jeudi 21 novembre 2019

Ne laissez pas votre pays sombrer



Vent de saison. Sur les côtes de l'Attique, c'est le moment des dernières baignades, des serf-volants, tout comme d'une insouciance alors fausse et déjà morbide. “Ce n'est plus comme il y a dix ans, à l'époque nous n'avions pas de vrais soucis, il faut l’admettre. De nos jours, on se laisse plutôt porter par le vent qui balaie notre pays”, disait l'autre jour un poissonnier à sa cliente sur le port de Rafína. Et à Athènes, c'était la dite “fête”, la commémoration de la presque vraie révolte des étudiants de l'École Polytechnique du mois de novembre; c'était sous le régime des Colonels, en 1973.

L'École Polytechnique, Athènes, 2017

Car la révolte de l'École Polytechnique incarne ce grand mythe fondateur et alors final, en cette Grèce très contemporaine. D'abord pour la gauchosphère, et ensuite, pour pratiquement l'ensemble de la classe politique ayant incarné l'ultime pseudo-démocratie au pays, avant son démantèlement actuel bien de saison. La période, baptisée par les politologues “Métapolitefsi” (1974-2009), autrement-dit, changement de régime et retour de la démocratie après la chute du régime des Colonels (avril 1967 - juillet 1974), s'autorise, il faut le préciser, sa propre part autant au mythe qu’à la tromperie.

Cette révolte des étudiants, essentiellement à Athènes, entre le 14 et le 17 novembre 1973, elle a été certes authentique, cependant, elle a été en même temps “travaillée” et canalisée de l'intérieur par les services secrets, grecs, américains et israéliens, d’après ce qui se dit parfois publiquement à Athènes, y compris à travers certains médias, à l’instar de 90.1 FM, zone matinale cette semaine. Et tout état de cause, le but autant tant recherché que finalement atteint, était non pas le renversement de la dictature, mais l'éjection du dictateur en chef Papadópoulos et son remplacement par l'officier Ioannídis, agent avéré de la CIA, piètre et tragique pantin, ce que visiblement Papadópoulos n'incarnait guère, ou sinon, plus suffisamment. Le journaliste Trángas, jeune reporteur de terrain en 1973, raconte avoir observé de ses propres yeux dans l'après-midi du 17 novembre des véhicules de la Police, banalisés mais reconnaissables, disperser des tracts anti-colonels, invitant à l'insurrection. Ceci jusqu'à l'éjection de Papadópoulos alors acquise bien évidemment, émission de Trángas, le 17 novembre 2019, zone matinale, 90.1 FM.

Ceux de Papadópoulos devaient tomber, d'abord parce que leur régime n'a pas voulu accorder l'entière carte blanche aux États-Unis quant à l'utilisation de la base militaire américaine de Souda en Crète, manœuvre alors jugée nécessaire pour efficacement soutenir Israël dans sa guerre contre les pays Arabes. Ensuite, il était autant et urgemment question d'accélérer la... planification anglo-saxonne, américaine et britannique au sujet de Chypre. Il fallait donc si besoin, abattre Makarios à Nicosie jugé trop prosoviétique. Surtout, il fallait introduire de force la Turquie dans le jeu, chose faite par l'invasion de l'armée turque en Chypre en juillet 1974 et depuis, l'occupation du 40% du territoire de la République de Chypre et l'épuration ethnique sur la partie occupée, essentiellement par l'installation de colons introduits depuis l'Anatolie. Le prétexte - piège, auquel Papadópoulos ne souscrivait visiblement plus tout-à-fait, fut celui du putsch contre Makarios à Chypre, prétexte très précisément matérialisé par Ioannídis, lequel, devant la tournure des événements, avait alors hurlé dans son bureau que les Américains l'avaient si lamentablement trompé, presse grecque et émission radio 90.1 FM, zone matinale le 17 novembre 2019.

Le char devant l'École Polytechnique. 17 novembre 1973 (Internet)

Tsípras et Skourlétis lors du défilé du 17 novembre 2019 à Athènes (photo Eurokinisi)

Varoufákis et les siens lors du défilé du 17 novembre 2019 à Athènes (photo Internet

Par la suite, la transition entre la dictature et la démocratie fut bien trop douce, et surtout est demeurée pour l'essentiel secrète. Karamanlis le vieux est arrivé à Athènes le 24 juillet 1974 depuis son exil doré à Paris, et comme prévu par... la programmation, il a admis et surtout “légitimé” dans les faits le plan de l'invasion de Chypre. Car c'est sous le gouvernement Karamanlís et non pas sous les Colonels, que par sa deuxième opération Attila-II en août 1974, l'armée turque a fini par contrôler non pas 4% du territoire de l'île comme depuis juillet, mais près de 40%. Karamanlis avait alors publiquement prononcé cette phrase, restée dans les annales de la plus triste histoire politique du pays: “Chypre c'est bien loin” pour intervenir. Toutefois, les forces armées grecques possédaient tous les moyens nécessaires pour stopper net l'invasion turque ou du moins, pour la contenir.

Donc et sous cet angle, Karamanlis n'incarne guère la rupture face à la trahison programmée et matérialisée par le dernier des Colonels, mais plutôt sa continuité. Tel est le véritable élément fondateur de la Métapolitefsi, une trahison permanente, comme notamment, une catastrophe nationale issue d'un énorme crime. Bien incontestablement, la révolte de l'École Polytechnique y participe en amont et de manière décisive et en somme funeste, si l'on juge par la concrétisation de l'acte final de la tragédie, accélérée par le limogeage de Papadópoulos en ce 17 novembre 1973.

La “Métapolitefsi” avait alors trouvé son mythe fondateur de manière commode, et au moment des faits en 1973, les comités des étudiants avaient été infiltrés par des agents du régime, en réalité de la CIA. Le dénouement, au soir du 17 novembre, fut même intelligemment mis en œuvre, lorsque le char de l'Armée, sans tirer la moindre salve, a détruit la porte de l’entrée. Les 24 morts des alentours, et non pas de l’École Polytechnique pour ne parler que de la masse des étudiants qui s’y sont enfermés, ont été les victimes “collatérales” de ce triste novembre 1973, morts causés par les snippers: policiers, para-État, voire, très probablement d'après ce que certains prétendent, agents secrets étrangers débarqués à Athènes et agissant sous des uniformes de la police grecque.

Cela étant dit, du point de vue des étudiants d'alors, mais aussi de certains Athéniens, à l'instar de mes parents qui y avaient participé sur place et à leur manière le 16 novembre 1973, la révolte, la leur et ainsi la seule, elle avait été réelle, sincère... inefficace et surtout trahie. Le reste, c'est le rituel d'une grande manifestation depuis 1974, devenue bien concise avec les années de la Troïka et le réveil tardif de nombreux Grecs. Et c'est à ce cortège d'à peine 20.000 personnes en 2019, que le summum de la perversion politique actuelle, Tsípras, les siens ainsi que Varoufákis, a participé. Arrogance et alors imposture. Ce fut le grand cirque de l’hybris, d'autant plus que la famille Tsípras, alors promoteurs immobiliers à l'époque, a fait fortune sous les Colonels, et ce n'est qu'un exemple.

Visite de l'École Polytechnique. Athènes, 2017

Maria Damanáki... à Monaco (Internet)

L'École Polytechnique est vivante. Quotidien Kathimeriní, le 17 novembre 2019

Notons enfin, comme désormais le conçoit pour sa part le pays réel grec, certaines figures connues déjà pour leur rôle de coordination et de direction au moment de la révolte de 1973, se retrouveront par la suite et au fil d'une transhumance politique parfois suffisamment remarquée, à la tête de l'essentiel de ce personnel politique œuvrant directement pour le Nouvel Ordre mondialisateur et pour la nouvelle Occupation sous la Troïka, et ce n’est guère terminé, hélas. María Damanáki par exemple, speakerine à la radio des révoltés installée à l'intérieur de l'École Polytechnique, laquelle est passée du PC grec au PASOK, et ensuite à la Commission des européistes... pour enfin finir en parachute doré et en bon fauteuil... à la Principauté de Monaco.

Lors d'une entrevue filmée, réalisée dans les locaux du quotidien “Dimokratía” le 22 décembre 2017, Kyriákos Stamélos, membre de la coordination des étudiants enfermés à l'intérieur de l'École Polytechnique au 17 novembre 1973, avait rencontré Mihális Gounelás, jeune militaire qui au même moment, commandait l'unité de blindés placée devant l'École Polytechnique, ce même soir. Il en résulte que le rôle des unités de l'armée était de s'entreposer entre les étudiants et les forces de la police comme des autres agents, surtout et d'abord, pour préserver les étudiants des balles des derniers mais également, afin de permettre l'évacuation de l'École Polytechnique en dégageant son portique. Ainsi, il y a eu négociation entre Stamélos et l'unité de Gounelás, le rôle de la révolte avait pris fin et ceux de la Coordination étudiante le savaient, ou en tout cas le pressentaient. Au soir du 17 novembre, il ne fallait surtout pas s'exposer à des pertes plus inutiles que jamais.

Ensuite, d'autres étudiants, pas forcément célèbres par la suite, ont été arrêtés et torturés par les colonels, version Ioannídis. Pendant que la crème émergente de cette génération dite “de Polytechnique”, équivalant en quelque sorte à la “génération 1968” en France, cultivait déjà son mythe en Grèce, préparant le pays au pire depuis bien des postes de très haute irresponsabilité politique, les humbles, les ignorés, les écœurés de la Métapolitefsi, se sont alors tus, et j'en connais même certains qui ont quitté la Grèce pour la France ou pour d'autres pays. La Grèce de la fin des années 1970, pays pourtant de la... “démocratie retrouvée”. Accessoirement, en ces années apocalyptiques, derrière le vieux slogan sans cesse répété et alors usé jusqu’à la corde chaque soir à la date anniversaire du 17 novembre: “L'École Polytechnique est vivante”, se dissimule alors assez mal, la mise à mort sous la gestion justement de la “génération de Polytechnique”, et pour bien dire, la déchéance du système éducatif, allant de l'École primaire au Lycée en passant par le collège, comme le dénonce à sa manière le récent dessin de presse publié par le quotidien “Kathimeriní”.

Notons aussi, pour le détail de l'histoire, que Mihális Gounelás est décédé seulement 18 jours après la publication de l'interview, tandis que Kyriákos Stamélos s’est éteint quatre mois plus tard, en avril 2018. Étrange sort, diraient alors certains. Sinon, en ce 17 novembre 2019, on admettra que c'est encore le temps des raisins, des ultimes baignades en mer, comme des premiers coups de froids. 17 novembre, et le pays réel, souvent resté sans autre moyen de chauffage, se débrouille comme il peut avec ses bonbonnes de gaz. Énergie disons... propre, Grèce mythique!

Raisins. Athènes, novembre 2019

Ultimes baignades. En Attique, novembre 2019

Le pays réel est ses bonbonnes de gaz. En Attique, novembre 2019

La gauchosphère pourtant a été satisfaite de sa prestation au... cirque d'hiver du 17 novembre dans Athènes, les anarchisants compatibles Sóros ont été de la même fête dans le quartier d'Exárchia, tandis que la droite Mitsotakienne, celle surtout d'en haut, à savoir Mitsotákis et son épouse, ont préféré se rendre à Londres en visite privée. Et c’est à cette occasion que Mitsotákis s'est fait photographié aux côtés du tennisman Tsitsipás, vainqueur de la Coupe du moment à Londres. Tout parait alors parfait, et tout le monde en aura eu pour son grade, sauf bien entendu le peuple grec.

De retour de Londres, Mitsotákis a réuni d'urgence les Présidents de Région du pays, et le ton est vite monté, d'après le reportage disponible. Mitsotákis a engueulés ses... invités, car ils rechignent d’accepter l'installation de migrants-colons sur leurs territoires. Il faut dire que les réactions locales sont très vives, même si les dits grands médias n'en parlent guère trop. Dans de très nombreuses communes, par exemple en Thessalie, les habitants et les élus locaux se réunissent en ce moment en séances publiques, et à chaque fois, la décision qui tombe est invariablement la même. Comme en Thessalie, dans le district de Larissa: “Non aux migrants, non au bouleversement de la composition de notre population, non à la mise à mort du tourisme.”

Il y a donc de quoi être inquiet, y compris pour Mitsotákis. Toujours en Thessalie, les habitants réunis des bourgades de Messángala, Kastrí, Loutró ainsi que l'Associations des pêcheurs, l'Union interprofessionnelle du Tourisme de la région de l'Olympe sud, l'Association des hôteliers de Larissa et celle des hôteliers de la bande côtière de cette partie de la région, viennent de signer un texte fort, franc et précis.

“Nous tous, réunis en ces lieux, motivés et alertés par les informations récemment divulguées par la presse locale au sujet de l'installation de migrants dans notre région côtière de la Thessalie orientale, nous déclarons que nous sommes opposés à une telle installation dans notre contrée. Nous concevons que le problème migratoire est un grand problème pour la Grèce et ceci à l'échelle nationale, mais pour le solutionner, il faut trouver toute la volonté nécessaire au niveau central et dans la mise en place d'une politique migratoire alors sérieuse, et d'abord, en prenant en considération les besoins du pays en main-d'œuvre étrangère. Car la première règle et qui ne doit jamais être violée, c'est que nous invitons les migrants nous-mêmes, et non pas en venir á les gérer comme actuellement de la manière que nous... expérimentons en Grèce en ce moment.”

Temps de chien. En Attique, novembre 2019

“Nous n'acceptons pas l'altération de notre propre vie, de notre propre société, de notre propre identité, comme actuellement, suivant l'arbitraire de l'installation des migrants de façon irresponsable et improvisée, sans tenir compte des spécificités des communautés locales, sans planification centrale de l’installation de cette population, tant au niveau national que régional. Nous avons pitié des migrants et de leurs familles pour les conditions tragiques les ayant déraciné. Seulement, nous avons d'abord et davantage pitié de nos concitoyens, ceux bien de chez nous.”

“Telle est notre décision que nous transmettons aujourd'hui. Et nous exigeons de toute administration compétente de notre pays, que de protéger et de préserver notre contrée de l'installation des migrants. Ceci, étant donné que leur installation chez nous deviendra source de problèmes pour l'ensemble de la région, une région qui depuis tant d'années fait face à sa déconstruction, tout comme elle affronte de très graves problèmes sociaux et économiques. Il devient évident que nous exigeons des responsables que de clarifier enfin leurs positions. Ont-ils pris vraiment en compte le préjudice pour le tourisme aux bourgades de notre côte, ou sinon, telle serait peut-être en réalité la récompense pour les acteurs économiques et pour les entreprise de la région. Le prix à payer pour avoir résisté et resté debout après une hémorragie durant plus de dix ans? Toutes ces entreprises, elles ont pourtant contribué à l'économie du pays, drainant des capitaux étrangers, d'ailleurs non sans peine.”

“Comment peut-on alors s'assurer que la population autochtone ne sera pas altérée ? Sous quels critères les migrants irréguliers destinés à être installées chez nous ont-ils été choisis ? Qui a-t-il alors posé la question à la population locale, à la société, et aux structures locales, lesquelles feront ainsi face à un problème dramatique de plus et de trop? Qui enfin garantira la sécurité des habitants dans une région dépourvue de forces de police? Qui s'en inquiétera, de nos habitations restant déjà une partie de l'année sans la moindre surveillance?”

En région Thessalie, 2019

Région Thessalie en hiver. 2019

“Il va de soi que nous tous, habitants de la région côtière de Tempi en Thessalie, nous exigeons qu'il n'y ait guère d'installation de migrants chez nous, car leur intégration n'est pas possible, et aussi, parce que notre vie chez nous sera bouleversée et ceci, de manière radicale et définitive. Nous déclarons que notre décision est sans appel, et que nous nous battrons par tous nos moyens, dans notre lutte face à l'altération de notre population car nous sommes chez nous. Et nous ne permettrons à aucun gouvernement que de nous mettre devant le fait accompli, sans concertation et sans l'avis des habitants et des représentations locales. Cette décision est notifiée au bureau du Premier ministre, à celui du Ministre de la Protection du Citoyen, au Président de la région Thessalie, au Maire der Tempi, ainsi qu'aux députés de la région de Larissa, et bien entendu il est communiqué aux medias, Télévision de Thessalie”, le 17 novembre 2019.

Temps certes de chien pour Mitsotákis de la supposé droite, face à la supposée gauche, tous alors laquais complémentaires des mondialisateurs. Il y a urgence, le pays réel, le seul monde donné se rebiffe, car il a parfaitement compris, et les arguments du soi-disant antiracisme de pacotille n'ont plus d'effet. Comme le fait également remarqué Nicolas Bonnal dans son carnet dans un sujet parallèle:

“N’en déplaise aux idiots utiles de la droite, nous pouvions descendre beaucoup plus bas que le communisme honni. Les pays de l’ex-Europe de l’Est sont par exemple infiniment moins dégénérés que les nôtres ; le communisme avait préservé dans le formol certains traits traditionnels que nous jetions aux orties du temps de Giscard, des bronzés et des bidasses - sans oublier les valseuses. De même la Chine est moins pourrie que l’affreuse Inde de Modi. L’infra-capitalisme actuel mâtiné de nazisme sociétal applique le plan Morgenthau à l’Allemagne tout en remplaçant sa population et en éviscérant les restes de christianisme. Mais on ne peut pas faire un dessein à ceux qui ne comprendront que le jour où les missiles russes commenceront à nous exploser dessus avec la complicité de l’OTAN. Si ce n’est pas cela qui nous guette, ce sera la vision de Lucien Cerise:”

Notre pays. Mer Égée, années 2010

“Le Nouvel Ordre mondial, c’est quand l’argent décide de tout, car il est devenu à l’origine de tout, après avoir détruit le monde donné. D’un monde donné, on passe à un monde produit par le sommet de la pyramide du Capital, qui devient alors le sommet de la pyramide de la Création. Le propriétaire du Capital devient divin, il est le producteur démiurgique du monde”, Nicolas Bonnal, le 15 novembre 2019.

Le torchon brûle... un peu partout. Droúgos, analyste d'ailleurs ouvertement pro-OTAN, rapporte d'après ses sources d'information, “que parmi les migrants arrivés sur nos îles et qui y demeurent depuis, les jeunes hommes âgés entre 20 et 35 ans sont d'une écrasante majorité, et ceci les rend visiblement davantage agressifs et dangereux.” D'ailleurs un policier vient d'être poignardé par un migrant au nord de la Grèce, fort heureusement ses jours ne sont pas en danger. Déjà dans les îles ou en Grèce du nord, les migrants peuvent autant entraver la circulation, voire, ignorer ostensiblement les passages des véhicules de la Police. Ces migrants, dont la Grèce n'est à leurs yeux qu'un terrain à arracher à ses habitants légaux et légitimes (et c'est exactement le même raisonnement que celui du Nouvel Ordre mondial), se sont pourtant montrés réticents lorsque ceux de l'Église ont voulu placer certains ainsi transférés depuis Lesbos dans un monastère du Péloponnèse non habité, et dont les fresques issues de l'iconographie chrétienne byzantine avaient été au préalable dissimulées derrière... de draps fixés sur les murs.

Non aux migrants, non au bouleversement de la composition de notre population. Thessalie, novembre 2019, presse locale

Région Thessalie. 2019

“No good”, criaient alors ces migrants devant des habitants venus manifester toute leur colère également. Les autocars ont sitôt réembarqué ces migrants pour les installer ailleurs. L'Église officielle se ridiculise mais elle ne reculera visiblement pas. Après l'armée et la police, devenus des auxiliaires des forces Occupantes (ONG et Office des migrations de l'ONU), voilà que l'Église se ridiculise. Le plan est autant orchestré pour et par la guerre psychologique: anéantir le moral des Grecs, lorsque l’on sait que les seules institutions auxquelles les Grecs accordent encore suffisamment de confiance, ce sont justement les forces de l'ordre, l'armée et l'Église. Planification satanique; cependant, nous ne sommes pas de la dernière pluie.

“Ce qui est d'autant plus inquiétant” insiste Droúgos, “c'est que ces jeunes hommes forment alors des groupes de 4 à 6 personnes et chaque groupe est alors dirigé par un de ces hommes, c'est son chef qui donne alors les ordres, et qui décide des itinéraires, des pauses, et des... actions à entreprendre, et les autres, ils suivent.” J'y ajouterais, pour avoir étudié durant des années les réalités quotidiennes et sociales des soldats français et grecs de la période 1914 à 1923, que ces groupes dont fait allusion Droúgos, me font tout simplement penser à ce que nous, historiens de la période, avions défini comme incarnant les groupes primaires combattants. Belles... perspectives en vue.

Ainsi, la population grecque est fort inquiète, les migrants nouveaux occupent les places et les bancs publics, les jeunes grecs et surtout les femmes n'osent plus sortir en tout cas seules, car de nombreux cas d'agressions sexuelles, concrétisées et autant verbales ont été déjà rapportées, sauf que les médias font tout pour ne pas monter l'état de (la nouvelle) conflagration dans lequel se trouve progressivement plongé le pays réel. Rien qu'à Lesbos, entre le 1er et le 14 novembre sont arrivés 1425 migrants, soit une centaine par jour, et bien naturellement, ils se prétendent tous refugiés et aussitôt, sous les auspices des ONG à la Sóros, ils déposeront leur demande d'asile. Cependant, ils sont, d'après les sources d'information de Droúgos en tout cas, “issus à pour 58% de pays d'Asie, Pakistan Afghanistan, Bangladesh, de 31% issus de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb, et clairement moins de 10% proviennent alors de la Syrie.”

Région Thessalie, 2019

“C'est de la mutation de la Grèce qu'il s'agit, et de sa soumission ayant un caractère même de guerre asymétrique. C'est la menace qui nous guette d'ici 15 à 20 ans, comme tant de problèmes internes qui s’annoncent alors bien terribles. Car outre la menace en provenance de la Turquie, la Grèce deviendrait un pays à plusieurs langues, autant que de groupes ethniques et de religions. Un conglomérat du 'multiculturalisme' alors inscrit sur un territoire 'neutre' ou sinon tampon. Privés de notre identité propre, nous deviendrons un territoire périphérique à ce que certains nomment déjà l'Euro-Arabie, autrement-dit, un continent islamisé à la composition ethnique afro-asiatique, et dans de telles conditions, la population grecque et autochtone se transformera ni plus ni moins en otage.”

“Il s'agit d'une planification alors horrible et qui sent le mensonge, surtout lorsqu'on entend les politiciens ignorants dire que nous devons vivre avec ces gens et que nous les remercions d'être venus dans notre pays, ou que nous les intégrerons au sein de notre société. Phrases issues d'une stupidité alors incommensurable, car il n'en faut guère trop d'esprit pour réaliser que nous nous conduisons tout droit vers une autre Grèce, pays nouveau, créature monstrueuse, aux frontières d'une Turquie néo-Ottomane qui comptera pourtant dans les affaires du monde, voire autant, aux côtés d'une Albanie à l'irrédentisme actualisé, ayant comme nouveau centre par exemple le Kossovo” Athanássios Droúgos, 17 novembre 2019.

La situation s’aggrave partout, sur la petite île de Kastelórizo par exemple, l’invasion est en cours, les migrants errent partout, ils pénètrent désormais dans les maisons et les entreprises pour voler ou pour s’y installer, et ils saccagent même des églises. Les élus locaux lancent alors un véritable signal d’alarme, mais... Athènes est bien loin, presse du 20 novembre.

S’éloignant à très grande vitesse des mythes que les pseudo-élites ont voulu tant imposer, le pays réel se rebiffe et s’organise. Le maire de Samos, ainsi que l’ensemble du conseil municipal, ont démissionné, s’opposant à l’annonce de la création d’un nouveau camp pour migrants, d’ailleurs prétendument fermé, presse du 21 novembre. “Les migrants ne pourront sortir qu’en permission”, prétendent alors ceux du gouvernement, lequel visiblement ne sait plus comme noyer le poisson... après avoir tant rependu... le poison un peu partout dans le pays. “Soyons tous unis. Vous m’avez fait élire, mais voilà que le système me fait chuter”, vient de déclarer le maire démissionnaire, Yórgos, Stántzos, presse du 20 novembre.

Et en Grèce du nord, à Kilkis, des habitants ont déposé plainte, visant les compagnies d’autocars qui transportent les migrants illégaux, et également les hôteliers qui les accueillent. Au même moment, les hôteliers locaux ont refusé de parapher d’autres contrats avec le ministère, en réalité avec les ONG et l’ONU, car les habitants n’accepteront plus davantage de migrants chez eux, ceci, faisant suite à l’intervention de la municipalité, presse de la semaine. Au même moment à Thessalonique, les Policiers ont défilé derrière la banderole: “Nous devenons migrants chez nous”. Officiellement, les policiers dénoncent le manque de moyens car près de la moitié des effectifs des Commissariats est affectée à la surveillance des migrants partout en Grèce, et le système finira par s’effondrer. En somme, ils dénoncent la tentative qui consiste à remplacer la population de la Grèce, ceci, avec la complicité des politique, presse de la semaine.

Nous devenons migrants chez nous. Policiers de Thessalonique, 19 novembre 2019

Vent fort et fortes pluies, c’est aussi de saison. Sur les côtes de l'Attique, c'est pourtant le moment des dernières baignades, des serf-volants pour certains, et encore, de cette insouciance de façade, mais déjà visiblement ténébreuse. Il en est exactement de même des festivités nécrophiles de l'École Polytechnique et de son grand mythe fondateur et cependant final en cette Grèce, supposons-le, encore contemporaine. Alors on laissera Christian Darlot conclure, comme le fait autant Nicolas Bonnal pour son article:

“Mes chers amis, les années à venir ne seront pas de tout repos sur un mol oreiller de plumes. Si vous ne voulez pas de cet avenir, parlez autour de vous, affrontez les déchirements des bandes de vieux amis, supportez les tensions lors des réunions de famille, mais ne laissez pas votre pays sombrer. Et si vous n’êtes pas patriotes, agissez pour votre famille.”

Ne laissez pas votre pays sombrer. Athènes, novembre 2019


* Photo de couverture: Vent de saison. En Attique, novembre 2019