dimanche 10 juillet 2016

Repêcher... l'Union Européenne



Notre temps actuel, et pour ainsi dire l’intervalle en cours, 2015-2017, n’est pas une simple marque dans ce premier déroulement chronologique du XXIe siècle. Elle indique plutôt un seuil, un moment qui dévoile l’achèvement d’une époque et il devient ainsi possible de déceler les prémisses du probable (ou de “l'infaisable”) à venir. Notre époque-charnière, cette ère de transition s’étale déjà, de la crise grecque (en réalité crise européiste), à la contestation généralisée du système dynastique de l’Union Européenne ; son démantèlement est en cours... malgré elle, et le BREXIT ne constitue que la première étape... grandeur nature.

Dessin d'époque, presse locale, île de Póros, juillet 2016

Les masques tombent on dirait aussi sous le regard du grand lectorat de la presse inféodée, Barroso étant en réalité (même indirectement) placé à la Commission Européenne par Goldman Sachs (et par les autres institutions... dirigeantes de l’Occident actuel), comme à peu près c’est le cas des politiciens, et voilà que le journalisme... pratiquant, “découvre” enfin la... dernière “Pluie de critiques après l’embauche de Barroso par Goldman Sachs” .

Ainsi, l’embauche, devient... officielle sous forme de retraite dorée, il occupera les fonctions de président non exécutif de Goldman Sachs International enfin, précipitation dans les événements ? Tel est d’ailleurs le... sort heureux des anciens de la Commission, et autant des politiciens, ayant déjà rempli le rôle de marionnette.

Autre exemple, Maria Damanáki femme politique supposée de gauche, comme de la très supposée gauche en Grèce, ancienne commissaire aux Affaires maritimes et à la Pêche à Bruxelles, elle a été placé en... pantouflage doré, dans une ONG, elle devient ainsi “Global Managing Director for Oceans at The Nature Conservancy”.

Le dernier caïque de type “Tserniki” dans le port de l'île d'Hydra. 2016

Pour le... très large peuple, supposé ignare car forcement éloigné des faits majeurs participant du processus décisionnel alors “global”, ces ONG seraient ainsi fort fréquentables du fait de leurs missions et préoccupations apparentes... plus environnementales que jamais.

La réalité est hélas fort différente, et pour ce qui tient justement de la Commission aux Affaires maritimes et à la Pêche à Bruxelles, l’essentiel de sa politique relève des intérêts (entre autres) des multinationales du pétrole, géants “globalisateurs”, à l’origine du financement d’une multitude d’ONG (comme autant de certains programmes de recherche) à la vitrine d’ailleurs fort écologiste, dont le but (entre autres) c’est de récupérer certaines zones de pêche pour leur propre prospection et ensuite exploitation futures.

De ce fait, la politique dans le domaine de la pêche ainsi imposée... projette en ce moment même la mise à mort de la pêche artisanale, d’où la destruction en cours des centaines de milliers de bateaux de pêche à travers l’Europe soumise, tout en détruisant (en Grèce en tout cas), une culture et autant un art, liés à la construction navale Égéenne, vieux de trois mille ans.

Caïque en Grèce. Péloponnèse, juillet 2016

En mer. Golfe Saronique, juillet 2016

La presse d’Athènes s’insurge comme elle le peut de cette destruction de plus de 11.500 bateaux traditionnels (jusqu’en 2015 déjà), autant œuvres d’art, outils non seulement usuels mais ainsi marqueurs culturels sensibles d’un bout à l’autre de l’archipel égéen grec (et pas seulement), à l’instar du “Quotidien des Rédacteurs” en 2015.

La presse locale du Golfe Saronique et Argolique quant à elle, par exemple celle des îles d’Hydra et de Póros, remarquera à son tour non sans tristesse, l’heureuse présence dans le port d’Hydra du caïque “Agios Nikólaos”, sans doute dernier exemplaire de type Tserniki en Grèce et vieux déjà de 106 ans. On y apprend que le bateau avait été construit à l’île de Samos en 1910, et il est l'un des rares types de bateaux qui ont été préservés en Grèce, toujours utilisé par son actuel propriétaire, type caractéristique de petits bateaux (de 9 à 18m) attesté parfois dans le Danube, puis en mer de Marmara en Turquie et ainsi fabriqué principalement du côté grec, dans les îles de l'Égée orientale et cela jusqu’en 1945.

Je ne suis pas un passéiste, et j’ai été parmi les premiers à tirer le signal d’alarme quant à certaines dérives de la pêche locale, lorsque par exemple j’ai séjourné durant plus d’une année au sein d’une communauté de pêcheurs de l’île de Lesbos, pour les besoins de ma première longue enquête de terrain en tant que jeune (à l’époque) anthropologue (“Technique traditionnelle et formes de sociabilité dans l'île de Lesbos”).

Vue de l'île de Póros, juillet 2016

Zone de pêche. Golfe Saronique, juillet 2016

Sauf que la politique de la Commission en la matière, ne vise absolument pas à protéger les espèces pélagiques, mais plutôt, à détruire toute possibilité de pêche “en local” pour ainsi promouvoir la seule mondialisation du secteur (et) des très gros navires de pêche, puis une certaine pisciculture et évidemment, les intérêts des... pétroliers “écologistes”.

Dans la Grèce actuelle, économiquement et politiquement occupée par l’absolutisme européiste et par les épigones de cet expansionnisme pratiqué notamment par élites de l’Allemagne, nombreux sont ceux qui s’adonnent à la pêche pour ainsi se procurer de la protéine, l’ensemble du pays très côtier est ainsi concerné, et ce n’est plus qu’une pratique du type loisir. On pêche à la ligne, comme on utilise au besoin sa petite embarcation, ou même celle du cousin. Et le... surplus de poisson, surtout en période estivale, est parfois vendu aux habitants, voire aux touristes, procurant alors un petit revenu essentiel à nos chômeurs... résiduels.

Déjà, lors de la précédant Occupation (Allemande et Italienne en Grèce entre 1941 et 1944), la pêche était formellement interdite, sauf lorsqu’elle était suffisamment “encadrée”, autrement-dit pratiquée pour les besoins des forces armées occupantes. L’historienne Sheila Lecoeur, dans son ouvrage “Mussolini's Greek Island: Fascism and the Italian Occupation of Syros in World War II” rapporte, d’après ses sources, l’exécution de certains pêcheurs des Cyclades, affamés tout comme leurs familles, ayant ainsi bravé l’interdiction.

Restaurants... non-remplis. Péloponnèse, juillet 2016

Je crois... savoir que dans les attentions des eurocrates, figurerait, d’abord la plus stricte réglementation de la pêche... des amateurs dans nos pays, et ensuite si possible alors, son interdiction pure et simple, sauf qu’ils n’osent pas trop afficher leurs attentions pour le moment.

N’en déplaise ainsi aux naïfs et aux européistes, cette politique... globale sous couvert d’écologie, ne relève pas seulement du lobbysme pour le compte des... “Seigneurs”, au détriment des intérêts des citoyens, elle est d’abord et surtout un projet totalitaire, visant à ôter aux nations, aux peuples (supposés) souverains, ou aux populations locales, toute possibilité de faire face à une crise alimentaire majeure (par exemple provoquée), il en est de même lorsqu’on considère le contrôle que ces mêmes “Seigneurs” imposent sur l’emploi des semences dans l’agriculture, sans parler du transgénique... triomphant.

Il se peut alors que les... sujets dans certains pays bénéficieront prochainement d’un revenu dit d’existence, virtuel évidemment, comme déjà il y cette nouvelle obligation faite aux pauvres bénéficiaires des rares aides sociales en Grèce par le gouvernement Tsipras, à recevoir la moitié de la somme en espèces et l’autre moitié, versée sur une carte bancaire rendue obligatoire; histoire de tout contrôler, absolument... de la vie, jusqu’à la mort, économique, puis tout simplement physique.

Presse grecque. Juillet 2016

“Mon rêve, voir Tsipras en prison”. Manifestation à Athènes, mai 2016 (presse grecque)

L’exemple pris sur les affaires de la maritimité, de l’insularité et de la pêche, est évidemment généralisable à travers l’ensemble des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE), les Grecs finissent par le comprendre me semble-t-il enfin. Sauf que la clique qui nous gouverne en violation flagrante et déjà... historique de notre Constitution, fait semblant de tout ignorer, et elle se déclare attachée “à cette Europe, ou à une autre Europe”, tout en bradant illégalement une bonne partie des biens de l’État (et du peuple grec) via la... Treuhand à la grecque, dirigée par les... maîtres depuis Berlin et depuis Bruxelles.

On apprend en consultant le site internet de cette société anonyme, qu’il s’agit... dans un premier temps de plus de 35.000 biens immobiliers, de six îles, de 135 plages, de deux monuments historiques, d’une vingtaine de thermes, d’une grotte, sans oublier les hôtels, les campings, les marinas, la liste est bien longue.

On vient aussi d’apprendre que le Théâtre de la colline du Lycabette à Athènes figure dans cette liste, et aussi, le Palais et lieu emblématique de Corfou, Achilléon, il fut le palais construit à la demande l’Impératrice Elizabeth d’Autriche, la célèbre Sissi, laquelle tomba amoureuse de Corfou et y séjourna plusieurs années. Après son assassinat, le lieu fut racheté par le Kaiser Guillaume II d’Allemagne avant de devenir enfin propriété de l’État en Grèce ; les descendants politiques du... Kaiser n’ont certainement pas la mémoire courte !

Commerce abandonné. Trikala en Thessalie, juillet 2016

Demeure à louer depuis plus de... deux ans. Trikala en Thessalie, juillet 2016

Monument... encore libre. Région de Trikala, Thessalie, juillet 2016

Dans ce contexte, où les retraites ont été de nouveau réduites en ce mois de juillet, un retraité du triste et ensoleillé pays, Nikos Roussounélos de son nom, vient d’adresser une lettre ouverte au Président de la République, et pour une fois, la presse n’a pas ignoré la nouvelle.

Nikos Roussounélos 83 ans, et son épouse 82 ans ont soudainement perdu 400 euros de leurs pensions d’après les critères établis par la loi 4387, récemment adoptée par les 153 députés de SYRIZA/ANEL. Ce couple de personnes âgées percevait précédemment le montant global (deux pensions cumulées) s’élevant... à 1.400 euros. Au matin du 28 Juin, lorsque Nikos est allé à la banque pour percevoir une partie de sa retraite ainsi que celle de sa femme (handicapée et ainsi clouée au lit), il a constaté que leur pensions ont été amputées de la somme des 410 euros, note ainsi la presse (“To Pontíki”, daté du 9 juillet).

Retraités nourrissant les chats sur la terrasse d'une taverne. Péloponnèse, juillet 2016

Monsieur le Président de la République de Grèce, Monsieur Prokópis Pavlópoulos, je vous adresse mes salutations les plus chaleureuses. Je m’adresse à vous pour deux raisons. D'abord parce que j'ai eu le plaisir et le bonheur de vous rencontrer par le passé, et je sais très bien quelle est votre sensibilité, et d'autre part, parce que je ne reconnais plus personne parmi ceux qui nous gouvernent pour ainsi leur adresser même la parole. Je ne les reconnais plus, parce qu'ils se situent en dehors de la Démocratie, et parce qu’ils ignorent tout de sa signification, et cela, vient d’être enfin prouvé par leurs actes. Ils ont tout détruit de la Grèce! Honte à eux!

Je suis âgé de 83 ans, et je suis aussi un malade, souffrant de diabète de type II. Mon épouse âgée de 82 ans est alitée suite une à insuffisance cardiaque sévère. Nous deux, nous sommes à la retraite, nos seuls revenus sont nos pensions, d’un montant de 1.400 euros par mois au total. En une seule journée, suite aux récentes réductions, nous avons vu que nos pensions ont été diminuées d’un montant de 410 euros! Ainsi, notre revenu mensuel à deux... peut ainsi atteindre les 1.000 euros. Pas besoin de faire d'autres commentaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Ce que je vous demande, avec tout le respect dû à votre personne comme à votre fonction, c’est de recommander aux dirigeants politiques que de cesser d’apparaître à travers les medias avec ce sourire devenu permanent, ils devraient du moins faire preuve d’un peu de respect devant les Grecs lesquels sont en train de souffrir tant en ce moment!

Pourquoi donc tous ces sourires? Tout se passe-t-il alors bien ? Se réjouissent-ils peut-être de la souffrance du peuple ? De sa paupérisation ? De sa mise à mort? L'arrogance du pouvoir atteint enfin avec ces gens bien de sommets! Je me sens stupide, débile, ma colère est grande ! Je n'imaginais pas que vers le crépuscule de ma vie, j’allais connaître cette misère avec ce ‘non-gouvernement’ de la Gauche!

Si du moins, ma femme et moi... nous pouvons encore sauver notre Patrie (c'est évidemment impossible), du moins, nous alons ainsi 'partir' heureux. Avec tout le respect, Nikos Roussounélos.

Cafés et restaurants sans clients. Trikala, Thessalie, juillet, 2016

Commerce en faillite. Trikala, Thessalie, juillet 2016

Ailleurs, d’autres retraités peuvent encore fréquenter parfois les tavernes populaires comme on dit, et ainsi nourrir à l’occasion... nos animaux adespotes (sans maîtres).

Sauf chez la nomenclature Syriziste, partout où je me trouve en Grèce, je perçois clairement cette énorme... brûlure qui ronge le peuple, Tsipras et les siens sont ainsi qualifiés de criminels politiques, voire, de criminels tout court. Le jeu politique ayant été neutralisé par l’Union Européenne et par les marionnettes locales, il devient difficile de prédire les suites éventuelles, après un effondrement... ou après l’implosion (ou même, l’explosion sociale).

Les nouvelles de l’économie grecque sont... alors plus alarmantes que jamais, faillites en série, suicide de Mamidakis, le patriarche avait 84 ans (d’unefamille connue d’entrepreneurs pétroliers et raffineurs) après la faillite de son entreprise “Jet Oil”, faisant suite à la faillite en cours de Marinópoulos (ex Carrefour) et de deux cent mille prochaines faillites d’après la presse grecque (Kathimeriní), d’ici l’hiver prochain. Il y q enfin le refus mais aussi l’impossibilité de payer l’impôt, TVA comprise, et le gouvernement vient de dépêcher les agents du fisc sur les terrasses des îles et des plages, tandis que le Ministre Kourouplis a été pratiquement chassé de l’île de Milos, donc l’avenir serait bien prometteur !!!

Marinópoulos, ex-Carrefour Grèce. Photo de la presse, 2016

Enfin, Rinaldi, un ancien du bureau politique SYRIZA, déclare à la presse que la... trahison avait été préparée entre 2012 et 2014 et qu’en 2014, un document non-officiel rédigé par le numéro deux de SYRIZA, Dragasákis, circulait et indiquait déjà “qu’il est hors de question de déchirer les mémoranda”.

Notre temps actuel, et pour ainsi dire l’intervalle 2015-2017, n’est donc pas une simple marque dans ce premier déroulement chronologique du XXIe siècle, en Europe déjà. Le Brexit déjà affirmé, les tentatives de renverser le sens des réalités et du vote, plans européistes dits d’urgence, car tout y est, s’amplifient, sans compter sur le projet de l’Europe à Six (de VGE), ainsi plat réchauffé de la dernière heure ; et pourtant, enfin une certitude: tout le monde comprend que l’UE est un cadavre.

J’observe qu’un texte vient d’être publié par le “Figaro”, une sorte de manifeste, (signé entre autres par Jacques Sapir, Paul Jorion, Michel Onfray et Jean-Pierre Chevènement) pour une négociation des Traités, où on peut lire entre autres: “D'abord rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits dans une Europe confédérale qui serait faite de l'entente et de la coopération entre les nations: cela suppose une réorganisation profonde des compétences et, le cas échéant, du mode de désignation des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE). Il faudrait notamment outiller le Conseil européen où vit la légitimité démocratique en le dotant des services capables de préparer et exécuter ses décisions. De même le Parlement européen devrait procéder des Parlements nationaux pour que les compétences déléguées puissent être démocratiquement contrôlées”.

Presse grecque, juillet 2016

C’est vrai, on rentre dans un processus de déconstruction. Je ne comprends pas pourtant, (la question est peut-être rhétorique), pourquoi ainsi, au sujet des... “Institutions”, il va falloir les... désigner de nouveau, les redéfinir (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE) ou encore... “outiller” le Conseil européen, au lieu de tout abolir et de revenir aux États-nations des peuples souverains, dotés de Constitutions démocratiques; lesquels auront enfin tout le temps et le... loisir pour ainsi reprendre le chemin des Traités bilatéraux et polyédriques à leur guise.

Je dirais enfin, que ce... sympathique appel, sonnant ainsi l’heure de la “refondation” et du retour aux sources de la... légitimité démocratique pour l’Union Européenne (et c’est déjà un oxymore), s’apparente plutôt à un équivalent du programme de Gorbatchev... et de son Antiquité bien tardive, intitulé comme on sait Perestroïka. La suite fut depuis connue, et c’est plutôt mon ami l’historien, politologue et romancier Olivier Delorme, qui est plus clair dans son analyse, que d’ailleurs je partage, lorsqu’il écrit:

Un appel bien ‘sympathique’ et qui ne sert strictement à rien, parce qu'il ignore le fait fondateur, fondamental, incontournable qui est que ce qu'on appelle l'Europe a été conçue dès Monnet pour servir exactement à quoi elle sert. (...) Les rapports de force construits depuis le traité de Rome par l'oligarchie n'en ont rien à secouer des peuples quand ils s'expriment... pourquoi tiendraient-ils compte des sympathiques propositions de 20 intellectuels ? On ne réforme, on ne réoriente, on ne refonde pas un carcan ; un carcan, on le brise ou on y crève”. C’est alors ainsi que l’irrécupérable Union Européenne des eaux troubles, ne sera pas... repêchée.

Devant l'îlot de Modi, juillet 2016

Au gré des vents. Golfe Saronique, juillet 2016

Nous échangeons... parfois au mouillage. Golfe Saronique, juillet 2016

Nous naviguons ainsi parfois au gré des vents comme au gré de l’histoire. Devant l'îlot rocheux de Modi, on pense alors aux vestiges d'un port et d’un naufrage, datés de la fin de la période mycénienne (XIIe siècle avant notre ère), découverts sur place par les archéologues en 2009.

Au mouillage dans une baie, on échange de temps à autre avec les propriétaires Français d’un voilier identique à celui de “Greece Terra Incognita”, le mât, les voiliers... puis les retraites, des Grecs, des Français... et des autres.

Achèvement d’une époque où il devient possible de déceler enfin les prémisses du probable... toujours au gré des vents.

Les... prémisses du probable. Trikala, juillet 2016




* Photo de couverture: Petit caïque. Péloponnèse, juillet 2016

7 commentaires

TEBOUL René a dit…

http://in-girum-imus.blogg.org/chronique-du-brexit-vii-la-politique-europeenne-sans-boussole-a126357682
Les fantaisies de Barroso n'en sont pas c'est toute la commission qui est vendue à l'oligarchie, on en voit pas pourquoi on critiquerait le pantouflage de ces crapules. C'est l'ADN de la Commission européenne.
https://resistanceinventerre.wordpress.com/2015/11/02/leurope-du-pantouflage-se-construit-a-bruxelles/

Effectivement c'est le début de la fin quand on commence à négocier ou renégocier ce qui doit être aboli unilatéralement. Jorion c'est normal qu'il signe un tel texte, c'est plus étonnant de Sapir.

jcd a dit…

On ne peut qu'être d'accord avec vous et Olivier Delorme. Cela fait plus de vingt ans que Corinne Gobin, politologue à l'Université de Bruxelles explique cela. Mais telle Cassandre, nul ne la croyait. S'il faut construire une Europe, cela ne peut se concevoir que sur les ruines de l'UE. L'inquiétant aujourd'hui, c'est l'espèce de préparation à l'idéologie guerrière avec la Russie. Une fuite en avant ? Une tentative de regrouper les citoyens des Etats de l'Europe centrale et occidentale dans un but "patriotique" "européen". Cela fait peur.

katzi a dit…

Tout est dit, et à diffuser sans limites

Credo répandu par Monnet,(courrier à un ami, 30 avril 1952):
"Les nations d'Europe doivent être guidées vers un super-Etat sans que les populations ne comprennent ce qui se passe. Ceci peut être accompli par étapes successives, chacune déguisée comme ayant un but économique, mais qui finira par conduire de manière irréversible à la fédération"

Mieux vaut comprendre tard que jamais.

Courage et lucidité solidaire, urgente pour nous,

katzi

JFA a dit…

David Rockefeller, juin 1991, discours à la Commission Trilatérale :
« ..Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et aux autres grandes publications dont les dirigeants ont assisté à nos réunions et ont respecté leurs promesses de discrétion pendant presque quarante ans.
Il nous aurait été impossible de développer notre plan d’action pour le Monde si nous avions été sous la lumière des projecteurs pendant toutes ces années. Mais maintenant, le Monde est plus sophistiqué et mieux préparé à la marche vers un gouvernement mondial.
La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée au cours des siècles passés… »
Tout était déjà dit mais personne ne le croyait.... Edith

zozefine a dit…

L'UE telle qu'elle pourrait être rêvée, (con)fédération d'états, demanderait que chaque état abandonne une partie de sa souveraineté au bénéfice du tout, qui redistribuerait aux différents états ce qui est de son ressort - et je pense au fonctionnement pratiquement sans heurt de la confédération helvétique dans ses rapports avec les différents cantons (très autonomes par certains aspects, pe la fiscalité, la police ou l'éducation, ayant de plus chacun une constitution, et dépendants de la confédération, pe l'armée, les grands axes routiers, les affaires étrangères - en fait peu de choses). Ça fonctionne très bien. Mais à ce fonctionnement sans heurt, la démocratie directe n'y est certainement étrangère (du bas vers le haut, referendums et initiatives partant de la population, majorité des voix et des cantons (sauf dans le cas de consultations cantonales, voire communales), décisions populaires souveraines). Le peuple suisse (hétérogène religieusement, linguistiquement, politiquement, culturellement, et même spatialement) est satisfait du fonctionnement de son état à une écrasante majorité (78%). Cela fonctionne, mais c'est une mécanique très très compliquée, délicate, et qui fonctionne avant tout par la négociation. En fait, ce qui unit avant tout le peuple suisse, en tant que peuple, c'est son système politique. D'où son refus d'intégrer l'UE. Et l'UE ne ressemble ni de près ni de loin à cette mécanique démocratique subtile et élaborée. L'ADN de l'UE est dans la CECA, le charbon et l'acier, la France et l'Allemagne, et tout ce qui s'est passé ensuite n'a été qu'un prolongement de plus en plus économique, de plus en plus financier, de cette "union" des élites capitalistes et des banques. Et qui dit gros pognon dit non respect des peuples : le fric déteste la démocratie. Quand l'architecture d'un système ne permet pas d'autres intrants que ce qui est permis au départ, alors rien ne le changera fondamentalement. Le but était de lier économiquement la France et l'Allemagne, en partant du principe que la racine de la guerre est dans l'économie. Du coup, la guerre a bien lieu, mais elle est économique. C'est une vraie guerre, avec des populations sacrifiées, des pays ravagés : avant tout, les plus faibles, les plus fragiles, les moins outillés pour cette guerre-là (agriculture non concurrentielle, PME locales, circuits courts, etc.) - pays qui sont par contre mis sous tutelle et colonisés pour ce qu'ils sont d'intéressant : l'énergie, l'environnement, les sites culturels, leur situation géographique). Mettre dans le même panier l'Allemagne réunifiée, ultra exportatrice, hyper industrialisée, énorme éléphant mégalomaniaque et parano, et des pays comme le Portugal ou la Grèce, en leur demandant la même compétitivité avec la même monnaie ? Comment croire une seconde que cela peut marcher, si de la part de l'éléphant, il n'y a pas d'autre désir que de dominer ces nains économiques pour sa propre survie et se servir comme au supermarché - dans ce marché ouvert ? Bref, pardon de m'être étalée. Je pense que la destruction rapide, même très douloureuse, de l'UE et de l'€ est un pré-requis à la survie des populations victimes de SOCIOCIDE. GREXIT, LEXIT, UEXIT. Vite !

Denis Monod-Broca a dit…

E-mail envoyé au Monde :

"La Grèce sauvée !?...

Dans le dossier du Monde sur la Grèce, supplément économie des 14 et 15 juillet, il revient comme un leitmotiv, répété et répété encore, que la Grèce en juillet 2015 a été sauvée, qu'elle a évité la faillite, qu'elle a été maintenue dans la zone euro. Tout cela est faux, archi-faux.

La Grèce n'a pas été sauvée, ses souffrances s'aggravent au contraire sans discontinuer jour après jour depuis six ans. Elle perd progressivement ses forces. Désormais incapable de réagir aux mesures qui lui sont imposées, elle les subit, passivement, sans plus de manifestations.

La Grèce n'a pas évité la faillite, sinon provisoirement. Sa dette est insoutenable. L'Allemagne ne veut pas l'admettre, par principe, mais c'est indéniable, elle est strictement insoutenable.

La Grèce n'a pas été maintenue dans l'euro. Le contrôle des capitaux fait de l'euro utilisé en Grèce une monnaie différente de l'euro utilisé ailleurs en Europe. Le maintien du même nom pour ces deux monnaies est une fiction dictée par l'idéologie.

Nous n'avons pas sauvé la Grèce. Par lâcheté, par aveuglement, par orgueil, nous lui infligeons un supplice épouvantable, sans espoir, sans fin.

Quand le camp du bien fait le mal, rien ne l'arrête, il ne connaît pas de limites."

katzi a dit…

Re-bonsoir,
L'exemple suisse décrit par zozefine est intéressant, mais nous en sommes loin, du moins tant que nous ne sortons pas des griffes des vrais "commanditaires" de l'UE, et non seulement du joli conte officiel de ses origines (franco-allemand, énergétique, etc...). De même, comment s'étonner des mensonges dictés aux chiens de garde du Monde actuel (racheté par qui déjà ?), dont le néo-con Le Parmentier, et autres Quatremer, Charrier des autres mainstream..comme le dit si simplement Rockefeller lui-même.
Jusqu'en septembre où après la claque du Brexit, ils cherchent tout moyen de prolonger le cadavre UE (le temps de faire passer toujours plus de traités et diktats esclavagistes et d'extinction). Et si un "programme"concocté par Soros, ou les douces rêveries intello"réformistes" ne prennent plus,si nous ne nous réveillons pas d'une guerre planifiée depuis Monnet, d'apparence économique,il est évident qu'ils utiliseront les provocations envers la Russie, pour l'imbécile militarisation à l'ancienne, dont cette fois les conséquences risquent d'être irréversibles. D'ailleurs hier Merkel a été envoyée urgemment, dans la dictature du Kirghistan, bien évidemment au secours des peuples européens. Toute initiative de notre part, ne prêtant plus aucun crédit à ce sinistre théâtre, ne peut qu'être positive. Merci Panagiotis et à vous tous

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