mardi 29 mai 2018

L’Italie d’abord !



Joli monde. Aux législatives du 4 mars dernier, les Italiens ont massivement voté en faveur de deux formations lesquelles sont porteuses d’un difficile message, espérons-le constructif en dépit des hésitations: Briser le carcan européiste, si cher à Jean-Claude Juncker lequel déclarait en 2015: “il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés”. Ce n’est pour l’instant certes qu’un message, cependant, ce qui frappe déjà les esprits tient du refus du président Mattarella de nommer Paolo Savona, 81 ans, eurosceptique déclaré, à la tête du ministère des Finances. Une fois de plus (et de trop ?) les masques tombent.

Manifestations d’antan. Athènes, années dites de crise

Nous ignorons très naturellement les suites de l’histoire, celles notamment des prochaines très probables élections en Italie ainsi provoquées par le Putsch permanent européiste pour dire les choses de leur vrai nom. Cependant, depuis Athènes, nous saisissons alors mieux qu’ailleurs, tout le sens inique de ce Putsch, initié par cette politique supposée et présentée comme étant soi-disant unique entre Berlin, Bruxelles et Paris entre autres. Lorsque par exemple Matteo Salvini, (chef du parti de la Ligue), en pleine ascension politique après les législatives du 4 mars, déclare que “les journaux et les politiciens allemands nous insultent: Italiens mendiants, fainéants, adeptes de l'évasion fiscale, pique-assiettes et ingrats. Et nous, on devrait choisir un ministre de l'Économie qui les satisfait ? Non merci ! Les Italiens d'abord”, il a raison, (propos enfin reproduits par les médias français).

Ces propos de Matteo Salvini rappellent ainsi ces déclarations, et autant situations très analogues au sujet de la Grèce, c’était en Janvier 2015. En cette lointaine époque... un certain Alexis Tsípras avait prétendu incarner réellement la Constitution du pays, autrement-dit, celle du peuple supposé souverain, ceci faisant face au diktat des institutions non-représentatives, voire, dépourvues de toute légalité en matière de Droit international, à l’instar de l’Eurogroupe, pour ne nommer que cette salle de torture du seul européisme réellement existant.

Depuis, et faisant comme on sait suite au référendum de juillet 2015, trahit par Tsípras et par sa bande d’escrocs de la coalition SYRIZA/ANEL, le petit pays a été piétiné jusqu’aux entrailles de sa dignité et ainsi vassalisé pour 99 ans, d’après la signature d’Alexis Tsípras, par les forces néo-colonisatrices européistes. Ce qui s’y applique en lieu et place de programme politique autonome, tient du génocide économique, culturel et en fin de compte démographique est toujours en cours en pleine hétéronomie.

Une fin... de l’histoire absolument planifiée, avec l’aimable participation de Tsípras, lequel à mon humble avis, tout comme à l’avis du plus grand nombre en Grèce, avait été de toute évidence... franchement “préparé” pour cette tâche, sans oublier non plus, cette “étrange” neutralisation plutôt volontaire, de l’essentiel des autres forces pseudo-politiques du pays. Joli monde !

Manifestations d’antan. Athènes, années dites de crise

Manifestante. Athènes, 2012

Cultures humaines. Fouilles dans les Cyclades

Nos amis d’Italie doivent retenir la triste leçon du cas grec pour ne pas tomber dans le même piège, quelle que soit d’ailleurs leur sensibilité politique première. N’oublions pas que le carcan européiste a placé un peu partout ses hommes et femmes marionnettes, dont ceux, occupant ces postes généralement sans pouvoir réel et encore moins légitime pour en plus outrepasser le cadre constitutionnel, à l’instar des présidents Mattarella en Italie et Pavlópoulos en Grèce. Au cas où le bon peuple “d’en bas” fait “fausse route”, ces présidents seront toujours là, pour entraver au cas par cas, le fonctionnement encore subsistant et éventuel des institutions représentatives et démocratiques.

Les colporteurs du situationnisme européiste démâté, iront alors raconter au moyen de leurs medias que leurs contradicteurs, “tantôt de l’extrême-gauche, tantôt de l’extrême-droite incarnent alors les dangereux populismes du moment, dont la montée devrait être jugulée”. Tantôt les Tsiprosaures en 2015, tantôt ceux de la France Insoumise, en passant par la Ligue en Italie entre autres, la liste est bien longue.

Pourtant, le pire des extrémismes en Europe depuis les totalitarismes du Vingtième siècle, n’est autre que celui des institutions européistes métadémocratiques et pratiquement soviétisées, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris. Ce n’est plus une question de gauche et de droite, en tout cas dans un premier temps, mais d’abord, de résistance comme de survie organisatrice d’un autre projet collectif, voire européen concerté à partir de zéro.

Comme le souligne Philippe Grasset, à travers son analyse sous le titre: “Du Parthénon au Colisée”, “l’Europe a le sens du symbole, ou bien est-ce l’Histoire qui choisit d’imposer aux piètres artisans de la déstructuration qu’ils sont tous les instruments et toutes les circonstances qu’il faut pour donner au symbole qui en émerge toute la force qui importe et ainsi les placer devant le spectacle des ruines qu’ils accumulent... Je l’avoue et je suis sûr que je n’étonnerai personne, je suis partisan du deuxième terme de cette alternative du symbole. Eux, les dé-constructeurs qui entropisent comme s’ils étaient anthropophages, ils ne savent pas grand-chose, ni de l’art ni de la puissance du symbole ; quand on fait dans l’entropie, on reste sur sa faim et l’on finit par se manger soi-même... (...)”

Arrogance des ministrions Syrizistes. Athènes, janvier 2018

Garde Evzone Athènes, 2018

Médecins et manifestants. Athènes, années de la Troïka

“Ce qu’on veut faire avec l’Italie aujourd’hui, à peine selon une autre méthode, c’est ce qu’on fit avec la Grèce il y a trois ans. L’Histoire nous impose, avec sa Grâce sans retenue, un symbole qui court du Parthénon au Colisée, de Platon à Julien l’Apostat (...) Il résulte de ce préambule quasi-antique que l’Europe-UE parvient ainsi à mettre les deux berceaux de la civilisation dont elle se réclame dans la même crèche de son imposture.”, article daté du 28/05/2018.

Ceci-dit, tout le monde admettra que l’Italie n’a pas la petite taille démographique ou géopolitique de la Grèce, ce qui n’arrangera sans doute pas les affaires de l’élite allemande et germano compatible qui fait de l’institutionnalisme européiste une sorte de Conférence de Wannsee... alors permanente et sans cesse réactualisée. Jusqu’où ?

Ce qui reste à prouver, tient de la volonté et la persévérance des politiques en Italie, ainsi que du fait que cette même volonté de résistance et de changement constructifs, puisse être partagée par une partie du moins des élites économiques et industrielles de l’Italie, au-delà des prochaines élections législatives, probablement en Septembre. Car au contraire et en Grèce, l’ensemble de la dite élite politique, comme de celle supposée élite intellectuelle et autant économique, tout ce beau monde “d’en haut”, a très délibérément préféré la mise à mort du pays réel, plutôt que de s’opposer au carcan infligé.

Devant le supposé Parlement. Athènes, mai 2018

Notre époque est hallucinante. Athènes, 2018

Réalités grecques. Athènes, 2018

Notre époque est ainsi largement hallucinante. La garde Evzone veille devant le supposé Parlement grec, et à Rome, c’est la garde d'honneur qui rappelle encore ce que l’Italie doit préserver de sa souveraineté et autant de son identité. En effet... “Les Italiens d’abord”, en somme, les peuples de cette Europe d’abord, où sinon c’est l’Européisme anthropophage qui détruira tout.

Ainsi, et à défaut d’une telle tabula rasa, le moindre retour à un minimum même de démocratie demeurera impossible. Car il n’y a pas de “Plan-B” possible. Dans le même ordre d’idées, la moindre supposée refonte des institutions et constitutions aux pays concernés, une... hypothétique 6ème République en France n’est que fausse route pour ne pas distinguer les évidences. Déjà, les citoyens devenus sujets européistes, devraient comprendre qu’il faut d’abord et définitivement boycotter les dites élections européennes, même si les formations politiques supposées critiques, de gauche comme d’ailleurs de droite iront encore faire campagne.

Un valet du système Karlo Kottareli du FMI devenu Président du Conseil en Italie contre la volonté du peuple Italien, rempli très exactement le rôle du banquier Papadémos, toujours non élu, et installé au poste de Premier ministre à Athènes par Berlin entre 2011 et 2012. C’est alors une période cruciale qui s’inaugure pour nos amis Italiens, lesquels doivent mieux comprendre désormais ce qui les attend, à défaut de réagir à temps.

“Non à l’euro”. Athènes, 2018

“Le cholera politique dehors. Quelle démocratie ?”. Athènes, 2018

Sous l’Acropole. Athènes, 2018

C’est-à-dire, réagir au-delà des fractures de type gauche/droite qui n’ont guère de sens devant le rouleau compresseur du totalitarisme européiste et bancocrate, réagir autant en fonction des seuls intérêts du peuple d’Italie, tout comme de sa survie alors souveraine. L’Histoire nous impose, avec sa Grâce sans retenue, un symbole qui court du Parthénon au Colisée, de Platon à Julien l’Apostat... et en même temps, les masques tombent.

Sous l’Acropole on commente l’actualité de cette Italie si proche sous un brin d’amertume et autant d’espoir. “Non, ils ne vont tout de même pas faire plier l’Italie...”.

Joli monde. Dans Athènes comme à Rome, c’est autant le moment des premiers chattons adespotes (sans maître) de l’année 2018, nos animaux si admirés et pour tout dire... mendiants, fainéants, pique-assiettes et ingrats. Les Italiens, les Grecs, les autres peuples... et les adespotes d'abord !

Chaton adespote et sa mère. Athènes, mai 2018




* Photo de couverture: Expression murale. Athènes, 2018

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