jeudi 14 février 2019

Un monde fini



Modèle anthropologique inédit. Les sociétés humaines, balancées comme elles sont, entre guerre hybride et paix abrupte n’ont guère le choix des moyens de leur destinée, si ce n’est qu’en changeant de paradigme. Mieux vaut tard que jamais. En attendant, les apparences se fissurent jour après jour, celles surtout servant à faire admettre l’épiphénomène de la normalité. Sous ces apparences, grecques par exemple, les ferrys attendent les futurs touristes, le Péloponnèse s’annonce comme d’emblée mythique, et déjà, depuis le pont de la vielle nationale, les visiteurs, entre autres chinois, photographient le Canal de Corinthe, ouvrage emblématique du siècle d’avant. Futur en vue.

Sur le pont du Canal de Corinthe. Février 2019

L’histoire, telle que nous l’avions... tant aimé, aurait-elle fait ses cartons depuis un moment, et on en conviendra, sans faire même trop de bruit. La dyschronie convoyant la dystopie, s’installe durablement dans l’air du temps, comme le souligne ailleurs et à sa manière Nicolas Bonnal:

“Dans les années soixante, rappelle Thomas Frank, on a imposé le slogan ‘Think Young’, pour célébrer la marchandise et la non-culture nouvelles à base de pub et de communication, une ‘culture d’usurpateur’, disait Guy Debord, qui veut faire oublier comment elle est arrivée au pouvoir. On chassa les anciens et la tradition pour imposer le jeunisme consumériste à base de gilet James Dean, de rébellion creuse, de chewing-gum Hollywood et de coca-cola ; cela marcha comme sur des roulettes. Cinquante plus tard, on a une jeunesse de dystopie, à 90% ruinée par l’immobilier, par les études, promue à des petits boulots disqualifiés, à des exils ingrats, à un nomadisme cheap et à un abrutissement technologique festif.” Nicolas Bonnal, Carnet du 11 février 2019.

Thomas Frank, historien, journaliste et essayiste américain est notamment l’auteur de l’essai “Pourquoi les riches votent à gauche”, et quant à Guy Debord dont l’œuvre est toujours d’actualité, on rappellera seulement qu’il est l’auteur de la “La Société du spectacle”, c’était déjà en 1967. Depuis, l’avènement de l’Internet s’est imposé avec... la énième Révolution industrielle, ainsi vint le temps des avions renifleurs et pour finir, tout simplement furtifs. Ce n’est pas rien. De nos jours, à Athènes ou ailleurs, il suffit d’observer les couvertures des magazines dans les kiosques par exemple, pour prendre la mesure des métastases en ce monde, le nôtre.

En ce 2019 et à Athènes, on y découvre entre autres, le “Chengdu J-20”, littéralement “Anéantisseur-20” avion de chasse furtif chinois, “le Goulag entre mythes et réalité”, “les femmes allemandes nazies”, “Nikos Kazantzákis et ses voyages en Chine et au Japon”, et enfin, “Aristote en scientifique universitaire précurseur”. Métastases donc, et singulièrement d’après le sens premier du terme en grec ancien: transfert, éloignement, migration, changement, révolution, rupture, mort... et délivrance.

Puis quant aux journaux, souvent plus terre-à-terre que nombre de revues, il est question d’actualité supposée politique. Et c’est alors par le biais du dessin humoristique que cette majorité des 151 députés, préfabriquée de la sorte pour et par SYRIZA au “Parlement”, s’apparente-t-elle à une créature à la Frankenstein. Abrutissement politique... carnavalesque entend-on dire un peu partout, “la Chambre, c’est le plus grand cirque jamais venu en Grèce depuis un moment”, et nous voilà... rassurés.

Péloponnèse mythique. Février 2019

Cartons. Athènes, février 2019

Avion chinois, Goulag, Femmes nazies, Kazantzákis, et Aristote. Athènes, février 2019

La nouvelle majorité SYRIZA. Quotidien ‘Kathimeriní’ du 1er février 2019

Ces mêmes journaux reviennent autant via le dessin, sur l’accord macédonien de Tsípras bien entendu. Il est présenté en personnage colleur... de billets de banque couvrant le nom de Macédoine griffonné sur un mur, le message est plutôt explicite. Presque en synchronie, on entend à la radio, “que Yossi Cohen, comme on sait, chef du Mossad et ancien conseiller en sécurité du premier ministre d'Israël Benyamin Netanyahou, aurait fait transmettre à Kamménos il y a à peine quelques mois et alors ministre de la Défense à Athènes, un dossier bien épais. Les pièces contenues dans ce dossier, prouveraient alors l’infiltration renforcée des agents du financier Soros, aux services du Ministère des Affaires étrangères sous Kotziás., C’est Kamménos en personne qui m'a accordé certaines facilités de recherche pour les besoins de mon reportage, il m'a autant permis de photographier ces monuments. Rien que ce dossier, il pourrait disons faire condamner déjà Kotziás au pénal, voire, l’inculper pour ses actes, méritant en plus la qualification de haute trahison”, émission du journaliste Trángas sur 90.1 FM, le 11 février 2019.

Encore une fois, ni démenti, et encore moins le moindre intérêt que cette affaire aurait pu susciter à travers le monde de la Justice. Tsípras. Kamménos et bien d’autres à Athènes, visiblement personnalités psychiquement atteintes et peut-être placées de la sorte en tant que marionnettes, entre nomadisme politique cheap et un abrutissement géopolitique... alors mortel.

Tsípras en colleur de billets de banque. Quotidien ‘Kathimeriní’, le 30 janvier 2019

En bien d’autres temps, avant que l’histoire, telle que nous l’avions... tant aimé ne fasse ses cartons, de telles révélations publiques auraient mobilisé la justice, provoqué des démentis, voire des démissions. Tsípras et sa bande en rigolent, les autres forces politiques s’occupent du seul calendrier électoral, le Président de la République, supposé garant des Institutions ne réagit guère, et alors personne du côté de la presse ou de la Justice, ne s’interroge non plus, sur la légitimité et autant représentativité qu’auraient permis au financier et spéculateur Soros d’agir de la sorte, en somme, en parfaite hétéronomie politique.

Métastase donc, et on y est, sauf que cette question... des Sorites, est désormais posée autant par “ceux d’en bas”, car on l’entend dans les cafés tous les jours, lorsque les journaux réalisent enfin leurs titres sur la grippe de saison ou sur le calendrier électoral. Et alors, comme les apparences se fissurent jour après jour, ce sont les églises qui se remplissent de plus en plus, le peuple est encore de culture Orthodoxe, ayant bel et bien existé avant la création de l’État de la Grèce contemporaine en 1830, contrairement à ce que la propagande gaucho-droitière mondialiste voudrait par exemple imposer.

En effet, on chassa les anciens et la tradition pour imposer le jeunisme consumériste à base de gilet James Dean, de rébellion creuse, de chewing-gum Hollywood et de coca-cola ; cela marcha comme sur des roulettes.

Devant une église. Athènes, février 2019

Messe à Athènes et en semaine. Février 2019

Messe à Athènes et en semaine. Février 2019

Presse: la grippe et le calendrier électoral. Athènes, février 2019

La situation est inédite, car tel est manifestement le modèle anthropologique y afférant. En relisant le carnet personnel d’un Athénien cultivé, issu de la vielle bourgeoisie grecque de Constantinople, texte alors rédigé comme on dit “à chaud” durant les années de l’Occupation Allemande de 1941-1944, une certaine comparaison est alors possible quant à l’état des mentalités, entre cette époque pas si lointaine et la nôtre.

Pour Yórgos Pappás (1903-1982), c’est le nom de l’auteur, il n’y a guère de doute. En dépit des difficultés, de la famine, de la dureté, voire, de la cruauté dont faisaient preuve les forces occupantes, après une guerre d’abord victorieuse pour l’Armée grecque contre celle de Mussolini sur les montages d’Albanie, la triple Occupation du pays, Allemande, Italienne et Bulgare, était considérée comme provisoire et surtout, “nous n’avions pas du tout une mentalité de vaincus”, précise-t-il alors Yórgos Pappás. Ensuite, il y a cet épisode, déjà remarquable aux yeux de Pappás.

Tsolákoglou , alors Premier ministre de type “Quisling”, installé au pouvoir par les Allemands durant la première période de l’Occupation (avril 1941-décembre 1942), avait reçu dans son bureau, c’était en 1941, Pános Kókkas (1919-1974), jeune avocat à l’époque et éditeur de presse par la suite après la guerre. “C’est Kókkas qui donc insista pour cette rencontre, dont le but était de notifier à Tsolákoglou un document argumenté et préparé par le jeune avocat, prouvant que le Premier ministre était coupable du crime de la haute trahison. Tsolákoglou a lu le texte en présence de Kókkas sans réagir, et il lui a aussitôt demandé à quitter les lieux. Tout le monde s’attendait à l’arrestation de Kókkas, mais il ne s’est rien passé.” Tsolákoglou faisait preuve en effet d’un certain sens des réalités ainsi que de ce minimum de morale comme de patriotisme, ce que les historiens spécialistes de la période n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner.

Tsípras Traître. Athènes, février 2019

Drapeaux et héros de la Révolution grecque de 1821. Athènes, février 2019

SYRIZA c'est l'OTAN. Athènes, février 2019

L’année suivante, le 5 mars 1943, une manifestation massive, patriotique et résistante a lieu au centre d’Athènes. Les Athéniens protestent contre l’annonce de la mise en place d’une forme de STO (Service du Travail Obligatoire) au profit bien entendu de l’Allemagne. La manifestation a été violement réprimée par les occupants, et il y a eu près d’une vingtaine de morts sur place et de nombreux blessés. Le gouvernement, toujours de type “Quisling” dirigé par Konstantínos Logothetópoulos (1878-1961) a pourtant reculé devant la volonté populaire. “Aucun Grec ne sera envoyé en Allemagne pour y travailler”, avait-on alors annoncé très officiellement et tel a été effectivement le cas.

Les arguments, toujours actuels, ne manquent pas lorsqu’il s’agit de considérer Tsípras ainsi que les Premiers ministres avant lui et depuis le moment du premier Mémorandum signé avec la Troïka en 2010, comme coupables de ce crime de la haute trahison en passant aussi par la violation permanente de la Constitution. Tsípras ne réagit certes pas pour avoir été qualifié de traître à la patrie, ceci ouvertement même à travers certains médias, mais c’est cependant l’ensemble d’un système institutionnel et autant institutionnalisé qui ne réagit alors pas. Régime supposé démocratique, sauf que sa coquille est vide.

Pis encore, le cynisme, ainsi que l’amoralisme de l’inculte Aléxis Tsípras (comme de nombreux autres politiciens) sont alors tels, que cette marionnette du temps présent, insulte alors ouvertement l’immense majorité du peuple grec lorsque ce dernier se montre très majoritairement opposé à sa politique. Comme encore, il ne reculera pas devant une masse non négligeable celle des manifestants. On dirait même que les Tsolákoglou et autres Logothetópoulos, posséderaient-ils davantage le sens des réalités, et notamment celui du rejet dont ils faisaient l’objet de la part de l’immense majorité du pays réel. Ils tenaient même parfois compte de cette opinion publique et certaines manifestations de 1943 ont eu d’écho, contrairement à celles des années 2010-2019. Plus maintenant.

Galerie des drapeaux et des boutiques fermées. Athènes, février 2019

Tsípras=USA. Athènes, février 2019

Boutiques fermées. Athènes, février 2019

Il faut ici préciser que sous le leurre de la dite mondialisation, les entités humaines et sociales se trouvent privées de leurs conditions anthropologiques originales, celles qui depuis la nuit des temps avaient alors assuré leur reproduction culturelle, voire biologique. Cette paranoïa réellement existante, déclarera accessoirement la guerre à la famille, elle atomisera les êtres humains jusqu'à l’os, comme elle paupérisera à outrance ce qui subsiste encore de l’ancienne classe décidément (trop) moyenne.

Les retraités athéniens devenus vendeurs à la sauvette, n’échangeront ainsi que du seul regard avec les retraités... encore maintenus et de passage. On parle peu, on observe à peine, et surtout, on fait du surplace. Ce nouveau monde devient fragmenté, incohérent et irrationnel. Il s’apparente même à une situation humaine généralisée ayant prévalu durant les longs siècles et les temps avant même l’apparition du fait politique. “Notre” ultime postmodernisme incarne en réalité le retour imposé à un temps humain que l’on qualifierait de largement pré-politique.

Modèle anthropologique que l’on présumerait inédit. Anthropologie postmoderne impliquant une mosaïque de formes aplaties, impersonnelles, dénuées de sens et politiquement largement inexprimées comme inexprimables. Le tout, dirigé par cette main invisible qui régit les relations entre les individus impliqués, profusément stimulée par des spéculateurs parfaits à la Soros, des athéistes consacrés à la Tsípras, des égoïstes profiteurs, et qui s'engageront d’abord dans la recherche du plaisir et de l'eudémonisme. Pour le reste, la caste des marionnettes est autant imbibée visiblement dans le vice de moins en moins caché, l’anomie, et c’est l’arbitraire, le leur, qui devient ainsi obligatoire.

Manifestement, Tsípras, à l’instar de tant d’autres, appartient à cette caste ainsi préfabriquée. Et au niveau pratique, il ne restait que l’officialisation de la liaison, entre la gauche, la droite dite “libérale”, et les globalistes à la Soros. C’est chose faite avec la fin de l’illusion socialiste, de même qu’avec la fin de l’illusion trompeuse des démocraties dites représentatives. Pourtant nous avons été quelque part prévenus. Panagiótis Kondylis (1943-1998), grand esprit du siècle dernier, avait déjà insisté sur le dénominateur commun essentiel du marxisme originel et du libéralisme capitaliste. Ce dénominateur commun alors réside dans la prétendue certitude de l'élimination des guerres, rien que par l'absorption de l'élément politique par l'élément économique.

Retraités et vendeurs. Athènes, février 2019

Au diable la famille. Athènes, février 2019

Toutes les banques sont à brûler. Athènes, février 2019

Instant du temps présent. Athènes, février 2019

Comme on sait, cette attente ainsi commune aux deux tendances idéologiques, avec toutefois de nombreuses nuances intermédiaires en positions et opinions internationalistes, conduit-elle à ce postulat “final” et qui fait de l'élimination des différences nationales l'autre condition préalable pour prétendument mettre fin aux conflits de guerre. Dans la mesure où les facteurs historiques et les valeurs spirituelles suivent une hiérarchisation d’après de critères économiques, les racines de l'eschatologie marxiste et néolibérale sont essentiellement communes, Kondylis, “Théorie de la Guerre”, (“Theorie des Krieges. Clausewitz, Marx, Engels, Lenin”. Stuttgart: Klett-Cotta, 1988)

Fidèle à Thucydide, Kondylis voyait à très juste titre combien l'internationalisme et le cosmopolitisme de toutes les nuances d’ailleurs, ont-ils toujours et d’abord été les outils idéologiques pour promouvoir les Puissances déjà en position de force. Les Puissances seront internationalistes et cosmopolites afin de promouvoir leur pénétration partout ailleurs, tandis que les idéologies internationalistes introduites, voire imposées aux pays plus petits, facilitent ainsi l'élimination ou sinon, l'affaiblissement des nations comme celui de la souveraineté de leurs états, au profit bien entendu des hégémonies des Puissances et de l’hyper-caste des “élus” planétaires autoproclamés intouchables.

Les Grecs réalisent à présent, comment et alors combien, la dite “dette”, la Troïka, l’austérité, la violation permanente de la Constitution promue et officialisée en régime métapolitique, ont-elles déjà conduit à l'affaiblissement de la souveraineté et in fine à la vassalisation de leur pays. L’agenda à travers lequel... le “rendez-vous Tsípras” avait été programmé pour incarner un tel moment plutôt fatal, conduit à bien des égards à l'élimination à terme de la nation grecque, ou du moins, de celle des États grec et chypriote. Ce pauvre et... difficile blog avait autant estimé dès ses débuts en 2011, que la dite crise n’est autre chose qu’une guerre entreprise contre la société grecque, et que la Grèce n’est finalement qu’un exemple car hélas, il y en a bien d’autres.

Immeuble bientôt promu... aux promoteurs. Athènes, février 2019

Affaires... appartenant aux personnes sans-abri. Athènes, février 2019

Travaux de voirie. Athènes, février 2019

Sous les apparences du moment, les ferrys sont restés un moment immobilisés Pirée pour cause de tempête, les visiteurs entre autres chinois, photographient les glorieux bâtiments du dix-neuvième siècle athénien, et quant aux Grecs, ils peuvent alors se rabattre sur de la feta authentique ou sur les sardines du jour.

Cette même semaine, Tsípras, les siens et les autres, débattent au “Parlement” de la dite reforme de la supposée Constitution. Déjà, un minimum de morale alors interdirait toute discussion sur le sujet dans une Chambre à la majorité (SYRIZA) recomposée, au moyen de tractations avantageuses, le tout, sous le regard et surtout l’intervention affirmée de certaines Puissances étrangères, sans oublier la pénétration de nébuleuses à la Soros. Ce minimum de morale dont faisaient encore preuve les Tsolákoglou et autres Logothetópoulos en leur temps, manque ainsi complètement chez les marionnettes actuelles.

Modèle anthropologique inédit... et en métastase. Travaux de voirie à Athènes, élections locales en mai, autrement-dit, agitation dans un bocal où le personnel politique s’agite dans le formol. Démocraties devenues musées des pathologies, histoire de discutent au “Parlement” au sujet de la dite “reforme de la Constitution”. Au même moment et dans une indifférence autant établie, la presse annonce que dix grands ports du pays seront privatisés, dont les ports stratégiques d’Igoumenítsa (Mer Ionienne et Adriatique), et d’Alexandroúpolis (Mer Égée et Dardanelles), presse grecque du 13 février 2019.

Les sociétés humaines, balancées comme elles sont entre guerre hybride et paix abrupte n’ont guère le choix des moyens de leur destinée, si ce n’est qu’en changeant de paradigme. Mieux vaut tard que jamais et pourtant.

Visiteurs. Athènes, février 2019

Fromage en promotion. Athènes, février 2019

Sardine du jour. Athènes, février 2019

“La situation politique en Grèce aujourd’hui prouve que nous n’avons que trop avancé sur cette pente et qu’il faudra à tout prix réagir, s’arrêter, remonter. Il est des moments dans la vie des peuples où le présent, si tragique soit-il, n’a qu’un intérêt passager et où il faut, dans le déchaînement des passions, tâcher de garder sa sérénité et de faire le point. Nous nous trouvons aujourd’hui à un de ces moments. Les quatre années tragiques de guerre et d’occupation n’ont fait que précipiter un mal latent et la façade depuis longtemps lézardée s’est écroulée, entraînant dans ses débris un monde fini de gens résignés.”

“Parlons un peu des politiciens. Quand la famine approchait à grands pas, les politiciens discutaient de la question du régime ; quand la famine régna pendant le terrible hiver de 1941, personne, aucune personnalité politique appartenant à un parti quelconque, ne se leva pour protester, personne n’eut le courage, personne n’osa. Quand se posa la question de la résistance active à l’ennemi, aucun de ces messieurs n’eut le courage, aucun n’osa,” écrivait alors Yórgos Pappás dans son carnet et en français, à la date du 12 décembre 1944, en pleine... guerre civile à Athènes.

Kókkinos, matou adespote des lieux comme du voisinage, vient de rentrer après une bonne semaine amoureuse et en vadrouille. Face au modèle anthropologique inédit, les amandiers fleurissent en ce moment. Futur en vue.

Kókkinos, de retour. Athènes, février 2019


* Photo de couverture: Les ferrys qui attendent. Péloponnèse, février 2019