mercredi 15 juillet 2015

Ci-gît SYRIZA ?



L’impitoyable règne, l’amertume déborde. Rien ne sera plus comme avant, hormis la poursuite du génocide économique et encore. Notre situation relève à la fois de la... troisième bataille d'Ypres , de Montoire et de Várkiza ... SYRIZA n’est plus comme avant, je dirais même que dans un sens SYRIZA n’est plus. Histoire alors en direct et de pleine gueule. Mardi 14 juillet dans la soirée, j’ai assisté en... observateur participant invité, à la réunion plénière du courant (Plateforme) de Gauche de SYRIZA.

Réunion de la Plateforme de Gauche SYRIZA. Athènes, le 14 juillet

Images obligatoirement floues d’une époque enfin limpide. Les journalistes en ont été exclus car la réunion n’était pas publique ni ouverte, et la consigne a été donnée par les organisateurs et répétée par Panagiótis Lafazánis en personne, “de ne pas enregistrer les débats et de ne pas communiquer, au-delà des déclarations à la presse qui attend dehors”.

Ainsi, d’après le reportage de la presse grecque du 15 juillet, “lors de la réunion des dirigeants de la Plateforme gauche, ses cadres essayent simultanément de coordonner leurs actions avec d'autres groupes organisés et de dissidents au sein de SYRIZA, afin d'adopter une ligne commune lors des réunions ultérieures, autant au Parlement, que dans les organes du parti”. “Notre feuille de route est d'aller vers la monnaie nationale, cela nous devrions l’avoir déjà fait, et nous pouvons le faire maintenant, en utilisant les 22 milliards d’Euros de réserve de la Banque de Grèce pour payer les salaires et les pensions, et ainsi profiter de ce laps de temps pour imprimer notre propre monnaie, aurait dit M. Lafazánis, car la réunion était à huis clos, et il n’y a pas eu de communiqué publié”.

Réunion de la Plateforme de Gauche de SYRIZA, le 14 juillet 2015

Manifestement, de nombreux membres de cette composante de SYRIZA, se ont ouvertement positionnés en faveur d’un vote, contre la proposition du gouvernement conduisant à l’accord, cependant, ils ont laissé la porte ouverte, celle de la communication et du dialogue, ils ont aussi réitéré la nécessité absolue, même en ce moment du rejet de l’accord par le gouvernement”.

Des informations très fiables, indiquent que la Plateforme de Gauche échange et converse avec l'ex-ministre des Finances (Yanis Varoufákis)”, quotidien “Ethnos” du 15 juillet. Tout cela est juste, sauf que je ne peux écrire davantage... sur les échanges et sur les débats qui se sont déroulés hier, les lecteurs de greekcrisis peuvent ainsi comprendre !

Journalistes et cameras devant l'hôtel où se tenait la réunion de la Plateforme de Gauche. Athènes, le 14 juillet

Je peux par contre écrire, que le climat était bien grave, les visages crispés et les cœurs bien battants. Les ministres issus de la mouvance gauche de SYRIZA (et qui ne le seront plus dans quelques heures), ont précisé ce que tout le monde d’ailleurs sait: “La procédure est anticonstitutionnelle, plus anticonstitutionnelle même que jamais... autant auparavant. Personne n’a lu réellement le long texte étalé sur seulement deux articles, les ministres concernés non plus. C’est un diktat... dicté et imposé, donc c’est un viol, d’abord de la volonté populaire exprimée lors du référendum, de la souveraineté nationale et... accessoirement de la Gauche, en Grèce et partout ailleurs. Nous, nous n’accepterons pas cette version de l’histoire... de notre histoire”.

Le mémorandum III et... Tsipriote, a été même qualifié de “Solution finale”, tandis que les arguments avancés par Alexis Tsípras sur le “paquet alloué au développement” et sur l’ex-annulation de la dette grecque, c’est à dire son rééchelonnement lointain vers 2022, ont été réfutés par les élus de la Plateforme de Gauche, lors de la réunion mais aussi par la suite publiquement ce mercredi matin dans les médias.

Joint par téléphone en direct, le député Plateforme de Gauche et du Pirée, Leoutsakos, a expliqué sur la télévision Ant1 (15 juillet), sa “mission qui est aussi celle de la Plateforme de Gauche et en réalité de tout SYRIZA fidèle à son histoire et à ses engagements vis à vis du peuple grec, référendum compris: informer, lutter, préparer le peuple pour enfin sortir de zone euro, car... aucune politique de gauche n’est possible pour les pays de la dite zone, d’où l’effondrement total de la stratégie SYRIZA jusque là. Si cet accord (le mémorandum III) passe, alors nous lutterons jusqu’à son annulation.

Manifestante ex-Syriziste brûle le drapeau du parti. Place de la Constitution, le 13 juillet, source: internet grec

Alexis Tsípras a commis une grave erreur en acceptant cet accord, car c'est effectivement une erreur de rester dans une zone monétaire sous les ordres de la soumission. D’ailleurs nous voterons ‘Non’ au texte et nous ne démissionnerons pas du mandat de député. Car ce mandat appartient à SYRIZA, et nous, nous restons fidèles aux idées du parti tout en respectant la déontologie en interne. Mais nous ne fonderons pas pour autant un nouveau parti, seulement au sein de SYRIZA il y aura du changement, c’est certain” (je cite de mémoire).

Dimítris Vitsas, également député SYRIZA (de... la majorité), très agacé a aussitôt quitté le studio où il participait à un panel d’invités, cela a donc pu démontrer la... clarté du débat chez SYRIZA.

Peu avant midi (15 juillet), Nadia Valaváni (ministre déléguée de l’Économie) a démissionné, tandis que Zoé Konstantopoúlou, Présidente de l’Assemblée supposée Nationale, a exhorté les députés à ne pas céder devant le coup d'État et face au chantage.

Les événements se bousculent devant l’issue de secours de l’histoire. Place de la Constitution... piétinée par le nazisme bleu de l’UE et de Berlin eternel, des manifestants... de type nouveau ont fait leur apparition. Ces Syrizistes indignés, manifestent avec rage et détermination, certains ont même brûlé le drapeau de... leur parti. Le nouveau slogan qui orne désormais le marbre de la place est le suivant: “Ci-gît SYRIZA... que je soutenais jadis”. Les forces spéciales de la police (MAT - CRS) ont par ailleurs retrouvé... toute leur place devant le Parlement. Ci-gît alors un certain SYRIZA...

Ci-gît SYRIZA. Place de la Constitution, le 13 juillet

Retour des unités de la Police devant le Parlement. Athènes, le 13 juillet

Nouveaux manifestants. Place de la Constitution. Le 13 juillet

La stratégie de la Plateforme de Gauche semble se dessiner: prendre le contrôle du parti et reléguer du gouvernement Tsipriote au rang d’électron mémorandaire “libre”. Ce serait presque fait. L’affirmer c’est prématuré. Cependant, mercredi (15 juillet), un texte signé par 109 membres du Comité Central de SYRIZA (sur un total de 201 délégués) et aussitôt publié par la presse appelle à l’unité de SYRIZA, et au respect des engagements adoptés avant les élections et lors du dernier congrès du parti.

Le 12 juillet a eu lieu à Bruxelles un coup d'État. Il a prouvé que le but des dirigeants européens était l'extermination d'un peuple pour en faire un exemple, ce peuple avait songé à la poursuite d’un autre chemin, au-delà et en dehors du modèle néolibéral de l'austérité alors extrême. Un coup d'État donc dirigé directement contre toute conception de la démocratie et de la souveraineté populaire.

Alexis Tsípras et Panagiótis Lafazánis. Unité... en 2013

L'accord avec les ‘institutions’ fut le résultat de menaces directes et d’étranglement économique, introduisant ainsi un nouveau mémorandum, dont les termes du contrôle exercé seront encore plus lourds et humiliants, un désastre pour notre pays et pour notre peuple.” “Nous concevons certes la situation, autrement-dit les pressions étouffantes, exercées sur la partie grecque lors des négociations, néanmoins, nous considérons que le fiers ‘NON’ de tout un peuple au référendum, n’autorise pas au gouvernement la soumission au chantage et à l’ultimatum des créanciers. Cet accord n’est pas compatible avec les idées ni avec les principes de la gauche, mais surtout, il n’est pas compatible avec les besoins des couches populaires. Cette proposition ne peut pas donc pas être acceptée par le peuple, ni par les cadres de SYRIZA. Nous demandons la tenue d’une réunion immédiate du Comité central et nous invitons les membres, les cadres et les députés de SYRIZA, à sauvegarder l'unité du parti sur la base des engagements qui ont été les nôtres en janvier 2015, et sur celle, issue du dernier congrès de SYRIZA.”, voilà pour le texte dans son intégralité.

Non au 4ème Reich. Athènes 2010-2015

Plan-B. NON à l'euro. Athènes 2010-2015

Ne vivons pas comme des esclaves. Athènes, 2010-2015

Handicapés et manifestants. Athènes, 2010-2015

En plus, vingt délégations régionales SYRIZA, se sont ouvertement positionnées de la même manière, et ce n’est qu’un début. Le mémorandum III aura scellé en quelque sorte le sort de SYRIZA, et autant celui de l’Européisme. Pétros, un voisin rencontré mercredi matin est du même avis:

SYRIZA, en tout cas tel que nous le connaissions, est terminé. Ce mémorandum est un génocide. Nous ne nous laisserons pas faire, avec un SYRIZA nouveau, avec un autre mouvement politique et surtout entre nous mobilisant notre nouvelle conscience, nous ferons tout pour résister et pour sortir de l’UE. Deja, il va falloir sortir de la zone de l’Euro de manière réfléchie et préparée, pas n’importe comment. Et il faut enfin comprendre que la voie actuelle est celle de la mort assurée tandis que l’autre manière, elle sera peut-être difficile, sauf que l’espoir... peut revenir” Il y a encore six mois, Pétros, électeur SYRIZA, pensait que l’Europe était alors un cadre... naturel. Plus maintenant et plus jamais.

La tragédie politique et incontestablement personnelle d’Alexis Tsípras, a eu le grand mérite de faire bouger les lignes de l’Européisme, en Grèce, comme ailleurs. Lors de la réunion de la Plateforme de Gauche, Panagiótis Lafazánis a insisté sur la fausseté... grassement payée des sondages. “Croyez-moi, tous les sondages sur cette question de l'image prétendument positive de l'UE et de l'Euro sont payés pour être sciemment faux ; il faut en être conscient”, a-t-il précisé.

Retraités manifestants. Athènes, 2010-2015

Costas Lapavítsas via Skype. Forum pour sortir de l'euro et de l'UE. Athènes, 2013

Vie grecque. Athènes, 2010-2015

Costas Lapavítsas, économiste et député SYRIZA (Plateforme de gauche), lors de son intervention mardi soir (14 juillet), a insisté sur deux points (déjà connus par ses propos tenus devant les journalistes). “D’abord, c’est la première fois dans ma carrière d’économiste que je rencontre une telle convention d’accord. Non seulement, elle est de type néo-colonialiste, personne ne dira le contraire, mais surtout, surtout hélas, cet accord comporte par certaines de ses formulations et tournures de phrase, un volet ouvertement revanchard et punitif, au-delà même de toute logique économique (même de type néocolonialiste), car c’est ainsi que l’élite de l’Allemagne pense ‘régler l’affaire grecque’”.

Ensuite, je le répète, nous avons un Plan-B, par lequel, étape après étape, nous sortirons de la zone euro.”. La Grèce sait et la Grèce alors comprend. En se suicidant Place de la Constitution, le retraité pharmacien Dimitri Christoúlas, n’avait pas mâché ses derniers mots. J’y étais... étrange hasard. “Preuve en est le très visionnaire billet, écrit de sa propre main, que ce nouveau martyr des temps modernes qu’est Dimítris Christoúlas, pharmacien de longue date, laissa expressément dans sa poche, tel un véritable manifeste idéologique plus encore qu’un testament spirituel, avant de quitter cette ingrate terre:” “Je crois que les jeunes sans avenir, dans ce pays, prendront un jour les armes et pendront les traîtres.”, note dans son carnet Daniel Salvatore Schiffer, et c’est... dans le Nouvel Observateur.

Quelques minutes après le suicide de Dimitri Christoúlas. Place de la Constitution, le 4 avril 2012

Nikólaos Palyvos. Jeune scientifique, suicidé en 2012

Le mémorandum, impose ce psychisme de la peur. Athènes, 2010-2015

Mémorandum après mémorandum, suicide après suicide, c’est alors le lien... social tissé autour de la peur et de la mort qui devient alors le catalyseur non contrôlable du futur. La barrière anatomique de la société grecque a été ouverte depuis, la plaie est béante. Sauf qu’en fin de compte, la peur a été vaincue, déjà en janvier 2015 et ensuite, lors du récent référendum. D’où très... logiquement, cette expédition punitive, héritée du passé impérial et nazi de l’élite allemande.

Sauf qu’en Allemagne déjà, de nombreux citoyens, voire collectifs politiques expriment leur désaccord et parfois même leur désarroi. Wolfgang Schäuble, escroc et mafieux parmi les grands mafieux, “non seulement prépare un projet d’une l'Europe germanocentrée, il est en plus... l’usufructuaire direct d’un tel projet. Le fonds luxembourgeois... où devaient être alors transférés les 50 milliards de dollars des privatisations grecques imposées initialement par la première version du mémorandum III, est en réalité une société dans laquelle Schäuble est le président du conseil d’administration. Ceci explique alors cela, car nous devons enfin comprendre ce que signifie la mainmise sur les peuples européens de l’oligarchie allemande”, a-t-il déclaré devant les députés ce mercredi le ministre du Travail (SYRIZA) Panos Skourlétis.

Athènes, 2010-2015

Peuple aux armes. Athènes, 2010-2015



Fiasco programmé. Athènes 2010-2015

Le mémorandum III, introduit entre-autres de... l’automaticité quant aux mesures austéritaires, lorsque certains chiffres ne correspondront pas au logiciel ordo-libéral d’Angela Merkel et de François Hollande... dans un sens. C’est autant ; un essai gradeur nature de la nouvelle Europe en gestation. C’est aussi pour cette raison qu’elle est depuis synonyme de haine, de guerre et de destruction massive des sociétés, de la démocratie, des nations et des souverainetés. Donc arrêtons-la, tant qu’il est encore temps, autrement-dit, il faut défaire l’UE, tel doit être le seul et premier programme de la Gauche déjà.

SYRIZA n’est plus (comme avant d’abord), et le mémorandum III finira très mal. La société grecque explosera alors tôt ou tard, j’en suis convaincu et je ne suis pas le seul à le penser à Athènes.

La... Grrrrèce, toute la Grèce est en train de grincer des dents. Dans la rue, dans les cafés, les gens sont enflammés, agacés, amers et déterminés. Ils ne disposent pas d’autre arme que leur présence physique ou le vote, et cela, malgré la tromperie et malgré le coup d’État.

La Grrrèce qui grince. Athènes, 2010-2015

UE, Euro et leur dictature. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015

À la fin de la réunion de la Plateforme de Gauche, nous avons bu un seul verre de vin, et d’ailleurs sec, dans un bistro du coin. Nous avons commenté les événements, ainsi que l’interview qu’Alexis Tsípras avait entre-temps accordée à la télévision publique ERT le même soir. “Il n'est pas convaincant, il est sur la défensive... bonjour”.

Au moment de la note, Caterína Thanopoúlou, Plateforme de Gauche et Vice-présidente de Région en Attique chargée des Affaires sociales, a sorti un... faux billet de “500 nouvelles drachmes”.

500 nouvelles drachmes. Le 14 juillet 2015

C'est déjà un peu tôt et c'est surtout largement en retard, nous regardons toujours le soleil... derrière le grillage de l'euro”!

Derrière le grillage de l'euro. Athènes, 2010-2015




* Photo de couverture: La Grèce dans l'Euro. Athènes, 2010-2015

24 commentaires

edgell oliver a dit…

Un film d'Harald Schumann, comme quoi il y a aussi des allemands lucides quand l'Europe marche sur la tête comme un zombie :

https://www.youtube.com/watch?v=F-iyrQyiHCw

images.pensees@gmail.com a dit…

Bonjour,
merci de toutes ces informations dans cette période complexe, merci pour cette résistance qui ne doit rien lâcher, malgré tout. Et pour un petit détour historique sur les temps où l'Allemagne jonglait avec les billets et les dettes de la première guerre mondiale... un site tout nouvellement en ligne. http://www.imagespensees.org/. De tout coeur avec vous.
Luisem

images.pensees@gmail.com a dit…

Bonsoir,
et bon espoir
un grand merci, à vous tous qui résistez, qui informez, qui tenez. Et pour un petit détour par l'histoire qui peut intéresser l'ethnologue et l'historien, un site qui démarre tout juste http://www.imagespensees.org/, en hommage à vos luttes.
De tout coeur avec vous
Luisem

carole a dit…

ça me fait mal ce qu'ils font aux grecs, j'en pleure, c'est tout ce que je peux faire pour le moment, pleurer sur ce drame...mais derrière les pleurs, comme tant d'autres il y a quelque chose qui vibre de détermination pour lutter contre ce coup d 'Etat de la finance, courage ...carole

Denis Monod-Broca a dit…

La Grèce est dans la position de Socrate : injustement condamnée, à l'unanimité, elle a rejoint l'unanimité de ses juges et accepté de s'appliquer à elle-même la sentence prononcée par eux contre elle.
Socrate avait tort, rien ne justifie le sacrifice d'un homme.
Rien ne justifie non plus le sacrifice d'un peuple.
Sinon l'adoration d'une idole bien sûr.
Mais au moins le geste de Socrate avait-il de l'allure, et il a laissé une trace dans l'histoire, et quelle trace ! C'est pour que soient préservées les lois de la Cité, au nom desquelles il avait été condamné, qu'il but la ciguë.
L'idole pour le salut de laquelle est condamnée la Grèce n'a pas cette grandeur. Sous ses oripeaux de toute-bienveillante monnaie unique européenne, elle n'est qu'un très ordinaire deutschemark...
Amis Grecs, tenez bon ! ne buvez pas la ciguë !

Elie Arié a dit…

La majorité des Grecs veulent-ils prendre le risque - parfaitement prenable - d'une sortie de l' euro, qui est un saut dans l'inconnu, aux conséquences peut-être moins graves qu'on ne l'imagine, ou peut-être bien pires, on ne peut pas le savoir, au moment où le FMI exige n effacement d'une partie importante de leur dette?

C'est toute la question, et seuls les Grecs peuvent y répondre, puisqu'ils seront les seuls à prendre ce risque.

Dommage que la question posée au référendum n'ait pas été " Préférez-vous accepter les dernières propositions de la troïka, ou prendre le risque d'une sortie de l' euro? " : la réponse aurait été alors claire.

Tony A a dit…

Certains prétendent que la sortie de l'euro auraient des conséquences pires que le diktat actuel.
Mais qu'entendent-t-ils par "pires" ? la destruction physique de la Grèce et de son peuple ? (mais par qui ?) ; une aggravation de la situation actuelle ? Le Chaos ?
Quand bien même cette sortie serait suivie du chaos, ce dernier ne serait que temporaire. Ensuite, après quelques mois, deux ou trois ans peut-être, le pays ayant retrouvé sa souveraineté pourrait envisager sereinement son avenir.
En revanche, se résigner à ce nouveau mémorandum, c'est accepter une servitude et une régression sans fin.
Aux grecs - et aux européens qui savent maintenant ce qui les attend ! - de choisir.

Samson a dit…

Ignorant tout des arguments décisifs qui ont finalement emporté sa soumission à la férule "€uropéenne" et eu égard à mon grand respect des qualités stratégiques dont Alexis Tsipras - tant comme premier ministre que comme négociateur - a fait preuve durant ces cinq derniers mois, j'avoue ne rien comprendre de ce "suicide" politique qui de la dignité de l'OXI grec - véritable Stalingrad démocratique infligé aux divisions du IVème R€ich - le fait passer en moins d'une semaine à opter pour la perpétuation des standards de l'humiliation et de la soumission sous la botte.
Pour ce que j'en comprends et sachant que cet asservissement de la citoyenneté grecque ne règle en rien la soutenabilité de cette "dette", ce retournement s'apparente bel et bien à un "coup d'état".
La ligne de Yanis Varoufakis eut été non seulement plus digne, mais surtout plus réaliste : tant pour les Grecs que pour tous les autres peuples immanquablement destinés à subir tôt ou tard les mêmes rigueurs, elle eut représenté l'espoir, alors que celle-ci ne peut que susciter colère et rage.
Courage à vous!
Wait and see! :-(

Magne deux a dit…

la Grèce a une balance commerciale globalement déficitaire ....donc on peut vivre sans l'euro comme bien d'autres pays en Europe mais peut etre pas avec le niveau de vie d'avant 2009 ....

Elie Arié a dit…

Comme le fait remarquer le Financial Times, c'est Merkel qui a fait le plus gros effort, dans cette négociation : elle a accepté, à l'encontre de son opinion publique, un nouveau plan d'aide à la Grèce, financé cette fois par les seuls Etats européens (sans le FMI ni la BCE ), de plus de 80 milliards -alors que les traités européens interdisent formellement aux Etats-membres de venir en aide à l'un d'entre eux : la logique de Maastricht est que chacun fasse les efforts nécessaires chez lui et se débrouille seul, pour respecter les critères de stabilité ( déficit inférieur à 3 % du PIB, dette inférieure à 65 % du PIB.)

Jean Deroubaix a dit…

La sortie de l'euro serait catastrophique, peut-être mais pour qui ? Rester dans la zone euro par contre sera catastrophique assurément pour les travailleurs, les pensionnés, les malades, les élèves, les étudiants, les handicapés, bref pour ce qui compte dans une société. Courage !

Elie Arié a dit…

Comme le fait remarquer le Financial Times, c'est Merkel qui a fait le plus gros effort, dans cette négociation : elle a accepté, à l'encontre de son opinion publique, un nouveau plan d'aide à la Grèce, financé cette fois par les seuls Etats européens (sans le FMI ni la BCE ), de plus de 80 milliards -alors que les traités européens interdisent aux Etats-membres de venir en aide à l'un d'entre eux : la logique de Maastricht est que chacun fasse les efforts nécessaires chez lui et se débrouille seul, pour respecter les critères de stabilité ( déficit inférieur à 3 % du PIB, dette inférieure à 65 % du PIB.)

Michel Dilo a dit…

Elie Arié a dit…" Comme le fait remarquer le Financial Times, c'est Merkel qui a fait le plus gros effort,"
C'est sûr que pour ce journal c'est Merkel qui fait des efforts et les Grecs qui vont payer...

"alors que les traités européens interdisent aux Etats-membres de venir en aide à l'un d'entre eux"
La restructuration de la dette est elle aussi (selon l'allemand) interdite par les traités. Moralité l'europe s'assoit sur les règlements quand ça l'arrange !

Corruptio3 a dit…

http://www.acrimed.org/article4726.html

zozefine a dit…

quand on s'était rencontrés, tu disais beaucoup de choses sur l'allemagne. j'avais quelques écailles sur les yeux, ça me gênait un peu, je pensais que c'était moins l'allemagne qu'il fallait craindre que... que je sais pas quoi. mais j'ai grandi avec l'idée du plus jamais ça, le souvenir des babas allemands à creys malville avec atomkraft nein danke sur la deuche, les autonomistes, et j'en passe. quand il y a eu la réunification, même contente pour les est-allemands, je ne me suis pas réjouie, toutefois : tout d'un coup on avait un énorme monstre centripète à gérer. mais on avait la CEE ou je sais plus ce que c'était à l'époque pour le faire.

la satellisation par l'allemagne désormais géante et sur-puissante des ex-pays satellites de l'URSS, là encore, je me disais que ça allait peut-être, je sais pas, s'arranger. ils venaient de sortir d'un impérialisme, ils allaient pas s'y replonger de sitôt.

zozefine a dit…

alors ce que tu disais, je me le tempérais en me disant oui, mais il y a aussi la france, et puis l'UE c'est quand même un peu une zone neutre, une institution tampon entre deutschland über alles et tout le reste. il y a des verrous de sécurité. mais quelle conne !

l'allemagne a réussi a tuer un pays en seulement 6 mois d'usure de négociateurs, de négociations qu'on a du mal à appeler négociations tellement elles ont été simplement une distribution ordres de marche et de copies corrigées au feutre rouge, auxquelles syriza a résisté, en essayant d'amener un peu d'intelligence du discours dans ce banc de technocrates-requins cravatés, via varoufakis. jusqu'au moment où il s'est fait éjecter. on a senti, là, que quelque chose s'était cassé. mais bon, dans mon coin je rêvais qu'en fait il était planqué à préparer un plan B, en attendant que les fusibles pètent les uns après les autres. ben non. pas de plan B préparé. aucun cheval de troie à l'eurogroupe, et pour finir tsipras tellement seul et cerné par cette meute qu'il a fini par accepter (ACCEPTER) que vraiment c'était mieux comme ça. mais quel con !

l'allemagne a réussi à réaliser son projet avorté il y a 70ans. guerre économique, à "bas voltage", tellement moins dépensière en hommes et matériel que la grosse vilaine sanglante qui fait du bruit. l'allemagne est trop grosse, trop riche, trop productive. trop exportatrice, la laisser jouer dans le même bac à sable que des pays périphériques qui exportent au mieux de l'huile d'olive est un non-sens, une folie. en plus, elle a besoin qu'aucune tête ne dépasse, et voir arriver ces untermenschen sans cravate prétendant discuter d'égal à égal alors que leur sort était celui de lumpenproletariat satellisé et consommateur (et si pas consommateur, pressé comme un citron), et en plus se disant de gauche (et pour des gens cravatés comme ça, être de gauche, c'est être oh horreur d'extrême gauche), bref, cela a été mettre une cible sur varoufakis, tsakalotos, tsipras, et le permis de tirer à vue. la gauche (encore à l'époque pas hollandréou-isée) a été la chose à casser, à écrabouiller sur l'autel de l'orthodoxie budgétaire qui est aussi celui du dieu moloch-baal-pognon.

zozefine a dit…


bravo ! opération réussie à 100%, tir parfait. reddition totale, avec même une cerise sur la gâteau, tsipras lui-même, grave et sérieux les-yeux-dans-les-yeux avec le peuple, servant ce genre d'argument qu'on vous sert suite à une opération fatale (ah ce farmako ambigu) : sans ça, ça aurait été bien pire.

j'ai appris un mot : moutza, simple ou double. j'aimerais avoir une 100aine de mains, pour pouvoir exprimer de manière satisfaisante l'envie de maudire tous ces gens.

panaghiotis, je suis pas grecque, je parle à peine la langue, mais je vis ici, je suis infiment solidaire et mon état de xéni m'empêche pas d'être sidérée à en pleurer de colère, de tristesse, de peur aussi, de déception, d'impuissance, de révolte.

il va falloir survivre à tout ça, et même plus que survivre : CHANGER tout ça.

MA POMME a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Corruptio3 a dit…

http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/grece-la-grande-braderie/

MA POMME a dit…

@ Elie Arié,
Monsieur, vous polluez ce fil avec votre New York Times.
Le NYT n'est qu'un merdia comme les autres :
"Dans les années 1980, le journal fut aussi accusé par l'organisation Fairness and Accuracy in Reporting et par les spécialistes des médias Noam Chomsky et Edward Herman de donner une couverture biaisée des événements en Amérique centrale et Amérique du Sud, particulièrement en insistant sur la violation des droits de l'homme commises au Nicaragua au détriment de ceux perpétrés pendant les guerres civiles au Salvador et au Guatemala ou sous la dictature au Honduras. Le journal est aussi accusé de médiatiser systématiquement les informations compromettantes pour les ennemis des États-Unis, et inversement de minorer les crimes de la politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés." (Wikipédia)

De toute façon, si l'Allemagne est le premier créancier dans cette nouvelle charge de dette et d'austérité imposée à la Grèce, elle sera aussi la première au moment de la curée, du dépeçage des privatisations.

Pour les grecs et pour nous aussi, il faut, il est nécessaire, il est légitime de se battre, de lutter contre la servitude par la dette.

Denis Monod-Broca a dit…

Φαρμακός

Pharmakos, φαρμακός, désignait un rite, très en vogue à l’époque, consistant à promener, sur des chariots, à travers la ville, quelques malheureux va-nu-pieds, hors-la-loi et autres mauvais sujets, les offrant ainsi à la colère de la foule, à ses injures, à ses crachats, à ses coups, à ses pierres… puis à les expulser, morts ou vivants, loin en-dehors des remparts. A l’issue de cette explosion de violence expiatoire, la ville et sa population retrouvaient pour un temps leur sérénité. D’où cette appellation paradoxale de pharmakos : à la fois poison et remède, ces êtres malfaisants, par leur supplice, faisaient du bien à la cité. Chaque « sommet de la dernière chance » supposé sauver la Grèce n’est rien d’autre qu’un retour au rite du parmakos, avec la Grèce dans le rôle du pharmakos, mauvais sujet, méprisée, injuriée, coupable de tous les péchés du monde, vouée aux gémonies… On comprend qu’elle ne veuille pas être expulsée. S’enfuir est pourtant pour elle la seule manière d’échapper - peut-être - aux injures, aux crachats, aux coups, et à l’expulsion finale…
Quelle honte pour nous, pays européens, qui nous disons si rationnels, si progressistes, si modernes, si civilisés…, de retomber ainsi dans des comportements qui avaient cours il y a des siècles et des siècles !...
La zone euro est comme ces cités antiques, dont les lois n’étaient pas assez solides, et qui recouraient, pour assurer leur stabilité, à de tels sacrifices.
Bien sûr ce sont des histoires de déficits, de dettes, de garanties, de collatéraux, de remboursement, de réformes, de compétitivité, etc., mais derrière tout cela, derrière toute cette salade financière, derrière l’argent, il y des hommes et il y a leurs désirs, leurs pulsions, leurs tentations, leurs peurs, leurs souffrances… Si on ne veut pas se perdre pas dans l’aspect financier des choses, incompréhensible pour le commun des mortels, on voit le spectacle que donnent les hommes impliqués dans ce drame, et ce spectacle ressemble furieusement à ce rite sacrificiel venu du fond des âges.
On en est désespéré et honteux.

edgell oliver a dit…

Schäuble a proposé une sortie de la Grèce et persiste. N'est ce pas l'occasion de le prendre au jeu en lui faisant concéder par négociation des conditions les plus favorables possibles à la Grèce pour une sortie sécurisée ?

Si Schäuble refuse de bonnes conditions de sortie, alors il perdra de sa crédibilité.

Tsipras peut gagner sur les deux tableaux en rentrant dans le jeu de Schäuble, avec le bonus de semer la zizanie en Allemagne et ailleurs. Diviser pour régner...

Corruptio3 a dit…

@edgell oliver : c'est effectivement une excellente stratégie me semble-t-il... Tsipras ne veut pas d'un Grexit non préparé - c'est ce que j'ai entendu il y a peu. Il y a quelqu'un ici en position de lui conseiller le coup ?...

Michel Dilo a dit…

Avant de conseiller quoi que ce soit, il est bon de connaître des options politiques pour l'avenir... immédiat.

Comment pourra tenir une partie des députés Syrisa votant les lois européennes avec la droite et l'autre partie votant les lois socialement justes avec les autres de Syrisa (enfin si l'europe le permet puisque c'est l'europe qui décide de l'ordre du jour du parlement...).

Comment vont se comporter les Grecs devant le choix, lors de prochaines élections dans 2 ou 3 mois, s'il y a 2 Syrisa celle qui soutient l'austérité et celle de Varoufakis contre cette austérité ? Quelle sera ou pourra être la nouvelle composition de l'Assemblée avec à droite ND, PASOK, POTAMI, ANEL et les nazis, au centre Syrisa de Tsipras et Syrisa de Varoufakis et le KKE ?

Peut-être que Panagiotis peut nous donner un début de réponse, tout au moins son sentiment.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-une-situation-politique-au-bord-du-chaos-492562.html

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