dimanche 31 juillet 2016

L'Obsolescence... de l'été ?



Plongée au cœur de l’été grec. Au Pirée comme sur les routes, vient enfin le moment des départs, moins massifs que par le passé certes ; il y règne toutefois une ambiance de gaieté on dirait artificiellement entretenue, inspirée par la généreuse sympathie du soleil régnant et de notre archipel Égéen. Au Pirée toujours, ceux qui ne partiront probablement pas, s’adonnent à leur pêche favorite, une ligne à main bon marché, hameçon, lest... et espoir appropriés, près des bateaux... si bien entourés de chiens adespotes (sans maître), animaux très sociables vivant sur les quais.

Départs au Pirée et... pêche, Juillet 2016

Les Grecs n’ont plus envie de penser à autre chose qu’au soleil en ce moment, le pari s’avère tout de même difficile. Les gens lorsqu’ils le peuvent encore comptent cependant leurs sous, ainsi... les recettes liées au tourisme d’après les données les plus récentes enregistrent une en baisse de 6% déjà durant les cinq premiers mois de l’année, les diverses taxes sur les carburants ont déjà apporté à l’État près de deux cent millions d’euros de moins que l’année 2015 (durant la même période), et pratiquement la moitié des prêts (entreprises, ménages, particuliers) contractés en Grèce (essentiellement avant la crise) ne sont tout simplement plus remboursés (d’après la presse économique de cette semaine).

Les fêtes locales aux villages du pays comme dans les quartiers d’Athènes, les panégyries autrement-dit - rassemblements du peuple à l'occasion d'une (supposée) grande fête religieuse - restent toujours bien populaires. Pour une fois et à l’occasion, les terrasses des restaurants et des bistrots sont remplies le temps d’une soirée, tandis que les citadins et les ruraux se ruent sur les étalages des marchands du... temple, histoire de chiner un vêtement ou un maillot de bain... tout juste digne d’un prix simplement abordable.

Animaux adespotes au Pirée. Juillet 2016

Fête locale à Athènes. Juillet 2016

Les terrasses des restaurants et des bistrots. Athènes, juillet 2016

Les étalages des marchands du... temple. Athènes, juillet 2016

Les riverains et habitués panégyristes de la sorte (“assemblée de tout le peuple” en grec ancien), croient savoir que cette année, les marchands du temple ont été pratiquent tous des immigrés établis en Grèce depuis apparemment un moment déjà, contrairement aux années précédentes où une bonne moitié des marchands étaient des Grecs. “Où sont-ils passés enfin les nôtres ?”, s’écria-t-elle une femme, en soulignant son affirmation d'un large geste descriptif de sa main ouverte. Mystère.

Effectivement les temps changent et... la crise épuise. Ces jours-ci, la presse grecque souligne une fois de plus ces évidences devenus triviales: les Grecs versent 50% à 60% de leur revenu à l’État, après imposition directe et indirecte et après avoir versé leurs cotisations. Ce qui incite le plus grand nombre possible, à s’aventurer dans l’économie parallèle, voire parfois même criminelle, ce qui encourage autant un nombre croissant d’entrepreneurs comme on dit indépendants, à (se) délocaliser.

Avocats, architectes, médecins, consultants et même comptables, préféreront désormais d’exercer leurs activités depuis Chypre, depuis la Bulgarie ou depuis parfois un pays de l’Eurocentre, c’est une évidence. Pour ce qui est des... petits indépendants, surtout depuis la récente réforme du mémorandum Tsipras imposant la hausse des cotisations et des taxes, le calcul fournit par la presse grecque est fort éclairant en la matière.

Sur un chiffre d’affaires annuel disons de 20.000€ par an, un... petit entrepreneur grec versera en taxes, impôts et cotisations 15.000€ à 16.000€, au lieu par exemple de 6.000€ à Chypre ou en Irlande. Ce qui explique autant le non-versement devenu massif des cotisations chez les indépendants, tandis que les autres organismes de prévoyance (beau... euphémisme) se trouvent également au bord de la faillite. Bientôt l’effondrement?

Vieille maison à vendre. Le Pirée, juillet 2016

Demeure bourgeoise... délabrée. Sud d'Athènes, juillet 2016

Demeure bourgeoise du siècle d'avant. Athènes-centre, juillet 2016

La Grèce nostalgique... à travers la presse actuelle. Eubée 1950.

Les dernières vieilles maisons d’un Pirée modeste sont mises en vente dans le quartier où jadis ont eu lieu tant de tournages d’un cinéma grec considéré depuis comme légendaire. En même temps, la Grèce nostalgique... resurgit sans cesse à travers la presse actuelle, électronique ou pas. Au cœur... de l’hiver économique et politique grec.

Le pays, peuplé de dix millions d’habitants, compte alors plus de deux millions d’habitants âgés de plus de 67 ans, et il y aurait au moins un demi-million d'entre eux ne recevant pas de pension de retraite. On y ajoute une autre tranche de 1,5 million de retraités actuels, âgés de moins de 67 ans, et par ailleurs, on sait que 15% des retraités (450.000 personnes) reçoivent environ 40% des dépenses totales consacrées au financement des retraites, un global qui avoisine les 31 milliards d’euros par an (données de la presse économique grecque en 2016).

Notons enfin que plus d’un demi-million de Grecs ont quitté le pays depuis 2010 s’agissant d’une intensification de l'exode, notamment une fuite des cerveaux chez les jeunes, les plus qualifiés (imposés et cotisants) étant les plus mobiles. À plus de 30% de chômage quasi-officiel, et étant donné qu’à présent, même les entreprises parmi les plus importantes quittent le pays, un effondrement de type... Soviétique serait peut-être probable à bien moyen terme.

Employé d'un restaurant en Grèce lors de la fête locale. Athènes, juillet 2016

Par exemple, l’industriel de la branche laitière, FAGE, ayant déjà délocalisé son siège au Luxembourg, annonce la création d’une nouvelle usine productrice de yaourt au Grand-duché, tandis qu’il ferme ses unités de production en Grèce.L’entreprise, fondée en 1926 à Athènes et active dans les produits laitiers avec, entre autres, son célèbre yaourt à la grecque, a décidé d’élargir sa présence au Luxembourg en ouvrant une usine entre Bettembourg et Dudelange. Un investissement de 100 millions d’euros. Une centaine d'emplois seront créés, dont la majorité proviendront d'un partenariat conclu avec l'Adem. Celui-ci couvrira aussi une formation spécifique pour que le personnel soit à même de maîtriser le processus de production des quelque 40.000 tonnes de yaourt prévues par an à destination du marché européen, avec une marge de progression si besoin. L'usine ouvrira au plus tard fin 2018. L'investissement évoqué qui porte sur la première phase de l'usine pourra être doublé, les autorisations ayant été délivrées pour 80.000 tonnes”, note alors la presse luxembourgeoise.

Très... accessoirement, on sait que le coût salarial au Luxembourg est bien plus élevé que sous le soleil de l’Acropole, et ce n’est pas forcement le seul argument en faveur des délocalisations comme aime le faire admettre la doxa ambiante.

Voilier professionnel... grec, sous pavillon français. Athènes, juillet 2016

Dans les quartiers d'Athènes, juillet 2016

La presse vante le café le mois cher du... pays. Athènes, juillet 2016

Nouvelle boutique. “Tout pour le... sexe”. Athènes, juillet 2016

Dans le même ordre d’idées, certains voiliers professionnels appartenant à des sociétés... (initialement ?) grecques, arborent désormais fièrement leur nouveau pavillon français, qui n’est, loin de là, connu pour être un pavillon de complaisance.

Dans Athènes, on arbore aussi volontiers les éloges que la presse publie consacre au sujet “du café le moins cher de la Grèce”. Dans certains quartiers, certains nouveaux commerces... incitent à leur manière et par les temps qui courent à... “Upgrader sa sexualité”, tout devient “délocalisable” d’une certaine façon !

Alexis Tsipras, politicien du moment... Inauguration d’un parc. Presse grecque, juillet 2016

Les nombreux idiots du jeu Pokémon. Place de la Constitution, juillet 2016 (presse grecque)

Baignade près de l'entrée du port. Le Pirée, juillet 2016

Le Pirée devient autant... une zone de pêche, puis, près de l’entée du grand port, les habitués du quartier se baignent sous les ruines des fortifications datant de l’époque très lointaine de Périclès. Ce dernier temps, ceux du “gouvernement” actuel, Alexis Tsipras en tête, se déplacent à la première occasion pour “inaugurer”, tantôt deux nouveau feux rouges et un nouveau parc, tantôt... trois cent mètres supplémentaires en rallonge à la piste de l’aérodrome de l’île de Paros.

Une disposition adoptée à la hâte et de nuit au “Parlement” donne désormais la possibilité à prendre en charge (par l’État) et cela “de manière optimale” les frais de déplacement et de bouche de tout accompagnateur des politiques en voyage officiel, 54 personnes (épouses et compagnes comprises) devraient... escorter Alexis Tsipras à Paros et des chambres d’hôtels 5 étoiles avaient été réservés à l’occasion, sauf qu’après ce que la presse a cru révélé, les apparatchiks Syrizistes ont fait marche-arrière, l’inauguration a simplement nécessité un déplacement aller et retour dans la journée.

Finalement, le ridicule tue, et d’ailleurs il peut coûter bien cher. Pays ainsi embourbé sauf pour ce qui est de certaines initiatives économiques, personnelles et collectives bien fragiles en dehors du népotisme régnant. En attendant... et dans le renoncement général, les (nombreux) idiots s’adonnent au nouveau jeu ‘Pokémon’ Place de la (supposée) Constitution, tandis que le “gouvernement” flirterait de nouveau avec l’idée de provoquer une fois encore, des élections législatives anticipées avant la fin de l’année, d’après certains repartages en tout cas.

Départs de jadis. Presse grecque, juillet 2016

SYRIZA a de plus de plus de mal à courtiser ainsi sa (dernière) clientèle politique, celle des fonctionnaires et des retraités, tout laisse à penser que le “gouvernement” fait et fera tout pour préserver si possible “sa” fonction publique, quitte à précariser jusqu’à l’extrême les salariés du secteur privé (de l’économie formelle), provoquant délibérément des faillites et des délocalisations qui se comptent comme on sait par milliers.

Inutile de préciser qu’au beau milieu d’une telle tempête... le consentement à l’impôt (déjà culturellement et historiquement faible en Grèce), a littéralement volé en éclats. Le ministère des finances vient ainsi de recruter quatre chiens renifleurs... afin de détecter l’argent liquide dissimulé dans les valises, en partance vers l’étranger, aux aéroports et aux postes frontières. Temps de chien !

Le Pirée... zone de pêche. Juillet 2016

Ancienne économie... en musée. Le Pirée, juillet 2016

Café des bords de mer... peu fréquenté. Juillet 2016

Pays ainsi suspendu au cœur donc de son légendaire été. Au Pirée, ceux qui ne partiront probablement pas en vacances, s’adonnent frénétiquement à leur petite pêche favorite une ligne à main bon marché, hameçon, lest... et espoir appropriés, tandis qu’aux bords de mer, les cafés ne sont pas toujours suffisamment fréquentés.

Temps estival et temps des sardines, très prisées il faut dire aussi à cause du prix pratiqué. En dépit des litanies et des panégyries du moment, tout le monde admettra que le lien social n’est (presque) plus en Grèce. Les homicides (parfois au sein des familles) se multiplient, les suicides aussi, sauf que la presse aurait comme consigne de ne pas trop en parler.

“Ne déposez pas ici de la nourriture pour chats...”. Athènes, juillet 2016

Temps... des sardines. Athènes, juillet 2016

Ne déposez pas ici de la nourriture pour chats, sinon j'appelle la Police”, voilà pour l’essentiel de l’avertissement ainsi marqué sur une surface dans un quartier aisé au Sud d’Athènes, près de la mer. Pauvres animaux adespotes et surtout... pauvres de nous.

Le philosophe atypique Günter Anders (1902-1992) avait déjà remarqué ceci en analyste-précurseur de notre temps:

Le mensonge n'avait encore jamais possédé de meilleur instrument: il ne ment plus contre la réalité à l'aide de fausses images, mais à l'aide de la réalité elle-même”, (“L'Obsolescence de l'homme”). L'Obsolescence de l'homme... comme l'Obsolescence... de l'été ?

L'Obsolescence... de l'homme. Athènes, juillet 2016




* Photo de couverture: Le Pirée... zone de pêche. Juillet 2016

7 commentaires

Jacoti a dit…

Grèce : les 2/3 des gens qui ont encore un travail ne sont payés qu’avec plusieurs mois de retard
25 juillet par Tassos Anastassiadis


Ainsi aussi, la mode récente des faillites, ce qui permet d’économiser ces retards dans la mesure où les travailleurs arrivent en dernier pour toucher leur dû, après les banques et autres créanciers européens ou grecs... Sur les seules dernières semaines, ont ainsi fait faillite, entre autres, un des plus grands hôtels athéniens de luxe (Ledra, pourtant rempli à 98 %  !), une de plus grandes sociétés de sécurité (Pyrsos, 800 personnes) ou encore la plus grande chaîne de supermarché (Marinopoulos, ex-Carrefour  !) avec 12 500 travailleurs.

À Salonique, une autre grande société hôtelière (Metropolitan et Theoxenia) a fait mieux en imposant à ses salariés une baisse des salaires, à 500 euros, en dessous même du salaire minimum (586 euros) qui avait été imposé nationalement par la troïka. Avec l’inversion de la hiérarchie des conventions, elle en a le droit  ! Il est vrai que la plupart des grands partons jusqu’à maintenant se sont contentés de la baisse nationale des salaires exigée par la troïka (de 751 euros en 2011) et des autres flexibilités, possibilités de non-­rémunération, précarisation, externalisations, etc.

http://www.cadtm.org/Grece-les-2-3-des-gens-qui-ont#.V5ZJu_I8KZs.facebook

Denis Monod-Broca a dit…

Terrible citation de Gunther Anders ! Elle n'est que trop vraie...
Comment sortir de ce piège ? comment échapper à la déraison ?
Croire ! croire que les mots ont un sens ! croire en la parole, en la conscience, en la liberté ! croire que la vérité existe, différente du mensonge ! croire qu'on peut s'en approcher sinon bien sûr l'atteindre... Croire c'est-à-dire douter mais croire quand même !

katzi a dit…

Merci Panagiotis pour ce regard, qui bien sûr nous renvoie à notre impuissance. Personnellement, je ne souscris vraiment pas à la parole de cet auteur, car s'il y a 'obsolescence" ou impuissance, elle ne vient pas de l'humain et c'est le moment ou jamais au lieu de l'intérioriser, de pousser plus loin l'analyse face à nos bourreaux, dont le manque d'âme n'a depuis longtemps rien d'humain-et il y a des auteurs pour ça Trouver une réponse vitale pour rétablir le respect de notre valeur est sans doute "surhumain";mais nous ne sommes pas seuls, et pas question pour moi du moins d'encenser ce type d'écrits (ou Cioran, Heidegger, etc...)inconsciemment utilisés, comme des implants, pour limiter et rabaisser notre image.Malgré le désastre voulu par d'autres, l'humain dispose encore de capacités exceptionnelles sans se laisser atteindre par ces discours parasites mortifères...

Unknown a dit…

Oui et pourtant votre corps social tient,résiste et même invente de ces petites stratégies quotidiennes illégales peut être mais si légitimes !
Dans le pays que j'habite on fait des révolutions pour moins que ça et ...l’état explose en vol .
Puis on prend les mêmes et on recommence ...
Est ce que par hasard cela aurait quelque chose à voir avec "le génie propre des peuples de Méditerranée "?
Mais bon je sais : ce que je dis ne remplit pas les assiettes ,ne paye pas les fournitures scolaires ...


cesar fabienne a dit…

Μολον λαβέ !!!

NicodeFreja a dit…

Bonjour,
Juste pour votre information, la présence de bateaux de charter (bateaux de location) n'a rien à voir avec la crise grecque. Ce sont tout simplement des bateaux achetés par des propriétaires français, mais mis en exploitation (location) auprès de sociétés de charter grecques (comme Kiriakoulis par exemple).
On trouve également en Grèce des bateaux de propriétaires italiens naviguant sous pavillon français: ceci est du à la législation française sur les leasing des bateaux qui permet d'économiser 10% sur la TVA, voire d'être exempté de TVA si le bateau navigue en dehors des eaux communautaires pendant un certain délai.
Enfin on trouve également des navires navigant sous pavillon belge, dont le propriétaire n'a jamais mis les pieds en Belgique: ceci est due à une réglementation belge sur les permis de navigation ainsi que la dotation en armement de sécurité très permissive, alors que de nombreux pays européens (France, Italie, Espagne ....) ont une réglementation très sévère à ce sujet.
La présence de bateaux sous pavillon autres que grec dans les sociétés de charter grecques a bien d'autres raison que la crise grecque. Au contraire, la fiscalité des bateaux de location, malgré une légère augmentation cette année, est plutôt plus légère comparée à d'autres pays européens. Et le secteur de la location de bateaux en Grèce ne s'est jamais aussi bien porté, l'année 2016 promet d'être un millésime encore exceptionnel.
Pour le reste, navigateur projetant de m'installer définitivement en Grèce, je parcourrai votre blog avec beaucoup d’intérêt.

Panagiotis Grigoriou a dit…

@ NicodeFreja

Bonjour,

Merci pour votre commentaire bien intéressant. Toutefois je dois signaler ceci à propos de votre témoignage: lorsqu vous écrivez que " le secteur de la location de bateaux en Grèce ne s'est jamais aussi bien porté, l'année 2016 promet d'être un millésime encore exceptionnel"; ceci n'est pas vrai. Le secteur est à -20% cette année en rapport avec 2015, pour les professionnels Grecs en tout cas, les chiffres sont fournies par le représentant de la branche (EPEST) Antonis Stelliatos et l'article est publié au quotidien économique spécialisé Naftemboriki le 11 août - http://www.naftemporiki.gr/finance/story/1135584/brikan-se-neo-ufalo-to-2016-ta-skafi-anapsuxis.

Ce professionnel dénonce cette situation où la location de bateaux en Grèce sous d'autres pavillons et sociétés immatriculées (ou pas... immatriculées) ailleurs se pratique en réalité souvent illégalement, car d'après la législation grecque, ces dernières doivent aussi ouvrir une succursale immatriculée en Grèce et ainsi verser par exemple la TVA (correspondant à chaque affrètement) en Grèce (12%), entre autres obligations, et ce n'est que rarement le cas. La mondialisation n'est pas toujours "simple" !

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