samedi 16 mars 2019

Printemps du peuple



Appareillages depuis le Pirée. Le grand port, ses bistrots visiblement peu fréquentés en semaine, ceux qui pêchent et rarement, ceux qui s’y baignent déjà. Entre grisaille passagère et beau temps qui s’installe sans surprise, les discussions ont de quoi alimenter les truismes et les faux débats faute de mieux. Très exactement comme en politique. Élections prochaines et multiples obligent, les partis s’y préparent. Leurs candidats, un ramassis d’amoralistes et d’arrivistes, alors tous répugnants mandataires des Folamour planétaires.

Pêche à la ligne et baignade. Le Pirée, mars 2019

L’hybris qui domine et qui galope. Dix années de crise, et ceux “d’en bas” auront nécessairement acquis la capacité d’entrevoir ce qui s’y passe réellement sous la pommade anesthésiante de la “démocratie”, mais c’est tout. Le mouvement dit des “Indignés” des années 2011-2013, les milliers de manifestations et d’initiatives supposées citoyennes, l’enthousiasme des uns et la colère des autres, tout a été récupéré pour être détruit par le système politique SYRIZA en tête, et le résultat est plutôt sans appel.

La Place de la Constitution à Athènes au pays sans Constitution de fait, a tant retrouvé sa “normalité” des passants et des passages. Comme le souligne Nicolas Bonnal dans son billet du 15 mars, “les élites conspirent, trahissent, trafiquent, méprisent, réifient”. Ceux d’ici alors, ils exécutent sans même ces précautions d’usage. Le mensonge, rien que le mensonge le plus grossier et le plus grotesque aura suffi et ce n’est pas pour rien que pour l’immense majorité des Grecs, Tsípras incarne le plus grand menteur de l’après-guerre, tous les sondages le démontrent, ce qui donc agacerait Tsípras en personne, car il voudrait s’en défaire, de cette image qui lui colle tant à la peau. Menteur, et autant traître de son peuple et de son pays. L’hybris qui domine et qui galope.

Les artistes du théâtre l’ont très bien compris, et ce n’est pas sans rapport avec les mentalités en vogue qu’une pièce célèbre de Dimítris Psathás écrite en 1953 dont l’adaptation au cinéma datant de 1961 avait en son temps connu le plus grand succès, redevient alors d’actualité. Sous le titre “Recherche menteur”, l’histoire raconte le succès ainsi que la dégringolade d’un menteur-né, lequel arrive à Athènes depuis son village lointain pour faire fortune dans la capitale et dont... les compétences ne peuvent pas mieux trouver d’application que dans le champ de la politique bien entendu.

Place de la Constitution... normalité. Athènes, mars 2019

Place de la Constitution. Moment des Indignés, Athènes, années 2011-2012

Recherche menteur. Pièce de théâtre, Athènes, mars 2019

Les artistes du théâtre l’ont très bien compris et l’agenda méta-monde SYRIZA est pour autant implacable. Ces dernière semaines, et en dépit du désaveu flagrant et quotidien infligé au gouvernement par l’immense majorité des Grecs, Tsípras et les siens accélèrent “leur” pas, entre reformes au caractère radical et politique étrangère suicidaire pour le pays. La complicité de Mitsotákis et de sa droite, comme celle e son clan est flagrante, sauf que le système politique ainsi que son ingénierie sociale sont très exactement calculés pour le faire “élire” dans quelques mois ou dans quelques semaines.

La paupérisation de la majorité de la population est désormais un acquis historique, autant que le remplacement d’une partie de cette population grecque, annoncée d’ailleurs officiellement ces dernière semaines par Tsípras en personne, remplacement comme on sait par les déracinés économiques et politiques d’un ailleurs déjà autrement plus dystopique que celui de la pétaudière de la dite Union Européenne. Entre-temps, les élites qui conspirent, trahissent, trafiquent, méprisent et réifient, elles auront exploité à fond le crime odieux en Nouvelle Zélande tout comme les crimes suivants, et également cette fabrication de toute pièce à mon sens, de la dite “révolte des jeunes pour le climat”.

Un exemple parmi d’autres du calendrier en accélération à Athènes, tient du toilettage complet du Code Pénal que SYRIZA propose. Ni plus ni moins, il s’agit de l’allégement généralisé des peines pour crimes, précisément, de nombreux crimes seront désormais “rétrogradés” en délits, dont celui de “l’entreprise criminelle” et c’est très exactement ce qui concerne l’Aube Dorée dont le procès n’avance guère sous SYRIZA. Rappelons que la nomination de l’ancienne juge Thánou au poste de conseillère de Tsípras a été approuvée au “Parlement” grâce aussi aux élus Aube Dorée, car le système politique fonctionne alors en bloc, et que toute pièce incarne alors un rôle bien précis.

Indignés de jadis. Athènes, 2011-2013

Paupérisation et petits métiers. Athènes, années dites de crise

Bistrot vide. Le Pirée, mars 2019

Ce toilettage annoncé du Code Pénal rendrait aussi la notion du viol moins évidente à établir, comme elle allège considérablement les peines encourues en cas d’homicide involontaire, presse grecque de la semaine. Et c’est exactement la charge qui pèse sur Aléxis Tsípras, ses ministres, les responsables des services de la Police et des Pompiers, les maires en poste, ainsi que la présidente de Région Attique, la très Syrizíste Rena Doúrou, au sujet des incendies à Mati et à Marathon en juillet 2018 ayant causé la mort atroce de plus de cent personnes. Déjà, l’instruction en cours anticipant... les suites, vient de déqualifier l’affaire, de crime en délit, sans oublier les bruits qui courent au sujet de cet incendie aux causes et à la gestion alors très visiblement suspectes. L’hybris qui domine et qui galope.

En ce même temps, le journaliste SYRIZA devenu député SYRIZA, Kyrítsis, devant la dépénalisation partielle de la détention et de l’usage des bombes appartenant à la... digne lignée des cocktails Molotov, vient de déclarer, “qu’il ne faut pas en faire un plat, personne n’est mort d’un cocktail Molotov”. Cette déclaration, alors régurgitée il faut dire depuis les tripes de l’immoralité innée de cette gauche à la SYRIZA, elle a provoqué l’indignation générale, le salopard politique Kyrítsis est même revenu sur ses déclarations après coup pour soi-disant les modérer, peine perdue, presse grecque de la semaine.

Indignation autant des proches des employés de la banque Marfin, Angelikí Papathanassopoúlou enceinte de quatre mois, Paraskeví Zoúlia et Épaminondas Tsakális, tous brûlés vifs de la sorte en mai 2010, c’était lors d’une première manifestation anti-Troïka à Athènes sous le feu des anarchisants, aux meneurs comme on sait à la solde du financier Soros, des services secrets d’ici et d’ailleurs, comme du para-État grec. En 2016, toujours sous SYRIZA, le procès du crime n’a pas pu aller plus loin dans l’enquête, les anarchisants apparents comme cachés ont été hâtivement acquittés et seule la direction de la Banque a été condamnée pour manquement à la sécurité des employés, presse et medias grecs.

Produits régionaux. Sýntagma, Athènes, mars 2019

Au Pirée, mars 2019

On monte la garde à Sýntagma. Athènes, mars 2019

Sinon, la... normalité est certes de retour, appareillages depuis le Pirée et on déguste les produits régionaux du pays défait Place de la Constitution (Sýntagma), comme on monte la garde devant les grands hôtels en ces mêmes lieux. Printemps et commerce diraient alors certains.

Les journalistes à la Kyrítsis sont d’ailleurs largement candidats aux élections, surtout lorsqu’il s’agit des pseudo-élections dites “Européennes”, et c’est le cas des arrivistes du genre traversant tout le spectre lugubre du prétendu pluralisme politique. De la Nouvelle Démocratie du clan Mitsotákis aux affairistes de Tsípras, en passant par tous les autres partis, l’offre en cette vomissure est alors plénière.

Journalistes, présentateurs de la météo, acteurs et actrices, chanteurs et chanteuses, femmes du dit “modeling”, plus un certain nombre d’hommes et de femmes ouvertement de la Commission de Bruxelles histoire de faire un peu de vraie politique impériale (partis de SYRIZA, Nouvelle Démocratie et “To Potámi” - La Rivière entre autres). Lorsqu’on est en pilote automatique et en logiciel véreux, tout comme verrouillé, nul besoin de vrai personnel politique. De la foutaise donc, plus le Smartphone à tous les étages.

Aux paupérisés, il ne restera alors que le regard examinateur des animaux adespotes, celui des statues forcément antiques, et peut-être les olives à moins de six euros le kilo. Cornelius Castoriádis rappelait en son temps, “que, contrairement à toute une mythologie bien enracinée ‘à gauche’, il n’y a pas dans la pauvreté en tant que telle aucun, comment dire, mérite politique particulier. Le fait d’être pauvre ne garantit en aucune façon l’amour de la liberté, pas plus qu’il ne garantit son contraire, d’ailleurs”, Cornelius Castoriádis, “Thucydide, la force et le droit. Ce qui fait la Grèce, 3.Séminaires 1984-1985”, La création humaine IV, Seuil, 2011.

Animal Adespote. Athènes, mars 2019

Regard antique. Musée National Archéologique d'Athènes

Olives... de base. Athènes, mars 2019

L’anomie en cours est programmée et provoquée, d’où cette métastase actuelle du personnel politique. Ce chaos sera sans doute ensuite réprimé, sauf pour les “élites”. Nicolas Bonnal y va carrément dans la démonstration, et visiblement hélas, il ne se trompe pas.

“Il y a vingt ans j’avais écrit dans la revue contre-littérature de mon ami Alain Santacreu un texte comparant la bizarre Neuvième porte de Polanski à l’incontournable Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick qui venait de mourir dans des conditions incompréhensibles pour ses proches. Les deux films tiraient à boulets rouges sur nos élites: sacrifices humains, satanisme, orgies, mythologie Illuminati et conspiration à ciel ouvert dans un monde d’aveugles. Les deux films furent tournés dans des châteaux ayant appartenu aux Rothschild, revenus au premier plan depuis quelques années: Ferrières et Mentmore Towers, lieu des orgies rituelles à chaque fois, où fut même tourné le film de Philip Kaufmann sur Sade, voyez mon texte sur le retour en grâce du divin marquis.”

Les supporteurs depuis le peuple de la Nouvelle Démocratie, troupeau il faut dire à l’ancienne, ne comprennent pas non plus comment un proche de Mitsotákis, Nikos Georgiádis, aussi ex-député Nouvelle Démocratie a pu être condamné il y a trois semaines pour crime sexuel sur mineurs, l’intéressé ayant tout de même échappé à la condamnation pour pédophilie et il déclare alors avec tout le culot du bas monde, “que la Justice est en train de se tromper” à son sujet. Bien entendu il a fait appel. La presse ne fera plus tellement écho de cette affaire d’ici quelques jours, et dans le café du coin on évoquera plutôt le prix exorbitant du poisson, ou sinon, le dernier chat perdu au quartier.

Le... peuple de la Nouvelle Démocratie à l'ancienne. Athènes, 2012

Poisson cher. Athènes, mars 2019

Chat perdu. Athènes, mars 2019

Le fait d’être pauvre ne garantit en aucune façon l’amour de la liberté, pas plus qu’il ne garantit son contraire, et d’ailleurs... dans Athènes et dans sa périphérie proche, la construction de cinq centre commerciaux est programmée, autre mythologie de la gauche sans doute.

L’ex-ministre Kotziás aux Affaires étrangères, Syrizíste illustre, personnage compatible Sóros et autant ancien collaborateur... de l’inoubliable Yórgos Papandréou, vient de déclarer depuis Delphes, “que finalement nous devrions partager la mer Égée avec la Turquie”. En Grèce, on pense et on l’écrit même, qu’un accord imposé par les Puissances et par Soros comme celui dit Macédonien de Tsípras, est en préparation. C’est pour dire, combien le personnel politique suit-il un agenda hétéronome contraire aux intérêts fondamentaux du pays, d’où le maintien de SYRIZA au pseudo-pouvoir, presse grecque du moment.

En l’état actuel du pays il n’y a certes pas de quoi faire la fête. Le tiers... payant de la population pas encore paupérisée jusqu’au bout, a pourtant bel et bien fêté le carnaval et le début du Carême il y a une semaine, attitude critiquable aux yeux de certains analystes accablés à travers la presse.

Mais la vie continue-t-elle comme sous l’Empire romain, et le peuple ira danser, on pêche même devant le Pirée tandis que nos animaux adespotes comme desposés (ayant un maître) nous entourent alors encore. Heureusement.

L’hybris pourtant, qui domine et qui galope. Étrange reportage on dirait, le journaliste européiste Jean Quatremer... découvre enfin les coulisses de la criminalité des européistes d’en haut: “Laura Pignataro s’est suicidée le 17 décembre. Cette haute fonctionnaire du service juridique de la Commission européenne avait été contrainte de défendre la nomination entachée d’irrégularités de Martin Selmayr, ancien chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, comme secrétaire général de l’institution”, presse française.

Le... peuple qui danse. Presse locale, île de Póros, mars 2019

Au large du Pirée. Mars 2019

Nos animaux. Grèce rurale, 2013

Appareillages depuis le Pirée. Le grand port, ses bistrots, ceux qui pêchent et rarement, ceux qui s’y baignent déjà.

Puis, les... nôtres, Mimi et Hermès de Greek Crisis. Printemps !

Mimi et Hermès de Greek Crisis. Athènes, mars 2019


* Photo de couverture: Appareillages depuis le Pirée. Mars 2019