jeudi 23 juillet 2015

La vie est ailleurs



Cette autre nuit blanche des députés n’a guère passionné les Grecs. Pas de deuxième veillée... funèbre devant les téléviseurs pour ce deuxième volet du mémorandum III, validé par le “Parlement” dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 juillet. Or, 32 députés SYRIZA ont voté contre et cinq se sont abstenus. Donc... statu quo ante bellum, attentisme. L’actualité s’attache à la volte-face de Yanis Varoufákis, il a voté “oui” cette fois-ci, l’histoire n’en retiendra rien. Huile... à effet pailleté !

Afflux pour obtenir de l'aide alimentaire. Mairie de Trikala, le 22 juillet

Dans un bistrot de la ville de Trikala (Thessalie), mes amis de longue date, ne retiennent quant à eux, que l’essentiel, accablant et insultant. “Le texte discuté au Parlement contient 900 pages que personne ne lira. Il sera adopté en deux parties, en deux articles seulement. Honte et encore honte. Une parodie de plus et de trop.

Une évidence du totalitarisme actuel suffisamment parodique, sauf qu’elle échappe complètement aux contingences d’une certaine aventure journalistique, plus mainstream que jamais. “Le Parlement grec valide le second train de mesures réclamé par les créanciers”, rapporte la “Pravda” parisienne de l’ordo-libéralisme et du social-libéralisme réunis.

Déjà pour Voltaire... n’importe quel peuple n’est pas digne de retenir toute l’attention des historiens ; trois siècles plus tard, “face à la montée du scepticisme et du rejet que suscite le spectacle dérisoire et peu engageant de la politique européenne, le retour des grandes envolées européennes est de saison. François Hollande parle de gouvernance économique - pour laisser la politique aux chefs d’État et de gouvernement - et de Parlement de la zone euro pour lui donner une façade démocratique”, comme le remarque des nos sombres jours, Paul Jorion.

La... gouvernance économique européiste. “Quotidien des Rédacteurs”, 21 juillet 2015

Représentation de l'UE et de la Grèce. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015

Et ce n’est pas par hasard, que le dessin de Mihális Koundoúris (“Quotidien des Rédacteurs”), opère le rapprochement, entre l’emblème sudiste, utilisé comme on sait pendant la guerre de Sécession aux États-Unis entre 1861 et 1865 par le camp sudiste esclavagiste, et celui, de la gouvernance économique de la zone euro, si chère à François Hollande et aux élites historiques de l’Allemagne actuelle.

Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, le projet européiste est à la fois antisocial (inscrivant dans le... marbre des Traités la domination des classes possédantes issues du fameux 1%), ouvertement néocolonialiste, et pour ne rien dissimuler sous les habituelles pommades à penser, ce projet à moitié déjà réalisé, évolue autant en dessein nationaliste et raciste... à géométrie variable, suivant le degré de la servitude et ainsi, de la taxinomie sans cesse plus dévorante des peuples soumis, jusuq’à les soumettre enfin tous. Les Grecs cependant le savent, et quoi qu’il arrive, ils ne l’oublieront plus jamais.

Les mois du mémorandum III seront donc abjectes, ses années demeureront imprévisibles. SYRIZA Tsipriote... fait certes à la Troïka le don de sa personne pour atténuer le malheur des Grecs, tel est en tout cas le sens de sa dernière romance hurlée Urbi et Orbi, ce qui ne laisse pas tout à fait indifférente notre si grande opinion (meurtrie après le référendum).

Campagne thessalienne. Juillet 2015

Pour mon cousin germain au village (parfait homonyme et... néanmoins ancien du PASOK), “il n'y a pas d'autre alternative. Je revoterai Tsipras aux prochaines élections, il n'y a rien d'autre en face, c'est tout, et alors même... se sentant trahi”. Notre autre cousin Chrístos, s’en insurge: “Je ne revoterai plus jamais SYRIZA, et je ne sais pas ce que je ferai par la suite”.

Tel est de la sorte le pari des Tsipriotes, et autant, celui de la Troïka. Gagner du temps, semer le vide et le trop plein des mesures, repiquer la peur et l’incertitude. Sauf pour ce qui tient de la démolition de la société, des droits, de la démocratie et de l’économie encore réellement existantes. Stélios, cadre de SYRIZA à Trikala (ville en Thessalie), est désormais très amer dans ses propos: “J'attends la tenue du prochain congrès en automne, celui de la démolition, après quoi et très probablement, je vais tirer ma révérence.

La démolition, nous en sommes. “Les contrôles des capitaux, la nouvelle TVA, l'asphyxie économique, finiront par conduire toutes les moyennes et petites entreprises à la faillite avant l'hiver prochain. Mes clients me le disent, d'ailleurs, je suis très bien placé pour m'en apercevoir”, s’alarme Manólis, expert-comptable exerçant en Thessalie occidentale. À Trikala comme à Athènes et comme un peu partout en Grèce en ce moment, les bennes à ordure sont assimilées à des urnes. Démocratie... triomphante, amertume dangereuse.

Urnes... symboliques. Trikala, juillet 2015

Démolitions donc. J’ai assisté, avec mes autres cousins, à la démolition de la maison historique, pour une partie de la parentèle en tout cas. Elle avait été bâtie du temps de Yórgos, dit “le Patriarche”. Jeune marié à l’époque, il avait été mobilisé sur le front de la Guerre gréco-turque en Asie mineure, c’était en 1921.

Les générations suivantes n'auraient jamais supporté de la voir se détruire comme cela. Nos maisons modernes, elles ont été toutes construites autour d'elle, comme pour lui rendre hommage. Les nouvelles taxes immobilières, augmentées paraît-il par ce mémorandum Tsipras nous ont fait changer d’avis.”, soupire Eleni ma nièce, travailleuse très occasionnelle. Le lignage s’adapte, la parentèle s’ajuste. Chômage, famille, algie !

Au village, sur 1.350 habitants avant les mémoranda, plus de 350 ont depuis émigré, principalement en Allemagne. Christoforos, le mari d’Eleni, petit employé municipal voit déjà son dernière heure économique arriver. Jusqu’en 2012, il participait des illusions culturelles du temps de crise (au sens plein du terme). Il a planté des arbres fruitiers dans le but de compléter ses maigres ressources. Il a vendu sa voiture et pour se rendre à son travail, il a récupéré la deuxième voiture de la famille de sa sœur dont elle n’avait plus l’usage, crise oblige. Mais en 2015, c’est à dire en juin 2015 et après avoir voté SYRIZA en janvier et ‘NON’ au référendum, Christoforos souhaite enfin... tourner la page de cette Grèce.

Ville de Tríkala, juillet 2015

Affiche du 'NON', Trikala, juillet 2015

Boutique en faillite. Trikala, juillet 2015

Pour Eleni, c’est inconcevable. Elle en est outrée. “Non, et non. Je ne quitterai pas mon village, je n'émigrerai pas. Qu'il parte alors tout seul et d’ailleurs sans les enfants. Je mangerai des cailloux et de la poussière peut-être... mais j’y resterai”.

Au même moment en ville de Trikala, les administrés paupérisés se regroupent déjà devant les services municipaux, et effectuant les démarches nécessaires afin d’obtenir la nouvelle carte, dite “alimentaire”. Dotée d’une puce, elle permettra à partir de cette semaine aux 349.826 bénéficiaires, d’acheter de l’alimentaire dans les supermarchés, pour une somme de 70 euros par personne et par mois, 220 euros au maximum pour une famille. Donc au pire, ma nièce ne mangera pas la poussière... de l’espoir censé advenir avec la victoire de SYRIZA en janvier dernier, d’après le lointain grand slogan à l’époque.

Ne pas oublier... vivre. Mur à Trikala, juillet 2015

Affiche du parti communiste grec (KKE) en hommage à la victoire antifasciste des peuples en 1945. Trikala, juillet 2015

Hommage à Vassílis Tsitsánis, Trikala, juillet 2015

Des affiches du parti communiste grec (KKE) rendent toujours hommage “à la victoire antifasciste des peuples en 1945”, tandis que la ville commémore le centenaire de la naissance de Vassílis Tsitsánis, né en 1915 à Trikala et mort en 1984, il fut grand compositeur grec et joueur de bouzouki, devenu l’un des principaux auteurs de musique grecque de Rebétiko.

Vie, pas tout à fait paisible, musique ou pas. Les habitants qui attendent devant les guichets... semi-automatiques des banques, distinguent volontiers la dérision... à la déroute. “Vous aviez voté SYRIZA, je vous l'avais dit pourtant. Renforçons plutôt les partis bizarroïdes, comme le PC ou comme l’autre”, lance alors un homme. Des rires et des sourires, mais qui se figent aussitôt. “L'autre”, c’est hélas l’Aube Dorée.

Il y a de la tension certes, cependant sans aucune animosité. On dirait que certaines altérités politiques s’aplanissent sous le poids du sort commun. Pour le meilleur... ou pour le pire. Et au demeurant, je crois constater que le sens très commun des mortels ne comprend pas l’attitude des... Résistants internes à SYRIZA, ceux de Panagiótis Lafazánis et de la Plateforme de Gauche. “Pourquoi y restent-ils ?” s’interroge-t-on dans les cafés du coin et de chaque coin.

Représentations et mentalités. Athènes, juillet 2015

Vie supposée paisible. Trikala, juillet 2015

Vie... de chien. Trikala, juillet 2015

La Grèce semble s’accorder sur certains points, par exemple, pour ce qui est du colonialisme européiste et des élites de l’Allemagne, à Trikala, j’ai même relevé l’expression publique de cette opinion pour laquelle “l'occupation ottomane serait moins cruelle que celle imposée par l'Allemagne... de temps à autre, depuis le 20ème siècle”.

Sur le site internet de l’Association des enseignants-retraités, un adhérant a publié cette semaine le message suivant: “Monsieur le Président de l’Association. Je suis un instituteur à la retraite. Je eu le malheur d'hériter récemment de mes parents une maison construite avant la guerre, un petit vignoble, et 1,3 hectare de terres agricoles non irriguées, dans un village de montagne de Ioannina (Région d’Épire). En vertu de la nouvelle taxe, mes revenus dits présumés objectifs qui en découlent d’après les règles du fisc, à partir de la procession d'un tel patrimoine, dépassent largement mes revenus réels, je deviens de ce fait assujetti à la contribution de solidarité, et je dois payer un impôt supplémentaire pour mon petit vignoble que je cultive pour mon strict usage personnel. Étant donné que la pension de ma retraite diminue constamment, et en conséquence, je suis imposable pour des revenus que je n’ai pas, je voudrais s'il vous plaît, que vous m’aidiez dans mes démarches, car j’envisage de faire le don de mon patrimoine à l'État turc et de conserver l'usufruit jusqu'à ma mort, pour ainsi échapper à l'impôt injuste. Je ne vois pas d’autre solution. Merci beaucoup. N.P., enseignant à la retraite, Ioannina”.

Ailleurs, à Thessalonique plus précisément, la plus grande organisation des supporteurs de l’équipe d’Iraklis (Hercule), annonce la mise en place de sa propre monnaie. Son argumentaire est d’abord politique.

IRA, la monnaie des supporteurs de l'équipe d'Iraklis, juillet 2015

Dimanche (5 juillet), le peuple grec dans la grande majorité a prononcé un immense NON !!! Un énorme ‘NON’ face à la peur !!! Comme mentionné dans notre communiqué que nous avons publié avant le référendum, nous ne savons pas dans quelle direction ce choix nous dirigera-t-il. Nous savons par contre que dans tous les cas, ce dont notre peuple a besoin, tient de la solidarité entre nous! Cette solidarité doit devenir véritablement notre grande arme et cette arme, doit être portée par autant de personnes que possible.”

Après un long moment, où nous avons essayé de repérer les moyens pour nous entraider les uns les autres face aux problèmes économiques que nous rencontrons beaucoup d'entre nous, et faisant suite à de nombreuses idées et débats, nous prenons comme par exemple, celui du peuple d’Argentine. Confronté à ses propres problèmes en 2001, il avait décidé de créer ses propres monnaies, en suivant les principes de l'économie de l’échange. Nous faisons la même chose. Nous quittons ainsi la zone euro, parce que vous nous fatiguez et vous affamez !!! Nous émettons notre propre monnaie, nommée ‘IRA’ !!!

Notre monnaie sera émise en coupures de un, cinq, dix et vingt ‘IRA’ et elle aura le format suivant (photo). Son fonctionnement est alors simple et équitable. Pour nous, les créanciers de la Grèce n’existent plus, il n’y a plus d’Eurogroupe, il n’y a plus de FMI. Chacun est libre d’apporter dans les locaux de notre association, tout produit excédant ou tout service qu’il peut alors échanger. Il obtiendra immédiatement en contrepartie, la valeur du produit ou du service exprimée en ‘IRA’. Ainsi, il détiendra un revenu disponible à valeur égale quant aux produits et services échangés. Il pourra ensuite dépenser ses ‘IRA’ à sa convenance et entre nous, après que notre association puisse procéder à l’estimation des biens et des services échangés.

Mercredi 8/7, nous commençons à réceptionner les produits dans nos bureaux rue d’Aristote. Lundi prochain 13/7 et à partir de 21h00 et jusqu'à 23h00, nous recueillons tous les produits lesquels nous serons en mesure d'échanger contre nos ‘IRA’, pour ceux qui en posséderont déjà. Nous ferons d’ailleurs circuler un guide d'opération détaillé de notre ‘IRA’ lors du premier entrainement de notre équipe favorite le 15/7” (presse grecque, juillet 2015).

Costas Lapavítsas, économiste, juillet 2015

En dépit des efforts de la kleptocratie grecque et européiste, l’euro, son euro, est désormais perçu par la population à sa... propre valeur: une arme de destruction massive, une escroquerie, une monnaie d’occupation étrangère. Le capital symbolique de cette monnaie clanique est épuisé, il ne reste qu’à mettre en œuvre sa déchéance finale, au prochain temps... historique.

De son côté, l’économiste et député SYRIZA (Plateforme de Gauche) Costas Lapavítsas, lequel a confirmé évidemment son refus au mémoranda lors du vote nocturne (du mercredi 22 au jeudi 23 juillet), s’est exprimé récemment en anglais devant un auditoire international. C’est en somme, le point de vue de cette fraction (pour l’instant) de SYRIZA, et qui ne veut pas se laisser emporter par le vent mauvais.

Pour Lapavítsas, le fonctionnement de classe de l’euro, autrement-dit, sa mécanique en faveur des possédants, à l’intérieur de chaque pays qui s’y soumet, comme entre pays économiquement inégaux, ne fait guère de doute. Lors du référendum grec, dans les quartiers aisés, on a massivement voté en faveur du ‘OUI’, le ‘NON’ l’a largement emporté partout ailleurs. C’est tout de même la lutte des classes dit Costas, j’y ajouterais... celle des clashs ! Le temps des livres et des analyses aboutissent forcement aux moments d’action, tel est aussi son sentiment explicitement exprimé.

Temps des livres. Grèce 2015

Ne fermons pas nos yeux! La différence entre Schäuble et certains autres au sein de l’Eurozone, est la suivante: Bien que personne ne croit que l'économie grecque, la société grecque, et le système politique grec, puissent tenir la course face à l’accélération du convoi de la zone euro, Schäuble exige ce ‘temps mort’ (GREXIT) parce que de cette manière, la forteresse... totalisée de l’euro apparaîtra comme mieux aboutie (sans la Grèce), tandis que la France, l'Italie, reconnaissent par contre en ce ‘timeout’ grec, les pires fantômes de leur propre avenir. Le GREXIT pourtant arrivera lorsque la Grèce sera compétemment pillée”, écrit enfin un analyste moins connu.

Je tiens aussi à remercier mes amis et amis de Greek Crisis, J. et M. pour m’avoir signalé cet article, amis de l’île Naxos, logés chez... l’imperturbable Papoutsi.

Chez l'imperturbable Papoutsi. Naxos, juin 2015

Loin de Naxos et pas si près d’Athènes, la Thessalie en crise observe et agit aussi comme elle le peut. L’hôpital de la ville de Trikala (et de son ancien département supprimé depuis le premier mémorandum comme tous les autres départements, suite à la reforme dite “territoriale”) n’est que le fantôme de son passé. De très nombreux services ont disparu, pédiatrie, ophtalmologie, gynécologie, entre autres. Médecins qui démissionnent, praticiens qui émigrent, six mille médecins grecs sont installés en Allemagne depuis l’âge de l’euro-pierre aggravé en 2010.

Eh bien, cette autre nuit blanche des députés n’a pas passionné les Grecs. La vie est ailleurs, et pas que pour Jaromil, héros de Kundera.

La vie est ailleurs. Trikala, juillet 2015




* Photo de couverture: Démolition de la maison historique. Région de Trikala, juillet 2015

11 commentaires

TEBOUL René a dit…

En France beaucoup ont vu dans le revirement de Tsipras à la fois de l'amateurisme et une forme de trahison comme Pétain à Montoire. Mais en France, comme en Italie ou en Espagne, ceux qui ont effectivement peur d'un Grexit sont les européistes, pas les autres Français. Le nombre de Français qui pensent qu'une sortie de l'euro serait bénéfique pour la France croit tous les jours. Ceux qui soutiennent encore Tsipras, PCF, Mélenchon, Politis, font encore semblant de croire contre toute évidence que l'Europe pourrait changer de nature de l'intérieur. On vient justement de voir que cela est impossible. Schaüble bluffe, ce qui le fait le plus trembler c'est un Grexit, parce que celui-ci serait le début de la fin pour l'euro. L'euro est effectivement une arme de destruction massive, mais il faut ajouter au seul profit des banques et de l'Allemagne. Sinon c'est une catastrophe pour toute l'europe.

Corruptio3 a dit…

Une autre Europe est possible. D'AUTRES Europes sont possibles.
Parce qu'il n'y a JAMAIS une seule solution à un "problème".
Commençons par parler de LEUR Europe, plutôt que de "l'Europe."

Pour paraphraser Gandhi parlant de la "civilisation occidentale":
- Que pensez-vous de l'Europe?
- Je pense que ce serait une bonne idée.

Nicnac a dit…

Une autre Europe est possible c'est vrai, mais elle n'en prend pas le chemin. Il faut aussi arrêter ce leurre. Est-on moins européen si on ne fait pas partie de l'UE. Est-ce qu'on se transforme en extrémiste nationaliste parce qu'on ne fait pas partie de l'Union sacrée. En tant que belge, je me sens européenne mais pas du tout concernée par tout ce verbiage. C'est du bourrage de crâne! L'Union nous a été vendue uniquement pour faire du fric et nous imposer l'Euro. Les Islandais sont-ils moins européens que nous? Les grecs le seront-ils moins parce qu'ils ne font plus partie de l'union? Dire que l'Union nous a permis de vivre en paix, c'est vrai, nous n'avons plus connu de bombardement. Mais les allemands, s'ils ne nous bombardent plus, ils nous ont envahis tous autant que nous sommes. On ne peut plus parler de paix quand les gens se suicident parce qu'ils n'ont plus d'espoir de vie dans leur propre pays. De toute façon, nous finirons tous comme les grecs et pas dans 20 ans. Alors, arrêtons ce discours hypocrites. Changeons de religion ! Au diable l'UE.

Denis Monod-Broca a dit…

Dans l'Alsace occupée par l'Allemagne et qui rêvait d'échapper à ce carcan, la formule qui courait, secrète, était : "pensez-y toujours, n'en parlez jamais !".

Peut-être est-ce cela qu'il faut se dire désormais à propos de la sortie de l'euro.
Dès qu'on en parle on passe pour un suppôt du FN, dés qu'on critique l'euro, ses inconditionnels se sentent encore renforcés dans leurs certitudes.
Alors taisons-nous : "pensez-y toujours, n'en parlez jamais !"

j-c H a dit…

Millya n'est pas une station de ski et semble moins opulente que Metzovo ou encore Kalambaka ou Kastraki où nous sommes allés pour visiter les Météores. Cependant, les gens que nous avons croisés ne semblent pas dans la dèche et le village est très soigné à part le fait que les toits sont en tôle peinte en rouge alors qu'à Metzovo ils mettent de la tuile. Alors d'où viennent leurs revenus ? C'est une question que j'aimerais vous poser. L'immigration est certainement un élément d'explication. La dame qui nous a guidé dans le village etait immigrée au Canada et se faisait construire sa maison dans son village natal. Voilà Panagiotis la Grèce que nous avons croisée pendant nos vacances. Bien à vous Jean Christophe

journalde lor a dit…

@j-c H
Des Suisses achètent des villas de luxe en Grèce

http://www.24heures.ch/economie/suisses-achetent-villas-luxe-grece/story/21542712

Mais la réalité c'est que la Grèce s’enfonce dans la misère
«En Grèce, les enfants et les familles connaissent l’horreur de la faim et du dénuement»
http://www.24heures.ch/monde/europe/grece-s-enfonce-misere/story/11403207


Anonyme a dit…

Si l'Europe n'a plus connu de guerre, ce n'est pas grâce à la création de l'union européenne. Après guerre, l'Allemagne a été mise sous surveillance pendant des décennies, la France et la Grande Bretagne s'étaient dotées de l'arme nucléaire. Voilà pourquoi nous n'avons plus eu de guerre. Maintenant que l'Allemagne a retrouvé sa liberté, elle se sent à nouveau pousser des ailes et ses velléités de conquête, de domination reviennent à grand pas. La voilà la vraie nature de ce pays.

j-c H a dit…

C'est dommage que vous n'ayez pas publié la première partie de mon message. Merci de le faire. Par ailleurs, toujours en questionnement par rapport à une misère qui n'est pas visible pour le touriste que je suis et me trouvant en face d'un athenien qui me demandait d'où je venais alors que nous prenions le frais à l'ombre de la forêt qui longe le monastère de Roussano, je l'interrogeais sur cette misère grecque que je ne vois pas dans la Thessalie que je traverse cette semaine. Il m'expliqua alors que led thelassiens supportent la crise grâce à leur famille et aussi aux terrains qu'ils possèdent et qu'ils cultivent et sur lesquels ils font de l'élevage. Selon lui, la misère n'est pas dans les campagnes grecs mais à Athènes.

Anonyme a dit…

Le blog d'économistes français parle de 2 de vos compatriotes qui mériteraient d'être plus connus (Lapavitsas et Milios https://ecointerview.wordpress.com/).
VOus évoquez également la création de monnaies alternatives. Fonctionnent-elles comme le SEL (https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_d%27%C3%A9change_local ) en ou d'autres ( http://monnaie-locale-complementaire.net/france/), en France ?

Michel Andrieu a dit…

La voie choisie par Tsipras ,après le renoncement, et s'il poursuit dans ce sens , ne peut le mener qu'à la répression

"La seule chose qui reste sous contrôle de l’État grec est l’appareil répressif. Et on voit bien qu’il commence à être utilisé comme avant, c’est-à-dire pour réprimer des mobilisations sociales. Les gaz lacrymogènes déversés sur la place Syntagma du 15 juillet, suivis d’arrestations de militants, de passages à tabac et maintenant de procès devant les tribunaux de syndicalistes, ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque la situation sociale se durcira, lorsque les saisies des résidences principales se multiplieront, lorsque les retraités subiront de nouvelles coupes dans leur retraite, lorsque les salariés seront dépossédés du peu de droits qu’ils leur restent. Le maintien du très autoritaire Yannis Panoussis comme ministre responsable de l’ordre public, et qui se voit également confier le portefeuille de l’immigration, est un signal clair du tournant répressif qui s’annonce"

"Du côté des proches de Tsipras, le ton devient extrêmement agressif envers ceux qui sont en désaccord avec les choix qui ont été faits. Il est très choquant de voir que certains membres du parti reprennent mot pour mot les arguments propagés par les médias, jusqu’aux calomnies qui présentent les défenseurs de plans alternatifs, comme Varoufákis ou Lafazanis, comme des putschistes, des comploteurs de la drachme, des alignés sur le Grexit, façon Schäuble.

lu dans :
http://www.revue-ballast.fr/stathis-kouvelakis/

L'idéologie européiste de la "gauche" dite "radicale" mène à l'échec et à la servitude volontaire voire à devenir le garde chiourme du peuple.

Mais le Non en Gréce, en France et ailleurs n'est pas vaincu !

Michel Andrieu a dit…

La voie choisie par Tsipras ,après le renoncement, et s'il poursuit dans ce sens , ne peut le mener qu'à la répression

"La seule chose qui reste sous contrôle de l’État grec est l’appareil répressif. Et on voit bien qu’il commence à être utilisé comme avant, c’est-à-dire pour réprimer des mobilisations sociales. Les gaz lacrymogènes déversés sur la place Syntagma du 15 juillet, suivis d’arrestations de militants, de passages à tabac et maintenant de procès devant les tribunaux de syndicalistes, ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque la situation sociale se durcira, lorsque les saisies des résidences principales se multiplieront, lorsque les retraités subiront de nouvelles coupes dans leur retraite, lorsque les salariés seront dépossédés du peu de droits qu’ils leur restent. Le maintien du très autoritaire Yannis Panoussis comme ministre responsable de l’ordre public, et qui se voit également confier le portefeuille de l’immigration, est un signal clair du tournant répressif qui s’annonce"

"Du côté des proches de Tsipras, le ton devient extrêmement agressif envers ceux qui sont en désaccord avec les choix qui ont été faits. Il est très choquant de voir que certains membres du parti reprennent mot pour mot les arguments propagés par les médias, jusqu’aux calomnies qui présentent les défenseurs de plans alternatifs, comme Varoufákis ou Lafazanis, comme des putschistes, des comploteurs de la drachme, des alignés sur le Grexit, façon Schäuble.

lu dans :
http://www.revue-ballast.fr/stathis-kouvelakis/

L'idéologie européiste de la "gauche" dite "radicale" mène à l'échec et à la servitude volontaire voire à devenir le garde chiourme du peuple.

Mais le Non en Gréce, en France et ailleurs n'est pas vaincu !

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