jeudi 29 décembre 2016

Grande roue... de 2017



Il neige à Athènes depuis ce matin. On prévoyait dans les prochaines heures son arrivée jusqu’au centre de la ville. Chose faite. Place de la Constitution, la grande roue installée récemment avec l’aval de la municipalité, et qui n’a jamais tourné pour cause de non délivrance d’attestation d'homologation de sécurité... vient d’être en partie démantelée à la hâte au petit matin du 29 décembre... sous prétexte officiel de vent mauvais. Grande roue et alors immense symbole de la futilité en panne. En attendant... 2017.

Place de la Constitution. Décembre 2016

La municipalité d’Athènes, dans un premier communiqué déjà bien tardif (28 décembre) avait prétendu “revenir sur le dossier de manière à faire tourner la roue très prochainement”. Mais en ville, plus personne n’y croit, il y eu même certaines réactions collectives réclamant publiquement son démantèlement et cela, dans les délais les plus brefs. Au soir du 28 décembre, le responsable municipal ayant été à la charge de cette... bien trop grande roue démissionne, et la municipalité même, elle se résigne à ordonner son démantèlement d’après la presse. Fiasco.

Signe ainsi des temps: Cette roue qui ne tournera pas, les terribles nouvelles en gestation au sujet de Chypre à peine évoquées par les médias de révérence, puis, la... lettre de la semaine et de la soumission perpétuelle, officiellement adressée comme on sait par le “ministre grec” (aux Finances) Tsakalotos, à ses maîtres de la Troïka. 2016 se termine alors ainsi... “Guarda e passa”, comme dans la... si bien Divine Comédie de Dante. Et question d’Enfer dans un certain sens. Et dans un sens alors certain, on se souviendra par exemple de ce 2 Août 2005, où le Premier ministre français Dominique de Villepin avait accordé une interview à la radio “Europe-1”. Répondant aux questions justement sur Chypre, il avait rappelé cet inconcevable à ses yeux, pour l'UE: “À propos de l'union douanière, effectivement la Turquie vient d'annoncer dans une déclaration, que sa signature ne valait pas reconnaissance de Chypre. Il ne me paraît pas concevable qu'un processus quelconque de négociation puisse s'ouvrir avec un pays qui ne reconnaîtrait pas chacun des membres de l'Union européenne, c'est-à-dire les vingt-cinq. Rentrer dans un processus de négociation, quel qu'en soit la forme, cela suppose bien sûr la reconnaissance de chacun des membres avec lesquels on veut travailler. Donc il y a là un principe qui me paraît devoir être défendu et c'est ce que la France fera valoir à la Turquie comme aux autres pays de l'Union européenne lors des prochains rendez vous de septembre”.

“15 ans au sein de l'euro. Quel bilan ?” Débat, Athènes, décembre 2016

Marché central. Athènes, décembre 2016

Le livre d'Olivier Delorme. Décembre 2016

Dominique de Villepin n’est plus aux commandes et... Victoria Nuland vient de passer par là. Négociations à Genève au contenu secret “au sommet” entre cinq supposées parties, écartement des Parlements comme des peuples. Les États-Unis, la Grande Bretagne et l’Union Européenne, sous prétexte d’imposer une pseudo-solution au problème chypriote (tout en maintenant sur place l’armée turque, laquelle occupe depuis 1974 près de la moitié de l’île) préparent un coup d’État de type nouveau: l’autodissolution d’un pays membre de l’ONU et de l’UE, pour installer à sa place, un hybride paraétatique inédit, une variante “avariée” de... Bosnie ou de Kosovo (bis).

Dans son récent et remarquable ouvrage (auquel je consacrerai prochainement un article sur ce blog) “30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe”, mon ami Olivier Delorme, historien, politologue et romancier, évoque entre autres le cas de “l’ex-Yougoslavie que l’UE a tant contribué à faire exploser. Car plusieurs des États croupions issus de cette explosion (...), l’Union exerçant dans certains d’entre eux une tutelle de type néocolonial, ainsi que l’Albanie, se sont vu imposer, en échange ‘de l’aide’ de l’Union et de leur admission dans le processus d’adhésion, des politiques ordolibérales qui ont produit un creusement vertigineux des inégalités ; une absence de perspective d’avenir pour une grande partie de la population, un discrédit de la politique. Dans le contexte de la région, cette évolution a conduit à une criminalisation croissante de l’économie, et à une interpénétration entre États et organisations mafieuses quasi ‘parfaite’ au Kosovo, plus ou moins avancée ailleurs (y compris en Bulgarie, membre de l’Union)”.

Fermeture. Athènes, décembre 2016

Brocante. Athènes, décembre 2016

Neige à Athènes, le 29 décembre 2016

En cette année 2016 finissante, l’UE contribue désormais à enterrer un... État membre (après l’avoir exécuté économiquement en 2013 suite au chantage exercé par la BCE et l’Allemagne au Parlement de Chypre), en violation flagrante des traités qui sont, supposons-le, les siens. Violation il faut dire, autant de la Charte de l’ONU, organisme étant devenu partie prenante de ce Putsch. Et le nouvel État croupion lequel serait issu de cette (ultime ?) métastase de l’UE germano européiste et atlantiste, irait forcement plus loin dans la vassalisation, qu’un “simple” protectorat sous tutelle de type néocolonial.

Mais à Athènes... neige ou pas, on peut toujours fréquenter le marché de Noel, toutefois, sous les humeurs... novatrices du débat bien de saison comme d’époque, à l’instar de celui organisé autour du thème relevant du lourd bilan pour la Grèce, comme de l’utilité de la zone euro en ce décembre de l’année 2016, année alors charnière, d’un siècle qui se promet déjà fort... acharné.

Il ne faut pas perdre de vue, que d’après également un récent sondage, la grande majorité des Grecs, plus précisément 84% d’entre eux, estiment que l’UE a pris une orientation erronée, tandis que cette même opinion publique est partagée sur les effets positifs (44%) ou négatifs (45%), résultant de la participation de la Grèce à l’UE (presse grecque du 18 décembre 2016) . Je peux affirmer sans risque de me tromper que ce rejet de l’européisme est encore plus significatif car au-delà des résultats des sondages, c’est alors de l’humeur palpable et c’est dans l’air de ce temps qui est le nôtre.

Pour reprendre ici les mots de l’économiste Alberto Bagnai comme autant d’Olivier Delorme, “cette UE est ce qui a permis aux gouvernements de poursuivre des objectifs politiquement inacceptables dont cette UE a été aussi le principal vecteur”. Sauf que “les empires finissent généralement par s'écrouler sous le poids de leurs propres tares et meurent bien avant que le légiste ne constate leur décès. Entre-temps, ils continuent à courir comme un canard auquel on aurait coupé la tête” (Olivier Delorme).

Humeurs du temps présent. Athènes, décembre 2016

Autres humeurs. Athènes, décembre 2016

Spectacle musical et “Appartement à vendre”. Athènes, décembre 2016

Neige à Athènes. Quotidien “Kathimeriní”, le 29 décembre

L’année 2016 se termine ainsi sous la neige à Athènes et en Grèce du Sud-est, jusqu’en Crète. Pour les medias, c’est évidemment la plus grande et urgente des nouvelles. Au même moment, l’essentiel réside tant dans la... lettre de la semaine comme de la soumission perpétuelle, officiellement adressée à la Troïka par Tsakalotos, “ministre grec” (aux Finances), personnage au demeurant essentiellement anglophone et très accessoirement hellénophone.

Lettre et autant le dire... certificat de bonne conduite, adressé à ses maîtres de la Troïka, où il est exactement écrit que pour ce qui tient de l’aide financière exceptionnelle dont ont bénéficié les retraités les plus pauvres (en parallèle on annonçait toutefois l’énième baisse durable du montant de toutes les retraites), “veuillez noter que le premier ministre et moi-même avons exprimé clairement et publiquement, et nous continuerons à le faire, qu'il s'agit d'une rétribution ponctuelle qui n'est pas destinée à devenir un élément permanent de la réforme des retraites récemment promulguée. Comme autant en ce qui concerne la suspension temporaire de la (nouvelle) TVA pour certaines îles de la mer Égée, la mesure se limite à 2017 seulement”.

Les autorités grecques restent pleinement engagées à poursuivre dans la voie budgétaire convenue et sur les objectifs d'excédent primaire de 0,5, 1,75 et 3,5% du PIB en 2016, 2017 et 2018 respectivement. Les autorités grecques activeront le mécanisme fiscal d'urgence, prévu dans le cadre de la première évaluation de la Troïka, plus exactement prévu par la loi 4389/16, au cas où, les données validées par Eurostat montrent que ces objectifs convenus n'ont pas été respectés. En particulier, dans pareil cas (...) les autorités grecques s'engagent à prendre de mesures en matière de dépenses liées au versement des retraites, afin de compenser la différence, entre les résultats et l'objectif budgétaire pour 2016” (document publié par la presse grecque le 27 décembre). Et comme le ridicule ne tue pas, sauf qu’il a définitivement tué toute la gauche (en tout cas en Grèce), ce même Tsakalotos, se sent aussitôt et si bien à l’aise pour publier ensuite son analyse... alors alarmiste: “Si l'ordre du jour en Europe demeure celui des pays nordiques et de droite, et que les règles demeurent ainsi les règles, alors l'Europe sera dissoute, tôt ou tard”.

Je précise que cet article d’Euclide Tsakalotos est publié sur le site “Open Democracy”, et que Tsakalotos, comme d’autres “ministres” au cabinet du... timonier Tsiprosaure, sont des... illuminés Sorosophes (et Sorotrophes ?), plus ou moins ouvertement annoncés, comme tels, personnages politiques ainsi liés au financier George Soros... “grand démocrate” jamais élu.

Gouverneurs du temps de jadis. Nauplie, décembre 2016

“Les... nouvelles constructions croulantes”. De Berlin à Athènes. Concert, décembre 2016

Le buste de Lela Karagianni... décapité. Athènes, décembre 2016

En cette année 2016 finissante, et voilà que le ridicule tentera si possible par deux fois, d’assassiner l’héroïne de la Résistance, Lela Karagianni, déjà... exécutée une première fois par l’armée de l’Allemagne, force occupante à l’époque, et principale force occupante de l’européisme actuel. Le buste, donc de Lela Karagianni, a été vandalisé en septembre de cette année. C’est évident, la mémoire dérange certains.

Et de manière fort parallèle, il y autant ces fragments de notre actualité qui dérangent, en l’occurrence ceux de la Syrie, très dérangeants pour les médias européistes de révérence. En cette année visiblement finissante, je ne peux pas ne pas commenter l’affaire de cette grossière campagne de propagande de la part des medias mainstream en cette Europe européiste à ce sujet. Une propagande qui d’ailleurs ne passe pas du tout en Grèce, en dépit des efforts de certains.

À titre d’exemple sur ce que nous pouvons lire en Grèce à ce sujet (contre les médias européistes de révérence), voilà l’analyse (extraits) de Ioannis Baltzois, fin connaisseur des enjeux géopolitiques de la région sous le titre: “Alep. Vérités et mensonges !!” (28 décembre 2016): “Pour de nombreux médias occidentaux, la réalité (sur Alep) a été délibérément inversée. Les terroristes sont présentés comme des héros et comme des ‘combattants de la liberté’. La défaite du terrorisme est décrite comme étant un crime contre l'humanité. La libération d'Alep a été contée comme une catastrophe humanitaire. Et les libérateurs de la ville, comme barbares et alors criminels de guerre. Ceux qui ont planifié, qui en ont fourni les hommes, qui ont organisé, formé et financé les organisations terroristes en Syrie et en Irak, à savoir, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Arabie Saoudite et le Qatar, et l’on retrouve parmi ces organisations terroristes, l’ISIS, le Jabhat Fateh al-Sham, à savoir l'ex-Al-Nusra, voire, l’Al-Qaïda comme des dizaines d'autres organisations terroristes connues, les ont ainsi nommées ‘Gardiens de la Paix dans le Monde’, suivis par les médias internationaux dirigés. La Turquie, cas à part, a d'abord été partie prenante dans ce groupe de pays, mais depuis la dernière évolution et de son approche de la politique russe en Syrie, nous dirions qu'il faut attendre un peu pour classer ce pays de ce côté ou de l’autre. ‘O tempora o mores’, comme le diraient les Latins”.

Une certaine dystopie... culturelle ? Grèce, décembre 2016

Le plan mis en place par ces ‘Gardiens de la Paix dans le Monde’ est simple et efficace, il a été appliqué ailleurs et c’est toujours ‘pour la bonne cause’, d’après ses initiateurs: Installer d’abord un gouvernement islamique et marionnette (des ‘Gardes’) à Damas, ou dans un autre pays, d’après le modèle éprouvé en Afghanistan, diffusant au même moment la doctrine de la démocratie ‘Made in America’ au Moyen-Orient, tout en saisissant et ainsi tirant profit des abondantes ressources naturelles d'hydrocarbures après avoir transformé le pays en ‘zones ouvertes’ avec tout ce que cela signifie !! Ce plan diabolique qui consiste à envoyer en Syrie des terroristes, des mercenaires opportunistes, des religionnaires fanatiques et autant d’extrémistes sunnites et salafistes en tant que représentants militaires (‘armée proxy’) des ‘Gardiens’ semble avoir échoué, du moins dans sa conception initiale.

La perte d'Alep, c’est alors beaucoup plus que la perte d'une simple ville en Syrie. C’est une victoire symbolique et stratégique pour Assad et pour ses alliés (la Russie, l'Iran, le Hezbollah, Liwa al-Qods, le Hawks Brigade, Harakat Hezbollah al-Nujaba etc.) et en même temps, c’est une défaite stratégique douloureuse pour les États-Unis et pour ses alliés (Grande Bretagne, France, Arabie Saoudite, Qatar), défaite également pour les organisations islamistes ‘modérés’ ou radicaux, agissant en tant que représentants des alliés de la région. Alep est libre, voilà une défaite douloureuse pour les Faucons occidentaux. La bataille d'Alep a duré environ quatre ans et demi, depuis le 19 Juillet 2012, où la ville avait été occupée par la dite ‘Opposition syrienne’ d'alors. Nébuleuse ayant depuis évolué pour devenir comme une Hydre de Lerne avec de multiples têtes meurtrières qui se multiplient à un rythme impressionnant, à travers ses fort nombreuses et alors erratiques organisations, principalement d’orientation idéologique et pratique, sunnite - salafiste et wahhabite.”, Ioánnis Baltzois, “Alep. Vérités et mensonges !!” (28 décembre 2016).

Et il faut préciser que l’auteur de cette analyse, est aussi un fin connaisseur des armées de l’OTAN, car général à la retraite de l’Armée grecque, ancien Aide de camp du Président de la République Kostís Stephanopoulos, diplômé (entre autres) de la “Tactical Intelligence School (US Army)” et ancien Attaché militaire de l’Ambassade de la Grèce à Tel Aviv.

“Nouvelle époque pour la Grèce ; Oubliez les élections”. Une certaine presse, décembre 2016

L'arbre de Dimitri, près de la... Grande roue. Place de la Constitution, décembre 2016

Le marché aux puces. Athènes, décembre 2016

La neige, place de la Constitution. Athènes, le 29 décembre (presse grecque)

Cette parenthèse sur la situation en Syrie m’a semblé nécessaire car en réalité, elle est liée au contexte géopolitique de la crise grecque et autant, à la... programmation en cours, du suicide de la République de Chypre. Je soulignerais qu’à Chypre comme en Grèce (mer Égée, mer Ionienne, Crète), sont découverts d’énormes gisements d’hydrocarbures (pétrole et gaz naturel).

Ainsi, et en paraphrasant le général Baltzois, je dirais que le but demeure d’installer d’abord en Grèce et à Chypre un gouvernement alors marionnette des gardes de l’ordolibéralisme sous la Troïka, à Athènes, ou ensuite dans un autre pays, d’après le modèle éprouvé en Europe du Sud, en diffusant au même moment la doctrine germano-européiste de l’Union Européenne partout en Europe, tout en saisissant et ainsi tirant profit des abondantes ressources naturelles d'hydrocarbures (comme des autres ressources), transformant les pays en ‘zones d’activités’ avec tout ce que cela signifie !!

D’où d’ailleurs le cri d’alarme très significatif d’Alberto Bagnai et du moment depuis l’Italie: “Tout se passe comme prévu: nous sommes confrontés à un choix entre ‘recapitaliser les banques dans la zone euro, en se soumettant à la troïka, ou en lires, récupérant ainsi notre souveraineté monétaire’ (...) Le problème c’est de frapper l'Union européenne, et la fin justifie les moyens. Pour revenir au triste record, le plan de sauvetage ne nous a pas sauvés, et la BCE, à savoir Berlin, fait de tout son jeu, voulant nous imposer une troïka (...) pour que nous acquittions le coût du démantèlement de l'euro, désormais inévitable et d’ailleurs négociable avec Trump (...) On ne cachera plus l'état des choses, et en particulier le fait que l'euro c’est une manipulation monétaire à très grande échelle, principalement initiée par la bonne habitude de nos amis allemands (...) je préférerais, contrairement à l'élite allemande, à m’absorption pacifique des conflits inévitables (...) que certains avaient vu venir”.

Ce qui nous ramène tout droit vers l’année 2017. Par les temps qui courent, même si l’on se protège comme on peut du froid et que certains parmi nous hébergent leurs amis sans chauffage, voire, ils fabriquent parfois des abris contre le froid au bénéfice des animaux adespotes (sans maîtres), voilà qu’en 2017, les questions alors centrales ne pourront plus (et ne doivent plus) être esquivées, sous prétexte surtout... de campagnes électorales.

“Bon vent et merci pour la collaboration”. Année 2016, presse grecque, décembre 2016

Animal adespote. Péloponnèse, décembre 2016

Brisures... des temples antiques. Service de l'archéologie. Athènes, décembre 2016

Comme le souligne enfin si clairement mon ami Olivier Delorme (réflexion d’abord sur la situation en France), “la réalité c’est que si on veut faire autre chose que ce qu’a fait SYRIZA, il faut dire clairement ces vérités-là (...) la présidentielle de 2017 sera une élection pour rien si l’enjeu déterminant d’une sortie de l’euro, de l’UE - et de l’OTAN - n’est porté par aucun candidat et que celui qui peut troubler le jeu électoral entre droite extrême, droite classique et droite honteuse, en reste à l’artificieux discours de ‘l’autre Europe’, dont tout le monde sait qu’elle n’adviendra jamais mais qui sert d’alibi pour éluder la question de la sortie. Encore un effort, camarade Mélenchon, soyez donc le candidat de l’impérieuse nécessité du Frexit !

Sinon, la présidentielle de 2017 sera une élection pour rien, à moins comme par exemple en Grèce (referendum du ‘NON’ en 2015), ce scrutin (après bien d’autres), aura accéléré la prise de conscience chez les principaux intéressés, les citoyens, vidant ainsi le système politique de son ultime sens (pour l’instant en tout cas). Car l’ultime pirouette de la décalcomanie Tsipras a délivré déjà plus de la moitié du corps électoral grec des prétendus impératifs du calendrier électoral, une temporisation de plus devant l’inévitable choc du chaos, comme autant devant la grande décision je dirais.

J’y ajouterais aussi, et cela s’adresse d’abord à mes ami(e)s en France et ailleurs, engagé(e)s déjà dans la bataille des élections avec courage et surtout avec honnêteté, que la gauche européiste a volontairement esquivé les dessous des cartes géopolitiques (et pratiquement invariants) à la domination germano européiste (et atlantiste) pour ne se focaliser qu’autour du débat sur la seule austérité. Voilà ce que je viens de rappeler au cours de l’émission ‘Méridien d’Europe’ de José-Manuel Lamarque sur la radio France-Inter (29 décembre), l’émission est aussi accessible ici.

Le débat sur la seule austérité, autrement-dit, sur cette illusion savamment entretenue pour ainsi accorder tout le temps nécessaire aux dites “élites” européistes à parachever la mise en place de leur nouveau totalitarisme, après avoir complètement vidé de sens la souveraineté et les institutions démocratiques (ou déjà insuffisamment démocratiques) des peuples et des nations ainsi trahis par leurs personnel politiques Sorotrophes et assimilés.

Construction anti-froid pour animaux adespotes. Athènes, décembre 2016

Neige sur Athènes, décembre 2016 (presse grecque)

Toute cette histoire à dormir debout sur la prétendue possible “autre Europe”, bouillie remâchée, macérée, et enfin imbibée de nouveau dans sa salive européiste de gauche (et autant exactement pour les... maxillaires de droite), que l’on discerne depuis plus de trente ans, surtout durant les moments... poétiques des campagnes électorales, ce n’est que du poison destiné très exactement à neutraliser les neurones et autant le sens critique des citoyens, en France et partout ailleurs dans ce parc d’attraction mortifère de la Paneuropa, en réalité déjà morte.

Dans pas très longtemps, nous nous rappellerons alors des brisures de la défunte UE, comme on observe parfois à Athènes ces brisures... des temples antiques, entreposés dans la cour du service de l'archéologie.

Autoroute depuis Athènes. Le 29 décembre (presse grecque)

Il a neigé et il neige encore sur Athènes. Nous nous protégeons du froid... enfermés dans une seule pièce de l’apparemment, renforcés de la présence de Joachim, le chat de ‘Greek Crisis’.

Place de la Constitution, la grande roue, un moment outrageusement installée près de l’arbre de Dimitri Christoúlas (autre lieu de mémoire, trahi par la gauche en Grèce), roue enfin qui n’a jamais tourné, et elle sera donc démantelée.

En pleine Europe, le grand engrenage européiste, installé en réalité depuis la propagande nazie et non pas seulement avec le Traité de Rome, sans le moindre aval des peuples, et qui n’a jamais tourné pour cause de non délivrance d’attestation d'homologation effective de démocratie... vient d’être en partie démantelée à la hâte en cette année 2016... sous prétexte officiel de vent mauvais britannique et bientôt italien.

Voilà, l’hybris est toujours une attitude qui finit par devenir coûteuse. Grande roue et alors immense symbole de la folie espérons bientôt en panne. En attendant... 2017. “Guarda e passa” ?

Joachim, le chat de ‘Greek Crisis’. Athènes, décembre 2016




* Photo de couverture: Place de la Constitution, la grande roue. Athènes, décembre 2016

4 commentaires

Mirabelle 74 a dit…

Merci infiniment pour toutes ces infos! Je suis toujours vos publications avec beaucoup d'intérêt mais aussi d'inquiétude et de colère. Je vous ai entendu sur France Inter et c'était la 1ère fois que j'entendais parler de la situation inquiétante de Chypre.
Ça devient assez compliqué de s'informer...
Bonne fin d'année à vous et vos proches!

katzi a dit…

Merci Panagiotis,
Surtout pour le constat de la situation à Chypre.
Par contre, j'ignore de quand date la dernière lecture du programme collectif avec Melenchon, d'Olivier Delorme. De toute évidence, il ne l'a pas lu puisqu'il s'agit dès l'introduction, de sortir des traités européens, et bien d'autres réaffirmations d'une souveraineté non fermée, et alliée à d'autres peuples d'Europe. Et avant tout sortie de l'Otan, des traités atlantistes, de l'euro comme monnaie unique, etc...tout en restructurant foncièrement la constitution.. A plus tard,

Bernard Hervé a dit…

Merci Pangiotis, je vous (je nous) souhaite une année 2017 de prise de conscience par le grand nombre de ce qui se passe effectivement dans notre monde. J'espère que la dissimulation et la perversion de l'information sera enfin vue et refusée par la majorité. Vous contribuez à nous éclairer. Continuez avec le même courage. Votre œuvre est salutaire.

Ivo Kljenak a dit…

Contrairement a ce que semble indiquer M.Delorme dans son livre, pour nous, Slovenes qui avons connu l'ex-Yougoslavie et la monnaie yougoslave, l'UE et la zone Euro sont la "terre promise". Evidemment, tout n'est pas parfait, mais la vie est quand meme incomparablement meilleure qu'avant. Bien sur, il y a beaucoup de nostalgiques de l'ex-Yougoslavie, mais c'est parce que les gens ont tendance a ne se rappeler que de ce qui etait bien et a oublier tout ce qui etait mauvais. Par exemple, comme l'inflation etait de l'ordre de 20% par an, alors que les taux d'interet dans les banques etaient au plus 10% par an, il fallait sans cesse acheter au marche noir des marks allemands, si on voulait economiser de l'argent a long terme. Et cela tout de suite, dans les deux ou trois jour apres avoir recu notre salaire chaque mois. Maintenant que notre monnaie est l'Euro, je peux vivre et travailler tranquillement, sans devoir sans arret reflechir comment je vais me debrouiller pour trouver des marks allemands. Et je pourrais citer encore d'autres details, qui rendaient la vie impossible.

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