dimanche 6 novembre 2016

Du Donbass... à Patras



Les nuits grecques, bien de saison, sont désormais fraîches. Dans l’immeuble, au chauffage central mis définitivement à l’arrêt depuis 2012, on appréhende alors l’hiver, et cela, pas uniquement à cause de la météo. Les Grecs se préparent aussi comme ils peuvent, à la géopolitique du pire... insuffisamment armées il faut dire, d’une conscience désormais plus alerte, quand à la situation de leur pays qui est autant la leur. Est-ce donc la fin des illusions ?

Athènes, novembre 2016

Il n’y a ni crise, ni austérité, ni reformes et de ce fait, “recettes inefficaces du FMI”, car, “tout simplement, les dominats veulent nous anéantir, c’est tout un programme, il n’y a aucune démocratie et tous les partis participent volontairement dans à festin infect. Nous n’irons plus voter déjà”. Voilà ce que pensent par exemple Mihális et son épouse, tous deux imprimeurs assujettis au chômage... définitif, après la fermeture de l’entreprise où ils travaillaient encore il y a deux ans.

La métadémocratie occidentale accélère son emprise sur les êtres comme sur les consciences, accompagnée par cette anomie organisée “d'en haut” et autant... “Prolekulture” (dynamique !), jaillissant “d'en bas”. Le tout, dans une criminalisation des rapports (décidément de force) entre les humains potentiellement encore existants. Les masques tombent, la théâtralisation des faits supposés “politiques” (élections comprises) n’est qu’un ultime théâtre d’ombres, sentant fort la stérilité la plus radicale et cela bien suffisamment à tous les étages de l’édifice.

Par exemple, le “gouvernement grec” d’Alexis Tsipras vient d’être remanié, les medias grecs se le répètent dans les gargarismes désormais trop usés (et d’ailleurs l’opinion des Grecs leur tourne le dos), au lieu de faire remarquer tout simplement l’essentiel, comme le fait mon ami Olivier Delorme sur internet (facebook):

Et plus loin, cette réflexion particulièrement juste que je me faisais justement en constatant que, à Athènes comme à Kiev, mais c'est également le cas en Roumanie ou en Bulgarie, on voit de plus en plus de ‘responsables’ n'ont plus de grec (ou d'ukrainien, ou de...) que les papiers d'identité (Papandréou comme Tsakalotos ne parlent pas grec mais anglais traduit en grec, le nouveau ministre grec de l'Économie est un universitaire américain de formation et de carrière) qui passe sa vie académique et professionnelle dans un ‘étranger dominant’ jusqu'au moment où on l'appelle à prendre des responsabilités”.

Dystopie exprimée. Athènes, novembre 2016

Temps... de chien. Athènes, novembre 2016

Bonne chance. Athènes, novembre 2016

J’ajouterais pour aussi faire bref, alors ceci: Dans le gouvernement Tsipras-III, y figurent deux membres du Think tank étasunien Levy Institut, Dimítris Papadimitríou, Président du “Levy Economics Institute of Bard College” et “Executive Vice President of Bard College” devient le nouveau ministre de l’Économie à Athènes, tandis que sa... compagne, Rania Antonopoulou du même Institut Levy, conserve toujours son poste ministériel (Ministre déléguée... à la lutte contre le chômage).

Aux contrées... moins périphériques de l’Empire, le personnel politique ainsi recruté, peut encore apparaître comme débarqué... de l’intérieur (Emmanuel Macron, banquier d'affaires chez les Rothschild par exemple).

De nos jours en réalité, il n’y a (pratiquement) plus de régime démocratique sur cette planète, et nous sommes introduits dans la phase d’une transformation imposée et sans doute radicale comme jamais, autrement-dit, sans retour possible, à défaut de réagir encore à temps.

Ce long cercle historique durant lequel l’Occident ayant paraphrasé les philosophes de l’Antiquité grecque pour ainsi s’offrir un emballage “démocratique” à la domination de son oligarchie a déjà pris fin, au détriment bien entendu de ce que les luttes des peuples ont pu faire... ainsi admettre, en termes de libertés, de justice sociale et de pratiques plus généralement ayant tendance à donner l’illusion que le progrès démocratique, comme le progrès tout court, serait de règle.

Anomique. Athènes, novembre 2016

Réalités et... Proleculture dynamique. Athènes, novembre 2016

Besoin... philosophique? Athènes, novembre 2016

Nos oligarchies actuelles mondialisées utilisent encore pour l’instant les coquilles vides ainsi que le jargon... démocratiques, cela comme camouflage. Plus pour très longtemps d’ailleurs. Le financierisme mondialisateur a hâte d’imposer sa techno-féodalité à travers sa volonté de se maintenir comme étant l’unique “propriétaire” du système mondial, sans même... détenir de (vrais) capitaux en main. Car le financierisme actuel repose sur le factice de sa “recapitalisation continue”, le tout, en “avalant” les réalités (ainsi que les possibilités concrètes) dont ferait preuve l’immense majorité de tous ces autres devenus... “gênants” (bouffeurs d’énergie comme de ressources), avant de les exterminer d’une manière ou d’une autre.

Pour y arriver, il reste la guerre, à une échelle encore inégalée, issue nécessaire aussi parce que d’autres acteurs du monde actuel, les BRICS notamment, ne l’entendraient pas de la même oreille, d’où par exemple la diabolisation sans précédent de la Russie, et dans une moindre mesure de la Chine. Une guerre, et autant entreprise contre les sociétés (occidentales) en commençant (entre autres) par la destruction en cours de leur immense classe moyenne. Et dans cette guerre nous y sommes, la Grèce (de manière visible), depuis 2010 (aussi pour de raisons géopolitiques, et nous y reviendrons), et d’autres pays également, la société française par exemple le sera aussi nous semble-t-il... directement concernée dès 2017... et de manière plus que sensible.

En cheminant à travers Athènes, on s’aperçoit que la ville n’est plus du tout ce qu’elle a été avant 2010, ni son économie (en grec, la “loi qui régit la maison”), ni sa démographie, et encore moins ses... mentalités. L’accélération de l’histoire ainsi imposée brusquement au moyen de l’extraordinaire expérimentation du méta-monde à travers la dite “crise”, amène tout de même à réfléchir, à l’instar par exemple de Mihális et de son épouse, nos deux imprimeurs assujettis au chômage... définitif.

Chômeur et... musicien. Athènes, novembre 2016

“Et au bout, c'est la junte”. Athènes, novembre 2016

L'Union... Européenne et la Grèce. “Quotidien des Rédacteurs”, Athènes, novembre 2016

Le méta-capitalisme actuel (occidental) n’a plus vraiment besoin du prolétariat. Ce système ne produit pas et ne produira plus jamais des emplois, hormis les “mini-jobs”. Autrement-dit, il met en place une doctrine pratiquée de nouvel esclavage, car le méta-capitalisme métropolitain ne s’alimente plus tellement... des ventes au détail, mais plutôt, de la “production” de la richesse... par la richesse (création fictive).

C’est alors ainsi que le financierisme... dématérialisé de la sorte, arrive à sa “déduction logique” qu’il va falloir “dématérialiser” très concertèrent aussi les sociétés, voire, les nations, les faisant disparaître déjà symboliquement et dans les mentalités (acculturation), ensuite économiquement (en Grèce actuellement, il est pratiquement impossible d’entreprendre ou de trouver un emploi dignement rémunéré), et enfin physiquement (par exemple en Syrie et ailleurs).

Nous naviguons parfois au large des îles de déportation des dictatures plus anciennes, telle Makrónissos, à la sortie du port-Sud d’Attique, Lávrion. Depuis, la régression et non pas le “progrès”, transforme nos pays en univers concentrationnaires à ciel ouvert (en réalité couvert). Le stade suivant sera (si cette... planification réussira-t-elle), à introduire physiquement l’univers concentrationnaire au cœur de nos cerveaux, en contrôlant nos pensées (plus efficacement que par l’actuelle mécanique sociale et/ou par les médias).

Tel est le sens totalitaire du... métanthropisme (“transhumanism”), prôné, entre autres, par Ray Kurzweil, depuis 2012 directeur de l'ingénierie chez Google et aussi membre du “Army Science Advisory Board”, chargé de conseiller l'armée américaine dans les domaines scientifiques et techniques... et il y de quoi comprendre toute la suite “logique” dans notre espèce:

D'ici 20 ans, nous aurons des nano-robots, car une des nouvelles tendances à forte évolution est la miniaturisation de la technologie. Ils entreront dans notre cerveau à travers nos vaisseaux capillaires et connecteront simplement notre néocortex à un néocortex synthétique dans le cloud, nous en fournissant ainsi une extension. Les propos, en forme de prophétie, sont du futurologue Ray Kurzweil, figure du transhumanisme. Dans une intervention réalisée en juin 2014 aux conférences TED, rendez-vous incontournable de l'innovation technologique organisée chaque année par la fondation américaine Sapling, l'ingénieur prédit ainsi la connexion du cerveau au Net. Il évoque également un système de pensée hybride fonctionnant sur des composants biologiques et non biologiques”.

Devant Makrónissos, île de déportation. Attique, novembre 2016

Navire... abandonné au port de Lávrion après faillite. Novembre 2016

Port de Lávrion. En face, Makrónissos. Novembre 2016

Les nuits grecques, bien de saison, deviennent désormais fraîches et l’histoire s’accélère. Hollywood... en sait quelque chose ! Le dernier épisode en date, de la série cinématographique “d'action et d'espionnage” Jason Bourne, se déroule partiellement à Athènes.

On y découvre Athènes... sous le feu, sous l’anarchie, un pays entier embourbé dans une violence de guerre civile, liée... comme par hasard à la présence sur son sol de tant de migrants et de refugiés récents. La Grèce est ainsi présentée comme devenu un pays non-gouverné, devenu de la sorte comme tant d’autres pays, un espace d’anarchie et d’anomie où cette autre guerre ouverte, entre les agents secrets, trouve ainsi... son terrain de prédilection. Scénarisation de la sorte, liée alors au simple hasard ?

Balade dans Athènes. Comme dans un symbole de plus, un sans-abri, trouve refuge sous les colonnes de l’ancien Parlement, tandis que sur la Place de la Constitution la vie suivrait son cours... mais alors lequel ? Et pourtant, les clignotants passent tous au rouge. Preuve s’il en est besoin... le débat organisé à Athènes par une association culturelle et politique de Russophones et de Grecs du Donbass, sur la guerre très précisément, entre Ukraine OTAN-occidentale, et la République Populaire (autoproclamée) de Donetsk. “Ce sont des images de notre futur, hélas très probablement proche en Grèce”, ont souligné les intervenants, issus essentiellement à leurs dires, “de la gauche et de l'extrême-gauche grecque, antifasciste et patriote”.

Place de la Constitution. Athènes, novembre 2016

Sans-abri à l'ancien Parlement. Athènes, novembre 2016

Sur le mur... le Baptême de la Russie. Athènes, novembre 2016

Sur un des murs des locaux de l’association, on y découvre la reproduction de l’œuvre d’un peintre russe, représentant le Baptême de la Russie fait par les Grecs (“Russie, fille de Byzance”) et précisément, certains intervenants ont souligné que: “Cette guerre, l’est autant un conflit culturel entre deux conceptions géopolitique: l'Europe (atlantiste et) de Charlemagne sous la domination de l'Allemagne, contre la conception Eurasiatique des Russes, idée assez proche à celle du général de Gaulle, sauf que l’opinion publique occidentale est en train de subir une reprogrammation massive de sa conscience, au point de ne pas voir ce nazisme au pouvoir à Kiev, introduit une nouvelle fois, par l’Union Européenne et par les États-Unis”.

Dans cette guerre, d’après les intervenants (mais je crois que telle est la caractéristique des guerres en cours), il y a de cette mutation et hybridation des faits, des actes et des destins, au point à ne plus distinguer clairement les rôles (forcement interchangeables) du combattant, du médecin, des ONG, des journalistes, c’est certain. Les intervenants ont insisté sur le fait que de cette guerre, les medias grecs ont reçu l’ordre de ne rien laisser filtrer et pour cause. Sur place, elle demeure une communauté gréco-russe de plus de 100.000 personnes, ces derniers finiraient par témoigner tôt ou tard sur les médias grecs et la version OTANienne des faits risqueraient alors le discrédit aux yeux de l’opinion grecque, laquelle d’ailleurs est d’après les enquêtes d’opinion... très russophile.

Cette Ukraine est le lieu de la rencontre entre la Grèce et la Russie, et ne l’oublions pas, la ligne du grand front passe précisément par l’Ukraine, la Grèce, Chypre et la Syrie, soyons en alerte”, voilà pour le résumé de ce débat public qui a eu lieu à Athènes récemment. Et évidemment, les intervenants n’ont pas oublié d’évoquer la nomination de Geoffrey R. Pyatt au poste d’Ambassadeur des États-Unis à Athènes, bras... très droit de Victoria Nuland (Madame... “Fuck the EU”) , et très précisément Ambassadeur des États-Unis à Kiev , durant la... préparation ainsi que la première phase de l’exécution des... événements occidentalistes ; qui ont ainsi amené les... nazis au pouvoir à Kiev.

Sous l'Acropole. Athènes, novembre 2016

Sous l’Acropole exactement, personne ne niera les capacités, et encore moins le lourd bagage intellectuel et diplomatique de Geoffrey R. Pyatt, c’est comme on dit “une pointure”. C’est alors très justement que l’interrogation et le doute planent, sur ce qui serait en... préparation par exemple à Athènes, Hollywood ou pas d’ailleurs, pour motiver cette nomination de la part des États-Unis. Je pense, que nous en serons... éclairés sous peu.

Enfin, durant ce débat, il a été évoqué le rôle des migrants et de “leur” crise, dans l’affaiblissement (aussi démographique à terme) de la Grèce actuelle et tout le monde est tombé d’accord que cette crise l’est ainsi une arme de destruction massive imposée contre la société grecque, le tout, dans une phase où le pays, sa société, son moral, son économie sont plus qu’épuisés par l’occupation troïkanne depuis 2010, avec l’aimable collaboration du système politique grecque.

J’ai remarqué que parmi les intervenants, tout comme dans la salle (politiquement très à gauche sans le moindre Syriziste présent il faut le souligner), un tiers des participants ont exprimé leur souhait à poursuivre dans la solidarité envers les migrants et ainsi les accueillir... ce que les deux autres tiers ont rejette, à l’image la majorité des Grecs, lesquels s’opposent à ce repeuplement forcé de leur pays pour ainsi dire les choses par leur vrai nom. Temps très... âpres en ce moment, décidément.

Il y a qu’à voir par exemple la réaction très violente de l’association de Parents d’élèves de l’École de... Thermopyles (eh oui !), lorsque le directeur et les enseignants de l’établissement leur ont annoncé que la décision était prise pour scolariser aussi quarante enfants de refugiés et de migrants, scène immortalisée par la chaîne de la télévision locale.

Inutile de préciser combien le débat sur cette question à gauche (et pas uniquement) s’avère alors fort pénible, le système troïkanisé faisant passer pour du racisme, toute volonté populaire d’exercer son premier droit souverain (et cela indépendamment même du régime politique je dirais) ; celui qui consiste à vouloir maîtriser son territoire, sa population ainsi que (très concrètement) son avenir. Certains à gauche devraient enfin relire à ce propos Cornelius Castoriadis ! Sous l’Acropole exactement... nous regardons parfois avec stupeur l’histoire se faire et se défaire sous nos pieds et dans nos cœurs. Temps ainsi entre le chaud et le froid !

Regarder avec stupeur... l’histoire se faire et se défaire. Athènes, novembre 2016

Timon Koulmasis. “Goethe-Institut”, Athènes, octobre 2016

Mémoire de Nelly Andrikopoúlou...

Aux... antipodes, un autre événement culturel et autant politique, a eu lieu à l’Institut Goethe-Institut à Athènes, s’agissant de la projection du documentaire “Portait de mon père durant la guerre” de Timon Koulmasis. Un film émouvant racontant l’histoire amoureuse et épistolaire entre Pétros (le père du réalisateur), à l’époque membre de l’Institut allemand, et Nelly Andrikopoúlou, (née en 1921 à Constantinople), peintre, sculpteuse et écrivaine qui épousera plus tard le peintre et poète Níkos Engonópoulos, un des premiers surréalistes de Grèce.

Lors du débat faisant suite à la projection du film, l’historienne Phaedra Koutsoukou a insisté sur “cette authentique politique culturelle du 3ème Reich en Grèce, avant la guerre et durant l’Occupation, une politique d’amitié finalement envers la Grèce, pas forcement nazie, ayant d’ailleurs été accueillie avec tant bienveillance de la part de nombreux écrivains et artistes à Athènes”. Aux antipodes... en effet !

Du pain prétendument traditionnel. Athènes, novembre 2016

Éteindre... l'incendie. Athènes, novembre 2016

Migrants et... culture de guerre. Athènes, novembre 2016

La géopolitique du monde très actuel, prétend encore... nous engager dans une guerre bien nouvelle... suivant les recettes de sa tradition, tout comme à Athènes, on prétend aisément ne... fabriquer partout que du pain traditionnel.

Dans Athènes, les Grecs observent alors les migrants, cheminer souvent la tête baissée, un peu comme eux d’ailleurs. Les publicitaires, tout comme Hollywood, ont me semble-t-il, bien intégré et véhiculé l’essentiel de la culture de guerre dans sa version fort actuelle de notre siècle... là où le monde alors rebasculerait. Et l’incendie sera alors encore plus difficile à éteindre.

Les nuits européennes, bien de saison, deviendront bien fraîches, la sagesse quant à elle, elle se refugiera comme souvent dans les décombres alors laissés des humains et dans la poussière d'un passé dont on croit toujours tout savoir. Du Donbass à Patras, hiver... sans chauffage !

Dans les décombres et la poussière. Athènes, novembre 2016




* Photo de couverture: Condition... humaine. Athènes, novembre 2016

2 commentaires

JFA a dit…

"Le financierisme mondialisateur a hâte d’imposer sa techno-féodalité à travers sa volonté de se maintenir comme étant l’unique propriétaire du système mondial, sans même... détenir de (vrais) capitaux en main" dis-tu Panagiotis.
On peut aussi y trouver une lueur d’espoir : Ce capitalisme-là, est dans une course en avant, dans un déséquilibre permanent qui donne l’illusion d’avancer, certes, mais une course de plus en plus rapide et donc de plus en plus précaire. La chute peut survenir à tout moment, à l’occasion d’une avancée de trop, d’un pas trop pressé, et ils en sont conscients. Sans la conscience de leur fragilité, de leur instabilité, de l’artificialité de leur capital, seraient-ils aussi pressés ! Certes, tu as raison Panagiotis de rappeler que la guerre est une issue possible pour ce capitalisme. Mais l’enchaînement de dématérialisation des sociétés, des nations, de l’économie, des emplois, et finalement de l'homme, rappelle furieusement ce que Hannah Arendt analysait dans “Les Origines du totalitarisme”, lequel fabrique des “hommes superflus”. C’était à propos des totalitarismes fasciste et communiste, et l’on sait comment ils se sont écroulés. Une société où l’homme devient inutile, superflu, ne tient pas debout très longtemps et le capitalisme ne vivra pas sans l’homme. Il faut peut-être se préparer autant au drame de la mondialisation néolibérale à son point de rupture qu’à l’après capitalisme..., à l’après monnaie peut-être…

TEBOUL René a dit…

le capitalisme mondialisé et financiarisé a perdu la tête depuis longtemps. qu'il puisse se passer de travailleurs, c'est bien possible, mais comme disent les marxistes on ne voit pas très bien comment alors se réalisera la valeur - robots ou pas. Je crois que le plus grave c'est plutôt que la politique européenne est en train de réussir à transformer en profondeur la Grèce, car non seulement Tsipras la vend à la découpe, mais en outre les Grecs qui veulent travailler doivent s'expatrier et laisser leur place aux migrants !! N'est-ce pas là la théorie du grand remplacement à l'oeuvre ? N'est-ce pas une manière de détruire la Grèce que de changer en profondeur sa population ? Il y a de quoi méditer sur la question de la nation non ?

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