jeudi 27 mars 2014

Visite guidée de la nouvelle Athènes



Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les “sacrifices” du peuple grec lui “ouvrent les portes d’un meilleur avenir”. Un avenir apparemment très lointain... (Aperçu - Texte intégral publié par “Le Monde Diplomatique”, avril 2014).

Athènes, 2014

Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution: “Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (...) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (...) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse.” Fini l’exigence de “dignité”: “Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie”.

Hiver

Fin 2013, le taux de chômage a atteint 30 %. La part de la population active n’intervenant plus dans la vie économique (ce qui inclut les chômeurs non déclarés, les étudiants n’ayant jamais travaillé, etc.) s’élève à 56,4 %. Depuis 2008, les salaires ont baissé d’un quart dans la fonction publique.

Athènes, 2014

Soirs de fête

Manolis a dirigé sa petite entreprise de bâtiment pendant plus de vingt ans. Spécialisé dans le second œuvre, il se chargeait de la pose de revêtements intérieurs (moquettes, parquets...) dans des locaux commerciaux ou industriels. “Je gagnais parfois jusqu’à 6 000 euros par mois, se souvient-il. Il y a eu des périodes où nous travaillions jour et nuit, y compris le week-end. Il m’est même arrivé de refuser des commandes.”

Il a longtemps hésité avant de déposer le bilan, à la fin de l’année 2012. Auparavant, en 2010, il avait licencié ses trois ouvriers. Il pensait alors que la crise serait passagère et que, au bout de deux ans, l’activité reprendrait...

En 2011, comme beaucoup de Grecs, il a dû changer d’appartement. Celui qu’il occupait avec sa femme et ses deux enfants était trop petit pour accueillir sa mère. (Aperçu - Texte intégral publié par “Le Monde Diplomatique”, avril 2014 - http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/GRIGORIOU/50312)

En Attique, 2014




* Photo de couverture: Athènes, 2014

2 commentaires

Toutatis a dit…

Ce qui agite beaucoup ici en France, à part les élections municipales pour un temps bref, c'est l'Ukraine. Avec un déchainement de la russophobie dans la presse "mainstream" avec une unanimité à la soviétique (sic). Déchainement qui n'empèche pas que sur internet la plupart des commentaires soient pro-russes. Phénomène de plus en plus fréquent : la presse unanime sur certains sujets, et presque tous les commentaires en sens inverse. Ce qui amène à s'interroger sur la nature de la presse, son financement, la façon dont sont sélectionnés les journalistes. Tout ça n'est pas naturel.

On nous montre en particulier des interviews de personnages avides d'Europe et d'autres pro-Russes. Et on voit là un peu ce qu'on a vu dans des reportages plus anciens sur le Venezuela : l'appartenance à un camp se remarque dans l'apparence physique (quoique ce soit un peu moins net quand même que dans le cas du Venezuela). Pour résumer les pro-Europe sont des sortes de copies d'Européens de l'ouest, ce qui me fait penser qu'ils doivent représenter une faible proportion de la population.

Et cela a un rapport étroit avec la Grèce. Je serais très intéressé par des débats entre Ukrainiens demandeurs d'Europe et Grecs ayant testé cela sur eux-mêmes.

ataeginallc a dit…

Le Manolis il déclarait ses revenus à l’époque ou tout allait bien??? Faut peut être apprendre à se remettre en cause et admettre sa juste part de responsabilité.

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