jeudi 5 mars 2015

Mourir en Grèce



La dégringolade avait commencé un peu avant la crise: la clientèle du petit magasin de tabac et de journaux, pourtant bien situé, s’effilochait progressivement. Le changement d’activité s’imposait. Bête investissement, mauvais calcul, la boutique qui remplaça le comptoir à tabac n’a jamais marché. Ils se retrouvent donc sans travail et sans ressources: lui, la cinquantaine, ancien anar d’eau douce ; elle, la cinquantaine, élevée “dans les plumes” comme on dit en Grèce pour parler de ceux dont l’enfance et l’adolescence se déroulent dans l’ambiance douce d’une famille petite-bourgeoise. Elle, c’est mon amie. (Par Christine, billet invité).

Réalités. Grèce, 2010-2015

Nous nous étions perdues de vue et voilà que nos chemins se croisent à nouveau. Mais, là, fini les plumes et le coton: le magasin est fermé, les amis n’ont plus aucune ressource, bien que ma situation ne soit pas florissante, j’apporte toujours quelque chose quand je vais les voir dans l’appartement qu’ils ont loué parce que son appartement à elle est saisi par la banque.

Ils commencent à vendre tous leurs avoirs pour pas grand-chose: y a toujours des gens qui profitent du malheur des autres, mais ça vous donne un morceau de pain quand vous n’avez rien à manger... Lire la suite sur okeanews.fr

Grèce, 2015




* Photo de couverture: Musée de l'Acropole. Athènes, 2015

4 commentaires

Chalcolithique a dit…

Je viens de terminer la lecture du billet complet sur Okeanews, merci à Christine pour son témoignage qui n'a pas dû être facile à rédiger. Une seule de ces vies sacrifiées est déjà un terrible désastre, et il y en a eu tant... Je forme le voeu que cette hécatombe enfin s'arrête. Tristesse et colère. La tristesse, inutile d'expliquer pourquoi. Et la colère à la seule idée que le pseudo-journaliste libéro-bruxellois vous accuserait, à nouveau, de faire du "misérabilisme"... Tenez-bon, tous. Avec toute ma sympathie (en Grec).

Corruptio3 a dit…

Du "misérabilisme" ? Je devine qui est ce pseudo-journaliste...

J'ai un dicton pour ça: "La réalité est dans les détails."

On peut ajouter que "la propagande est dans les grands principes," qu'il faut appliquer quelles qu'en soient les conséquences, les "détails," les oeufs cassés dans la grande omelette du bonheur commercial européen et planétaire.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Le pseudo-journaliste c'est Jean Quatremer, chien de garde des ultras du libéralisme et des élites du totalitarisme nouveau (mais venu de loin), dirigeants de l'Allemagne actuelle comprise. Quatremer est en quelque sorte le Robert Brasillach (le talent en moins) du moment, (et toujours du pire moment pour les libertés des peuples), issu de la presse collaborationniste restée sans lecteurs et dont la survie, dépend des capitaux de la financiarisation totalitaire. Ni plus, ni moins !

Corruptio3 a dit…

Tiens: C'est justement à lui que je pensais. Quelle coïncidence! :(

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