mercredi 26 juin 2019

L’ordre grec



Images du vieux pays, forcément d’un autre temps. Grèce agraire et alors litote, formes comme formules d’une décroissance infuse et pour tout dire obligatoire avant l’heure. Albums photos édités et réédités sans cesse que l’on retrouve parfois dans les halls des hôtels aux légendes en grec et en anglais. “Rurality” entre autres. Comme du temps du poète Yórgos Séféris, lorsqu’il notait dans son carnet personnel: “17 février 1962. Les nuits, je songe à l’homme du peuple, l’homme des campagnes en Grèce. Il a davantage changé en 35 ans que durant les 130 ans auparavant”. Images donc !

Yórgos Séféris et on épouse Marô. Années 1960 (photo Internet)

Yórgos Séféris, poète et diplomate quitte le poste d’Ambassadeur à Londres en août 1962 pour enfin, revenir au pays. Il en a été déjà suffisamment dégouté. Dans son carnet à la date du jour de l’an de 1959 il se dit dégoûté par toute la classe politique grecque lors des pourparlers au sujet de l’indépendance et/ou de l’autodétermination du peuple de Chypre, il faut préciser, sous la... botte “civilisatrice” du colonialisme britannique. Séféris alors Ambassadeur de la Grèce en poste à Londres sera écarté de l’équipe des négociateurs grecs, parce que justement il n’a pas voulu admettre l’irréparable et encore moins l’irrespirable.

Il s’installe définitivement dans sa maison située derrière le stade Olympique dit Kallimármaron, au 20 de la rue Ágras à Athènes. Il prend officiellement sa retraite en septembre 1964: “Voilà que c’est fait. Le Ministère, c’est désormais affaire terminée. Ce qui est étrange c’est que je pars ayant le sentiment de ne jamais avoir existé en ces lieux. Et pourtant j’y ai travaillé durement pendant 38 ans”, Journal de Séféris, 5 septembre 1964. Un an auparavant, en octobre 1963, il reçoit le Prix Nobel de littérature “pour son exceptionnel lyrisme, inspiré par un profond sentiment de l'hellénisme.”

Et il voyage tant qu’il le peut, songeant au pays, à son histoire, à l’homme du peuple, à l’homme des campagnes. “Où que je voyage, la Grèce me blesse”, disait le poète, et son épouse Marô, lors d’une interview accordée en 1986 a voulu davantage préciser cette phrase. “La Grèce pouvait lui faire mal, le blesser de plusieurs manières. Certes et d’abord par tout ce qui n’allait pas, mais alors autant par sa beauté. Autrement-dit, il en était parfois très ému. Je me souviens d’une randonnée, lorsque nous avions découvert le spectacle sublime de la Baie de Corinthe depuis la montagne. Assis sur un rochet, Il s’est mis alors à pleurer à gros sanglots devant cette beauté indescriptible”, Marô Séféris, interview accordée à Antónis Fostiéris et Thanássis Niárchos en 1986.

Théâtre de Delphes. Fêtes Delphiques de 1930 (photo Internet)

Théâtre de Delphes, mai 2019

Ángelos Sikélianos et Eva Palmer. Delphes, années 1930 (photo Internet)

“Samedi 1er février 1964. Arrivée à Delphes, hôtel Voúzas. En face en me tournant et en hauteur, la maison de Sikélianos. Elle me semble vidée de tout objet en matière, que seuls les murs et les voûtes ainsi subsistent. Lorsque je l’ai rencontré ici pour la première fois en août 1929, j’accompagnais alors Édouard Herriot. Je l’avais invité à midi à l’hôtel Apollon. Après avoir emprunté les chemins du site antique, Sikélianos nous a offert le thé très exactement sur cette terrasse. Il y avait une belle jeune femme pour nous servir, elle s’appelait Chryssi je crois. Sikélianos était éblouissant, il portait ses vêtements en textile de lin. Et à présent, sa maison, ses voûtes alors abstraites”, “Journal de Séféris 1964-1971”, Athènes, 2019.

Ángelos Sikelianós (1884 - 1951) était un des plus importants poètes grecs. Il avait été même pressenti pour le Prix Nobel de littérature en ces années 1930. À partir de 1925, il réside en permanence à Delphes, d’où son projet dit delphique ou idée delphique. Sikelianós était persuadé que Delphes peut redevenir, comme dans l'Antiquité, un centre spirituel important. Son épouse depuis 1907, l’Américaine Eva Palmer (1874 - 1952) a généreusement subventionné les Fêtes delphiques, elle a d’ailleurs conçu la chorégraphie et la mise en scène du Prométhée enchaîné d'Eschyle, comme elle s'est également occupée de la musique et du tissage des costumes. Fin mai 1927 sont enfin célébrées les Fêtes delphiques, dans une très grande affluence: on y donne la représentation de Prométhée enchaîné ; plusieurs concours d'athlétisme sont organisés, comme le lancer du javelot et du disque, ainsi que des courses aux flambeaux et des expositions d'artisanat, voir également ici.

Les deuxièmes Fêtes delphiques se déroulent en mai 1930 durant trois journées. On y donne encore la représentation de Prométhée enchaîné, mais aussi des Suppliantes d'Eschyle. Le travail de préparation est énorme, et de nouveau ces Fêtes reçoivent un écho international considérable. Mais voilà que le couple Sikelianós s'est ruiné dans cette entreprise, les dettes s'accumulent et il affronte de sérieuses difficultés financières. C’est la fin du rêve delphique, et c’est aussi le divorce entre Sikélianos et Eva Palmer officialisé en 1934.

La maison des Sikélianos à Delphes (photo Internet)

Delphes, mai 2019

Delphes, mai 2019

Et pour ce qui est du voyage d’Édouard Herriot, figure de la IIIe République en Grèce, Denis Kohler dans son livre “Georges Séféris qui êtes-vous ?” précise alors le contexte qui est celui je dirais d’un certain “malentendu grec”.

“Août 1929. Le ténor du radicalisme français, le parangon de la République des professeurs, Édouard Herriot, effectue en Grèce un voyage semi-officiel, qu’il prolonge à titre privé pour visiter les sites archéologiques. Vénizélos, un ami de longue date, est alors Premier ministre, pour l’ultime fois de sa longue carrière politique, et c’est tout naturellement qu’il propose à Herriot pour le guider durant ce voyage un jeune et brillant diplomate, Georges Seferiádis, dont le père était lui-même l’un de ses partisans de la première heure.”

“Or, voici qu’à l’étape d’Olympie, Séféris - il allait adopter ce nom de plume moins de deux ans plus tard - montre à Herriot, à côté de l’atelier de Phidias, les restes d’une basilique paléochrétienne ainsi que des vestiges byzantins. Et c’est alors que le futur chantre de Mme Récamier laisse échapper: ‘A vrai dire, mon jeune ami, tout ce qui est postérieur au IIIe siècle avant J.-C. ne m’intéresse pas.’ Cette gaffe magistrale aura sur Séféris et l’esprit de sa poésie des conséquences si importantes qu’il nous faudra y revenir au moment opportun. Notons seulement l’effet immédiat sur le jeune Grec de cet aveu inconsciemment borné: ‘J’ai éprouvé, à l’entendre, une étrange et froide sensation, comme s’il avait éteint tout à coup les lumières sur une énorme superficie de deux mille cinq cent et quelques dizaines années et que je me débattais désespérément dans cette mare ténébreuse et sans bornes.’ Impression ‘à chaud’ que Séféris analysera plus tard en affirmant, en opposition totale à la Grèce d’Herriot:”

“Mais n’accablons pourtant pas trop Herriot, qui n’est, en fait, que le porte-parole exemplaire de la vision occidentale d’une ‘Grèce éternelle’ limitée en réalité à trois siècles tout au plus et n’allant pas au-delà de la victoire de Philippe à Chéronée, en 338. Ce qui ressort clairement de cet incident, c’est combien est faussée, tronquée l’image de la Grèce. Ses trois mille ans d’histoire ininterrompue se trouvent découpés en autant de tranches, sans rapport les unes avec les autres, qu’il y a de chaires et de spécialistes pour en traiter. Le mycénologue ignore tout des Comnènes, le spécialiste de l’époque hellénistique n’a guère idée de la révolution de 1821, etc.”

Séféris en diplomate entre Karamanlís et Avérof. ONU, New-York en 1958 (photo Internet)

Séféris, Prix Nobel de littérature, Stockholm, 1963 (photo Internet)

Fouilles archéologiques. Photo de Séféris, années 1950 (Internet)

“Ce rétrécissement de la perception de ‘l’ordre grec’ caractérise avant tout la tradition occidentale, car la vision d’une ‘Grèce de marbre’ n’exclut pas une solide connaissance du grec ancien, qui ne sert pourtant pas à grand-chose, affirme avec ironie et intuition Virginia Woolf dans un article intitulé ‘Sur notre ignorance du grec’. ‘L’ignorance’ consiste, selon elle, à transposer dans notre lecture de ces textes des préjugés rendant le contact de nos deux univers aussi distants ‘que la lumière rayonnante d’un jour d’été faisant irruption dans une brumeuse après-midi nordique’. Le bois de Colone n’est pas la forêt de Birnam montant à l’assaut de Macbeth...”

“A ce symptôme, d’ordre intellectuel avant tout, Séféris a pu, hélas, ajouter les manifestations dérisoires et non dépourvues de racisme de la ‘touristocratie’, le mot est de lui. Pourquoi Hergé fit-il Rastapopoulos un Grec ? Pourquoi devons-nous subir ce que, à la suite du calamiteux prototype, nous pourrions appeler les ‘zorbades’, ce farrago de poncifs à l’image des restaurants ‘typiques’ de la rue de Huchette ? Tant de méconnaissance, tant de mépris condescendant pour la Grèce pourraient se résumer à la vieille question des Lettres persanes: ‘Comment peut-on être Grec ?’ Et les Grecs eux-mêmes, avouons-le, ont longtemps renoncé à contester cette image faussée.” (...)

“Et Séféris d’ajouter cette phrase chargée de tristesse: ‘Tant nous avions perdu l’habitude d’être compris.’ Il est vrai qu’aujourd’hui encore, l’étranger le plus proche du grec et des Grecs peut percevoir chez son interlocuteur une sorte d’à quoi bon, l’impression de parler à fond perdu comme si jamais ne devait disparaître ‘cette angoisse chaque jour renouvelée d’avoir à justifier notre existence à la face de Dieu”, Denis Kohler dans son livre “Georges Séféris qui êtes-vous ?” .

Aux Météores, mai 2019

Aux Météores, le village de Kastráki. Mai 2019

Ville de Tríkala, le marché. 2018

“Lundi 20 avril 1964. Kalambáka. Les Savvídis sont partis hier après-midi. Nous sommes partis vers 9h en compagnie de Zíssimos Lorentzátos.” (...) “Nous avons emprunté la route de Larissa et ensuite celle de Tríkala, où nous sommes tombés sur le grand marché du lundi. Kalambáka sous les Météores, vers 16h30. Nous avons laissé nos bagages à l’hôtel Xenía, et nous sommes montés aux Météores. Nous avons vu Saint Stéphanos, monastère féminin, nous avons renoncé à Agía Triada, pour atteindre le Grand Météore, église de Sotíros, un seul moine, jeune. Nous nous sommes couchés tôt.”

“Mardi 21 avril 1964. Athènes. Nous sommes montés au Monastère de Varlaam, ici il y a 6 à 7 moines. Tout semble être bien conservé, les pièces, les icônes. Sur les murs de la première partie de l’église après l’entrée que de martyres, de Saints. Derrière l’entrée et en hauteur, Saint Sisoès le Grand à la main troublante, regarde alors un squelette allongé, puis, cette inscription sur le côté qui sert de légende: ‘Le très renommé parmi les ascètes, Sisoès, voyant le corps du roi glorieux et brillant des Grecs, Alexandre, hors du tombeau, frissonne en pensant que le temps et la gloire passent ; il s'attriste et le voilà qui pleure: Oh!, hélas, qui peut t'éviter?’ Je n’ai pas trouvé de mot rendant avec justesse, la sensation des Météores en tant que paysage humanisé. Le village sous leurs pieds se nome Kastráki... Nous sommes rentrés chez nous vers 19h30, nous avons parcouru 1.443 kilomètres”.

Sisoès le Grand vécut en Égypte, anachorète du désert, il serait mort vers 429 après J.-C.. Saint de l'Église orthodoxe comme de l'Église catholique, il partit dans le désert et passa soixante ans sur cette montagne, le mont Qolzoum où il tressait des paniers. On venait le voir de loin pour recevoir ses conseils. Il combattit les ariens. Il se serait rendu ensuite à Clysma au bord de la mer Rouge. On le représente souvent en vieillard, chauve avec une large barbe, regardant un cadavre dans un tombeau, celui d'Alexandre le Grand: il est représenté ainsi dans l'église Saint Georges-des-Grecs de Venise, à la Grande Laure du mont Athos, aux Météores au monastère de Varlaam, voir aussi ici.

Aux Météores. Mai 2019

Aux Météores. Mai 2019

Saint Sisoès devant la tombe d'Alexandre le Grand. Monastère Varlaam des Météores (photo Internet)

Images du vieux pays, pas forcément d’un autre temps. Sur Yórgos (Georges) Séféris, il y a enfin le témoignage de sa sœur, Ioánna:

“Le 29 octobre 1953, partant pour Chypre, Georges écrivait: ‘Ne cesse pas de m'écrire. Je trouverai un moyen pour que tes lettres me parviennent...’ Il retournera dans cette île en automne 1954, et de nouveau en automne 1955. Beyrouth, 25 octobre 1954. Ma chère Jeanne... il est évident que pour moi le plus grand avantage de ce poste est la proximité de l'île: une heure d'avion ou une nuit de bateau... Je me suis mis à aimer cette terre. Peut-être est-ce parce que j'y trouve certaines choses vivantes encore alors qu'elles ont disparu dans le reste de la Grèce... Peut-être est-ce parce que ce peuple a besoin de tout notre amour et de tout notre soutien. Peuple fidèle, d'une stabilité calme et obstinée. Réfléchis un peu au nombre de conquérants qui leur sont passés sur la tête: les croisés, les Vénitiens, les Turcs, les Anglais — neuf cents ans ! C'est incroyable qu'ils aient pu rester si fidèles à eux-mêmes et qu'ait pu être effacée, tels d'insignifiants intermèdes, la présence des divers tyrans sur l'île. Et maintenant, sur les murs de leurs villages, ils écrivent: ‘Unis à la Grèce, dussions-nous manger des pierres.’ Je voudrais que nos jeunes viennent voir Chypre ; de là ils auraient une vision plus large de notre pays. Je crains que le sentimentalisme ne m'ait gagné.”

“Le dernier choc national qui atteignit Georges fut la dictature de 1967. Au début il pensait qu'elle serait provisoire. Mais à mesure que passaient les mois, puis les années, il ne tenait plus en place. Il me semble que je le vois encore dans le fauteuil du salon. Ce devait être dans les premiers jours de 1969. Il ne venait plus très souvent chez nous. Comme il traînait la jambe, l'escalier le fatiguait. C'est moi qui allais toujours le voir. Je l'emmenais souvent marcher dans le jardin. Ce matin-là, il était venu avec sa femme qui avait quelques courses urgentes à faire, et qui nous laissa seuls. Il était accablé. Son visage était celui de l’homme de mer qui renifle l'orage:”

“Je ne peux pas dormir. Comment sortirons-nous de cet esclavage ? Une catastrophe menace le pays, cela est sûr. Mais menace-t-elle simplement ? Chaque jour tout ce qui contient une vérité, tout ce qui contient une vie, est étranglé.’ Dans ses yeux tristes, dans chacune de ses rides, je voyais concentrées toutes nos souffrances, les anciennes et les actuelles.” (...)

“Mon émotion fut trop forte. — Tu pleures ? Mon amertume débordait. Je dis à voix basse: — Nous vivons la mort pendant une vie entière pour voir fleurir la liberté de notre patrie. Et maintenant nous mourons dans l'esclavage.”, Ioánna Tsátsos, “Mon frère Séféris”, “Revue des Deux Mondes”.

Photo réalisée par Séféris, années 1950 (source Internet)

Aux Météores de jadis. Photo des Monastères, mai 2019

Église en Thessalie. Mai 2019

En 1967, à la suite du coup d´état militaire des colonels du 21 avril, Séféris, a refusé l´invitation de l´Université de Harvard pour y enseigner pendant un an, il ne voulait pas quitter son pays: “J’ai, hélas, le sentiment que si la liberté d´expression manque dans un seul pays, elle manque alors partout ailleurs. La condition de l´émigré ne me séduit pas: je veux rester auprès de mon peuple et partager ses vicissitudes.”

Comme le note mon ami l’historien Olivier Delorme dans son œuvre “La Grèce et les Balkans” (Volume 3): “Le seul Grec lauréat du Nobel à l’époque – le poète Elytis le sera plus tard en 1979 - Geórgios Séféris, publie le 28 mars 1969 une déclaration qui recueille un large écho international:”

“Voici deux ans révolus que nous a été imposé un régime en tous points contraire aux idéaux pour lesquels se sont battus, durant la dernière guerre mondiale, notre monde et notre peuple qui s’y est tant illustré. C’est là une situation de torpeur contrainte, où toutes les valeurs spirituelles que nous sommes parvenus, au prix d’efforts et de peines, à garder en vie, se trouvent sur le point de sombrer, elles aussi, dans ce cloaque bourbeux.” (...)

“Si, dans les régimes dictatoriaux, le début peut sembler aisé, c’est, en revanche, la tragédie qui en guette, inévitable, la fin. Et c’est le drame de cette fin qui nous tourmente, consciemment ou inconsciemment, comme dans les antiques chœurs d’Eschyle. Plus longtemps dure l’anomalie et plus le mal progresse. Je suis un homme absolument sans aucune attache politique et je puis dire que je parle ici sans crainte ni passion. Je vois devant moi le gouffre où nous conduit l’oppression qui recouvre notre pays. Cette anomalie doit cesser, c’est un impératif national.”, Olivier Delorme, “La Grèce et les Balkans”.

Aux Météores, mai 2019

Aux Météores, mai 2019

Le 20 septembre 1971, Séféris est décédé à l´hôpital Evangelismós à Athènes. Le lendemain, trente mille personnes ont suivi le cortège funèbre, faisant de son enterrement une manifestation spontanée contre la dictature des colonels. La tragédie qui en guettait, inévitable, la fin, le drame de cette fin ce fut la fin de la dictature des funestes colonels avec l’invasion turque sur Chypre en juillet 1974. Une invasion qui s’est réellement étendue durant les premières semaines du retour de la démocratie, sous Constantin Karamanlis. “Chypre c’est loin pour intervenir” a-t-il déclaré Karamanlis, quatorze ans après avoir écarté Séféris des négociations... justement sur Chypre. Retour ainsi... disons à la démocratie sur le cadavre de Chypre, une démocratie ayant voulu admettre l’irréparable, voire, l’irrespirable. Et voilà qu’elle est morte à son tour. La géopolitique étant aussi passée par là.

Si, dans les régimes dictatoriaux, le début peut sembler aisé, c’est, en revanche, la tragédie qui en guette, inévitable, la fin. Et c’est le drame de cette fin qui nous tourmente, consciemment ou inconsciemment, comme dans les antiques chœurs d’Eschyle. Plus longtemps dure l’anomalie et plus le mal progresse. L’anomalie actuelle c’est cet ersatz méta-démocratique présent, le pays sous la Troïka depuis 2010, ses politiciens marionnettes, le dit scrutin législatif du 7 juillet prochain sans le moindre choix politique. L’avertissement de Séféris est toujours entier et ainsi diachronique.

La lune de l'été. Juin 2019

Votre pauvre blog, absolument sans aucune attache politique et je puis dire que je parle autant ici sans crainte ni passion. Je vois devant moi le gouffre où nous conduit l’oppression qui recouvre notre pays. Cette anomalie doit cesser, c’est un impératif national.

Images et alors paroles du vieux pays, forcément de tout temps. Fin juin, la lune de l’été, les chats des Météores.

Chat des Météores. Mai 2019


* Photo de couverture: Image du vieux pays. Grèce des années 1960