vendredi 1 janvier 2016

Vœu pieux ?



Meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Et d’abord, un grand, très grand même merci, adressé à toutes les lectrices et à tous les lecteurs (et parfois contributeurs volontaires) de Greek Crisis, un soutien moral et concret, si essentiel pour sa survie durant l’année 2015 que nous n’oublierons certainement pas. Ainsi, et tout simplement peut-être, une bonne année 2016, je l’espère certes... mais sans trop y croire. Passons... donc pour l’instant.

Sur l'Acropole, le 31 décembre 2015

L’année du... blog s’est consciemment terminée en une sorte de... pèlerinage sur l’Acropole. De nombreux touristes et peu de Grecs visitèrent de la sorte ces autres lieux par ce temps profondément glacial, une fois n’est pas (trop) coutume à Athènes. Il pourrait... paraître ainsi vain de rouvrir le dossier du temps comme de son historicité. Siècle d’avant, et siècle d’après. Pourtant, il devient parfois nécessaire de se laisser aérer... l’esprit du temps et cependant Zeitgeist incontournable d’un nouveau siècle lequel aurait hâte... à conclure sur nous, et pas qu’en Grèce bien entendu.

“2016, Espoirs et Peurs”, tel a été bien le titre d’un journal athénien, résumant enfin notre esprit du temps. Sauf que nous avons si possible marqué une pause ce 31 décembre dernier, comme pour de nombreux Athéniens ce fut par exemple l’occasion d’un bref passage par le marché central de la ville, histoire de dénicher les dindes ou les... calamars, d’ailleurs pas toujours en promotion. Une certaine sociabilité était ainsi... de l’affaire, à défaut d’être vraiment de la fête.

Siècle d’avant et siècle d’après. Vue de 1917

Siècle d’avant et siècle d’après. Vue de 2015

Sur l'Acropole, le 31 décembre

“2016, Espoirs et Peurs”. Presse grecque du 31 décembre 2015

Temps pour autant des stéréotypes aux apparences trompeuses, sauf que personne ne s’en plaindra. Une équipe, forcément représentative de la télévision privée grecque y fabriquait d’ailleurs son reportage en léger différé, il faut dire par besogne et dans l’indifférence totale, car les truismes répétés sur le marché de la veille de Noël comme lors de celle du nouvel an n’intéressent plus personne.

Il en va de même pour ce qui est du vœu pieux d’Alexis Tsipras comme désormais de chaque Alexis et de chaque Tsipras, une allocution d’à peine cinq minutes au terme d’une année marquée par la trahison. Passons donc... mais pour l’instant.

Dans les rues, jeunes étudiants et hommes à l’âge déjà trop mûr de la cinquantaine, rivalisent par... bouzoukis interposés... à travers les dernières notes de la mélancolie cependant digne des Grecs en ce moment. Chant Rebétiko d’une fort vieille thématique, précisément retrouvée par les temps qui courent car liée au monde des bas-fonds: pauvreté, persécution, consommation de drogue, prison, prostitution, déracinement, maladie, satire politique, jeu, et enfin amour malheureux.

Dernier passage par le marché central de la ville. Athènes, le 31 décembre 2015

Dernier passage par le marché central de la ville. Athènes, le 31 décembre 2015

Une équipe de la télévision privée grecque, le 31 décembre 2015

Chant Rebétiko. Athènes, le 31 décembre 2015

Certains messages depuis les rues d’Athènes... célèbrent ainsi 2015 à leur manière, année fondue et d’un siècle... déjà fendu. Car en 2015, c’est l’espoir qui a fini par fondre plutôt que l’Euro, et cela, malgré les représentations théâtrales du moment, inspirées de la dernière politique imposée par Madame Angela. Pourtant... “La Caisse germano-grecque pour le Futur”, institution relativement récente “œuvrant pour le futur germano-grec” et financée par le Ministère des Affaires Étrangères à Berlin octroie des bourses aux jeunes historiens grecs... pour (surtout) réétudier “l'histoire commune de la période de la Deuxième guerre mondiale”.

Représentations théâtrales inspirées d'Angela Merkel. Athènes, décembre 2015

Au pays grec, le présent est bien pauvre... mais ce futur, il serait alors d’une certaine manière florissant, drôle d’idée. Pauvre présent. Le “Quotidien des Rédacteurs” a ainsi fait sa ‘Une’ du 28 décembre dernier sur “la malnutrition dont souffrent plus de 200.000 élèves en Grèce en ce moment”, le... mieux continue !

Période ainsi dite des fêtes. Devant le ministère du Travail et du... plus bel euphémisme, des employés qui ne le sont plus, y campent pour le réveillon à défaut du grand réveil. “Il faut stopper ce Moyen-âge que connaît le monde du Travail, NON au Chômage”, la foule des badauds les dépasse tout simplement, non sans jeter un œil plutôt furtif.

la malnutrition dont souffrent plus de 200.000 élèves en Grèce en ce moment”. Presse du 28 décembre 2015

Il faut stopper ce Moyen-âge que connaît le monde du Travail...”Athènes, le 31 décembre

En 2015, c’est l’espoir qui a fini par fondre plutôt que l’Euro. Athènes, le 31 décembre

Petite sociabilité autour d’une brochette de type souvlaki, soleil couchant derrière le port du Pirée... et aussi, ces récentes affiches à Athènes, informant les plus... infortunées parmi nous sur les lieux de distribution de repas gratuits.

Temps surtout faibles d’une année alors forte en émotions, temps en fin de compte prétendument politiques car en réalité existentiells aux yeux de (presque) tous, à... l’exception culturelle notable des politiciens.

Et ensuite, (petit) réveillon athénien chez des amis ayant conservé leurs emplois et dont l’appartement pour une fois reste bien chauffé. Moments chauds... d’une franchise enfin devenue la règle: “Nous vous souhaitons la santé, rien que la santé... le reste devient-il à présent plus incertain que jamais... alors Santé et Bonne année... Ne partez pas, vous pouvez restez encore deux heures chez nous !”.

Petite sociabilité autour d’une brochette de type souvlaki Athènes, le 31 décembre 2015

Soleil couchant derrière le port du Pirée, décembre 2015

Lieux de distribution de repas gratuits. Athènes, le 31 décembre 2015

Meilleurs donc vœux pour cette nouvelle année. L’année du... blog s’ouvrirait volontairement par une sorte de... pèlerinage sur l’Acropole. Il pourrait... pourtant paraître ainsi vain de rouvrir le dossier du temps comme de son historicité. Vive... 2016.

Pèlerinage sur l’Acropole. Athènes, le 31 décembre 2015




* Photo de couverture: Athènes, le 31 décembre 2015

6 commentaires

jcd a dit…

Pourtant... “La Caisse germano-grecque pour le Futur”, institution relativement récente “œuvrant pour le futur germano-grec” et financée par le Ministère des Affaires Étrangères à Berlin octroie des bourses aux jeunes historiens grecs... pour (surtout) réétudier “l'histoire commune de la période de la Deuxième guerre mondiale”. Est-ce de l'humour ? Je crains que non. Bonne année quand même.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour votre commentaire, non ce n'est pas de l'humour, suivez si vous le souhaitez le lien internet que je mentionne dans ce paragraphe et tout est expliqué... en allemand. Bonne année... !

edgell oliver a dit…

Je ne connaissais pas le rebetiko qui est admirable :

https://www.youtube.com/watch?v=rwEegefzTgs

Ainsi dit Albert Camus :

"Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été."

korruptio a dit…

Bonne année !
http://www.dailymotion.com/video/x3gvsf0_hommage-a-mikis-theodorakis-part-1_creation

Michel Dilo a dit…

Selon Paul Craig Roberts http://www.thetimes.co.uk/tto/news/world/europe/article4624755.ece, le prix de la prostitution est à 4€ en Grèce ! Ce qui veut dire que le nombre de femmes qui se prostituent a beaucoup augmenté.

"En Grèce la privation est imposée de l’extérieur du pays par l’Union européenne, que la Grèce a bêtement rejointe, faisant cadeau de sa souveraineté en échange de l’austérité. Les banksters et leurs agents dans les gouvernements européens et allemands prétendent que le peuple grec a profité de prêts et, donc, est responsable du remboursement de ces prêts. Mais les prêts n’ont pas été faits au peuple grec. Par exemple, le gouvernement grec a reçu des dessous de table pour emprunter de l’argent aux Allemands ou aux autres banques étrangères pour acheter des sous-marins allemands. C’est par ce type de corruption que la dette grecque a grossi."

Le Peuple grec s'est donc fourvoyé en refusant un vote plus à gauche. Ils en paient maintenant les conséquences. Combien de Peuple européens vont accepter de ne pas réfléchir aux conséquences de leur vote ?

Il serait grand temps que les Peuples ne prennent plus pour argent comptant les infos qui leur sont débitées, comme autrefois les paroles des prêtres.

Le résultat est une souffrance croissante et le résultat de cette souffrance est que des jeunes femmes grecques doivent vendre leur corps.

Tout juste comme l’avaient dit Marx, Engels et Lénine. Mais leur lecture est synonyme de terrorisme et le Peuple le croit !


SCRIBES a dit…

J'ai l'impression que l'Allemagne tente de s'annexer la Grèce par tous les moyens. Ma vision est elle bonne?...

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