dimanche 20 mai 2018

Problème technique




Les démocraties dont on n’use plus depuis longtemps deviennent ridicules. C’est dans l’air du temps. Les “gouvernants”, à l’instar de la marionnette Tsakalótos au ministère des Finances, évoquent cet énième “accord technique” entre eux et la Troïka. Il ne s’agit pas d’un accord car c’est un dictat, et il n’y a rien de technique car c’est de la politique, ou plus exactement de la métapolitique. On habille les termes comme on déshabille leur sens.

Dans Athènes, ceux qui manifestent. Mai 2018

Et lorsqu’il n’y a guère d’autre langage et encore moins de logos, de raison à opposer face à l’hybris, voilà que Boutáris, le pauvre maire de Thessalonique et très largement “open society”, il se fait tabasser par la foule dans sa ville même. Désaccord... technique !

Dans Athènes, rue Hermès, il y a ceux qui manifestent pour dénoncer “le scandale de la viande, lié à la souffrance animale”. Et à Thessalonique le 19 mai, lors de la commémoration du génocide des Grecs du Pont Euxin (en Mer Noire) par la Turquie des années 1915 à 1923 (plus de 350.000 victimes), Yannis Boutáris, le maire dont la présence avait été jugée scandaleuse par les nombreux descendants des Pontiques à cause de certaines positions du maire considérées comme pro-turques chez les Pontiques, il a été frappé par une foule déchainée.

La situation sur le terrain grec appauvri alors dégénère et c’est alors comme un bien triste avertissement on dirait, ainsi lancé aux politiciens dont d’abord ceux de la bande à Tsípras. Les démocraties dont on n’use plus depuis longtemps deviennent même dangereuses.

Pays aux apparences pourtant paisibles, à ses concerts bien du moment, ville d’Athéna aux ruines contemporaines, où on y expose les photographies d’antant. Pays ainsi splendide, aux belles matinées, lorsque par exemple celles et ceux du service de la voirie ne chôment pas, sous le curieux regard des animaux adespotes et finalement authentiques maîtres des lieux.

Ruines contemporaines. Athènes, mai 2018

Concerts du moment. Athènes, mai 2018

Sous le regard des adespotes. Athènes, mai 2018

En attendant... Athènes, mai 2018

Les eaux territoriales du tourisme de masse débordent déjà pour un mois de mai, entre les voiliers au départ des marinas de la capitale et surtout les très nombreux Airbnbiens et si fiers de l’être. Sinon, bien au cœur vidé du pays réel, les autoroutes, d’ailleurs parfois récentes sont alors désertes, la terre est en friche et les cafés... plutôt remplis !

Au pays mordu, ses messages sont ainsi de plus en plus mordants. Au bout de huit années de dite “crise grecque” le pays se transforme rapidement d’après une programmation riche en mutations et pourtant si pauvre en harmonie et en sagesse, toute proportion gardée, à l’image de notre si bas monde, lequel se représente alors même Pallas Athéna, déesse de la sagesse, de la stratégie militaire, des artisans, des artistes et des maîtres d'école, de manière fort caricaturale.

C’est ainsi un univers fort en contrastes qui est formé, dont même nos touristes finissent parfois par en saisir les dynamiques, entre autres, demeures d’il y a un siècle à Athènes, aux côtés de commerces chinois. “Athènes, ville des Arts et de l’espoir” peut-on alors lire sur un mur près de l’Acropole. Pas si certain !

Voiliers en Attique. Mai 2018

Voiliers en Attique. Mai 2018

Messages mordants. Athènes, mai 2018

Pallas Athéna. Athènes, mai 2018.

Contrastes. Athènes, mai 2018

“Athènes, ville des Arts et de l’espoir” Athènes, mai 2018

Puis, aux dernières nouvelles... si peu contrastées finalement, le “gouvernement Tsípras” se prépare à dorer la pilule de cette énième diminution des montants des retraites décidée il faut préciser en toute... technicité avec l’aimable participation de la Troïka. D’où toute... cette utopie instable quant à la date probable des futures élections législatives, entre l’automne prochain et l’année 2019, au moment le supposé mandat démocratique des Tsiprosaures irait à son terme et le pays avec.

Ces décisions de toute sorte sont ainsi adoptées actuellement et d’ailleurs en accéléré depuis que Tsípras et son cirque de SYRIZA/ANEL règnent alors en rois bouffons au pouvoir des marionnettes. Sans la moindre consultation démocratique, au détriment du pays, des droits, des règles en matière d’environnement, les gouvernants alors salissent et détruisent tout, laissant derrière eux l’odeur si nauséabonde de l’hybris.

Leur dernière décision en date, si peu présente à travers la presse, tient de ce terrible décret du ministrion de l’Énergie, ayant provoqué déjà l’indignation chez habitants et aux collectivités locales à Ágrafa, région montagneuse dont l’autonomie et l’autogestion furent même respectées sous les Ottomans, c’est pour dire.

Le décret, impose sans la moindre consultation la construction de deux immenses parcs d’éoliennes, et un scandale d’après le Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritanía/Ágrafa. Faisant suite à plusieurs ajournements et rejets, le ministère de l'Environnement et de l'énergie, a finalement accordé la licence d'installation pour deux projets éoliens géants dans cette région d'Ágrafa, ces décisions ont été signées par le ministre par simple ordonnance adressée au... Gestionnaire des Énergies, un certain Alexopoulos.

Montagnes de Thessalie. Mai 2018

Thessalie profonde. Mai 2018

Thessalie profonde. Trikala, mai 2018

Thessalie. Ville de Trikala, mai 2018.

Ceux du Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritanía/Ágrafa rappellent d’abord, que pour ce qui est du grand ensemble montagneux du Pinde, son cœur se situe très exactement à Ágrafa. Ainsi, une économie viable et surtout intelligente dans la région, n’est alors possible qu’en mettant l'accent entre autres, sur le tourisme alternatif, sur l'agriculture et sur certaines autres activités traditionnelles.

“Seule une telle option viable peut redonner vie et ainsi espoir aux réalités humaines de la région, pour la maintenir même dans la mesure du possible au sein d’une économie nationale ayant enfin du sens.” Pauvre pays, dévasté durant la décennie 1940 entre l’Occupation et la Guerre Civile, Grèce des montagnes alors vidée de plus de 700.000 habitants et dont le coup de grâce se concrétise sous les escrocs politiques actuels.

Ces derniers, largement téléguidés (et très probablement... concrètement et correctement remerciés) par les constructeurs des éoliennes, éventuellement Allemands ; marionnettes politiques grecques faisant alors de leur... mieux. Deux grandes installations éoliennes doivent être construites aux sommets vierges de la région d’Ágrafa et cela à une altitude d’ailleurs inhabituelle en Grèce comme dans le reste monde, se situant entre 1600 et 2000 mètres. L’Hybris et la démesure... qui atteignent des sommets jusque-là inimaginables.

Le tout, dans une zone très protégée et classée Natura... aux conséquences désastreuses alors incalculables, (“Quotidien des Rédacteurs” du 16 mai 2018).

Sur le pont central. Trikala, mai 2018

Vendeur de billets de loterie. Trikala, mai 2018

Souvenir du bus automatisé. Trikala, mai 2018

Pendant ce temps, à Athènes, on exhibe encore les tissus devant les dernières boutiques du genre encore ouvertes entre la rue Éole et la rue Hermès. Notre Hermès bien à nous chez Greek Crisis, fort de ses neuf mois préfèrera ainsi souvent dormir, presque autant que notre Mimi et ses quatorze ans de vie féline. Au village thessalien, Hercule, l’autre chat presque adespote, vient de retrouver mon cousin Kóstas, tout juste rentrée d’Allemagne. Il n’y retournera plus, les enfants doivent se débrouiller seuls, ils n’ont guère le choix pense-t-il. Des trois enfants Kóstas, deux vivent en Allemagne et le troisième près de Londres depuis la crise. C’est ainsi, en se promenant dans le village, on constate que près de la moitié des habitations sont alors fermées.

D’autres se débrouillent alors comme ils le peuvent, dans la région, certains proposent à la vente du miel trafiqué et acheté au département voisin, tout prétexte est bon pour faire vendre, la parentèle, les supposées amitiés, les devoirs largement familiaux. Survivre, c’est autant faire feu de tout bois... familial au risque même d’aggraver encore davantage certains liens. Travail... famille, patrie !

Survivalisme et clientélisme toujours, l’administration régionale s’apprête à embaucher pour quelques mois seulement, près de mille employés payés moins de 400€ par mois, histoire de faire tomber les chiffres du chômage. Ces gens... travailleurs nouveaux, seront envoyés de manière désordonnée et au-delà des supposées compétences aux différents services... lesquels n’ont même pas les chaises et les bureaux nécessaires pour les installer à ne rien faire. Revenus en sorte... d’existence !

Dans Athènes, marchands de tissu. Mai 2018

Hermès de Greek Crisis. Athènes, mai 2018

Mimi de Greek Crisis. Athènes, mai 2018

Haute actualité, drapeaux exotiques et alors réclames pour ce petit vin grec à boire si possible et seulement... en cas de grand besoin. Les démocraties dont on n’use plus depuis longtemps deviennent ridicules. C’est dans l’air du temps. Pour faire court, rappelons ici ce que le poète Yórgos Séféris avait écrit dans son journal à la date du 1er septembre 1940:

“Pour un homme de l’esprit, lorsqu’il ne peut pas dire la vérité, il devrait peut-être se résoudre au silence”. En exil durant l’Occupation des années 1940, le poète rêvait des paysages d’Attique, pendant que depuis l’Égypte ou l’Afrique du Sud constatait déjà... la mort de la civilisation européenne, occidentale. Nous y sommes toujours et pour tout dire... de manière aggravée car mondialisée.

Séféris, vivait alors avec l’exil au cœur de lui, voyageant souvent, regardant autour de lui et en lui: “J'ai maintenu ma vie, j'ai maintenu ma vie en voyageant - Parmi les arbres jaunes, selon les pentes de la pluie - Sur des versants silencieux, surchargés de feuilles de hêtre. - J'ai maintenu ma vie, en chuchotant dans l'infini silence”.

D’après une bien belle et alors juste analyse, “la terre grecque lui tend ses deux mains pour lui dire ses chimères, lui en exil au cœur de la lumière. Il apparaît dans la poésie grecque comme un solstice d’été et dans son souffle passe la douleur et la grandeur de la résurrection de l’histoire de la Grèce, antique et contemporaine”.

Drapeaux exotiques. Athènes, mai 2018

Petit vin. Athènes, mai 2018

En Attique, mai 2018

Pluie brève et fine sur Athènes dimanche soir, nos touristes n’apprécient pas vraiment il faut dire. Le pauvre maire de Thessalonique a quitté l’hôpital, dimanche soir, fort heureusement rien de bien grave tandis que deux hommes sont en état d’arrestation en rapport avec l’agression. Dans la presse, tout le monde condamne cet acte, dans la rue... c’est alors plus délicat.

Votre blog Greek Crisis, aux difficultés survivalistes que vous connaissez et qui refont alors surface en ce moment, se maintenant alors coûte que coûte, autant à travers sa phase actuelle, où d’ailleurs un problème réellement technique rend sa rédaction encore plus délicate et surtout deux fois plus demandeuse en termes de temps. J’espère le résoudre... et me résoudre à cette technicité avant la fin du mois de mai.

Les démocraties dont on n’use plus depuis longtemps deviennent ainsi ridicules. C’est dans l’air du temps, sous le regard... de notre Hermès, dit parfois le Trismégiste !

Notre Hermès, dit parfois le Trismégiste !. Athènes, mai 2018




* Photo de couverture: Imagerie. Athènes, mai 2018

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