vendredi 27 janvier 2017

Chypre embrassée par les vagues - III



L’histoire nous dépasserait-elle ? “Ruines donc. Ruines dues à la désertion autant qu'aux ravages des hommes et des chars. Ruines orphelines, en somme. Ces rues vides, ces façades bâillonnées, ces murs meurtris: un orphelinat pour fantômes. Les ruines, je les ai fréquentées jadis, lorsque j'étais adolescent et que la ville d'Orléans où j'habitais alors était bombardée chaque jour au moment de la Libération. Nous vivions au milieu d'une ville effondrée, à dégager ferrailles et charniers au point qu'en voyant des immeubles intacts, je me mettais machinalement à calculer le temps qu'il faudrait pour les déblayer !”, écrivait le grand voyageur et écrivain Jacques Lacarrière au sujet de la ‘Zone Morte’ de Nicosie.

Nicosie, Zone morte

Jacques Lacarrière n’est plus, décédé le 17 septembre 2005 à Paris, des suites opératoires d'une intervention orthopédique, ses cendres ont été dispersées au large de Spetses en Golfe Argosaronique en face d’Athènes, mais son œuvre demeura.

À Nicosie, la Buffer Zone, nous l'avons vu, se nomme aussi Zone morte ou Ligne verte. Mais cette zone-tampon s'étend bien au-delà de la ville et traverse la totalité de l'île depuis la baie de Famagouste à l'est jusqu'à celle de Morphou à l'ouest. Et là, elle n'a qu'un seul nom: Ligne Attila. Un nom bien mérité si l'on pense aux milliers de réfugiés chypriotes grecs contraints de quitter la zone nord en abandonnant leurs terres et leurs maisons: près de 200 000 selon les estimations de l'ONU. Attila: roi des Huns qui ravagea l'Orient et une grande partie de l'Occident au Vème siècle après J.C. Ligne Attila: tracé marquant la zone de sécurité séparant la partie occupée par les Turcs de la partie proprement chypriote, établi en fonction de l'emplacement des forces adverses le 30 juillet 1974”.

Les combats cessèrent donc ce jour-là mais non la guerre qui continue simplement sous une autre forme. Il faut bien comprendre que si les Chypriotes, qu'ils soient grecs ou turcs ou, plus exactement, hellénophones ou turcophones sont chez eux à Chypre depuis très longtemps, il n'en est pas de même pour les milliers de colons turcs transplantés depuis la Turquie toute proche. Il s'agit là d'une véritable colonisation pour créer un fait accompli et fournir le prétexte d'une éventuelle ou possible annexion de la zone nord par la Turquie. Heureusement, depuis ces derniers mois, le vent semble tourner dans le bon sens et favoriser la reprise des négociations entre les deux parties”.

La déchirure qui continue de marquer l'île et de la traverser de part en part, déchirure qui est le fait exclusif des Turcs, soulignons-le bien, a quelque chose d'absurde et d'archaïque. Comme le fut, avant sa destruction, le sinistre Mur de Berlin. Dans la Pompéi nicosienne, le spectacle de ce décor fait de vide et d'absence mais où se perçoivent néanmoins les rumeurs étouffées des combats, est un spectacle véritablement schizophrénique. Voilà où mènent les nationalismes effrénés, les patriotismes infantiles: à transformer les maisons en casemates, les toits en miradors, les murs en cimetières de sable et les fenêtres en horizons de barbelés ! (Jacques Lacarrière, “Nicosie - Zone morte”).

Jacques Lacarrière, 'Nicosie - Zone morte'

Nicosie, Zone morte

Nicosie, Zone morte et la partie occupée par l'armée turque

Nicosie, Zone morte

Sauf que le tout dernier vent qui souffle depuis Genève est alors mauvais, et ce qui est présenté comme étant la “reprise des négociations entre les deux parties”, entérine en réalité les... acquis du nationalisme effréné, la nouvelle géopolitique du monde et la métadémocratie en plus.

Lors des débats organisés à Athènes autour du sujet (22 et 23 janvier 2017), le politologue et analyste Dimítris Konstantakópoulos a insisté sur ce caractère “novateur”, profondément métadémocratique qu’alors régit toutes les “solutions” imposées par l’élite mondialisatrice, à Chypre, comme partout ailleurs: “À Chypre, la Conférence de Genève ‘a accompli son miracle’, à savoir, essentiellement la fabrication d'un nouveau protectorat, suite à l’auto-abolition de la République de Chypre, seule entité étatique reconnue internationalement. Un coup d'État ainsi achevé avec toute la responsabilité des trois pays, la Grèce, pays devenu un protectorat économique, l'Angleterre, pays ayant ses intérêts vitaux à Chypre et notamment ses bases militaires, et enfin, la Turquie, dont les intérêts vitaux (ceux de l'invasion, l'occupation et la colonisation de la partie nord de l'île depuis 1974) seront de ce fait maintenus et consolidés”.

Ce qui s’y passe pour Chypre devance alors le cadre géopolitique régional. Il relève plus exactement d’une composante de la stratégie du choc, à savoir, la généralisation dans les mentalités formatées par les médias d’une grande ambiguïté programmée, idéologique et psychologique. Les sujets, les peuples s’y perdent. En somme, il s’agit de l’avant-goût de la “solution”... préparée pour les autres peuples (et autant plus grands pays), au “dépassement” des démocraties mourantes de type occidental. Face à cette attaque d’envergure ; nous ne disposons que de trois armes, à utiliser dans cette guerre devenue totale: La Vérité, la Démocratie et le Logos. Pouvons-nous encore nous en servir ?

Chypre en 2017

La zone économique exclusive (ZEE) de Chypre et les... gisements de gaz naturel

Chypre, zone occupée

Chypre et la Grèce, se trouvent en effet en première ligne... devant ce nouveau mécanisme d’anéantissement des peuples, nous devrions ainsi cogiter dans l’urgence, informer et autant sensibiliser les autres peuples. Et il ne faut plus attendre une seule minute historique, le temps de réaliser notre constat complet... et nous serions anéantis.

Car à travers la nouvelle réalité historique depuis 1991 et la fin de l’URSS, les méthodes utilisées pour anéantir les peuples, les états et leurs souverainetés ne sont plus (seulement) les mêmes que par le passé et nous devons les analyser au plus vite. Par exemple, on utilise le changement de signe, comme dans les mathématiques pour inverser les réalités (et les termes). Surtout et d’abord en période électorale. Ce qui est dit (par le personnel politique, par les journalistes à travers leur novlangue) signifie souvent le contraire de ce qui sera fait, et cela dans de nombreux cas (Dimítris Konstantakópoulos). On évoque la “solution” à Chypre... comme on évoque la “solution ou construction européenne”, entre autres.

On pourrait comprendre. Chypre est alors cette île stratégiquement importante en Méditerranée, Chypre se trouve sur la ligne de Gibraltar et de Malte, Chypre est traversée (tout comme la Grèce) par cette friction de la tectonique des plaques de la géopolitique entre le bloc Euro-Atlantiste et le bloc de l’Eurasie. D’ailleurs, pour justifier sa politique favorisant l’invasion de Chypre par l’armée turque en 1974, Henry Kissinger avait ainsi fini par admettre un jour publiquement: “Que voulez-vous. Nous étions en pleine guerre froide. Nous perdions Malte, nous n'allions pas en plus perdre Chypre”, (Dimítris Konstantakópoulos).

Dans le même ordre d’idées, peu avant 1960, Harold Macmillan préparant la précédente “solution” pour Chypre avait déclaré au Parlement britannique: “Notre but dans ces négociations, c'est de faire échouer les velléités d'indépendance des Grecs de Chypre en liaison avec la Grèce, en utilisant le refus turc, en réalité il s'agit tout simplement de pérenniser notre contrôle de l'île”, (Dimítris Konstantakópoulos, cité de mémoire).

Nicosie vivante actuellement.

Chypre, nouvelle marina à Limassol.

Diviser alors pour régner, telle avait été encore la tentative lors de la précédente “solution” du plan Annan en 2004. Elle est réitérée (et renouvelée) actuellement à Genève. Les deux peuples et sociétés les plus affaiblies psychologiquement au sein de l’UE (Grecs et Chypriotes) subissent à présent on dirait l’ultime attaque qui consiste à faire disparaitre (aussi) leurs États. Évidemment, les mondialisateurs ne pouvaient pas entamer un tel processus de manière si ouverte, par exemple en commençant par le peuple allemand ou français. Un tel processus, lequel en cas de réussite, peut conduire vers une forme et régime généralisés de techno-totalitarisme.

En ce janvier 2017, le ministre des affaires étrangères grec Nikos Kotzias, faisant suite aux négociations à Genève, précise que la minorité aura le même pouvoir de décision que la majorité et que “nous”, allons préparer la nouvelle Constitution pour Chypre. Qui “nous” ? Les... trois pays (Grèce, Turquie, Grande Bretagne), lesquels se réuniront pour ainsi... “offrir” le texte fondamental à un quatrième pays.

Sans constituante, sans referendum, au-delà de la souveraineté populaire, c’est encore et toujours une aggravation je dirais de la méthode de Jean Monnet... ainsi rendue célèbre à travers la dite “construction européenne”... Pauvres pays emplis de futurs électeurs. Loin, oui, bien loin de la conception de la démocratie par Thucydide à travers l’Épitaphe de Périclès que Cornelius Castoriádis avait si merveilleusement analysé dans ses travaux: la Démocratie c’est d’abord le pouvoir (Kratos) de la majorité, et cela même lorsque cette dernière peut alors se tromper dans certaines décisions.

On peut alors considérer, hélas sans exagération aucune, que nous assistons au coup d'État le plus radical en Europe depuis les agressions du 3ème Reich”, souligne Dimítris Konstantakópoulos, j’ajouterais peut-être avec celui, permanent, de la dite “construction européenne”. Car ce qui distingue ce Putsch en cours depuis Genève de celui (par exemple) de la Junte des Colonels en Grèce en 1967, c’est que sous les Colonels, la Constitution avait été essentiellement suspendue, et non pas abolie. Tout le monde savait que la période de la dictature passerait et que la Constitution ne serait plus suspendue. Tandis que le projet... (pseudo) fédéraliste pour Chypre introduit d’emblée la mort de l’État existant, comme autant celle de sa Constitution. Il y aurait un parallèle à établir avec le projet européiste, mon ami Olivier Delorme y trouvera peut-être là une raison de plus pour sortir de l’UE.

Détail... Aéroport fantôme de Nicosie depuis 1974

Déjà en son temps, le plan Annan pour Chypre en 2004 avait de nombreux points communs avec le Traité de Maastricht quand à la philosophie et quant à la méthode utilisées. Le plan actuel discuté à Genève, comme tous ces textes, à l’instar des mémoranda imposés à la Grèce, résultent en réalité de cette philosophie du Droit instituant un nouveau régime par le Coup d’État et par la violence (de toute sorte), propre à Carl Schmitt (1888-1985), illustre comme on sait juriste officiel de l’Allemagne nazie, philosophe et intellectuel de la doctrine du Décisionnisme sous le régime nazi.

Débat à Athènes sur Chypre. Dimítris Konstantakópoulos (à droite). Le 23 janvier 2017

Dimítris Konstantakópoulos a rappelé que d’après certaines sources restant à vérifier, à la fois, le plan Annan, le Traité de Maastricht, et le Mémorandum imposé par la Troïka en Grèce et au Portugal, seraient émergés du même et seul cabinet d’avocats basé à Londres. Avis... aux journalistes !

Cabinet d’avocats ou pas, ce qui est fondamental surtout concernant le plan actuel de la “solution chypriote”, discuté à Genève, c’est qu’il aboli tous les principes, mais alors tous et simultanément, s’agissant bien évidemment des fondements qui régissent le fonctionnement des démocraties occidentales, à savoir, la règle de la majorité, la distinction des pouvoirs et le droit de chaque État à se défendre. Il faut ici préciser que le Protectorat projeté par les participants à Genève serait un “État” dépourvu de forces armées (avec toutefois le stationnement de l’armée turque sur son territoire pour une période indéterminée), et doté de forces de Police composées de 25% de Chypriotes-grecs, de 25% de Chypriotes-turcs, et de 50% de Policiers étrangers... importés à Chypre par les Puissances et instances internationales.

Aéroport fantôme de Nicosie depuis 1974

Ce même projet prévoit plus exactement que ces policiers étrangers seront de moitié fournis par un ou plusieurs pays musulmans, et de l’autre moitié, d’un ou plusieurs pays chrétiens. Voilà alors un futur État sans armée, mais subissant tout de même la présence sur son territoire d’une armée d’occupation, sans armée, mais doté en réalité de quatre milices, le tout, sous de critères (pseudo) légitimés par les appartenances religieuses. Le résultat sur le terrain, serait très probablement la libanisation et ainsi la guerre (de nouveau), y compris peut-être entre la Grèce et la Turquie.

Fiasco ou pas, Genève c’est d’abord tout cela, une tératogenèse volontairement accomplie sur le cadavre de la République de Chypre assassinée en dehors de toute volonté souveraine et populaire. Ce que le Président Anastasiádis s’empresse à accomplir, rassemble alors fort à la création de l’État de Vichy par le pouvoir du maréchal Pétain. Du moins, ce dernier avait été investi initialement des pleins pouvoirs constituants par l'Assemblée nationale le 10 juillet 1940, avant de s’octroyer le titre de “Chef de l'État français”, régime déclaré “illégitime, nul et non avenu” par le général de Gaulle comme on sait. Pour alors abolir la République de Chypre, le Président Anastasiádis n’a jamais consulter personne, ni l’Assemblée et encore moins “son” peuple. Inutile peut-être de rappeler qu’à Chypre, et autant en Grèce, le “Parlement” reste muet, inactif et inexistant. Signe des temps.

Aéroport fantôme de Nicosie depuis 1974

Il y a de quoi être inquiet. Nous n’accordons plus aucune confiance au personnel métapolitique d’Athènes comme de Nicosie. Nikos Anastasiádis est en plus en train de noyer très souvent ses états d’âme dans l’alcool car en réalité cet homme souffre (aussi) d’alcoolisme.

Voilà l’état final et létal dans lequel se trouvent nos démocraties et autant pays, peuples et nations, à la suite d’un bon demi-siècle “d'acquis européens”, plus ces années de la Troïka et des mémoranda sous prétexte de dette, années interminables de “reformes structurelles” et d’austérité. Ayant... accompli un pas supplémentaire devant l’abysse, les Grecs savent autant par expérience que les élections désormais futures ne serviront plus à rien, en tout cas, pas avant un remodelage radical de la vie politique du pays, et ce n’est pas chose aisée. Les autres peuples... paraît-il, ils votent encore et c’est important. Forts de notre expérience si avancée pour ne pas dire avariée, ils devraient se montrer plus avertis face à certains choix politiques.

Un certain passé humain gravé. Temple de Poséidon. Cap Sounion, janvier 2017

Le grand poète Yórgos Seféris “au retour de trois voyages à Chypre, effectués en 1953, 1954 et 1955, (...) publie son avant-dernier recueil, Journal de bord III, en 1955, soit huit ans avant que ne lui soit décerné le Prix Nobel de Littérature. Il faut dire que Chypre occupe tout particulièrement Seféris dans l’après-guerre dans le cadre de ses fonctions diplomatiques: il est successivement conseiller d’ambassade à Londres (1951-1952), ambassadeur de Grèce à Beyrouth (1952-1956) et ambassadeur de Grèce à Londres (1957- 1962). Mais, pour le poète, la question chypriote est l’occasion d’une réflexion et d’une quête poétiques de haut niveau qui trouve son expression dans Journal de bord III. (...) L’île de Chypre, aux yeux du poète, apparaît comme un lieu intermédiaire, à la fois dans l’espace et dans le temps, propice à la découverte et même à la révélation.

Le poète y découvre un monde où l’on parle grec, qui est grec, mais qui ne dépend pas de l’État hellénique, tout comme la Smyrne de son enfance. Mais dans le même temps, la Chypre de l’après-guerre, prise dans les troubles politiques que le poète traite au quotidien dans le cadre de ses fonctions diplomatiques, peut connaître le même sort que l’Asie Mineure de l’entre-guerres-deux-guerres. Les rencontres dont les poèmes se font l’écho acquièrent une coloration tragique où l’histoire personnelle du poète rejoint la grande Histoire” Stéphane Sawas, “De Smyrne à Chypre: errance et mémoire chez Seféris”.

Chypre photographiée par Yorgos Seféris dans les années 1950

Après Yorgos Seféris et suite à Jacques Lacarrière, l’île de Chypre, à nos yeux cette fois de 2017, apparaît toujours comme un lieu intermédiaire, à la fois dans l’espace et dans le temps, propice à la découverte et même à la révélation... de cet autre monde qui nous est alors réservé. Sauf évidemment réaction de notre part.

Chypre, île embrassée par les vagues. Chypre, l’île où l’on nourrit toujours les chats, et peut-être encore, la démocratie et l’espoir.

Chypre, où l'on nourrit toujours les chats.




* Photo de couverture: Nicosie, Zone morte

1 commentaire

JFA a dit…

“Face à cette attaque d’envergure, nous ne disposons que de trois armes, à utiliser dans cette guerre devenue totale: La Vérité, la Démocratie et le Logos. Pouvons-nous encore nous en servir ?”
La vérité n’est plus accessible aisément pour les peuples tant la novlangue s’est solidement implantée dans les esprits. Quiconque aime son pays est nationaliste, quiconque aime sa région est régionaliste, quiconque croit reconnaître des mondialisateurs est un complotiste, quiconque exige le respect du peuple est un populiste, quiconque se méfie de l’Europe est un souverainiste, quiconque voudrait agir est un activiste… Tout est fait, comme on dit en France, pour qu’une chatte n’y retrouve pas ses petits. Alexis Tsipras parlait vrai…avant d’être élu. En France, notre Cahuzac nous a menti, la main sur le cœur, avec des accents d’une totale sincérité. Sans doute le Président Anastasiádis lui-même croit-il être dans le vrai (in vino veritas)… Alors la vérité, qu’il est toujours bon heureusement de proclamer, n’est peut-être plus une arme.
La démocratie est pratiquement partout représentative. Il est bon de rappeler que les trois premiers États modernes à avoir imposé le parlementarisme (l’Angleterre, l’Amérique, la France), l’ont fait pour que leurs pays ne soient pas démocratiques, pour que leurs peuples comprennent qu’ils n’ont pas de volontés particulières à imposer. Sans aucun scrupule, les révolutions bourgeoises ont trompé les peuples en inventant l’oxymorique démocratie représentative. Tant que nous ne construirons pas une démocratie directe dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau, la démocratie que nous connaissons ne sera pas une arme du tout.
Le Logos : Les pseudo-démocrates, l’élite néolibérale, la foule des idiots-utiles qui servent le système en croyant le combattre, peuvent mettre en prison ceux qui parlent trop fort, censurer ceux qui ont raison, ridiculiser ceux qui usent d’une belle langue, mais rien n’empêchera l’arme du Logos de faire effet. Car, rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue.
La résistance : Les Grecs, les Chypriotes, les gens de basses sources, connaissent la résistance bien mieux que les grands de la terre. C’est la quatrième arme que tu as oubliée, Panagiotis. Quand nous ne reconnaîtrons plus d’autre pouvoir que le nôtre, que nous arrêterons de voter pour élire nos maîtres, quand nous arrêterons de réclamer pour enfin créer là où nous sommes et avec les moyens du bord les conditions de notre sociabilité, quand nous nous serons libérés des experts, des chiens de garde et des politiques, alors le logos, la démocratie et la vérité reviendront aux peuples, alors les solutions justes et durables émergeront… Merci pour la justesse de ces trois articles!

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