dimanche 11 novembre 2018

Voie sacrée



Les événements se succèdent et se ressemblent trop. Le rythme de la dite actualité est plus qu’effréné. Le sens commun, celui des mortels en tout cas, n’arrive plus à suivre tous ces faits et gestes des marionnettes du système, et encore moins à réagir. Les gouvernements privatisés et globalisés, et qui tentent de détruire un par un les pays, les nations et leur culture ; ils accélèrent alors ce processus pour lequel très exactement ils ont été programmés. Et déjà, sept années d’existence plutôt amère pour ce blog, inauguré en octobre 2011. Tenir coûte que coûte durant toute... cette brève éternité. Pérennité pourtant et si possible lucidité. Vue autant imprenable sur l’histoire, comme depuis les Météores et leurs monastères en terre de Thessalie.

Philosophes et Sages de l'Antiquité. Météores, novembre 2018

Aux monastères des Météores en Thessalie, les visiteurs attentifs remarqueront cette fresque un peu inédite à première vue, représentant les Sages et les Philosophes de l’Antiquité: Homère, Thucydide, Aristote, Socrate, Platon et Plutarque entre autres, puis, les Saints de l’Église. C’est la vision de la continuité spirituelle... autorisée par l’Église Orthodoxe, d’ailleurs non-dénuée de sens. Évidemment, Héraclite et Parménide n’y figurent guère, ça se comprend aussi ! Puis, cette autre imagerie populaire, reflétant une tradition orale bien des Météores, d’après cette dernière, les Allemands n’ont jamais pu planter leur drapeau de 1941 sur les Monastères ; les touristes... Allemands apprécient peut-être !

Rappelons que sous l’Empire ottoman, les ecclésiastes et les monastères ont été pour ainsi dire les seuls vecteurs de l’apprentissage de la langue et des Lettres grecques. Notons à titre d’exemple, le cas de l’École des Météores, officiellement appelée “Académie de Socrate aux Météores”, fondée vers 1550 par Méthode, moine lettré, devenu plus tard Métropolite (Évêque), l’établissement a fonctionné jusqu’aux années 1820 (Théodoros Nimás, “Histoire et Monuments de Tríkala et de Kalambáka”, Thessalonique, 2018). D’où d’ailleurs ce lien consubstantiel entre l’Orthodoxie et la Grèce contemporaine, et de la sorte, le caractère officiellement Orthodoxe de l’État en Grèce.et la place de l’Église qui en découle.

Ces brèves précisions sont nécessaires dans la compréhension des enjeux grecs, historiques comme tout autant actuels. Car dans une conférence de presse surprise mardi 6 novembre en compagnie de l’archevêque Ierónymos, chef de l’Église, Aléxis Tsípras a annoncé leur accord présenté comme “historique et bénéfique pour les deux parties”, portant entre autres sur le statut des membres du clergé, qui ne seront plus considérés comme des fonctionnaires payés par l’État. Ils seront rémunérés par une caisse qui se mettra en place, prétendument gérée de façon indépendant, l’État s’engage ainsi à verser à l’Église via cette structure une subvention annuelle équivalant aux traitements actuels du clergé, soit près de 200 millions d’euros.

Les événements se succèdent et se ressemblent. Cependant, sous le masque d’une certaine sagesse et alors beauté subsistantes aux Météores ou même à Delphes, l’agenda globalisant est en marche, s’agissant comme l’écrit ailleurs Nicolas Bonnal, de “la perversion récente des élites est une réalité de terrain objective. On est ici dans la théorie de la constatation, pas de la conspiration”. Signe des temps, sur certains murs d’Athènes, le nom du financier Georges Soros est désormais mentionné, puis rayé... question sans doute d’agenda, ailleurs, et c’est nouveau, on distingue le nom de Matteo Salvini apparaissant sur certaines surfaces toujours à Athènes, “glissement” des mentalités par exemple d’après les medias autorisé ? Digne et vieux pays des marbres et des oliviers... passé sous les hospices du nouveau siècle.

Imagerie historique des Météores. Thessalie, novembre 2018

Une certaine beauté vue de Delphes. Novembre 2018

Pays des marbres et des oliviers. Acropole d'Athènes, novembre 2018

Une certaine sagesse. Delphes, novembre 2018

Sauf que les apparences ne suffisent même plus pour demeurer longtemps trompeuses. Cette mesure a suscité la colère des popes lesquels n’ont pas été associés à ces négociations. Dans un communiqué publié mercredi, l’Union du clergé de base, a d’ailleurs demandé l’annulation de cet accord. Ierónymos s’est même senti obligé à consentir à une certaine reculade, même verbale, précisant “qu’il s’agit d’un projet d’accord et non pas d’un accord finalisé”. Parmi les Métropolites (Évêques), certains se sont d’ores et déjà déclarés opposés à l’accord, d’autres par contre l’ont approuvé (presse grecque du 8 novembre).

Cependant, pour tous ceux du bas clergé la coupe est pleine, si l'on en juge par leur communiqué publié au soir du 7 novembre à travers toute la presse grecque:

“Ça suffit. Nous appelons les éminents Métropolites de l'Église de Grèce à rester à la hauteur des circonstances en annulant de concert l’accord conclu depuis en réalité longtemps, entre le chef de l’Église et le Premier ministre. L’Association Sacrée des ecclésiastiques de Grèce, s’engagera dans la lutte pour que l’obligation contractuelle de l’État envers les popes, d’ailleurs en échange de ce que l’Église a offert à l’État ; puisse se maintenir.”

“Nos réactions vont alors être massives et sans précédent dans l'histoire grecque. Le simple prêtre, de la Crète à Évros en Thrace, des îles Ioniennes à celles du Dodécanèse, il se révoltera rejoignant notre cause, car il ne s’agit pas seulement que de maintenir certains droits éphémères, mais de préserver toute notre tradition orthodoxe grecque. D'ailleurs, c’est bien le prêtre de base qui fait face et alors sur le terrain il ne fait que subir autant que nos frères laïcs, tout ce fardeau de la crise, et qui continue à contribuer et à coordonner bon nombre d’actions bénévoles en faveur des plus défavorisés.”

Tsípras et le haut clergé. Presse grecque du 8 novembre 2018

Le nom du financier Soros. Athènes, novembre 2018

Le nom de Matteo Salvini. Athènes, novembre 2018

“Le temps du silence s'est terminé pour le clergé. Maintenant, c’est le moment du parler fort et des actes. Nous nous sentons trahis par ceux qui ont participé aux consultations si décisionnelles, en l'absence de ceux directement concernés, à savoir le clergé, ainsi et le peuple chrétien.”

“Dans un pays où tout est bradé, nous n'attendrons pas le prochain coup, celui qui affectera alors la foi. Nous faisons également appel au peuple paupérisé qui connaît des jours sombres et qui s’angoisse tant pour l'avenir, pour qu’il soutienne le clergé ainsi que l’Église de notre Patrie. Certains, ont alors réussi depuis longtemps à opposer une partie du peuple au clergé, servant des intérêts perfides et cherchant à affaiblir le rôle du prêtre dans la société grecque. L’Association Sacrée des ecclésiastiques de Grèce fera le nécessaire pour annuler cet accord honteux, via les procédures nécessaires auprès de la Justice.”

“Durant chaque époque difficile de l'histoire grecque, celui qui s’en prend à l'Église, il finit alors vaincu. Tous ceux qui n’ont pas voulu de nous en tant qu’interlocuteurs dans leurs négociations frauduleuses, ils nous retrouveront maintenant bien devant eux”, presse grecque du 7 novembre 2018. Les événements se succèdent et se ressemblent. “Aléxis Tsípras, son parti SYRIZA et tout son gouvernent souffrent visiblement de... P-Soriasis”, entend-on dire sur la radio du Pirée 90.1 FM, au matin du 7 novembre. “P-Soriasis”, le néologisme dérive évidemment du nom du financier Georges Soros, dont le rôle déconstructeur ne fait plus de doute aux yeux des Grecs. “Les événements s’accélèrent donc, et cette accélération est autant imposée par un agenda Sóros, Rothschild et Allemagne réunis”.

“Ces décisions politiques ne sont pas prises en réalité par les politiques disons Grecs. Car un personnel politique grec; de gauche ou de droite peu importe, n’arriverait jamais jusque là. SYRIZA/ANEL détruisent des entités et des institutions sociales et culturelles du pays, à commencer par l’État, puis par la société, la loi Katséli qui protégeait la résidence principale face aux saisies vient d’être abolie par exemple. Enfin, voilà que l’Église est attaquée à son tour et que les popes vont finir paupérisés, car rétribuer dix mille prêtres par une dotation spéciale signifie tout simplement que cette dotation peut disparaître demain, rien que parce qu’elle est soumise comme tout dépense grecque, au dictat de la Troïka, c’est-à-dire de Berlin. De même, la mise sous contrôle conjoint avec l’État d’une partie des biens de l’Église, signifie qu’une sorte de TAIPED bis, agence fiduciaire de type Treuhand va voir le jour et les Allemands auront également mis la main sur les biens de l’Église. Voilà pour la finalité d’une telle politique qui se présente sous un emballage progressiste d’une soi-disant séparation de l’Église et de l’État. Notons aussi que pour ce qui est de cas Ierónymos, chef de l’Église, sa famille entretenait des liens avec la famille Tsípras sous la dictature des Colonels, est ainsi complice”, radio du Pirée 90.1 FM, au matin du 7 novembre, cité de mémoire.

Fête nationale du 28 Octobre. Athènes, Octobre 2018

Fête Nationale du 28 Octobre à l'île de Póros

'Non aux saisies des résidences principales'. Le 28 octobre 2018 à Athènes

“Enfin, SYRIZA/ANEL, davantage que les autres politiciens sous la Troïka depuis 2010, mettent en place un État hostile aux Grecs, et qui considère que les Grecs sont des ennemis. Ainsi il détruit de manière méthodique et outrancière les caractéristiques nationales des Grecs, leur culture, leur économie, leur capacité même de résistance. Tsípras est alors une sorte de termite, qui muni de pièces buccales broyeuses... lui et le siens, ils broient le pays recevant des ordres depuis l’étranger” (radio 90.1 FM, le 7 novembre).

Les propos tenus publiquement dans ce pays sont ainsi de plus en plus virulents. Et en cette Fête nationale grecque du 28 octobre. Le pays réel a célébré le NON devant l'ultimatum de Mussolini en 1940, puis, la victoire grecque qui a duré jusqu'à l'intervention de l'Allemagne en avril 1941. Ainsi, à Athènes, scènes alors observées, on a arboré le drapeau et on a interpellé à l’occasion les policiers sur les faits de trahison de la caste des politiciens par exemple sur la Place de la Constitution.

28 Octobre 2018 donc, et la situation devient de nouveau très tendue dans les Balkans. Ce même 28 octobre 2018, les forces spéciales de la Police albanaise sous le contrôle directe du Premier ministre Edi Rama, ont assassiné un patriote grec, Konstantinos Katsífas âgé de 35 ans Il avait arboré le drapeau grec dans son village grec (minorité grecque de l’Épire du Nord en territoire albanais, toujours persécutée par les autorités albanaises) de Vouliarátes, localité situé à quelques kilomètres de la frontière avec la Grèce. La version albanaise des faits évoque un échange de tirs entre Katsífas et les forces spéciales, cependant, les enquêteurs observateurs de la Police grecque n’ont pas été admis (Katsífas avait aussi la nationalité grecque) tandis que la Grèce de Tsípras n’a guère montré d’intérêt pour cette grave et dramatique affaire, et surtout, le corps n’a été rendu à la famille que dix jours après et ceci, suite à l’intervention auprès du gouvernement Edi Rama, d’abord des élus de la minorité grecque et ensuite du Président albanais Ilir Meta.

En Grèce, les réactions ont été nombreuses, images ainsi furtives d'une nouvelle période très instable, comme à Thessalonique, durant cette manifestation en réponse à l'assassinat de K. Katsífas, événement catalyseur comme tant d’autres en ce moment on dirait pour les mentalités de nouveau en gestation. Les obsèques ont eu lieu avec la participation de nombreux Grecs de la minorité des Épirotes du Nord mais aussi des compatriotes venus de Grèce, sous un climat de terreur lorsque la Police albanaises a interpelé certains des participants. Edi Rama a tout de même déclaré que “tous ceux qui se sont rendus aux obsèques de Konstantínos Katsífas sont des porcs”, presse grecque de la semaine.

Ainsi, le comportement des gouvernants d’Albanie se présente prétendument sur la ligne du respect des droits lorsque ses interlocuteurs d’en face sont ceux de l’UE, puis, une politique d’épuration ethnique et d’un nationalisme alors exacerbé très balkanique sur le terrain, il faut autant le signaler. La députée européenne Chypriote Eleni Theochárous est depuis peu officiellement “persona non grata” en Albanie. Elle a ouvertement déclaré à l’intention du Premier ministre albanais Edi Rama: Tu “n’entreras pas dans l’UE par le sang !” En effet, drôle de guerre... loin très loin dans un sens des déclarations et des autres festivités... organisées vraiment ailleurs à l’occasion du centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918.

Manifestation en réaction à l'assassinat de Katsífas. Thessalonique, octobre 2018

Sur l'assassinat de Katsífas. Presse grecque du 29 Octobre 2018

Konstantínos Katsífas. Presse grecque, Octobre 2018

Obsèques de Konstantínos Katsífas. Vouliarátes, novembre 2018

Pourtant nous avons été prévenus. Yórgos Ioánnou (1927-1985), avait écrit dans les années 1980 peu avant sa disparition physique, qu’étant donné le voisinage de la Grèce, le pays, sans devenir agressif ou nationaliste vis-à-vis des pays voisins, il devait toutefois se transformer de temps en autre... en hérisson devant les menaces à répétition. Le poète et écrivain, originaire de Salonique et dont l'œuvre est saluée comme l'une des plus originales de la littérature contemporaine, était parfaitement conscient des enjeux de la géopolitique grecque et européenne.

Yórgos Ioánnou était né à Thessalonique en 1927, dans une famille de réfugiés de Thrace orientale. Sa jeunesse meurtrie par la faim et surtout par la cruauté de l’Occupation Allemande subies pendant la Seconde Guerre mondiale et par la guerre civile porte en gestation les thèmes majeurs de son œuvre. “Chaleureusement accueilli par la critique, son premier recueil de récits a introduit en Grèce un genre nouveau, où la réalité la plus quotidienne et la plus intime se trouvait transposée en des textes courts, à mi-chemin de la nouvelle et de la confession, écrits toujours à la première personne. Car Ioánnou n'agit pas en romancier ; c'est un observateur lucide, mais dont le regard qu'il porte sur autrui reflète toute la distance qui le sépare de lui-même. Et l'on retrouve chez lui l'ironie, cette politesse du désespoir, familière aux écrivains qui, à l'instar de Beckett ou de Thomas Bernhard, puisent dans une introspection méticuleuse le matériau le plus sûr de leur œuvre.”

Ioánnou avait été démocrate et patriote à la fois ; on se souvient de sa voix parfois hésitante, tout comme des textes forts où se mêlent tendresse, révolte et nostalgie, et autant, de son aversion pour le... modélisme européiste. Depuis les grandes partances de notre littérature (Seféris, Elýtis, Ioánnou), les plans du totalitarisme financier, que tracent habituellement des gens qui nous ignorent et se fichent de notre avis, s’accélèrent.

Durant la fête nationale. Athènes, le 28 Octobre 2018

'Je n'oublie pas Chypre'. Kavala, novembre 2018

Thessalonique, novembre 2018

En ce 2018, pour leur immense majorité, les supposés intellectuels, écrivains et universitaires actuels, suffisamment rétribués par un système qui agit contre les sociétés, contre les peuples et contre les nations, sont désormais et depuis près de trente ans, les propagandiste à la solde des mondialisateurs, à contre-pied justement de ce que par exemple en Grèce ont incarné entre autres, Seféris, Elýtis et Ioánnou.

Et ce n’est pas par hasard que bien timidement au départ, et cependant de manière beaucoup plus ouverte cette année, des analyses à la noix très compatibles Sóros d’ailleurs, font état “du nationalisme et de l’imposture” des grandes figures de la littérature et de la culture du pays. Dans une émission prétendument historique, ce dénigrement a autant porté sur Séféris, son œuvre, ses écrits, et notamment, sur ses études et conférences au sujet du Général Makriyiánnis. Séféris a même été qualifié “d’autiste” et “de presque escroc de la pensée” par ces “intellectuels” au service de Berlin, durant l’émission matinale de radio Skaï 100.3 FM, ce dimanche 11 novembre 2018.

Séféris est de plus en plus gênant, Elytis ne pouvait être qu’un “nationaliste”, et alors Ioánnou, il avait sans doute fait “une fixation exagérée” sur la nation et sur la cruauté de l’Occupation Allemande et Bulgare en Macédoine grecque et en Thrace entre 1941 et 1944. Ioánnou, décédé le 16 février 1985 à l'âge de cinquante-sept ans, à la suite d'une erreur médicale, il avait été pendant longtemps aussi enseignant dans le Secondaire, il n’aura donc pas connu notre époque si extraordinaire, où sous les recommandations des nouveaux experts proches des cercles Soros au Ministère de l’Éducation Nationale (?), Antigone et les classiques sont retirés des programmes, autant que l’Oraison funèbre de Périclès, Thucydide, le Grec ancien, le Latin, l’histoire de la Révolution grecque de 1821 et de la Guerre d’Indépendance, le tout paraît-il, avec l’aval silencieux d’ailleurs de la grande majorité des enseignants, il faut aussi le signaler.

Sous un regard attentif. Épidaure, octobre 2018

Temple de Poséidon de l’île de Póros. Octobre 2018

Antiquités en Macédoine. Philippes, novembre 2018

Pourtant, les agissements actuels des gouvernants sont autant anticonstitutionnels que leur politique en matière de mise à sac des richesses du pays par les rapaces de la finance internationale. Ainsi, en matière d’Éducation, l’article 16 de la Constitution grecque stipule que “l'instruction constitue une mission fondamentale de l'État, et a pour but l'éducation morale, culturelle, professionnelle et physique des Hellènes, le développement d'une conscience nationale et religieuse ainsi que leur formation en citoyens libres et responsables”.

D’où toute cette ultime urgence pour Tsípras et pour sa bande que de modifier la Constitution, sans cesse violée d’ailleurs depuis 2010 par tous les gouvernements sous la Troïka. Tel est l’agenda pour lequel Tsípras a été placé au pouvoir par le mensonge et par l’escroquerie déjà politique, et il le restera probablement jusqu’à la fin du mandat à l’automne 2019, car il faut aller jusqu’au bout... à la manière des contrats mafieux, car nous sommes en réalité face à une mafia pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris.

Le pays réel pourtant, plus beau que jamais on dirait en cet automne, résiste comme il peut. Au Nord de la Grèce par exemple comme à Kavala, les panneaux porteurs du message “Il ne faut pas oublier l’Occupation d’une partie de Chypre par l’Armée de la Turquie” sont toujours en place, tandis qu’ils ont été enlevés de partout au Sud de la Grèce et d’abord d’Athènes depuis des années. Le tout, sous la douceur déjà précaire de l’automne grec, et ce n’est pas rien, en plus de la géopolitique digne de 1914, plutôt que de 1918.

Site archéologique... fréquenté. Macédoine grecque, novembre 2018

Mémoire de l'Occupation Allemande. Nauplie, octobre 2018

Mycènes, octobre 2018

Et l’autre pays, monté de toutes pièces, tient des déclarations de Tsípras sur l’embauche étalée à partir de 2020, d’un nombre de 10.000 agents dans la Fonction Publique... en remplacement des popes exclus du statut des fonctionnaire, presse grecque de la semaine.

En campagne électorale déjà, et sans attendre la validation ou pas de son intention d’accord avec Ierónymos, pendant que Gavróglou le Ministre de la dite Éducation vient d’être convoqué à Constantinople par le Patriarche Bartholomé pour des explications, et durant la fronde déclarée de l’Église de Crète (elle dépend du Patriarcat de Constantinople), voilà que l’agenda SYRIZA/ANEL reste autant et surtout, celui de la survie politique, du clientélisme et de la préservation des intérêts des castes comme des... castings. Vieux monde !

Espérons au moins, que les futurs fonctionnaires nouveaux prendront autant soin des animaux adespotes que leurs collègues du moment, à l’image des gardiens, souvent vacataires du site archéologique de Vergína, celui des tombes des rois Macédoniens, lorsque par exemple ils s’occupent à leurs frais du très vieux chien adespote arrivé un jour sur place. L’animal a subit déjà deux accidents vasculaires cérébraux, “mais que faire d’autre que de s’en occuper ?”, nous disent-ils.

Le bus et l'équipe d'AEK d'Athènes. Novembre 2018

Le vieux chien malade mais soigné. Vergína, novembre 2018

Animaux du temps présent comme figures de jadis, les événements se succèdent et parfois ils se ressemblent. Sur les aires des autoroutes, il arrive que les curieux s’approchent pour... admirer les autocars des grandes équipes et surtout leurs joueurs, telle l’équipe de l’AEK d’Athènes, créée en 1924 par ces Grecs chassés de Turquie et de Constantinople, “histoire de ne pas oublier les Patries perdues et ainsi de perpétuer une certaine tradition sportive et culturelle”.

Figures d'animaux de jadis. Musée de Delphes, novembre 2018

C’est toujours vrai que...le sens commun, celui des mortels n’arrive plus à suivre tous les faits et gestes des marionnettes du système, et encore moins à réagir, cependant, pour le ramassis des intellectuels système derrière.les micros de la Radio Skaï, le danger est imminent: “Le populisme et les positions antieuropéennes sont désormais majoritaires en Grèce, notre peuple est d’un coup devenu autiste”, (émission du dimanche 11 novembre 2018). Nous voilà rassurés !

Nous voilà rassurés. Météores, novembre 2018


* Photo de couverture: Aux Météores, novembre 2018