vendredi 26 février 2016

Oiseaux migrateurs



Le Chaos provoqué rejoint constamment le Chaos provoquant. Êtres refugiés et âmes migrantes débarquent par milliers au Pirée chaque jour comme chaque nuit. Les quais, les squares, les places, les routes et les autoroutes grecques regorgent de cette masse humaine errante, au nombre estimé... allant de vingt à cent mille âmes, suivant les estimations forcement contradictoires. Âmes que jamais personne n’a voulu accueillir en réalité en Europe. “Oiseaux migrateurs” dans une phase... décisive apparemment bien imminente dans la planification européiste et mondialisante concernant d’abord la Grèce, pays méthodiquement détruit et alors transformé en territoire.

Migrants et réfugiés au... débarquement. Le Pirée, le 24 février (Presse grecque)

À Bruxelles on croit même connaître la suite de l’histoire, et cela d’ailleurs pour cause. D’après certaines fuites formulées par un cadre européiste devant le journaliste et eurodéputé SYRIZA Kouloglou, “‘Ce mois de mars réserve à la Grèce une apocalypse comme jamais... depuis la fin de la dictature des Colonels’. Le plan connu des conclaves européistes consiste à faire de la Grèce le ‘dépotoir des âmes migrantes’, très cyniquement, tout le temps nécessaire a été gagné par l’Europe du Nord, pour ainsi de préparer... sa fermeture”, commente Stélios Kouloglou sur le site d’information dont il a été l’initiateur.

Les derniers masques sont tombés... derrière les lambeaux empoisonnants de l’européisme finissant. Il est grand temps de mettre aussi fin à l’UE, avant que la haine ne déborde alors toutes les... autres frontières du possible.

Les derniers masques sont tombés... sur les lambeaux empoisonnants de l’européisme finissant... sauf que SYRIZA fait mine de ne le découvrir que seulement à l’instant... dernier. Analysée à sa manière par Panagiótis Lafazánis (homme politique de gauche, ancien de SYRIZA et chef de l’Unité Populaire) sur la radio du Pirée 90,1 FM, dans la soirée du 25 février, “La géopolitique du moment, relève autant de la politique des Occidentaux, que de celle se résumant au chantage exercé par la Turquie. Pour ne plus faire échouer les refugiés et migrants sur les îles grecques, la Turquie néo-Ottomane d'Erdogan exige enfin qu'on lui laisse les mains libres en Syrie”.

L'UE... vue des Grecs. Presse d'Athènes, février 2016

Migrants et réfugiés sur les routes grecques. Presse du 26 février

Au Pirée. Presse grecque du 25 février

Très précisément, la Turquie officielle aspire à poursuivre sa politique d’écrasement de l’autonomisme des Kurdes, en... détruisant au besoin des bourgades entières et en même temps, composer si possible... amicalement (ou pas, c’est selon), avec les tenants néo-totalitaires de l’État Islamique, co-introduits comme on sait dans le jeu par les... Grandes puissances de notre... Occident, pays de l’UE compris”.

La politique américaine demeure toutefois perplexe depuis un petit moment déjà. Seulement, la présence de la flotte de l’OTAN en mer Égée... sous prétexte de faire face au problème des refugiés et des migrants, ambitionne avant tout... à contrôler cette zone sensible, devant l’incursion accrue des forces navales de la Fédération de Russie en Méditerranée. Très probablement, en prévision d’un possible grand engagement direct des forces armées des Puissances, ou sinon... par procuration, comme c’est d’ailleurs déjà le cas”.

Quant à l’Allemagne, elle est finalement tenue par la politique turque dans tout ce jeu. Comme pratiquement cinq millions d’électeurs dans ce pays sont d’origine turque, et comme alors leur comportement électoral demeure largement tributaire de la ligne de la Turquie toujours très officielle, ces électeurs composent ainsi assez souvent cette masse critique étant capable de faire pencher assez souvent la balance électorale”.

L'UE ! “Quotidien des Rédacteurs” du 25 février

Bazar athénien. Février 2016

EU et EXIT... au sens pluriel. “Quotidien des Rédacteurs” du 24 février

Sauf que la Grèce n’a aucun intérêt de poursuivre ainsi dans... sa politique allemande, celle de SYRIZA depuis sa trahison. C’est la peur qui fait encore tenir le peuple, la peur, ainsi que la propagande de l’escroquerie du siècle, nommée Euro. Au moment de son introduction par le gouvernement (PASOK) sous Costas Simítis, pour acheter un mark allemand, il fallait verser deux cent drachmes de l’époque, tandis qu’à l’époque de l’euro - en réalité il s’agit de la monnaie impériale de l’Allemagne imposée aux autres pays avec la complicité de leurs élites - la parité a été fixée à trois cent quarante drachmes pour un euro”.

Ce qui veut dire que d’entrée de jeu, les Grecs avaient été spoliés du tiers de leurs richesses et aucun media n’a voulu nous l’expliquer ainsi à l’époque ni même depuis. Voilà que la boucle se referme en ce moment, avec en... prime le problème des migrants, provoqué et utilisé à de fins d’hégémonie géopolitique. La Grèce doit retrouver sa liberté, tout comme sa souveraineté. C’est urgent. Elle doit redéfinir ses liens avec l’Europe Occidentale, chasser la Troïka ; voire, quitter l’UE et ainsi composer avec d’autres pays, et notamment avec la Russie”, (Radio 90,1 FM, le 25 février).

J’y rajouterais que le frère de Simítis, Spýros a été très officiellement un agent des services secrets de Berlin. C’est assez connu en Grèce, “Andreas Papandreou a toujours dit que Simítis est un agent des intérêts étrangers et que son frère (Spýros Simítis) est un homme des Services Secrets de l'Allemagne. C’est ainsi que le PASOK n’aurait jamais... lui appartenir après la disparition d’Andreas Papandreou”. Petite histoire très... utilement remémorée dans la matinée du 26 février sur les ondes de Real-FM, temps alors bien... historiques.

Refugiés et migrants à la sortie du ferry. Le Pirée, le 24 février (presse grecque)

L'épouvantail. Quotidien “Kathimeriní” du 25 février 2016

Refugiés... heureux au drapeau grec sur les routes. Presse grecque du 25 février

Panagiótis Lafazánis, a aussi très justement fait remarquer “que très paradoxalement, le choix a été imposé aux ferries d'accoster au Pirée, en non pas à Thessalonique”, plus près de Lesbos et de Chios que le port de Thémistocle, la ville est d’ailleurs bien proche des frontières du Nord de la Grèce. Après-tout, toutes les âmes migrantes y affluent par tous les moyens et d’ailluers à pied durant de centaines de kilomètres. Pourquoi ?

À travers toute la Grèce centrale, de nombreux camps de fortune sont montés à la hâte depuis deux jours, les gymnases et les salles municipales sont aussi utilisés pour l’accueil des refugiés et migrants. À Trikala (Thessalie), comme partout ailleurs, les habitants ont apporté vivres et vêtements, cependant, toujours Trikala par exemple, nombreux ont été ceux sui parmi les refugiés, ont préféré quitter les lieux après quelques heures.

Bien de nombreux migrants ont aussitôt quitté les... centres d’accueil, partant parfois à pied, à destination de la frontière Nord avec la Macédoine Slave, frontière en réalité fermée sous ordre des pays du Višegrad, lesquels entendent bien... ne pas accueillir... ces (autres) destins anéantis.

Nous sommes obligés de prendre soin des migrants, pour ne pas les laisser mourir, comment voulez-vous faire autrement ? L'Europe ? C’est une vipère... Cela-dit, nous ne voulons pas que ces gens s'installent durablement chez nous, le phénomène doit cesser...”, phrase entendue dans une épicerie de quartier à Athènes ce 25 février, en résumé c’est ce que les Grecs pensent dans leur majorité, exception faite peut-être... du gouvernement SYRIZA/ANEL !

Alexis Tsipras prétend dénoncer l’attitude du gouvernement autrichien, comme celle de l’énorme reste de l’UE, “Car seule la Grèce se montre fidèle à ses engagements européens ainsi qu’aux accords sur le... partage du problème des refugiés et migrants” (déclarations du 25 février, cités de mémoire). Peine perdue, les autres pays feront ce que leurs intérêts leur imposent suivant la géopolitique du moment, soit en se servant des décisions supposées européennes lorsque qu’elles vont dans le sens de leurs affaires, ou sinon en les ignorant tout simplement dans le cas contraire. Sauf la Grèce. Alexis Tsipras ferait mieux de démissionner, et/ou de découvrir enfin Thucydide !

On scrute les... journaux. Athènes, février 2016

Handicapé et sans-abri. Athènes, février 2016

Un certain passé... en livre d'occasion. Athènes, février 2016

J’y rajouterai donc que ce... passage obligé pour ces navires de la migration par le Pirée, imposé ainsi à cette triste marrée humaine, c’est-à-dire, un passage jugé indispensable par le port principal (et touristique) du pays, et ensuite, passage marquant aussi par certains quartiers de la capitale, ferait ainsi partie du plan en pleine exécution:

Faire basculer si possible toute la Grèce dans l’évidence du Chaos, comme autant, de la faire définitivement verser... dans les représentations qui en découleront fatalement. Le sentiment de la peur par exemple, qui en découle déjà. Les Grecs redoutent à juste titre la pérennisation de la présence sur leur sol, de dizaines, voire de centaines de camps de refugiés et en réalité migrants, qui plus est, dans un État... minimisé par l’Occupation germano-européiste. Un État, comme un système politique sous le règne des marionnettes, politiciens et “serviteurs de l'État” ne proposant pratiquement plus aucun service public aux citoyens (Santé, Éducation, Protection sociale, Sécurité...).

En plus, la plupart des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution de la Grèce sont bafoués, par tous les gouvernements depuis 2010, lesquels “gouvernent” en piétinant la Loi fondamentale par l’introduction d’une législation (aux textes souvent rédigés en langue anglaise), directement rédigé par des experts des cabinets privés travaillant pour le compte la Troïka (dont la Commission européenne). Je répète, ce que tout le monde répète en Grèce en ce moment, en cas de changement réelle de la situation, Papandreou, Papadémos, Samaras et Tsipras (ainsi que Simítis... en amont), seront jugés par une Cour spéciale.

Athènes, février 2016

Mendiant. Place Sýntagma, février 2016

Athènes, février 2016

On croit comprendre que dans moins d’un an (et si rien ne change dans la gestion des flux migratoires), la composition démographique du pays sera de fait modifiée par les planificateurs de la mondialisation. Un à deux millions d’êtres humaines ainsi indignement “déposés” en Grèce, où déjà, plus de 25.000 décès ont été directement et indirectement causés par la politique des Mémoranda appliqués par nos politiciens. Dans quelques jours ou dans quelques semaines, et si rien ne change... le système grec dans son ensemble, pourrait aussi s’effondrer.

L’ironie (toujours) tragique dans l’histoire, nous fait alors participer en direct au drame de tous ces gens qui arrivent en Grèce et qui ne désirent guère y rester. Ils espèrent gagner le sol des pays de l’Europe du Nord, sauf que lorsqu’ils réalisent combien les frontières sont fermées, ou que les passages s’effectuent au compte-gouttes, c’est le désespoir.

Quelques cas de tentatives de suicide par pendaison... artisanale (et ainsi fort-heureusement non aboutis), ont été signalés et même photographiés sur les places et dans les squares au Pirée et à Athènes. Ce désespoir, rajouté à la colère des Grecs (déjà suffisamment... desanthropisés après sept ans d’Occupation mémorandaire), ne présage à mon avis rien de très... raisonnable dans la gestion comme on dit parfois des affaires et des relations entre les humains. J’espère toutefois me tromper.

Quelques cas de tentatives de suicide par pendaison. Athènes, le 25 février, Source: “Dromográfos”

Une autre... Grèce. Athènes, février 2016

Images supposées paisibles. Athènes, février 2016

Lecture... d'actualité. Athènes, février 2016

Pour l’instant... le pire dans les instincts est contenu. Suite même aux appels lancés sur Internet, des ONG, comme de nombreux citoyens plus anonymes que jamais, apportent aux refugiés de la nourriture. Et simultanément, les... filières des profiteurs, des passeurs et des trafiquants occupent déjà fort bien le terrain, avant tout autre autorité. Sur place, Grecs comme étrangers, ceux des organisations humanitaires restent du moins unanimes sur un point: “l'UE a provoqué une énorme catastrophe”, j’y ajouterais une de plus et une de trop.

Mon ami Yórgos Avgerópoulos, qui tourne en ce moment le deuxième volet de son film “Agora”, recherche aussi l’auteur pour l’instant anonyme de cette photo qui fait le tour de l’Internet grec. Elle montre un jeune enfant marchant seul sur une rocade à destination de la frontière du Nord, depuis, tous les scenarii possibles ont été avancés sur le sort de cet enfant (sans parents ?)... visiblement si déterminé par le désespoir, ou sinon par la volonté de vivre. Temps... finalement vivants.

L'enfant... migrant photographié. Grèce, le 24 février

Non sans une certaine ironie, Panagiótis Lafazánis (chef de l’Unité Populaire), a suggéré (90,1 FM, 24 février) que certains bateaux bourrés de migrants, puissent être directement dirigés vers d’autres ports européens... parmi les pays européens de l’espace Schengen, l’Italie par exemple. Rêve doux ?.

La Grèce a fait convoquer à Athènes son Ambassadrice en poste à Vienne en signe de protestation devant la fermeture des frontières. Très officiellement, la Ministre de l’Intérieur d’Autriche a été déclarée Persona non grata par Athènes, sa visité prévue vient (pour l’instant ?) d’être annulée. Au même moment, les derniers cris d’alarme de la population grecque des îles comme Lesbos se font à peine entendre au-delà... des frontières fermées:

Les vols charters, programmés à destination de notre belle île de Lesbos pour la saison d'été 2016, sont annulés, les uns après les autres. Nos craintes initiales se réalisent et ainsi commence alors la spirale d’une situation alors hors de contrôle. Nous ne parlons plus d'une simple baisse du tourisme. Nous sommes déjà à moins 80%, c’est comme si nous étions de fait dans un état de guerre”.

Vue... d’Athènes, février 2016

“Syrizistes bouffons”. Athènes, février 2016

“La crise c'est fini, tout comme les mensonges. La Liberté ou la Mort”. Athènes, février 2016

Jusqu'à présent, tout le monde s’est occupé de la façon par laquelle il fallait faire face à la crise des réfugiés: comment les traiter sans bafouer les droits humains de toutes ces personnes qui fuient leurs pays, sauf que tout le monde a omis de prendre aussi en considération la manière dont les communautés locales qui subissent cette nouvelle réalité... sont également affectées, sans parler de leurs propres droits humains tout simplement”.

Nous avons fourni notre soutien de plein cœur plein et nous avons accordé toute la priorité à nos frères humains car ils sont dans le besoin et cela plus que nous. Nous avons mis nos propres vies, nos propres besoins, nos désirs, nos rêves entre parenthèse... afin de faire prioritairement face aux flux des réfugiés qui traversèrent littéralement ans certains cas, les jardins de ma propre famille. Sauf que maintenant, nous arrivons à un tel point, où nous devons aussi (nous) demander, comment notre gouvernement et autant la communauté internationale iront-ils faire pour nous aider à présent?

Quelles mesures vont-ils prendre afin de nous sauver du grand désespoir économique comme psychologique ? Nous pensons à nos entreprises locales qui n’ouvriront pas cette année parce qu'ils ne peuvent plus se permettre de gérer leurs affaires dans pareilles conditions. Nous pensons à toutes ces personnes qui ne seront plus embauchées cette année, tout simplement parce qu’il n'y a pas de travail. Comment tous ces gens iront-ils apporter de la nourriture sur leur table, assurer même la sécurité, comme les conditions de vie dignes à leurs familles et à leurs enfants ? Comment allons-nous maintenir notre vie dans la dignité ? Nous pensons à nos amis et aux membres de nos familles qui se préparent déjà au scénario du départ définitif... Nous réfléchissons à la façon dont nous allons payer nos emprunts, voire nos impôts, notre assurance-maladie ou sinon... nos factures d'électricité.

Sur le marché central d'Athènes. Février 2016

Il y a sûrement certaines personnes et entreprises chez nous qui ont réalisé d’importants profits grâce à la crise des réfugiés ici sur l'île, sauf qu’il ne faut pas généraliser. Ces entreprises ne sont en réalité qu'une poignée. Nous devons regarder l'ensemble de l'île et prendre en considération toutes les entreprises, hôtels, restaurants, boutiques de souvenirs, cinémas, boutiques de bijoux, etc. qui n’ont pas pu ouvrir encore cette année...

Et quant (...) au Prix Nobel de la Paix... lequel nous serait-il, dit-on probablement attribué, nous remercions le monde entier pour tout cela, mais vraiment à mes yeux, tous les Nobel de la Paix du monde réunis, ne signifient plus rien à nos yeux, au moment où toutes les personnes autour de moi n’ont pas de travail, ni sécurité financière, ils n’ont plus aucune foi dans leur propre avenir. Tous mes proches me regardent en pleurant les yeux trempés dans la peur et dans le désespoir, car ils savent qu'ils ne pourront plus nourrir leur famille pour bien longtemps. Un Prix Nobel ne signifie rien pour nous, lorsque nous sommes nous-mêmes forcés à emprunter déjà la voie qui fera de nous... des migrants économiques car nous serons forcés à quitter notre propre pays.

Paysage. Péloponnèse, février 2016

Les États membres de l'UE nous tournent le dos avec cette fermeture de leurs frontières, piégeant ainsi des milliers de réfugiés en Grèce (...) Nous demandons la solidarité et le soutien par des actions non seulement en faveur des réfugiés mais aussi pour les communautés locales affectées par tout cela. Nous demandons aux gens de visiter notre belle île pour soutenir nos entreprises. Nous sommes venus au point où nous devons nous battre pour soutenir notre propre existence”. Appel qu’une enseignante de Lesbos a publié en anglais sur facebook, le texte traduit en grec a été repris par la presse électronique de Naxos.

Par ailleurs, d’après des informations qui m’ont été transmises par... Papoutsi, le correspondant attitré de Greek Crisis à Naxos, un centre d’accueil pour refugiés et migrants serait... sous programmation sur le sol touristique de la grande Cyclade, et tout le monde sur place en est fort inquiet. Affaire à suivre ou alors rumeurs ?

Golfe Saronique. Février 2016

En mettant enfin les choses à leur place, l’anthropologue américain Mickael Herzfeld spécialiste entre autres de la Grèce, (j’ai eu la chance de faire sa connaissance durant mes études d’Ethnologie à l’Université à Paris), dans un article publié jeudi 25 février dans “foreignpolicy.com”, note d’emblée “qu’en réalité, les efforts de l'Europe pour exclure Athènes ne sont pas motivés par les migrations actuelles ni même par la (crise de) la dette. Ils le sont par le racisme profond du continent envers son État situé sur sa frontière méridionale”.

De nouveau, la Grèce risque d’être expulsée du club. Non pas cette fois de la zone euro ni même (pour le moment) de l'Union européenne. À présent, il s’agit d’être exclue du club des pays de Schengen, ces États-nations qu'une fois avoir accepté à dissoudre leurs frontières internes qui entravent la mobilité entre eux, en même temps, ils se constituent (en) une communauté fermée, construite ainsi pour exclure les migrants et les... vagabonds des terres lointaines (...) Le statut de la Grèce, faisant de ce pays l'ancêtre spirituel de l'Europe ne l'a pas protégée face aux accusations qui le placent en réalité à peine... devant ‘l'Orient’”.

Schengen semblait enfin fonctionner comme un système hermétique: étanche, fluide à l'intérieur et incassable. Mais tout cela c’était avant le conflit syrien, lequel a envoyé un véritable flot de migrants à la recherche d'un... havre de paix en Europe. Pour la plupart des nouveaux arrivants, la Grèce a été le premier point d'entrée. Pour la deuxième fois dans son histoire - le premier c’était après la guerre désastreuse de la Grèce contre la Turquie entre 1920 et 1922 - la Grèce fait encore face à une masse de réfugiés qui menace de submerger ses ressources déjà précaires. La vague précédente cependant, fut composée de personnes qui ont été considérées comme ethniquement grecques”.

Oiseau migrateur ? Péloponnèse, février 2016

Il est vrai que certains d'entre eux ne parlaient pas un mot de grec; cependant et selon les termes du Traité de Lausanne, ils ont été classés comme Grecs parce qu'ils étaient Chrétiens orthodoxes. Mais ils pouvaient tous prétendre à une affinité juridique et sentimentale avec le pays qui les a accueillis, en tant que frères en souffrance”.Cette fois-ci, les circonstances sont fort différentes. La Grèce, déjà dangereusement en désaccord avec ses partenaires de l'UE sur la crise de la dette apparemment insoluble, elle est la première victime d'un afflux de personnes dépourvues de toute appartenance affective ou ethnique avec l’Europe. Au nord de l’Europe, c’est la panique (une panique qui enflamme), les... droitistes exigeant de nouveaux murs à la frontière grecque avec la Macédoine, puis, à la frontière séparant la Hongrie à la Croatie, de nouveaux murs encore et de gardes partout où les frontières européennes poreuses pourraient enfin devenir étanches. L'UE, pour sa part, semble se contenter de tolérer la présence... du Moyen-Orient via ses demandeurs d'asile en Grèce, et cela seulement lorsqu’ils ne voyageront pas au-delà”.

Fermetures. Athènes, février 2016

Le Chaos provoqué a fini par rejoindre, Chaos provoquant. Le Plan-B, pour ne pas dire le Plan-A du directoire européiste, a été dès le départ de transformer la Grèce en dépotoir... des âmes indésirables, forcement issues de l’altérité difficile du Monde Musulman.

Alexis Tsipras... et ses Syrizistes accomplis, croient pouvoir encore maîtriser la situation, ils pensent peut-être qu’il sera bientôt possible de “vendre” aux Grecs l’ultime transformation de leur pays en zone... à la limite administrée, contre une hypothétique diminution du fardeau de la dette, lorsque tout le monde sait en Grèce que la dette, tout comme d’ailleurs l’euro, sont (autant) des armes de destruction massive en usage contre leur pays, contre leur mode de vie, en détruisant leur existence économique, voire, leur propre vie.

En tout cas, plus personne ne parle du mouvement des agriculteurs, et encore moins de celui des autres couches sociales, pourtant, la protestation se poursuit un peu partout en Grèce, parfois de manière un peu hétérodoxe. Quatre petites bombonnes de gaz enflammées ont... frappé par exemple la demeure familiale de Chrístos Simorelis, député SYRIZA du département de Trikala en Thessalie.

Une certaine Europe. Quotidien des Rédacteurs, février 2016

Le maire d’Athènes vient de réclamer de manière urgente une meilleure présence policière dans sa ville, vue d’en bas, la situation risque de s’approcher... de la cette phase... finale apparemment fort proche dans la planification européiste et mondialisante concernant la Grèce.

La boîte de Pandore s’ouvre, et c’est probablement la dernière défaite pour Tsipras... mais aussi pour l’européisme. Dans un sens, le... Chaos dans la mythologie grecque, est une entité primordiale d'où naît l'univers. Mais alors lequel ?

La vie vue d'en bas. Place Sýntagma, février 2016




* Photo de couverture: Sur les Routes grecques.Le 26 février 2016 (presse grecque)

11 commentaires

katzi a dit…

Un choc que je vais tenter de faire circuler. Excellente analyse immédiate,honte aux mensonges,
katzi

korruptio a dit…

La nullité de CETTE Europe éclate à la première crise vraiment sérieuse. Chacune reprend ses billes, et tant pis pour la "solidarité" et la Joie de l'Hymne... Et tant pis pour l'Union. Il ne suffit pas de créer un supermarché pour régler les problèmes de la société humaine... Il est aussi vrai que ce problème des réfugiés est un défi pour n'importe quel Etat ou organisation d'Etat. Pourtant, le Liban autrement plus petit et pauvre s'en débrouille...

On ne peux qu'être terriblement affligé de ce qui arrive, et de vous souhaiter le meilleur possible...

Je dois dire que j'ai du mal à trouver les mots...

asty a dit…

C'était malheureusement prévisible et il faut que ces institutions européennes soient totalement autistes pour ne pas avoir anticipé ce qui est en train de se passer. La position stratégique de la Grèce et la porosité naturelle de ses frontières en font un pays naturellement fragile . L'acharnement des allemands à humilier et déstructurer ce pays est criminel. Sans compter que les problemes actuels risquent de s'aggraver avec une saison touristique qui s'annonce médiocre . Un désastre . Il faudrait un sursaut de toutes les bonnes volontés pour essayer de s'en sortir et il ne semble pas que l'on en prenne le chemin. Reste le mystère Tsipras.

asty a dit…

extrait d'un article paru sur libé ( Etienne Balibar ) :
La seconde, c’est de refuser immédiatement et activement l’isolement de la Grèce où se déverse la grande masse des réfugiés – c’est-à-dire son exclusion du système des nations européennes, que les diktats politico-financiers de la troïka n’avaient pas réussi à obtenir, et que le bouclage des frontières, descendant depuis la Hongrie et l’Autriche jusqu’à la Macédoine et l’Albanie, est en train de réaliser dans les faits, transformant de jour en jour le pays tout entier en un camp de rétention à ciel ouvert, dans lequel se développeront pour notre compte et sous notre responsabilité des violences de toute nature qu’il ne sera plus temps de déplorer quand elles seront devenues incontrôlables. Il ne suffit pas, à cet égard, de faire hypocritement la leçon aux voisins balkaniques et aux Grecs eux-mêmes, ou d’aller supplier les Turcs engagés de plus en plus activement dans la guerre du Moyen-Orient, en leur promettant un peu plus d’argent, ou de charger l’Otan d’une guérilla maritime contre les «passeurs». Il faut des mesures d’urgence et de grande envergure, comme en d’autres temps de catastrophe collective. La plus évidente consisterait à transférer par avions ou par bateau ceux des réfugiés qui ont déjà été recensés et ceux qui vont l’être dans les pays du Nord – dont le nôtre – qui ont les moyens de les accueillir, en mobilisant tous les moyens civils ou militaires dont nous disposons.

Je rêve, n’est-ce pas ? Non, j’ouvre la discussion, pour que le pire ne soit pas

Jo ma a dit…

Bravo, je suis journaliste français et je me bats depuis 8 ans pour la Grèce, mais, sans désarmer, je constate avec effroi que tout le monde se moque de la Grèce en Europe. Merci pour votre témoignage.

pierre grandmonde a dit…

Merci Panagiotis de nous tenir informés des conséquences de cette austérité sur les grecs.
La Grèce est doublement pénalisée , étranglée par la dette, et elle doit faire face seule à l'afflux des réfugiés.

Un reportage à écouter sur les conséquences de cette austérité, de cette guerre sociale qui fait des victimes et sur les solidarités qui s'organisent au niveau de la santé.
Reportage auquel tu as prêté ton concours.
Demain 1er mars la suite avec un reportage sur le scandale des mines d'or de Ierissos
http://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks/grece-12-le-cout-de-la-dette-athenes

JYZ a dit…

Bravo! C'est dit et bien dit. Les mots diffusent à eux seuls la souffrance de tous les grecs et des migrants devant ce désastre. L'Histoire se répête.
Pour ceux qui ont lu Stephen Sweig on a le sentiment que l'Europe va à nouveau s'embraser tant de nouveaux incendies apparaissent chaque jour à tous les coins du continent. La tension monte régulièrement et tous les pays européens sont en phase suicidaire...

Ivo Kljenak a dit…

Comme le cours EUR-DM etait 1,88 DM pour 1 EUR, et comme 1 DM etait 200 drachmes, cela veut dire, qu'un EUR aurait du etre 376 drachmes. Comme la parite a ete fixee a 340 drachmes pour 1 EUR, cela veut dire, que les Grecs ont recu un rabais de 26 drachmes sur 376 drachmes, soit 7%. Comme les Grecs ont toujours ete d'excellents negociateurs en affaires, je ne suis nullement etonne, qu'un "coup" pareil leur ait reussi ...

asty a dit…

@ ivo...

Comme remarque tordue difficile de faire mieux, on sent comme un règlement de compte. Un fils de la retraitée Slovaque sans doute vu votre pseudo !

HP a dit…

Les réfugiés fuient un pays en guerre, une guerre voulue et soutenue par l'occident, entre autres, mais ils fuient surtout la misère imposée par les SANCTIONS économiques imposées contre la Syrie, qui, bien avant la guerre, détruit leur vie et leur avenir.
Ces sanctions ne sont justifiées que par la volonté de "regime change" de l'occident contre le régime syrien, et tous, dans l'EU, les maintiennent.
Il ne faut pas que la Grèce oublie cette cause première du flux migratoire, et qui en est complice.

Odilon a dit…

La logique de cette article est qu'il faut que la Grèce quitte l'UE et l'Euro et récupère sa souveraineté. Elle pourra alors protéger ses frontières et refuser le diktat de la troika. La dévaluation prévisible de la Drachme relancera les exportations donc l'économie. Qu'est ce qu'ils attendent ?

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