dimanche 20 janvier 2019

Pays réel



L’appel fut grand et la foule immense. “C’est pour défendre la démocratie et la patrie devant le fait accompli de l’accord macédonien de Tsípras, face à ceux qui trahissent sans vergogne et d’ailleurs sans la moindre légitimité populaire.” “Nous défendons notre culture et notre histoire”. Un grand rassemblement populaire en Grèce, rarement vu par son ampleur, près de six cent mille manifestants à Athènes. Et il n’y avait plus un seul autocar disponible au Nord de la Grèce dans ses régions de Macédoine et de Thrace, ils ont été tous affrétés pour emmener plus de cent mille manifestants à Athènes. “Nous ne sommes pas des fascistes mais des patriotes défendant notre pays et la démocratie. C’est pour notre culture et pour notre histoire”, ou encore, “Référendum, NON au Putsch parlementaire.” Voilà ce que nous avons vu et entendu ce 20 janvier place Sýntagma à Athènes. Pays réel.

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019 (télévision grecque)

D’après les sondages, l’immense majorité des Grecs, entre 67% et 85% suivant les résultats obtenus, s’opposent fermement à cet “accord” ; lequel arrive il faut le souligner, une fois de plus et de trop en violation flagrante de la Constitution, tout comme de l’esprit et de la lettre des procédures démocratiques. Le pays réel donc s’oppose et enrage, des anciens de la gauche, en passant par la droite, lorsque cette classification a encore un sens, à notre humble avis elle n’en a plus.

Ainsi, “150 députés qui ne représentent plus grand monde, ne peuvent pas décider du sort du pays, surtout contre la volonté du peuple, contre l’immense majorité”, pouvait-on également entendre Place Sýntagma en ce 20 janvier 2019.

Ainsi, Zoé Konstantopoúlou, rappelons-le, elle fut présidente du Parlement hellénique du 6 février au 3 octobre 2015 et surtout elle avait initié le travail du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes - s’intéressait de près à la dette grecque et aux conséquences de son remboursement sur la population ; Zoé Konstantopoúlou donc, elle s’et montrée bien virulente derrière le micro de la radio 90.1 FM vendredi matin 18 janvier, déclarant ceci:

“C’est une trahison, et c’est un accord dépourvu de légalité et autant de légitimité. J’y serais au grand rassemblement du 20 janvier à Athènes, et j’appelle tous les citoyens et patriotes, quelle que soit leur sensibilité politique d’y être également”. Un appel, officiellement reproduit sur le site Internet de son mouvement, “Trajet de liberté” : “Pour notre Macédoine, pour la Démocratie, pour la liberté, pour la Souveraineté, pour notre Dignité collective, pour qu’un référendum soit organisé, en place et lieu des manigances de Tsípras au Parlement. Car je ne livrerai pas ma Patrie, ni son Histoire, notre Histoire.”

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Descendants des combattants pour la Macédoine grecque. Athènes, le 20 janvier 2019

Míkis Theodorákis dans une lettre ouverte publiée cette semaine, demande aux élus au Parlement “à ne pas perpétuer ce crime contre la Grèce. Sinon vous allez causer un préjudice irréparable, et d’ailleurs, le jugement de l’histoire sur vous tout sera ainsi féroce et sévère.” Enfin, sans toutefois appeler ouvertement à manifester dimanche 20 janvier, Panagiótis Lafazánis, chef de... la petite Unité Populaire, rappelle “que cet accord macédonien de Tsípras imposé par l’Union européenne et par l’OTAN est contraire aux intérêts nationaux de la Grèce et en plus, il est dangereux pour la paix et la stabilité dans les Balkans.”

Sur place, j’ai vu ceux du mouvement ARDIN de Karambélias, issus de la vielle gauche, puis certains parmi les petits soldats de Lafazánis, mais sans banderole... en patriotes isolés. Pauvre gauche, certes non Syrizocynique, néanmoins sortie définitivement de l’histoire du pays depuis 2015, pour ne rien cacher des dernières quatre vérités grecques.

La sociologie alors perceptible de ce rassemblement, hors extrême-gauche, est, à mes souvenirs et autant aux dires des analystes, assez proche de celle des grandes manifestations contre la Troïka et contre les “gouvernements grecs” entre 2010 et 2013, avec toutefois une présence actuelle plus marquée des popes et de peuple alors proche de l’Église Orthodoxe grecque et surtout des Monastères. Ceux par exemple de la délégation des moines du Mont Athos, ils ont même été parmi les orateurs lors du rassemblement.

Descendants des combattants pour la Macédoine grecque. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Le peuple n’a pas manqué ce rendez-vous, et il s’est montré bien remonté. Au Pirée, les bateaux depuis la Crète, le Dodécanèse et les îles de l’Égée, ils arrivaient bien pleins depuis même le soir du 19 janvier. La Junte du régime SYRIZA et consorts, aux ordres des mondialisateurs à la Soros, des Pangermanistes renouvelés à la Merkel, tout comme de l’Ambassadeur des États-Unis, craignaient alors ce rassemblement, tout comme d’ailleurs ils haïssent le peuple. En ce moment, Athènes grouille d’espions, d’agents étrangers et ainsi de ceux de l’État grec très profond, plutôt aux mains des Puissances et c’est un fait historique et hystérique, au sens premier du terme, hystérésis, du grec “ὕστερος”, “plus tard”, c’ est la propriété d'un système dont l'évolution ne suit pas le même chemin selon qu'une cause extérieure augmente ou diminue.

Hystérie donc, et voilà que le commissaire local de la Police de Lesbos a très officiellement donné des instructions pour que ses services dénombrent alors les citoyens qui se déplacent de l'île, passant par le port ou l’aéroport pour participer bien entendu au rassemblement d’Athènes. Très vraisemblablement, ce document écrit a été mis en ligne par certains policiers, ayant obligé le Ministère concerné à se déclarer “étranger à de telles pratiques”, peine perdue, presse grecque de la semaine. Enfin, les Antifa et autres instruments... sensibles à la Soros, ils ont également manifesté, peu nombreux il faut dire à Panepistímio, près de la place Syntagme ce même jour et moment, sauf que ces Sorites désormais connus et catalogués “ennemis” pour l’immense majorité des Grecs, ils n’ont pas été installés de la sorte par hasard, nous y reviendrons.

Donc grande foule. Parmi les manifestant du rassemblement de la Place de Constitution, il y avait aussi certains issus de la Diaspora, j’ai rencontré par hasard ceux de la communauté hellénique de Lausanne, j’avais fait leur connaissance lors d’une conférence... Greek Crisis, c’était alors durant la très lointaine année 2013. Ils se sont déplacés pour y être en ce moment historique, sachant comme d’ailleurs tous les Grecs désormais, que manifester ne suffit pas pour stopper la destruction du pays, et encore moins pour destituer la Junte pseudo-parlementaire qui nous gouverne. Voilà encore ce qui très explicitement il était formulé par ceux du rassemblement et bien au-delà. En tout cas, c’était très émouvant que de voir parmi tant d’autres, place Sýntagma en ce 20 janvier 2019, la banderole de l’Association culturelle grecque de Lausanne, “Melissa” (abeille en grec) pour l’Hellénisme, une association fondée à Lausanne en décembre 2016 dont le but est l’étude et la mise en valeur du message universel de la culture hellénique.

Banderole des compatriotes venus de Lausanne. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Et pour ce qui est de certains aspects fondamentaux de cette actualité, liée tout de même à l’actualité française, j’invite les lecteurs du blog à lire l’intégralité de la publication éclairante et éclairée du samedi 19 janvier, de mon ami Olivier Delorme sur sont blog, dont voici quelques extraits:

“Hier, sur RFI, je suis intervenu pour resituer l'arrière fond historique de cet accord. Participation éminemment frustrante, c'est à partir de 14'30 et des poussières, puisque je devais pouvoir répondre à une deuxième question et que j'avais prévu d'expliquer que 70 % des Grecs sont hostiles à cet accord qui n'a rien à voir avec un agenda régional, que l'enjeu est l'extension de l'OTAN et de l'UE à un nouveau pays, raison pour laquelle, à Skopje comme à Athènes on méprise l'avis des peuples, que Merkel et les Américains, l'ambassadeur à Athènes est le même qu'en Ukraine au moment du Maïdan, sont à la manœuvre avec menaces, pressions de toute sorte et corruption de députés, que la Serbie où Poutine est en visite aujourd'hui et la Bulgarie sont aussi hostiles que l'opinion grecque à cet accord qui n'est qu'un acte supplémentaire de néo-guerre froide anti-russe...” “Mais pas le temps ! Bref, après les valises de billets, menaces, pressions physiques sur les députés de Skopje qui ne voulaient pas voter un accord dont la non-validité du référendum, du fait du mot d'ordre d'abstention donné par les adversaires de l'accord, aurait dû stopper le processus de ratification, il fallait tordre le bras du Parlement grec. La démission du ministre de la Défense Kamménos, qui est parti en disant que Tsípras lui avait menti - il a beaucoup menti à beaucoup ! - en lui promettant que cet accord, qui ne faisait partie ni du programme de Sýriza lors des campagnes électorales de 2015 ni de l'accord de coalition avec les Grecs indépendants de Kamménos, ne viendrait à ratification qu'après des législatives a déclenché les grandes manœuvres.”
Mouvement du mouvement ARDIN, issu de la vieille gauche. Athènes, le 20 janvier 2019

Référendum, NON au Putsch parlementaire. Athènes, le 20 janvier

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

“Le voyage de Merkel, la semaine dernière, n'avait que ce but véritable, comme celui qu'elle avait effectué à Skopje juste avant le référendum: la chancelière du Reich est en agonie chez elle, mais elle veille jalousement sur ses nouvelles colonies... Il fallait donc trouvé les apostats nécessaires pour faire le boulot.” “Ce terme d'apostats a une résonance historique forte en Grèce puisqu'il fait référence à l'achat en dollars sur compte suisses, par le Palais et la CIA, de députés de la première majorité dite à l'époque centriste, pour faire tomber le gouvernement constitutionnel de Papandréou en 1965 et lui trouver un remplaçant, du ‘centre’, appuyé par la droite et convenant au Palais et aux États-Unis d'Amérique. Parmi les apostats, leur chef de fil même: Konstantinos Mitsotákis, père - officiellement, ou grand-père selon les mauvaises langues qui font de Kyriákos le fils d'une ‘erreur de jeunesse’ de sa sœur, elle-même ancienne ministre et mère du candidat à la mairie d'Athènes ! le cœur de la Caste!-. Quant à la crise politique de l'apostasie, elle mène directement au coup d'État des Colonels,” Olivier Delorme, le 19 janvier 2019 sur son blog.

Grande foule, grand peuple. Les organisateurs du rassemblement, à savoir les organisations culturelles des Grecs habitant leur région historique de Macédoine en Grèce et de la Diaspora, ils ont à maintes reprises souligné que leur message n’est surtout pas un message d’hostilité ou de haine vis-à-vis des Slaves de l’Ex-République Yougoslave de Macédoine. Le désaccord certes il persiste, mais du côté grec, il n’y a aucune visée territoriale, contrairement d’ailleurs à l’irrédentisme affiché qui caractérise pour l’instant nos voisins. “Notre démarche est défensive et non pas offensive, si ce n’est que contre nos politiciens, lesquels agissent contre la volonté du peuple grec en lui refusant le referendum”, soulignent alors joints par téléphone par les journalistes des radios d’Athènes, les organisateurs du rassemblement, dimanche 20 janvier au matin.

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Près des Palais, du Premier ministre et du Président. Athènes, le 20 janvier 2019

Se rendant au rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

L’appel fut grand et la foule immense. Autant que la volonté de briser cet élan populaire. La Junte de Tsípras au pseudo-pouvoir a aussitôt fait usage de son plan, vieux comme... le plus bas des monde du politiquement ordurier. Des individus appartenant à la nébuleuse Antifa et assimilés, d’après ce que nous avons compris sur place et d’après ce que les médias ont rapporté (90.1 FM entre autres), se sont infiltrés comme par hasard, dans les rangs des manifestants pacifiques, pour y jeter objets, pierres et pots de peinture. Ceux de la Police ont alors fait un usage disproportionné... de leur chimie habituelle, d’ailleurs périmée depuis 2017, sur les lieux et sur les manifestants au lieu de neutraliser les auteurs des faits.

Une provocation montée suivant un plan bien précis et initié par le pseudo pouvoir, pendant qu’un nombre important de citoyens convergeant encore vers la Place de la Constitution (Sýntagma), et que bon nombre d’autocars venus du Nord de la Grèce avaient été, encore comme par hasard, retardés aux péages par les forces de l’ordre du régime dictatorial des marionnettes, jadis les Colonels, actuellement les... Syrizels.

Provocation orchestrée. Sýntagma, le 20 janvier 2019 (presse grecque)

Manifestants touchés. Sýntagma, le 20 janvier 2019 (presse grecque)

Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019 (presse grecque)

Le monde de Tsípras est d’ailleurs et depuis longtemps hors-sol... des réalités vivante et vécue des Grecs. Durant la semaine passée, Tsípras et ses acolytes se sont affichés lors de l’anniversaire du très PASÓKien éditeur athénien Livánis. La crème brûlée du vieux PASOK, en partie désormais incorporé dans SYRIZA s’y trouvait. Hilarité et alors cynisme, comme du temps des Colonels, sans se dissimuler. Les medias même ils diffusent les clichés, les Grecs observent médusés, on dirait la Roumanie et ses medias sous Nicolae Ceaușescu. Vielle Europe !

Aléxis Tsípras chez les Livánis. Athènes, janvier 2019, presse grecque

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Une heure après le rassemblement du dimanche 20 janvier, l’escroc (politique) Aléxis Tsípras a même prétendu “que les Aubedoriens avaient été en réalité à l’origine des troubles lors de la manifestation du jour” (radio 90.1 FM), mais même si des Aubedoriens ont participé aux échauffourées estampillées para-État, on sait que de toute manière, les néonazis à la grecque en font partie intégrante et intégrée, en Grèce, les masques sont devenues si lourdes à porter et donc ils tombent.

Le rassemblement a été dispersé de cette manière pas si originale il faut dire, par le pouvoir des cyniques de la gauche radicale de Tsípras. Les manifestants ont laissé plusieurs blessés derrière eux, des journalistes ont été battus, (reportages des radios et de la presse grecque sur Internet au soir même du 20 janvier), et un homme a été poignardé plus loin dans le centre-ville, près du quartier d’Exárchia.

Des manifestants ont été bloqués par les gaz que ceux de la Police leur jetaient il faut dire abondamment, et les journalistes, à l’instar de Choudalákis depuis la radio 90.A FM, et autant témoins des faits pour le besoin de leur reportage, soulignaient que ces individus cagoulés, au demeurant peu nombreux, ils ont été laissés pour ne pas dire facilités à traverser le cordon policier, pour que les manifestants sous l’emprise des gaz lacrymogènes et de la peur, se dispersent. Comme du temps des grandes manifestations contre la Troïka entre 2010 et 2013, ces mêmes cagoulards, soi-disant “anarchistes et gauchistes”, ils ont été d’usage pour que la peur puisse faire reculer les manifestants, familles, enfants vieillards entre autres.

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Une femme grecque vivant au Japon et ayant effectué le déplacement pour participer au rassemblement place Sýntagma, a confié son témoignage aux journalistes de 90.1 FM: “J’ai vu ces individus cagoulés surgir des petites rues sans que les policiers ne les en empêchent. J’ai alors crié envers ces gens: Qu’allez-vous faire, pourquoi tout cela, que voulez-vous au juste ? Ils me regardaient certes, mais sans jamais prononcer le moindre mot”.

Vieux jeu. Au moyen de politiques sécuritaires qui sous-tendent la “pacification” par la guerre, celle autant du maintien de l’ordre, les citoyens doivent être maintenus, neutralisés. Des guerres de police domestique, asymétriques tout comme les opérations contre-insurrectionnelles qui en découlent, remplissent alors une des tâches hégémoniques de l’élite globale et européiste: maintenir leur domination à l’intérieur des pays.

La foule immense. Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019 (presse grecque)

L’appel fut grand et la foule immense. C’est pour défendre la démocratie et le pays devant le fait qui se veut accompli, celui de “l’accord” macédonien de Tsípras, face à ceux qui trahissent sans vergogne et sans la moindre légitimité populaire.

Près des Palais, du Premier ministre et du Président. Athènes, le 20 janvier 2019

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Les descendants des combattants pour la Macédoine grecque d’il y a un siècle auront rendu aussi hommage à la tombe du Soldat inconnu à Sýntagma, sauf que la caste des Apostats, celle des politiciens interchangeables et au besoin... vendables à souhait, elle aura alors laissé un goût bien amer chez le plus grand nombre.

Vers la... fin du rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019

Nos amis sont rentrés à Lausanne retrouver ceux de la Communauté hellénique en terre helvète, et pour nous, il était alors question que de retrouver nos... animaux adespotes et fiers de l’être.
On va dire à nos enfants que c’est pour notre histoire et pour notre culture !

Kókkinos, ‘Rouquin’. Animal adespote bien de chez nous. Athènes, le 20 janvier 2019


* Photo de couverture: Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019