lundi 8 février 2016

L'euroscepticisme des Grecs



Soleil et brouillard. Sur les marchés d’Athènes, les stands commencent à manquer, de même que certains légumes de saison. Le monde paysan manifeste, les principales nationales et autoroutes sont habituellement bloquées par les engins agricoles, et la décision a été prise... d’entrer dans Athènes, engins agricoles compris pour occuper la Place de la Constitution, action prévue et annoncée pour vendredi 12 février. Situation grecque en... purin.

Les banderoles des rassemblements ont été rangées. Athènes, le 4 février

Les bannières des rassemblements de la semaine dernière ont été à peine rangées, et à travers le pays... plénier, c’est plutôt comme un vent de révolte qui se lève. Hormis les paysans, les médecins, les avocats, les notaires, les comptables, tous sont en colère, et par de nombreux endroits, il y a en plus, les opposants à la mise en place des hots spots, lieux ainsi dits, censés accueillir les migrants, que plus personne ne veut voir nulle part en Europe.

La situation dégénère déjà comme on a l’habitude de dire dans le langage journalistique, sur l’île de Kos pare exemple, où les Policiers dépêchés en renfort depuis Athènes ont essuyé des tirs de fusils de chasse, en réponse à la répression très violente des manifestations sur les lieux. L’Union syndicale des Officiers de la Police vient même de communiquer au sujet des incidents, déplorant... “Le manque de démocratie en usage de la part du gouvernement, car il faut hélas craindre le pire dans pareilles conditions d'insurrection”.


La Grèce meurt. Autocollant d'une... certaine esthétique. Athènes, février 2016

La Grèce patauge ou alors elle meurt c’est selon, et les Grecs basculent... vers l’inconnu. Le gouvernement SYRIZA insiste sur le fait que “les opposants aux hots spots sont des Aubedoriens camouflés”, ce n’est que partiellement vrai et cela ne change en réalité rien aux représentations collectives du moment largement majoritaires. Les Grecs, voient de très mauvais œil l’installation durable (et d’ailleurs prétendument passagère) des migrants et refugiés chez eux. L’argument est d’ailleurs bien visible comme à chaque fois que la situation l’est pour autant fort complexe:

Nous sommes au bord de l’effondrement, qui va-t-il s’occuper des migrants ? Nous ne voulons pas devenir une zone-tampon et dépotoir de tant d’âmes... sous les ordres de l’Union... européenne du Nord. Nous les avons secourus certes, mais enfin, ces gens n’ont rien à faire ici, notre pays ne connaîtra pas le sort du Liban avec ses camps de refugiés. Puis c’est complètement insensé, on apprend que le gouvernement et l’UE veulent prendre en charge des milliers de loyers dans Athènes pour y loger les migrants tandis que nous nous n’apercevons même plus d’allocations chômage et nous sommes rejetés par la Sécurité Sociale... et puis quoi encore ?”, voilà pour le raisonnement de Chrístos encore ce matin, le voisin chômeur (comme désormais tous les voisins dans l’immeuble), argument circulant avec l’air du temps et peut-être aussi avec le... chômage impérissable.

Au soir de ce même 8 février une femme âgée crachait alors en direct (radio 90,1 FM) tout son dégout et ressenti vis-à-vis des politiciens: “Ils nous ont tous trahi. J'espère qu'ils seront tous jugés. Heureusement que mon mari est mort. Il ne voit plus tout cela. Il était handicapé et il était arrive à l’âge comme on dit de la retraite. À la Sécurité Sociale ils ont mis plus de deux ans à examiner son dossier. Il n’a pas tenu jusque là. Et comme une partie de sa retraite devait m’être versée par la suite, en y retournant, j’ai enfin pu apprendre la cause principale de ce retard. Depuis les mémoranda précédents, et pour une bonne de leur part, la gestion des dossiers avait été confiée à certaines sociétés privées... c’est-à-dire rapaces. Eh bien tout simplement, cette gestion avait été volontairement incomplète pour que ces dossiers reviennent une nouvelle fois vers elles ; comme elles sont rétribuées ‘au morceau’, elles en gagnent ainsi davantage d’argent... tandis que mon mari était en train de mourir et que nous basculions dans le deuil. Salopards...” (citée de mémoire)

Musiciens et manifestants. Athènes, le 4 février

Les armés du passé. Musée de la Guerre, Athènes, février 2016

Devant la représentation de la Commission. Athènes, le 4 février

Renforts policiers... au débarquement. Île de Kos, février 2016

Nous savons que ce... basculement est déjà en cours, et que cependant, les armes du passé se renouvellent alors... plus promptement que nos idées. Durant la journée d’action du 4 février à Athènes, l’immeuble qui abrite la représentation de la Commission européenne a été... de la sorte convenablement gardé, comme cela devient la règle depuis un certain nombre d’années car parfois, il est... attaqué par les manifestants.

Le basculement a déjà eu lieu dans un sens, et cette dernière affaire des migrants n’est que son (ultime ?) catalyseur. Une enquête d’opinion, issue d’un tout nouveau think tank (!) athénien, exposée au siège du patronat grec et aussitôt citée avec... tant d’effroi à travers toute la presse mainstream, fait alors état de cet “euroscepticisme devenu désormais majoritaire chez les Grecs. Pour 43% des personnes interrogées ayant entre 18 et 25 ans, il y a bien une autre issue pour la Grèce: c'est de quitter l'UE pour se rapprocher de la Russie. Seulement un Grec sur trois, estime enfin que le pays s’en sort gagnant de sa participation à l’UE !

Pour le quotidien “Kathimeriní” (du 7 février), tout cela devient... fort inquiétant: “En d'autres termes, l’euroscepticisme s’installe progressivement dans la société grecque. Et ceci est un phénomène qui doit être pris en compte par les partis dits de la ‘modernisation et d’orientation européenne’. Ils se doivent désormais vacciner leur discours politique en lui injectant cette dose nécessaire de critique devant le système européen pathogène et existant. C’est seulement de cette façon que la société grecque sera enfin maintenue sur la voie européenne, autrement, la situation peut être poussée jusqu’à l'extrême, et dans pareil cas nous irons tout droit vers le chaos”.



Les Grecs scrutent l’horizon borné. Athènes, février 2016

“Nous naviguons faisant fausse route”.“Ta Néa” du 6 février

L'euroscepticisme des Grecs. “Kathimeriní” du 7 février

Les Grecs scrutent l’horizon borné (dont celui de la presse), sans trop y distinguer grand-chose, sauf que pour leur majorité, ils n’ont plus rien à perdre, sinon peut-être enfin leur physionomie... corporelle. “Nous naviguons faisant fausse route”, d’après le titre du quotidien “Ta Néa” (6 février), elle semble tout juste de le découvrir, cette presse très historiquement favorable à la présence de la Troïka en Grèce. Cependant, du côté de la gauche souverainiste, ceux du Plan-B (celui d’Alékos Alavános et non pas le tout nouveau... Plan-B de Yanis Varoufákis), le constat est pratiquement similaire.

La réussite jusque là du système, consiste à convaincre les gens qu'il n'y a pas de salut en dehors de l'euro, il qu’il n'y a pas d'alternative. La destitution de SYRIZA, dans les mentalités déjà, n’est pas accompagnée par l’affirmation d'une autre proposition. Et le défi demeure entier: développer enfin une proposition de sortie, en remplacement... de la crise. Cette proposition doit être très concrètement, accompagnée de la restauration des pensions et des salaires, du retour de la santé publique gratuite comme de celui de l'éducation, de la reconstruction de l'économie, puis, de la restauration des droits du travail. Bien évidemment, tout futur projet, se doit enfin être apte à apporter une solution au grand problème du chômage”.

Le Plan-B, ne peut poursuivre son action que si finalement il contribue à la formulation d’une proposition convaincante face à cette crise. Sauf que le climat n’est guère favorable, aussi, parce que les collectifs et les partis de gauche (hors SYRIZA) pédalent encore dans le vide, ils ne voient pas que l’essentiel a été déjà perdu” (extraits d’un texte diffusé par mail par le ‘Plan-B’ en février 2016).

Dans Athènes... Février 2016

Nouveaux slogans. “Non au financement des partis sauf”... Athènes, février 2016

Nouveaux slogans... “Les étrangers dehors”. Athènes, février 2016

“SYRIZA: le loup déguisé en mouton”. Athènes, février 2016

Dans Athènes, on vend de plus en plus souvent ces éphémères collations à... petit prix, et autant de billets de loterie, comme parfois au même endroit, les incontournables revues dites “de rue”, vendues par nos sans-abris. Dans Athènes également, on y découvre à travers les façades de la ville, certains nouveaux slogans, contradictoires, sombres, voire, chaotiques, c’est-à-dire bien d’époque, comme par exemple: “Non au financement des partis politiques, exception faite au PC grec, le KKE” !

Dans la presse toujours, on peut lire parfois ces analystes qui prétendent entrevoir, et parfois même connaître... les prochaines attentions du gouvernement SYRIZA/ANEL. Comme l’impasse se profile à l’horizon, pour ne pas dire qu’elle y est déjà, Alexis Tsipras s’apprêterait à... une sortie héroïque, en conséquence, il y aurait de nouveau la tenue d’élections anticipées avant l’été prochain. Rumeurs ? Difficile à dire... hormis cette réalité de l’impasse depuis 2010. Mon ami Th., journaliste au chômage depuis un moment déjà, pense “qu'il y aura des élections anticipées tous les six mois... tant que nous restons dans l'euro”. Euroscepticisme des Grecs !

Résumant assez fidèlement toute la réalité des mentalités grecques du moment, le quotidien “Kathimeriní” a récemment publié un dessin où l’on voit apparaître le bâtiment du “Parlement bordel” (sic) comme une grillade... sous le feu des manifestations Place de la Constitution, ou encore, cet autre dessin représentant une (carte de la) Grèce retournée... sous forme d’engin agricole.

Le Parlement... comme une grillade. “Kathimeriní”, février 2016

La Grèce retournée... sous forme d’engin agricole. “Kathimeriní”, février 2016

Engins agricoles entrant en ville. Presse grecque, février 2016

Sous l’Acropole en ce moment, les amandiers fleurissent et les affiches nous invitent, tantôt à nous insurger contre la mise à mort du système des retraites, tantôt à aider des inconnus... à retrouver leurs ordinateurs portables (si fréquemment) volés, le tout... en tenant compte bien entendu d’une certaine récompense.

Étranges moments grecs vraiment, ainsi choisis par le Musée Byzantin pour inaugurer son exposition sur la... “Foi éternelle Orthodoxe”. Certains y croient encore pourtant... comme de temps à autre, à la consommation, tandis que le pays n’aurait presque plus où étendre son dernier linge des convictions... pour le faire sécher. En tout cas, et comme si de rien n’était, les dieux d’Olympe ne survivent qu’à travers publicité, même dans Athènes.

Les amandiers fleurissent. Athènes, février 2016

Affiche dénonçant la mise à mort du système des retraites, Athènes, février 2016

Sous l’Acropole en ce moment, février 2016

Retrouver son ordinateur portable volé. Athènes, février 2016

“Le Plan-B de Tsipras” et “L'invasion de la Méditerranée...", “Kathimeriní” du 7 février 2016

La presse toujours et encore... mainstream, évoque aussi sur sa même ‘Une’, “Le Plan-B de Tsipras sur la question des retraites et concernant la prochaine modification de la loi électorale”, et... “L'invasion de la Méditerranée par de poissons dangereux”.

C’est à se demander dans quelle mesure il n’y aurait pas comme un... sens caché (subliminal), en rapport avec l’arrivée sur les îles grecques de tant de migrants et de refugiés. “Ces pauvres gens ; ils nous arrivent par la mer... parfois noyés, en dépit du froid, car la mer est des fois d'huile, bien calme comme aujourd'hui”, affirmait-il mon ami Yórgos, joint par téléphone ce matin.

Musée Byzantin - “La foi éternelle”. Athènes, février 2016

Musée Byzantin - “La foi éternelle”. Athènes, février 2016

Croire encore parfois à la consommation. Athènes, février 2016

Les dieux d’Olympe ne survivent que dans la publicité. Athènes, février 2016

Le café grec est ainsi amer et d’ailleurs trop cher, même pour nos touristes, me semble-t-il. Brouillard et alors parfois soleil. J’ai rendu visite ce midi à un ami un peu éloigné, Makis, il enseigne à l’École Polytechnique d’Athènes.

La surprise du dépaysement fut presque totale. Une immersion enfin... ethnographique dans un univers professionnel si éloigné du nôtre, voilà enfin des gens heureux, souriants... vivant encore sur un certain budget et sur un budget certain. Jusqu’à quand pourtant ?

Linge qui sèche. Athènes, février 2016

Le café... grec. Athènes, février 2016

Sous l’Acropole en ce moment, février 2016

Devant la protestation des habitants comme de certains élus locaux, les maires du district de Thessalonique proposent d’installer le camp de refugiés et de migrants... aux anciens abattoirs de la ville... cela ne s'invente pas.

Et malgré ce que croyait Kant, - écrivait Cornelius Castoriadis - malgré ce qu’on a cru en Occident entre le XVIIIe et le XXe siècle, l’Aufklärung, les Lumières ne sont pas un passage obligé pour l’humanité toute entière, nous n’avons pas affaire à une tendance immanente de l’histoire humaine (...) Cette très grande hétérogénéité pose un énorme problème, que l’humanité sera peut-être incapable de résoudre, au risque d’en périr. Et alors lire l’Oraison funèbre de Périclès deviendra une sorte de consolation de moine médiéval perdu au milieu des Barbares. Voilà ce qu’il en est du champ contemporain”.

Peine perdue... pour ce qui est de la consolation en tout cas. L'étude d'une heure de l’Oraison funèbre de Périclès a été supprimée du programme de l'enseignement général pour les classes terminales au Lycée grec (?), depuis la décision ministérielle (SYRIZA) datant du mois de mai 2015.

Sous l’Acropole du moment le soleil revient, et seuls nos animaux adespotes (sans maître) en profitent vraiment. Voilà ce qu’il en est du champ contemporain !

Sous l’Acropole... nos animaux adespotes. Athènes, février 2016




* Photo de couverture: Sur les marchés, les stands se raréfient. Athènes, février 2016

8 commentaires

Arnaud a dit…

Mon cher Panagiotis,
Je vous remercie pour vos billets et vos analyses souvent très fouillées. Mois après mois, je constate comme bon nombre de vos lecteurs, que la situation des Grecs empire et que le fatalisme, ou plutôt la résignation domine. Peut-être que l'annonce faite par Varoufakis, hier, depuis Berlin, de la création d'un parti, "DIEM25", donnera un nouveau ballon d'oxygène démocratique à ce peuple éminent. Mais bon... Quand on voit qu'il a déjà Cohn Bendit dans les pattes, cette vieille baderne qui a voté pour Junker pour la présidence de l'EU, on redoute un nouveau "hold-up" politique. Que pensez-vous de la crédibilité de DIEM25 ? Cordiales salutations. Arnaud

katzi a dit…

Excellente analyse, que nous n'aurions nulle part ailleurs et qui en dit long, sur le sursaut que nous devrions avoir tous.
Le Plan B ( d'Alevanos)semble le plus réaliste, et l'ampleur du mouvement des agriculteurs notamment, semble concrétiser une cassure dans ce que cette aberration européiste vous fait subir, avec chantage des hotspots en prime. Pour répondre au commentaire, selon moi le projet Diem Varoufakis que j'ai un peu suivi n'est qu'un show,une "pirouette européiste" comme tu disais. Je ne sais jusqu'à quel point, dans son idéalo-narcissisme, il en est dupe. Il suffit de lire après le 1er point demandant plus de transparence de l'UE, le 2e cherchant encore à limiter les pouvoirs nationaux, pour une constituante et action éventuelle...dans 10 ans,(avec Cohn-Bendit comme...
contrôleur !, le ridicule ne tue pas ). Il est à craindre que ce ne soit qu'un tragique enfumage pour tous, pendant ce temps le Traité TTIP avance en toute clandestinité, pour s'abattre dans quelque mois, préparé par la dictature européenne dont vous-mêmes connaissez le goût.
Ici, depuis un mois nous sombrons dans un fascisme mou,faux problèmes, police de la pensée, atteintes répétées au "pouvoir judiciaire",( après tout, 3e pouvoir censé limiter les excès des 2 autres déjà gangrénés), démembrement,taxes "énergétiques",seuls les agriculteurs comme chez vous,comprennent et commencent à réagir...
Courage à vous, que votre lucidité se propage,et votre solidarité entre vous, dans cette guerre de survie qu'aucun peuple n'a jamais choisi. Merci et à trés bientôt Panagiotis

reneegate a dit…

J'apprécie ces informations sur la situation de votre pays, et je partage vos articles ici en France sous Facebook. Cependant lors du partage aucune image ne s'affiche (dommage pour les adespotes). Je suppose que vous êtes sous WordPress, vous pouvez choisir l'image de partage lorsque vous rédigez l'article (au dessous onglet "médias" me semble t il). Merci pour votre chronique hebdomadaire.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Commentaire de G.L. reçu par (courrier électronique):
Bonjour,

Le prof de fac Varoufakis se dit marxiste mais a cru pouvoir traiter les réunions de l'Eurogroupe comme un débat intellectuel. Qu'a-t-il donc compris de Marx?

De cette tragique méprise à l'échec garanti d'avance, il ne s'est pas "repenti" comme on dit des criminels.

Sa nouvelle initiative relève d'une Paris-Match-Politik. Pour moi, il persévère dans ce qui est une erreur logique, qui bien sûr a une cohérence personnelle …qui ne nous intéresse pas.

Avec ça, il ne dit pas que des bêtises: "Il est inconcevable de traiter la crise des migrants d'un point de vue économique. Quand quelqu'un frappe à votre porte, qu'il est blessé, affamé et apeuré, il est inhumain de décider si vous allez lui ouvrir la porte en faisant une analyse coût-bénéfice de la situation. L'Europe paiera très cher cette faillite morale."

Mais sa politique est une politique par en-haut, dont nous n'avons plus l'usage. Ça suffit!

TEBOUL René a dit…

Pour nous Français votre blog est indispensable. La presse nationale fait en effet le silence sur ce qui se passe en Grèce, laissant croire que le peuple serait résigné à avaler toutes les couleuvres tsipriennes.

TEBOUL René a dit…

Varoufakis, a en effet rien compris à son époque, sinon l'idée ne lui serait jamais venue de discuter avec les bureaucrates européistes, mais en outre il n'aurait lancé un parti croupion depuis Berlin. C'est de la provocation pour les Grecs je suppose, mais surtout ça entretient l'idée moisie qu'une autre europe plus sociale, plus performante serait possible.

Georges Lagarde a dit…

Vu de l'extérieur l'attachement des grecs à l'UE et à l'euro (du moins selon les enquêtes telles qu'elles sont publiées) est difficile à comprendre.

Bien sur, que les grecs n'aient pas envie de se retrouver seuls, isolés de l'Europe de l'ouest dans une région du monde en difficulté est une chose évidente mais la contrainte financière mise en place est telle et la mise en tutelle par l'UE si implacable que la Grèce semble être vouée au rôle de "zone coloniale interne à l'UE" (comme certaines "républiques bananières" pour les États-Unis.)

La police grecque est-elle capable de contribuer à maintenir "l'ordre" dont le "pouvoir" en place a besoin (et le voudra-elle) ?

Quand à Varoufakis, son meilleur argument est que la disparition de l'UE aboutirait à l'impossibilité pour des pays lutant les uns contre les autres économiquement et financièrement (18 monnaies?) à redresser leurs peu brillantes situations, même si l'euro tel qu'il est actuellement est pour ceux du sud (France comprise) un difficile handicap. J'ai été frappé par le fait que Y.F. prévoie que les listes des candidats à l'assemblée constituante souhaitée soient constituées par des partis politiques supra-nationaux: si de tels partis politiques existaient actuellement en UE le problème qu'il pose serait en quelque sorte déjà résolu! Faire comprendre aux chypriotes, aux finlandais et aux portugais qu'ils ont beaucoup d'intérêts en commun est difficile (pour ne rien dire des anglais, des grecs et des allemands.)

Renaud a dit…

Bonjour,
La Grèce est dans un tel état, quelle ne pourrait connaître une situation pire ; même en quittant l'UE et l'Euro.
La Grèce possède des atouts, (surtout géopolitiques), qui seraient déterminants face à l'UE; mais bizarrement, le gouvernement Tsipras les ignore ...
La Grèce pourrait tenir le marteau du coté manche !!!
Amitiés.
CATAVRIO

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