samedi 18 janvier 2020

Joli vernis !



Soleil hivernal. Images trompeuses du temps présent sur Athènes comme sur sa Riviera. Départ des petits ports au lever du jour et dans l’après-midi pour une sortie de quelques heures, promeneurs du dimanche... charmés par le commerce ambulant, il faut dire que le cadre se montre idyllique. Sur ces petits ports, on vend naturellement du poisson très frais et aussi ces objets à un euro pièce, ou enfin, du miel directement issu de son producteur. Les plus téméraires parmi ceux des classes aisées du pays se baignent déjà en mer, belles couleurs, joli vernis.

Vente de miel. Riviera d'Athènes, janvier 2020

Vernis alors sournois, vernis que l'on retrouve partout, et pourtant, notre nouvelle ère a déjà sonné ses trompettes de Jéricho. Sous son lustre, en dix ans la dite “crise grecque” abonde d’innovations... allant de vernissage en vernissage. Les Grecs dans leur majorité silencieuse et douloureuse, sauf ceux des classes aisées, se souviennent encore de son moment inaugural, sous le criminel politique Georges Papandréou. “Le moment est venu” avait-il déclaré en cette lointaine journée du 23 avril 2010.

Sur fond bleu turquoise, devant quelques bateaux de pêche... nécessairement traditionnels, la présumée marionnette des Rothschild et des Sóros, alors “Premier ministre grec” pour les apparences, inaugurait solennellement depuis la petite île de Kastelórizo en mer Égée, le prélude à l’Occupation et au démantèlement démentiel du pays, moyennant sa “gouvernance” par la pseudo-dette. “Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port sûr où nous pourrons remettre notre navire à flot et pour envoyer le message aux marchés que l'Union européenne ne joue pas et qu'elle protège l'euro”, l’arnaque du siècle.

En 2020, quelque part en Attique, pendant que de nombreux médias s’amusent disons par passéisme à exhiber nos photos d’antan, car la nostalgie est plus porteuse que jamais aux yeux du pays réel, nos rencontres fortuites conservent sans quoi l’essentiel de leur authenticité légendaire en pays grec. Derrière les parois d’une guinguette de plage rouverte en hiver en fin de semaine, rien que pour le bon plaisir des habitants du coin, Pávlos, médecin à la retraite savoure la fin de sa cigarette et avec elle, la fin de son monde, pour ne pas dire du nôtre.

“Bientôt je quitte enfin cette terre, vous me martyriserez plus. Adieu salopards, adieu traîtres, adieu maudis. Politiciens véreux, ils nous ont emmené les Rothschild et les Sóros, la Black Rock et la Goldman Sachs. Vous exécutez leurs plans, ceux de la gouvernance mondialiste aux nouveaux gnostiques qui s’emparent de l’Europe comme jamais auparavant n’a été réalisé une telle prédation par des envahisseurs, la déferlante migratoire comprise.”

“Vous livrez la Grèce à Erdogan, voilà que cet accord maritime entre la Turquie et la Libye n’est autre chose qu’une forme d’occupation et de guerre en mer livrée conter nous. Justement, cette zone s’amorce comme par hasard au large de Kastelórizo, la boucle est alors bouclée, voilà pourquoi Papandréou a inauguré cette saloperie depuis cette île, maintenant on sait. C’est comme du temps de l’assassin Kissinger, cette prétendue colombe de la Paix, lorsqu’en 1974 nos politiciens avaient définitivement trahi Chypre, toujours les mêmes, le vieux Karamanlis en premier sitôt après les Colonels. Foutaise de démocratie !”

Visite du maréchal Khalifa Haftar à Athènes. Presse grecque du 17 janvier 2020

Khalifa Haftar et son tweet sous fond de drapeau grec. Presse grecque du 17 janvier 2020

Kissinger d'après les mentalités grecques. Athènes, années 1980

Le président turc Erdogan a signé comme on sait fin novembre, son accord maritime illégal avec sa marionnette en Libye, Faïez Sarraj, chef du gouvernement libyen reconnu par les Puissances, ce qui “donne” à la Turquie l’accès à des zones économiques de la Grèce et de Chypre. D’après les médias grecs, “le gouvernement Mitsotákis aurait été informé de cet accord en vue mais il n’a rien fait, rien anticipé, et on se demande alors pourquoi une telle inertie”, radio 90.1, émissions de Lámbros Kalarrýtis, semaine du 7 janvier.

Ankara a d’ailleurs pris fait et cause pour le dit gouvernement libyen reconnu dans le conflit qui l’oppose aux forces du maréchal Khalifa Haftar, le chef de guerre installé dans l’est du pays, soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes unis et la Russie. Détail... tout de même de l’histoire, Khalifa Haftar, tout comme une bonne partie de son état-major, sont des officiers en partie formés à l’École de guerre à Athènes, ils parlent souvent le grec et peut-être qu’ils saisissent en quelque sorte les positions grecques dans l’affaire, ces mêmes positions disons, que les politiciens grecs auraient dû défendre.

En visite surprise à Athènes, Khalifa Haftar a été reçu par Kyriákos Mitsotákis ce vendredi 17 janvier, et voilà que la presse grecque s’empare de l’événement pour souligner “le retour de la Grèce dans la géopolitique de la région.” Le chef de guerre libyen n’a d’ailleurs par manqué de déclarer que "l’accord signé entre Erdogan et Sarraj est caduque car le gouvernement Sarraj n’est pas représentatif du pays”, presse grecque du 17 janvier.Link

Guinguette de plage. En Attique, janvier 2020

Nos photos d’antan. Internet grec, janvier 2020

Colombe. En Attique, janvier 2020

Dans son émission sur 90.1 FM, Lámbros Kalarrýtis croit savoir que pour mieux faire, la Grèce pouvait officiellement contester la légalité de l’accord Erdogan - Sarraj auprès de l’ONU avant le 17 janvier, l’a-t-elle d’ailleurs fait ? De son côté, dans une tribune publiée récemment, Theodore Kariótis universitaire aux États-Unis, estime “qu’à défaut de cartographie officielle grecque, notamment devant la Cour internationale de Justice siégeant à La Haye, ce sont ces cartes concoctées par la Turquie depuis d’ailleurs 1974, qui risquent d’être validées”, presse grecque du 16 janvier.Link

Pour Pávlos, notre médecin à la retraite, le retour de la Grèce dans la géopolitique de la région n’est toujours pas pour demain matin. “Ces politiciens n’ont rien fait car ils sont vendus. Vendus même pour certains à la Turquie, je le suppose pour ce qui est de la bande à Tsípras, ou pour les laquais à la manière de Georges Papandréou. Nous nous attendons au pire, car après avoir perdu notre régime des retraites, notre Sécurité Sociale et notre jeunesse laquelle a quitté nos terroirs pendant que le pays est en train de subir l’invasion de plus 200.000 migrants musulmans, essentiellement hommes et jeunes en moins d’un an, nous voilà donc sans réaction ni défense, devant la gangrène des mondialistes, face à leur monde d’après.”

“Je vois bien et pour bientôt, ce moment où la guerre se déclarera, et que nous entendrons les sirènes sonner. Nos îles de la mer Égée orientale se trouveront alors attaquées par cette Turquie boulimique et il va falloir réagir, espérons-le en tout cas. La question qui se pose alors, c’est seulement dans quelle mesure une telle guerre sera à 100%, ou seulement à 80% un match truqué, histoire de faire passer la pilule de la contraction territoriale du pays aux Grecs et par la même occasion, le prétendu arbitrage de la Cour internationale de Justice. Pauvre pays. Seulement voilà, l’histoire n’est jamais écrite complètement par avance, le peuple peut même se rebiffer et dans pareil cas des têtes risquent alors de tomber au sens propre comme au sens figuré.”

Nous avons salué le vieux docteur, après avoir évoqué une fois de plus l’état sanitaire de la population grecque ainsi que le reste de la piètre actualité. “C’est lamentable, avez-vous vu le dernier reportage, une retraitée bien de chez nous est morte de froid dans sa demeure à Corfou, elle avait 63 ans. C’est un ethnocide que nous subissons, allongé dans le temps mais alors franc et précis. Ensuite, les médias iront encore magnifier l’actuelle présidente du Conseil d'État, choisie par Mitsotákis pour prendre la place de l’actuel Président de la République. Une honte de plus et de trop, c’est une chienne de garde, utile à l’Occupation. Que Saint-Nicolas nous protège un peu, nous et ses marins...”

Kateríni Sakellaropoúlou, 63 ans, future Présidente. Presse grecque, janvier 2020

Retraité grec paupérisé. Internet grec, Thessalonique, janvier 2020

Sait Nicolas protecteur, sur la proue d'un caïque. En Attique, janvier 2020

Le crime très organisé domine ainsi à la destinée de notre... presque monde et ceci, jusqu’au moindre symbole. D’où ce choix de la magistrate... de grand service, pressentie pour incarner une fonction honorifique, et cependant symboliquement unificatrice de la nation et de l’État. Sur le papier bien entendu, nation et État compris !

La journaliste Ségolène Forgar signe à ce propos pour “Le Figaro madame”, un article... à la noix, de pure propagande systémique. “À 63 ans, la magistrate pourrait bientôt prendre les rênes de la présidence de la République. Ce serait la première fois qu'une femme occupe ce poste, essentiellement honorifique. Dans les années 1980, elle est entrée au Conseil d'État où elle a poursuivi sa carrière avant d'être nommée vice-présidente de cette juridiction en 2015 puis présidente en octobre 2018. Elle s'est surtout distinguée dans les affaires de protection de l'environnement”, le 16 janvier 2020Link

Pour rappel, les réalités assassines actuelles ne laissent guère de doutes. Sakellaropoúlou est la magistrate ayant validé les deux premiers protocoles du Mémorandum imposé par la Troïka, ainsi que le holdup organisé d’en haut, vidant les Caisses des retraités et celles de la Sécurité Sociale. D’après une bonne partie de la presse grecque, elle est d’abord et surtout cette juge grecque rigide, dont le nom est lié aux choix mémorandaires les plus douloureux et qui ont tant affecté les conditions de vie des Grecs. C’est aussi cette magistrate, laquelle a très sèchement rejeté les plaintes des associations citoyennes visant l'accord macédonien de Tsípras de 2018, imposé comme on sait par Berlin, par l’Otan et par Sóros et par leurs valets à Athènes, dont la cousine de Mitsotákis, Antigone Libéraki, présidente au Conseil d’administration de l’ONG Sóros “Solidarity Now” pour la Grèce.Link

Appareillage. En Attique, janvier 2020

Restaurant qui sert de la soupe. Athènes, janvier 2020

Mimi de Greek Crisis... adepte du radiateur électrique. Athènes, janvier 2020

Notons que la nomination de Sakellaropoúlou à la tête du Conseil d'État sous SYRIZA, quelques mois seulement avant la montée en puissance de la Question macédonienne dans sa version de 2018, n’aurait pas été fortuite. Bien au contraire, puisqu’elle participe pleinement de ce théâtre des comparses, néanmoins essentiels pour accomplir la... basse besogne. Sakellaropoúlou dont les décisions et même le comportement sont énergiquement compatibles... Berlin et Sóros, elle serait même en quelque sorte récompensée pour ses services.

Accessoirement pour le dire ainsi, Sakellaropoúlou a plaidé en faveur de la compagnie canadienne Eldorado Gold au sujet des mines à Chalkidikí, rejettent l'appel des habitants, dans une zone devenue désormais terre brûlée, presse grecque du 17 janvier 2020.Link Tsípras, Mitsotákis, Libéraki, Sakellaropoúlou même combat donc, et au risque... de ne pas me tromper, je dirais que Sakellaropoúlou serait d’abord cet énième choix de Berlin, de Bruxelles et de Sóros... Foutaise de démocratie !

Rien ne va plus donc au... club des méditerranéens. Sakellaropoúlou à la Présidence du néant imposé, et Haftar reçu par Mitsotákis, est en route pour Berlin, afin de prendre part à la conférence internationale sur la Libye. La Grèce, pays pourtant très largement concerné étant donné les agissements récents d’Erdogan, n’est même pas invitée par Merkel et par les autres... gentils organisateurs, pendant que l’Algérie et le Congo y sont par exemple invités. Les politiques de l’Allemagne éternelle, à l’instar de la porte-parole à Berlin Ulrike Demer, fidèles à eux-mêmes depuis leur 1er Reich, ironisent même devant le questionnement insistant des journalistes: “Ah oui, nous n’avons pas invité la Grèce, nous ne voulons pas nous exprimer publiquement sur le pourquoi et le comment nous avons pris cette décision”, presse grecque des États-Unis, le 15 janvier 2020.Link

Ceux des classes aisées. En Attique, janvier 2020

Soleil hivernal sur la Riviera d’Athènes, la Libye n’est guère loin. Appareillages des caïques, promeneurs du dimanche et finalement, ce froid de saison qui revient. Au centre d’Athènes, certains restaurants proposent très expressément leurs soupes chaudes, la dite “crise grecque” abonde comme on sait d’innovations et de redécouvertes.

Ceux des classes aisées se baignent certes quelquefois en mer, cependant, et pour tous les autres, on se chauffe alors comme on peut car le plus souvent en Grèce on se maintient en hiver sans chauffage central. Mimi de Greek Crisis par exemple, redevient en ce moment la plus grande adepte du radiateur électrique.

Ailleurs, les félins adespotes profitent du soleil comme d’un certain confort, présumé des humains. Belles couleurs, joli vernis.

Félin adespote profitant du soleil. En Attique, janvier 2020


* Photo de couverture: Petit port. En Attique, janvier 2020