Greek Crisis

samedi 4 juillet 2015

Ultimes consciences



Athènes, ambiance assurée et cependant incertaine. Sur une façade de la Banque de Grèce, le seul graffiti... très frais qui s’impose par ces temps et par ces vents: “NON - 5 juillet”. Vendredi soir (3 juillet), place de la Constitution nous étions vraiment très nombreux. Grand rassemblement et concert en faveur du ‘NON’, émotion, dignité, et quoi qu’il arrive, un sens certain de la gravité des moments. J’y ai rencontré tant d’amis, tant de connaissances comme de consciences. “Venceremos, certainement”, fut le message que mon ami Kóstas Arvanítis m’a envoyé depuis son studio de la radio 105,5 (SYRIZA). Patience !

Rassemblement du 'NON', place de la Constitution. Le 3 juillet 2015

Nous savons combien le résultat risque d’être serré, déjà si l'on tient compte de ce déluge de terrorisme exacerbé que les “Institutionnalisés” internes comme externes, exercent sur la population grecque. Autrement, la volonté exprimée du ‘NON’ aurait atteint 80% des bulletins.

Mais nous sommes en guerre, sûrement la dernière, avant que la mise à mort des démocraties ne soit ainsi définitive et irréversible. Le sens de notre combat c’est de neutraliser ces assassins des démocraties et des sociétés, déjà en Europe. Nous en sommes bien conscients, nous sentons alors toute l’hybris du temps mauvais bancocrate et eurocrate, leur tyrannie dévoilée et outrancière, sauf pour les nombreux aveugles à la conscience atteinte, voire, éteinte.

Parfois même, il devient alors évident que nous ne pouvons plus grand-chose pour eux. À part nous battre. Les népotistes, les politicards et les escrocs se sont suffisamment occupés d’eux, avant comme après ce petit moment de rupture, que constitue le référendum... Tsipriote, pour les affaires et pour les affairistes de notre triste monde.

Athènes, le 3 juillet 2015

Et pourtant, ils ont peur. Place de la Constitution, le 3 juillet

Rassemblement du 'NON', place de la Constitution. Le 3 juillet 2015

Et pourtant, ils ont peur”, ont alors rappelé, photo à l’appui, les membres du mouvement EPAM, place de la Constitution vendredi soir. La réaction hystérique du système d’ailleurs le prouve entièrement. C’est la réaction du système, du système global et globalisant et cela comme un bloc, derrière les miradors de l’univers concentrationnaire européiste et financiocrate.

Banques, “Institutions”, médias, patronat moyen et surtout grand, “confédérations syndicales”, politiciens véreux, sans oublier un bon nombre d’universitaires et d’intellectuels.

La direction de l’Hôpital privé Metropolitan situé au Pirée, comme le rapporte le quotidien “Avgí”, a d’abord ordonné à ses employés de se rendre aux rassemblements en faveur du ‘OUI’ et par la suite, une employée et comptable de l’entreprise a été licenciée parce qu’elle s’est exprimée en faveur du ‘NON’. La direction de l’hôpital a mis en place une équipe, laquelle passe au crible les profils de l’ensemble des employés à travers les “social media” sur internet (facebook etc.), afin de repérer les adeptes du ‘NON’ et alors... agir en conséquence.

L'accord rend libre. Et... la Vie est Belle. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015

La direction de cette entreprise, comme de tant d’autres en Grèce en ce moment, n’a pas versé la totalité du salaire aux employés, “le reste de votre salaire sera versé après le référendum et cela, uniquement en cas de victoire du ‘OUI’”. Dans le même... nouvel (?) ordre politique, la direction d’une grande compagnie d’assurances situé dans les quartiers Sud d’Athènes et plus précisément à Palaio Fáliro, aurait toujours selon le reportage du journal “Avgí”, convoqué les employés pour les menacer ouvertement: “Ceux qui voteront en faveur du 'NON', seront licenciés lundi matin”.

Enfin, la direction d’Alpha Bank, a installé dans un premier temps à tous les ordinateurs des employés un programme qui affiche alors les montants en double, euros et drachmes, avant de mettre son personnel en congés obligatoire sans solde, (“Avgí” du 3 juillet).

Faisant entre le grossier et le grotesque, Miltiádes Varvitsiótis, député et ancien ministre Nouvelle démocratie, fils de Yannis... autant ministre et député de droite de père en fils, a donné à la télévision sa vision de la faillite de la Grèce: “La faillite d’un pays, c'est comme actuellement, de ne plus pouvoir télécharger des applications sur son i-Phone, étant donné que les paiements via les cartes bancaires grecques ne son plus acceptés”. Depuis 2010, plus de 10.000 décès en Grèce sont à mettre sous le compte des politiques de la Troïka... mais ce n’est pas de la faillite. Même d’ailleurs “Le Monde”, semble enfin comprendre que pour ce qui est de la “Grèce: les économistes jugent déraisonnables les exigences des créanciers Bonne blague !

Varvitsiótis et son i-Phone. Télévision privée grecque, le 3 juillet

Nous écrivons, l’histoire - 'NON', Athènes, juillet 2015

Rassemblement du 'NON', place de la Constitution. Le 3 juillet 2015

Tássos Pappás, éditorialiste au “Quotidien des Rédacteurs”, cite (2 juillet) ce reportage des “Financial Times”, reproduisant les propos récents d’un haut dirigeant de l’Allemagne: “Tant que les deux communistes (Tsípras et Varoufákis) restent aux commandes en Grèce, le gouvernement allemand bloquera le moindre centime”. D’après ce haut dirigeant allemand dont le nom n’est pas dévoilé, Martin Schulz a participé à des réunions (le terme exact, corrige Tássos Pappás c’est tout simplement complot), dans le but de briser SYRIZA en deux morceaux et ainsi ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement de technocrates, ou d’une autre coalition.

Tout cela est parfaitement exact, car nous ici depuis notre quotidien, nous sommes très bien informés sur ce qui se déroule à l’intérieur de... l’épiscopat européen. Ce dernier, a par ailleurs souvent médiatisé les désirs de la fraction de Berlin, avant qu’elles ne deviennent des décisions prises à Bruxelles. Nous savons que Martin Schulz, lequel travaille apparemment sous ordre, agit dans ce sens.

Le plan est le suivant: obliger Alexis Tsípras à signer un accord intenable, après avoir imposé au pays et à la société via leurs courroies politiques, économiques et médiatiques, les conditions cauchemardesques que l’on connait. Et même si Alexis Tsípras demeure au poste de Premier ministre (notons que le vrai pouvoir réside ailleurs), son gouvernement sera certainement autre chose que ce qu’il avait promis et préconisé. Il sera alors en personne humilié, SYRIZA aura encaissé un énorme coup, tandis que la Gauche radicale et plus généralement, tous les adversaires de l’austérité, auront enfin reçu la réponse... adéquate à la... souillure que comporte leur interrogation: Existe-t-il une autre voie pour l’Europe ?

Le supplice des Grecs en ce moment. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015

Ne soyons pas naïfs. Il s’agit bel et bien d’un crime prémédité. Ce crime est initié par ces chacals qui font semblant d’être nos partenaires au sein de l’UE, et quant aux exécutants sur place, nous n’avons guère de doutes. Sous peu, ils se présenteront derrière le masque du sauveur”.

Voilà la Grèce et voilà le totalitarisme néocolonial de la dite Union européenne, pour ceux qui peuvent encore garder les yeux ouverts et l’esprit libre, donc... suffisamment logique ! Au moment des départs en vacances et des fermetures estivales dans une partie de l’Europe, un authentique Coup d’État est en cours en Grèce, prélude précipité à ce qui se passe (et qui se passera dans un futur proche de manière moins masquée) partout ailleurs. Réussira-t-il ? Difficile à répondre à cette grande aporie du temps presque immédiat. D’où l’immense importance de la solidarité active et surtout du réveil des consciences ailleurs, comme c’est déjà le cas. C’est une course contre la montre, et c’est une course contre le monstre.

Figures de Varoufákis et de Schäuble. Place de la Constitution, le 3 juillet

Ce peuple, ne s'agenouille que devant ses morts”, poème de Yannis Rítsos et autant, message limpide d’un slogan vu Place de la Constitution vendredi soir, en plus des photos du poète et de Míkis Theodorakis. Míkis, vient d’ailleurs de lancer un appel en faveur du ‘NON’, tout en critiquant SYRIZA et la Gauche plus généralement pour ses manquements quant à la préparation d’un grand mouvement unitaire et populaire qui fait toujours défaut. “Nos ennemis ont réussi à diviser le peuple, sauf que nous ne baisserons pas les bras”, dit Míkis.

Nous préférons les eaux inconnues au marécage cartographié”, indiquait un autre slogan écrit, aperçu Place de la Constitution. De son côté, Manólis Glézos, lance un appel aux électeurs du PC grec, pour qu’ils optent pour le ‘NON’, et non pas pour le vote nul, car tel est le mot d’ordre de la direction du plus ancien parti de la gauche en Grèce. Sera-t-il entendu ?

Ce peuple, ne s'agenouille que devant ses morts, Place de la Constitution, le 3 juillet

Nous préférons les eaux inconnues au marécage cartographié, Place de la Constitution, le 3 juillet

Rassemblement du 'NON', place de la Constitution. Le 3 juillet 2015

L’historien du futur, retiendra déjà que le jeune politique Alexis Tsípras, a eu le mérite de poser à son peuple une vraie question, bien qu’incomplète et cela, non sans un certain retard.

Nos philosophes... en peinture, qui sont aussi ceux de tous les autres, contemplent les banques d’un regard bien oblique on dirait.

Nos philosophes contemplent les Banques. Athènes, juillet 2015

Athènes, ambiance assurée et cependant incertaine. Sur une façade de la Banque de Grèce, le seul graffiti... très frais qui s’impose par ces temps et par ces vents: “NON - 5 juillet”. (Pour le rassemblement, et pour le reste, voir également sur le site ami d’okeanews.fr)

Sur une façade de la Banque de Grèce “NON - 5 juillet”




* Photo de couverture: Rassemblement du 'NON', place de la Constitution. Le 3 juillet 2015