nos terrasses retrouvées des cafés. D’ailleurs, le cas grec n’est qu’un exemple, incontestablement plus dramatique que d’autres ; seulement ailleurs et alors bien souvent, la politique impénétrable, appliquée par les marionnettes politiciennes demeure autant invisible... jusqu’au moment des résultats. Mais qui dit résultats, dit également qu’il y aura tôt ou tard des comptes à rendre..

“Addio del passato” comme donc à l’Opera. Les églises, les cafés et les tavernes ont rouvert après deux mois et demi de fermeture. Notre sociabilité est de retour. Drôle de saison pourtant, nous dit à sa manière notre Hermès de Greek Crisis. En attendant l’été!


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Hermès de Greek Crisis. Péloponnèse, mai 2020


* Photo de couverture: Le café du port. Péloponnèse, mai 2020