lundi 3 octobre 2016

De la guerre



Octobre déjà. Été indien à Athènes, nos touristes apprécient. Sur leur chemin de la découverte de la ville et de son splendide histoire ils n’ont probablement pas croisé les retraités Grecs... aspergés de la chimie policière habituelle lors de leur énième manifestation au centre-ville. Écœurement, mort lente, désarroi, la (pseudo) Démocratie et la Gauche étant déjà mortes (aussi) avec SYRIZA, le lustre ne tient même plus, en dépit des convulsions du cadavre politique d’Alexis Tsipras.

Manifestation réprimée des retraités. Athènes, le 3 Octobre (presse grecque)

“Le Premier ministre lui-même est en colère”, d’après les medias du jour, “il vient de remettre son ministre de l'intérieur à sa place ; conséquence, les forces de l'ordre ne feront plus usage de leur arsenal chimique lors des manifestations”. La presse syrizocompatible (“Quotidien des Rédacteurs”, “To Pontíki” entre autres) se suppose rester à la hauteur... redorant Tsipras, peine perdue.

Dimanche 2 octobre, le quotidien SYRIZA “Avgí” a publié un sondage faisant apparaître entre autres que 90% des personnes interrogées se déclarent largement insatisfaites du fonctionnement du gouvernement et 80%, de celui du parti de la Démocratie. En plus, il ressort que 85% des sondés estiment que le pays suit une voie erronée, tandis que pour 73% d’entre eux, les migrants ne pourront pas être intégrés dans la société grecque.

Sondage peu étrange, étrangement cependant publié de la sorte par le quotidien Syriziste, sans doute dans le but de faire resserrer les rangs dans la sociologie restante du parti de la dite “Gauche radicale”. En réalité, plus personne n’accorde en Grèce vraiment de l’attention à ce qu’elle dit ou à ce qu’elle exécute la marionnette Tsipras ou Mitsotakis, les faits et gestes (pseudo) politiques n’ont plus tellement d’importance, les dernières cartes truquées du jeu politicien et électorale ont été jouées, “game over”.

Manifestation réprimée des retraités. Athènes, le 3 Octobre (presse grecque)

Manifestation réprimée des retraités. Athènes, le 3 Octobre (presse grecque)

Athènes, octobre 2016

Les chiffres tombent, c’est-à-dire les habitants de ce beau pays. On apprend ainsi que 35,7% de la population est en danger de pauvreté, 21,4% de cette même population vit déjà sous le seuil de pauvreté (9.475€/an pour une famille de deux adultes et de leurs deux enfants) et 44% des retraités survivent sous le seuil de pauvreté (665€) suite aux 13 diminutions successives de leurs pensions depuis 2010 (dont la plus récente date du 1er octobre 2016), perte allant de 20 à 50%, tandis que 52% des foyers modestes n’ont en réalité comme revenu pour s’y accrocher... que celui des parents (et des grands-parents) retraités, (Statistiques de Grèce-ELSTAT, quotidiens “Kathimeriní”, 23/06/2016 et “Imerisía” du 28/09/2016).

Et pour ce qui est de la dette envers l’État et envers son fisc dirigé directement par les “techniciens” de la Troïka élargie, alors plus de 50% des Grecs (4 millions de personnes), s’agissant de ceux qui ont l’obligation de déposer leur déclaration des revenus, lui sont ainsi redevables (retards - impayés) pour un montant global atteignant les 100 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2016, (1,3 milliards d’euros d’impôts et taxes non versés en Août 2016, près de 9 milliards depuis le début de 2016 - presse économique “Imerisía” du 27/09/2016). L’effondrement à prévoir ?

Retraité et vendeur de billets de loterie ex-nationale. Athènes, octobre 2016

Pláka se vide de ses touristes. Athènes, octobre 2016

Ailleurs certaines langues... sont recherchées. Athènes, octobre 2016

Été indien ou pas, nos retraités et vendeurs de billets de loterie ex-nationale car privatisée, sont désabusés, ils errent en ville sans trop de résultats. L’effondrement de la classe moyenne grecque concerne bien 70% de la population, les classes populaires sont comme on dit laminées, seul un (pas tout à fait) certain 20% des Grecs de la douce Hellade tient-il encore sa tête hors... de l’eau empoisonnée de la dite “crise”.

Pláka sous l’Acropole se vide de ses touristes, nos visiteurs nous quittent sans avoir vu ni connu, les énormes scènes quotidiennes de colère comme de désarroi, qui se jouent dans les bureaux et locaux du fisc, de la Régie d’Électricité, ou même dans ceux de la Caisse des Indépendants. Pour faire du chiffre, tous ses organismes “découvrent” ou plutôt inventent des irrégularités... vieilles de plusieurs décennies, rendant les “citoyens” ainsi redevables à l’État, situation qu’en Grèce depuis les lois mémorandaires, bloque toute transaction potentielle des intéressés (achat ou vente de leurs biens immobiliers ou autres, héritage, perception de leurs retraites, entre autres).

Ainsi, mon ami Státhis, s’est retrouvé récemment redevable pour une “dette” (tout de même de 8.000 €) envers la Caisse des Indépendants, dette transférée vers la Perception des Impôts comme quasiment toutes les dettes des Grecs envers les supposés... organismes. La dite irrégularité date de 1992, du temps où Státhis se croyait encore... entrepreneur individuel, il n’avait jamais reçu le moindre courrier à ce propos et voilà que un demi-siècle (presque) après, il doit faire appel aux services d’un avocat pour prouver les évidences: d’abord le fisc se trompe et ensuite, au bout de 20 ans il y a prescription.

On scrute les journaux. Athènes, octobre 2016



Une certaine idée de... la vie. Athènes, octobre 2016

Une certaine idée de la vie... des autres. Athènes, octobre 2016

Dans le même ordre d’idées, mon ami Th., chômeur depuis 2012, a reçu un document du fisc l’invitant à régulariser un “non perçu” issu du temps où son père était le gérant d’un petit hôtel. Seulement, le père de mon ami n’est plus de ce si bas monde depuis dix ans, et en plus, l’entreprise hôtelière en question (historique) a fait faillite en... 1958.

Ainsi, plus du 70% des... exigences du fisc (et des... Organismes) s’avèrent infondées devant les tribunaux à ce jour (quotidien “Kathimeriní” du 2 octobre), sauf que comme on dit en Grèce, “il faut faire la démarche pour ainsi prouver que nous sommes encore des êtres humains et non pas... des éléphants”. Politique... alors zoomorphe !

Nous appréhendons donc la... juste fin des anicroches historiques qui sont les nôtres, dans cette (peut-être) ultime hystérie du capitalisme irrationnel (car... quelque part humain), désormais débarrassés des illusions pseudo-démocratiques, tout comme de l’importance supposée des scrutins organisés en trompe-l'œil, technique comme on sait picturale autant que politique, destinée à jouer sur la confusion de la perception du spectateur, c’est-à-dire, celui qui n’agit pas en réalité sur le cours des événements... sauf parfois exception. Été indien... avant l’hiver.

Bien à vendre. Athènes, octobre 2016

Poubelles... triées par les récupérateurs. Athènes, octobre 2016

Philosopher. Athènes, septembre 2016

Le pays... réel est en mis en vente et souvent il est à céder. TOUS les biens publics de l’État Grec sont cédés pour une durée de 99 ans à l’hyper Caisse pilotée par la Troïka élargie, une sorte de ‘Treuhand’ de nom complet ‘Treuhandanstalt’ (littéralement en français: “Agence fiduciaire”), s’agissant de l'organisme de droit ouest-allemand chargée de la privatisation des biens de la République démocratique allemande (RDA) après la réunification du pays.

Et c’est le “gouvernent” Tsipras qui a signé un tel acte (Mémorandum III)... sa fin. Les analystes et politologues qui observent (encore) la Grèce depuis la lucarne de leurs medias en Europe ou ailleurs, devraient enfin comprendre ce que le sondage publié par le quotidien de SYRIZA ne dit qu’à demi-mots: le gouvernement Tsipras est le plus haï des Grecs depuis peut-être près d’un siècle, ce n’est plus du mécontentement qu’il s’agit mais... de la haine. Sauf que la haine... est rarement très constructive paraît-il.

Heureusement que parfois nous nous mettons à philosopher... ou à bien à rigoler, devant l’énormité alors mondiale des escroqueries allemandes (et plus largement financiocrates), suite à l’affaire des pourritures et autres toxicités connues (en réalité depuis longtemps), entre la Deutsche Bank, et plus amplement, l’agonie évidente de l’Empire européiste, il était enfin grand temps.

“Dans cette maison est décédé notre poète Palamás”. Athènes, octobre 2016

Athènes, octobre 2016

“Seul le Christ...” et “Ne pas déposer...”. Athènes, octobre 2016

“Seul le Christ est l'ami de l'Homme” et “Ne pas déposer vos ordures ici” peut-on lire sur la lourde porte d’une entreprise définitivement fermée au centre d’Athènes, signe des temps, (car) il n’y a plus rien à tirer des politiciens.

Signe des temps toujours, “Dans cette maison est décédé notre poète national Kostís Palamás en 1943” peut-on encore lire devant cette maison d’Athènes sous l’Acropole, Kostís Palamás appartenait à une importante famille d'érudits et de résistants. Le 27 février 1943, les funérailles nationales de Palamás donnent lieu à un poignant appel à la résistance par le poète Ángelos Sikelianós, par l'archevêque d'Athènes, Damaskinós, et par la foule qui reprend en chœur l'hymne national... en effet. Sauf que cette maison, la sienne est en ruine, oubliée de tous comme de l’État (inexistant), car en réalité c’est bien le pays qui est en ruines.

“Rescue ?” Athènes, octobre 2016

Nous nous attendons au pire, les médecins (et les autres administrateurs coloniaux) suffisamment payés par le ONG (financées par Soros) s’installent par milliers en Grèce, tandis que nos médecins pour survivre, émigrent alors... en métropole (plus de 6.000 actuellement installés en Allemagne).

Des agents immobiliers nous informent que de nombreuses ONG et particuliers (Européens, Américains, Chinois... et même Iraniens) désirent acquérir des immeubles entiers d’habitation, sans doute il y a à parier que la dite crise des migrants passera par là en plus du tourisme, (déjà le “gouvernement” cache toute la réalité de nombre exact...).

La Grèce se transforme en espace... investi, en une zone-tampon... en pleine ébullition. Le ridicule Tsipras... armé de tout son cynisme s’accroche... car il y a tout de même l’argent drainé par sa caste (comme par les autres castes d’ici comme d’ailleurs) ; tout le monde le sait et tout le monde le dit haut et fort en Grèce, “sauf que nous ne savons pas comment réagir”, entend-on alors de partout, les retraités Grecs... aspergés de la chimie policière habituelle en plus.

Nous nous attendons au pire, comme nous attendons... la (possible ?) guerre (en plus de la guerre économique que nous subissons plus que les autres peuples en Europe), surtout maintenant que la Turquie méta-Kémaliste d’Erdogan vient officiellement de mettre en cause la stabilité des frontières issues du Traité de Lausanne, veille histoire.

Octobre déjà. Été indien à Athènes, nos touristes apprécient, tout comme nous... nos animaux adespotes (sans maître) en rigolent !

Nos animaux adespotes. Athènes, octobre 2016




* Photo de couverture: Manifestation réprimée des retraités. Athènes, le 3 Octobre (presse grecque)

3 commentaires

JFA a dit…

Le rapport entre les revenus et le coût de la vie est difficile à comparer dans les situations aussi différentes que celles de la France et de la Grèce. Lorsque j’annonce en France que 44% des retraités Grecs disposent de moins de 665€ par mois ou que 35% des ménages avec deux enfants ont moins de 9 475€ par an, mes interlocuteurs ne semblent pas réaliser la situation. Il est donc bon de fournir quelques chiffres de référence.
Pendant quatre mois passés en Grèce, ma femme et moi (retraités sans gros appétit ni goût de luxe) avons mangé dans les établissements les plus populaires : un croissant ou bougasta le matin (1€), un tyropita le midi (1,80€), un ouzo avec mézé en soirée (2€), le repas du soir (pita, plat de gyros, portion de poulet, pizza ou salade, boisson comprise (4,75€). Total 9,55€, soit 19,10€ par jour à deux. A ceci, il faut ajouter un loyer (8,30€ par jour) et les frais d’essence, de produits d’entretien, de téléphone, etc. (3€ par jour), soit un total de 30,4€. Plus touriste décroissant que cela, tu meurs ! Or, en comparaison, le retraité grec a 22,16€ par jour (665 :30j) et le couple avec enfants 25,95€ (9475 :365j). Comment font-ils quand on sait que nous n’avions pas à payer comme eux les impôts, la scolarité des enfants ou petits-enfants, le chauffage et l’électricité, les vêtements, etc.
Nous aurions pu préparer nous-mêmes notre nourriture, direz-vous. Mais les produits de base sont quasiment aussi chers qu’en France et l’économie aurait été dérisoire. En outre, manger au milieu des Grecs nous a permis de comprendre comment ils ne mourraient pas de faim : par la solidarité, les stratégies de survie, les bricolages hors système. Et comprendre, ce n’est pas ce que l’on fait de mieux de loin et en s’informant par les médias…, à moins de lire l’ami Panagiotis !

Anonyme a dit…

Leçon allemande: http://www.bastamag.net/Deutsche-Bank-en-crise-la-plus-grosse-banque-allemande-fait-planer-la-menace-d

Kristell Le Garrec a dit…

MArianne dénonce la manipulation publique actuelle qui est anti-constitutionnelle, sur des emprunts de guerre et de civilisation terribles qui ne tiennent pas qu'au massacre des Européens et des autres. Ce téléguidage contraire à nos droits, nos vies prélevées sans cesse, nos droits bafoués, nos souverainetés en danger, nos économies défaites, le monde qui tremble devant un Occident incompétent en matière de politique européenne et mondiale, dont on suppute que des infractions lourdes aux droits ont été faites pour que l'Europe se retrouve encore à la veille d'un massacre et de se pencher sur la carte pour trouver le lieu du prochain massacre à faire dans des pays pauvres, mis sous la coupelle des pays riches. Marianne en appelle à l'exemplarité en matière de justice, à pourchasser l'errement politique, afin que cessent les menaces en matière de survie globale, et de droit, puisqu'on a peur que l'esclavage redouble dans le monde, d'une ouverture de phénomènes concentrationnaires à nouveau, même en Europe.

Enregistrer un commentaire

L'équipe de "greek crisis" respecte toutes les opinions, mais se
réserve le droit de ne pas publier des commentaires offensifs...