vendredi 22 mars 2013

“Les gangsters de l’Eurogroupe”



Décidément, la dite Union Européenne finira comme (dans) certains westerns, vraisemblablement dans l’imbroglio d’un temps historique pas si lointain. Entre-temps et déjà, le paradigme chypriote montre la voie à suivre, indépendamment même du résultat immédiat, d’ici là une petite semaine ou durant les prochaines semaines. Notre temps historique s’est considérablement densifié, “l’axe paradigmatique” des pays du Sud devient une réalité sur le terrain, d’abord pour ce qui relève de la cristallisation des représentations, ensuite à travers la place des peuples du Sud dans ce processus accélérée de la fabrication de l’altérité vis-à-vis des mentalités et des stéréotypes renouvelés depuis les pays du Nord et enfin, grâce, ou à cause des réalités économiques quasi-communes asphyxiantes, dans lesquelles ces peuples sont plongés.

“Vive Chypre. Athènes, le 21 mars”

Une nouvelle “culture de guerre” est en train de naître en Europe, et tout le monde sait qu’il est certes parfois possible d’éviter une guerre, sans pour autant échapper à sa matrice culturelle. “L’Eurogroupe est un conclave dont la moitié des participants sont des gangsters et l’autre moitié, c'est-à-dire les chefs politiques des pays du Sud, sont des personnes terrorisées”, a déclaré hier jeudi, le 21 mars, Alexis Tsipras de la Gauche (presque) radicale. “Merkel torture Chypre” titre Elefterotypia ce même jour, résumant ainsi l’avis de tout le monde ici.
Marios, un ami habitant le quartier aisé de Kifissia racontait Jeudi matin que c’était pour la première fois qu’il observait une telle ambiance dans sa ville: “Incroyable, tout le monde, dans la rue, sur les terrasses des cafés discutait de la même chose, et avec quelle passion, par un consensus rarement exprimé aussi clairement: nous devrions quitter l’euro, voire l’U.E., Chypre et nous autres avec, disant m... aux Allemands. Je n’avais jamais vécu cela à Kifissia, même au lendemain d’un jour d’élections les gens ne réagissaient pas avec tant de passion. Cela bouge, même à Kifissia”.

“Merkel torture Chypre”. Titre Elefterotypia, le 21 mars

Effectivement, et à Chypre, un premier sondage de l’après... Supernova, démontre que 67% des personnes interrogées, souhaitent l’abandon de l’euro. “C’est très dur - nous disait Kyriakos, un chypriote qui travaille à Athènes - mon père, hélas à son âge, risque désormais le chômage, il est l’employé d’une banque, mais au moins nous sommes fiers parce que nous avons dit “non” au dictat des envahisseurs. Pour le reste c’est déjà la catastrophe...”. La rue athénienne scrute le ciel gris des derniers événements... perpétuels en avalant sa rage ainsi que la géopolitique du pire en Europe, depuis bien de décennies, puis, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi nos gauches déjà, ne mobilisent pas le peuple comme on dit: “Syriza devient mou, rien sur Chypre, je ne voterai plus pour Tsipras”, annonce Maria à ses amis dans café du centre-ville. C’est vrai que ces derniers jours, je n’ai rencontré qu’une seule (et petite) manifestation Place de la Constitution, elle était initiée par les syndicalistes du KKE (parti communiste), mercredi dernier.

Devant la banque chypriote fermée. Athènes, le 21 mars


Le temps instantané, le nôtre en tout cas ici, est suspendu à l’heure de Nicosie. Les nouvelles sont parfois contradictoires, et à Athènes, des clients des banques chypriotes qui restent toujours fermées, vident comme ils le peuvent, le contenu des guichets automatiques jusqu’à son épuisement, tandis qu’à Chypre, les retraits sont plafonnés à 260 euros par jour et par carte bancaire. Et la petite nouveauté significative à Athènes est tombée hier: suite à une note urgente du ministère des Finances, les chèques des banques chypriotes (en Grèce) ne seront plus acceptés au sein du circuit économique et ceci jusqu’à nouvel ordre. Manolis, qui travaille pour une grande maison d’édition athénienne, raconte que le climat est déjà assez lourd au sein de l’entreprise: “Les petites et grosses librairies de Chypre figurent parmi nos meilleurs clients. Non seulement notre système comptable est bloqué, tout comme une partie de la trésorerie de l’entreprise dans les banques chypriotes, mais en plus, nous n’arrivons plus à gérer un stock important de livres qui est déjà sur place...”. Mon ami Andréas, entrepreneur, dont une partie de son activité se réalise à Chypre, se dit en ce moment bloqué à Athènes: “Je suis resté avec deux mille euros dans la poche. Mon dernier gros client m’a réglé mais la somme a été déposée sur le compte de ma filiale chypriote, alors il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre...”.

Manifestation. Athènes, le 20 mars

Tout le monde attend ainsi l’issue de cet énorme crash test que constitue la crise chypriote grandeur nature, après cet Eurogroupe historique et hystérique du vendredi-samedi dernier(s), où des roitelets dociles, mal rasés et épuisés après quinze heures de débats ont accouché de la seule solution possible, celle imposé par Berlin, ou plutôt par les banques allemandes qui instrumentaliseraient les élites politiques de ce pays (et certainement de nombreux autres au sein de l'Eurogroupe), puis, par le reste des lobbys et d’après ce que prétendent certains médias grecs depuis hier jeudi (Real-news, Iskra), aussi par la Goldman Sachs.
“Nous avons à faire à des assassins économiques, à des tueurs en série” prétend Yorgos Trangas (Real-FM, le 21 mars) et il n’est pas le seul à le penser. Déjà, les masques de l’européisme et des soi-disant institutions de l’U.E. sont tombées et avec elles, celles du méta-capitalisme, plus impérial que jamais, faisant de surcroit de cette pseudo-union une prison des peuples. Sauf que la section nord serait mieux aménagée tandis qu’au sud, c’est carrément le camp de concentration et l’extermination d’abord économique, (et) couplée d’un colonialisme revenant et triomphant, qui notons-le, pulvérise d’emblée les institutions démocratiques existantes.

“Non au 4ème Reich”. Manifestation à Nicosie, le 21 mars (source: enet.gr)

Le tout dernier “culturalisme intégral” et d’ailleurs pseudo-moralisateur, initié par les élites des pays du Nord, consiste à imposer un modèle économique et symbolique brutal aux pays du Sud, sous prétexte une soi-disant “immoralité” et “insuffisance” des pays tels Chypre, la Grèce ou même l’Italie et qui sait, bientôt Malte ou la France. Comme si ailleurs et surtout chez eux (au Nord), le méta-capitalisme mutant demeurerait “propre”, “éthique” et “sérieux”. D’où toute cette rhétorique pour citoyens en très bas âge “sur l’argent salle des Chypriotes” ou sur les “clowns” issus des élections italiennes. Je rappellerai seulement un tout petit détail du moment, l’entreprise allemande Hochtief (qui a construit et qui gère) le nouvel aéroport d’Athènes, aurait, selon la presse grecque, retenu en toute illégalité, plus d’un demi-million d’euros de TVA, donc la... morale serait sauve et avec elle, surtout l’esprit du capitalisme une fois de plus.
Évidemment, les peuples du Nord ne sont guère "meilleurs" que ceux du Sud, et inversement. Les "bons", les "mauvais" peuples et les "peuples élus", cela n'existe pas, ils sont différents c'est tout. Ce qui est véritablement en jeu, et à part la géopolitique du moment et de chaque moment, c’est le droit d’utiliser les règles et les méthodes du capitalisme prétendument ouvertes et en “libre-service”. Ainsi, ce que les banques allemandes ou américaines par exemple peuvent pratiquer, les banques chypriotes n’auront pas le droit de le faire désormais, au risque de disparaître. Cela s’apparente à une sorte de désindustrialisation forcée (couplée à l’austérité pour tous au Nord comme au Sud), comme si on démantelait d’un seul coup, l’industrie allemande ou française, opinion largement partagée par les politiques et les analystes chypriotes. Nous en sommes là.

Manifestation des journalistes devant le siège du groupe DOL. Athènes, le 20 mars

Ce qui ne se fera pas sans fracas systémique au sein de la zone euro déjà, et en dépit des déclarations du ministre allemand des finances. Marinos Sizopoulos, député et cadre dirigeant du parti chypriote EDEK (social-démocrate) interviewé jeudi soir (sur Kontra-TV) a estimé “que les allégations des partenaires européens sur le risque prétendument non systémique qu'induirait la crise chypriote, sont déjà démenties. En ce moment, l’euro est soutenu en injectant des milliards sur les marchés, sommes qui dépassent évidement et de loin, les cinq ou dix milliards nécessaires au soi-disant sauvetage de Chypre. Ce qui confirme malheureusement nos craintes. Nous avons fait des erreurs et c’est précisément sur ses erreurs que les autres s'appuient, pour finalement mettre la main sur nos gisements de gaz, d’une valeur estimée à plus d’un trillion d’euros. Les autres, c'est à dire d’abord nos ‘amis’ Allemands, amis entre guillemets évidement (sic) il faut dire. Ils projettent d'imposer à tout le Sud de l’Europe, une occupation économique encore pire que celle que connait actuellement la Grèce. Ce qui n’a pas été possible militairement en 1974 (à Chypre), le deviendrait en ce moment de manière économique, d’où la solution inacceptable imposée par l’Eurogroupe. Nous n’avons aucune autre voie de sortie que celle de la dignité et de la résistance par tous les moyens et indépendamment de ce que ceci va nous coûter, car nous savons que ces gens n’abandonneront pas leurs partie, sauf que nous leur ferons payer cher le véritable coût de leurs actes. Le big brother en Europe c’est Berlin (...) l’hémorragie de l’Europe vient de commencer, car les Russes par exemple, finiront par liquider leurs réserves en euro me semble-t-il. Je suis fier de ce que nous avons fait, Chypre est un exemple à suivre, nous étudions également un plan politique qui consiste à coordonner les actions futures des partis politiques de l’Europe du Sud face à l’ouragan allemand (sic)”.

“Chypre - NON”. Elefterotypia, le 21 mars

Nikos Choundis, eurodéputé Syriza a déclaré (Kontra-TV, le 21 mars) “qu’à Bruxelles ils ne savent plus comment répondre à mes questions. Je leur ai dit (au Parlement Européen) que ce n’est pas possible, ils (à l’Eurogroupe) ont d’autres buts que ceux annoncés publiquement (...) Il n’y pas que la mesure qui consisterait à ponctionner les dépôts des épargnants mais également, un mémorandum entier qui se profile derrière (...) Je leur ai posé la question suivante: alors, êtes-vous des incapables ou sinon, vous dissimulez ainsi vos véritables visées ? Pas de réponse. (...) Ce que l’Allemagne dit presque ouvertement en tout cas envers tout le monde, c’est: prenez votre argent et depuis les établissements des pays du Sud de l’Europe, transférez-le, vers nos banques, vers le Nord. Il est évident qu’ils visent la spoliation du gaz naturel chypriote - Wolfgang Schäuble certes ne l’a jamais formulé ouvertement - sauf qu’ils ont peur du jeu russe, tels furent d’ailleurs les véritables enjeux lors du récent Eurogroupe. Le ministre allemand des finances a pourtant prétendu que Chypre ne constitue pas un danger systémique pour la zone euro, eh bien, lorsque j’ai posé cette même question au nouveau président de l’Eurogroupe Jeroen Djisselbloem, il n’a pas souhaité adopter ouvertement cette position déjà connue de Wolfgang Schäuble et il est resté très évasif”.
A ce propos, nous avons aussi vu ces images tragicomiques de José Manuel Barroso depuis Moscou, où il s’efforça, publiquement en tout cas, d’expliquer pourquoi les autorités de la Russie ne seraient pas informées à temps de la décision de l’Eurogroupe qui aura tué l’euro, sans convaincre grand monde: “Les pays de l’Eurogroupe ne pouvaient pas prévoir leurs décisions par avance, les autorités des mêmes pays de la zone n’ont pas été informées non plus” (Kontra-TV, le 21 mars). Certains médias grecs et chypriotes (grecs) prétendent que de toute manière, les services secrets de la Russie avaient déjà informé leur gouvernement, et que Dmitri Medvedev aurait dit en substance à José Manuel Barroso qu’il faut faire attention aux sphères l’influence dans cette mise à mort délibérée de Chypre car ensuite, beaucoup de monde et d’investisseurs quitteront l’euro, c’est possible.

“Local à louer”. Athènes, le 21 mars

Pendant ce temps à Chypre, un “Plan B” (vivable ou pas personne ne le sait pour l'instant) est sur le point d’être adopté par le Parlement ce vendredi: la mise en place d'un “Fonds de solidarité” basé sur les revenus des hydrocarbures, des obligations et d'autres avoirs afin de lever les milliards d'euros nécessaires, la consolidation du système bancaire qui passerait par la faillite contrôlée (?) de la deuxième banque du pays la CPB “Laïkí”, d’où les protestation "automatiques" des citoyens-épargnants devant le bâtiment du Parlement à Nicosie. La décision de restructurer la CPB réduit à 3,5 milliards d'euros le montant requis par la troïka, et le ministre du Travail a reconnu que la restructuration ouvrira la porte aux licenciements, soulignant par ailleurs que les gros épargnants (plus de 100.000 euros) subiront des pertes significatives. On vient d'apprendre également, le 21 mars, que Mihalis Sarris (ministre chypriote d'économie) reprendrait le chemin de Moscou ce vendredi, en attendant les futures positions de la troïka, avant d'envisager les suites... logiques (reportage Elefterotypia, le 22 mars).
Nous ici à Athènes, nous comprenons par contre que “notre” gouvernement fait tout pour torpiller le “Non” chypriote et que notre gauche, ne fait rien pour mobiliser les citoyens, mais la Grèce serait déjà un pays conquis. La greffe du "Non" ne doit pas prendre ici, en Italie, en Espagne, au Portugal...C’est sans doute pour cette raison que le Centre National de Greffes, seul organisme en Grèce qui traite les dons et les greffes d’organes est sur le point de fermer définitivement par manque de crédits. Son dernier conseil d’administration a été même annulé, déjà que sa facture d’électricité n’a pas été honorée, et qu’aucune greffe de cœur par exemple, n’a été pratiquée en Grèce depuis trois mois faute de moyens.

Chypre à la télé grecque, le 20 mars

D’après son président, le docteur Papanikoláou (Real-FM, le 21 mars), “la subvention de l’État a été diminuée de 75% en 2013, ce qui dans la pratique, annule toutes nos actions, la vie des malades est donc en danger, et nous ne pouvons rien faire d’autre que de les inciter à s’adresser aux hôpitaux des autres pays, ce qui coûte par chaque opération pratiquée, plus de 250.000 euros”.
Ainsi va la vie sous l’implacable mémorandum grec, j’ai également remarqué hier que le menuisier du coin est lui aussi sur le point de fermer définitivement son atelier, un de plus, mort alors et braderie.
Deux oisillons tombés de leur nid ont été pourtant récupérés par un retraité, lequel s’est précipité chez l’animalerie voisine pour leur trouver de la nourriture adéquate et surtout pour se renseigner sur les chances de leur survie. Et de la nôtre, mais nous résistons encore.

“Les oisillons tombés du nid”. Athènes, le 21 mars




* Photo de couverture: Dessin d'Ornerakis, To Pontiki, le 21 mars 2013

17 commentaires

Caladois a dit…

si seulement la "crise" Chypriote pouvait signer la fin de l'euro...

Toutatis a dit…

Vu de loin cet anti-germanisme me semble tout à fait excessif et injustifié. La comparaison avec la seconde guerre mondiale est grotesque. Aucune troupe n'occupe la Grèce. Vous êtes avant tout prisonniers de vous-mêmes. En effet, rien n'empéchait la Grèce de déclarer son indépendance au début de la crise. Elle aurait fait défaut sur sa dette, les conséquences auraient été terribles pour elle (mais peut-être pas pire que maintenant), l'Argentine l'a fait donc c'est possible, et elle serait maintenant sur le chemin du rétablissement, alors que maintenant...
Berlin (avec quelques autres) a proposé une solution, elle a été acceptée, par le gouvernement et les électeurs. Bien sûr elle était mauvaise (échec des politiques d'austérité), mais les plus responsables sont ceux qui l'ont acceptée.
Ce qui est reproché à Berlin c'est semble-t'il plutot d'avoir cassé le "rève européen". Le fait que je ne trouve pas l'attitude allemande aussi diabolique que vous vient sans doute du fait que j'ai toujours été réservé sur ce "rève".
L'existence de ce "rève" vient en grande partie de l'euro et de la prospérité provisoire qu'il a apportée. Une monnaie de pays très fort économiquement (€=DM) dans des pays faibles se traduit par des taux d'intérèts très bas, donc une incitation à emprunter pour faire des dépenses inconsidérées ou des investissements stupides (bulles immobilières). Cela se traduit dans l'immédiat par un sentiment de richesse croissante. Mais impossible après d'éponger les dettes, de privilégier la production intérieure, par une dévaluation. Quand un pays a sa propre monnaie les excès se traduisent immédiatement sur la valeur de la monnaie, et le pays est obligé de réagir vite. Quand on vit avec l'€ et quand les dettes sont trop
importantes et deviennent irremboursables, qu'on ne peut plus emprunter, le rève se brise. Les pays qui étaient forts avant le sont toujours et disent qu'ils n'y sont pour rien, pendant ce temps là eux ont continué de faire comme avant, et ils ont du mal à voir pourquoi ils devraient payer les dettes des autres.
Quand à la géopolitique et aux relations germano-russes, je ne pense pas qu'elles vont se détériorer beaucoup. Cela à cause du gigantesque complexe économique de l'Europe centrale, où les deux pays coopèrent et y trouvent leur compte. Donc le problème des avoirs russes dans les banques chypriotes se règlera par la négociation. On répartira les pertes et vraisemblablement la solution islandaise ne sera pas copiée. En ce qui concerne le gaz naturel je pense que les vrais problèmes viendront dans l'avenir de la Turquie, et que Chypre a intérèt à ménager ses relations aussi bien avec la Russie qu'avec l'UE.

Panagiotis Grigoriou a dit…

C'est ainsi à chacun ses arguments !

Guéret Patrick a dit…

On croit rêver Toutatis!!!

Le même refrain complètement faussaire :

"Berlin (avec quelques autres) a proposé une solution, elle a été acceptée, par le gouvernement et les électeurs. Bien sûr elle était mauvaise (échec des politiques d'austérité), mais les plus responsables sont ceux qui l'ont acceptée."

Les responsables sont donc les électeurs!!! Sauf que cela suppose que les électeurs soient correctement informés ce qui est très loin d'être le cas!!!

Faut-il rappeler que Papandréou s'est fait élire sur un programme qu'il n'a jamais appliqué...

HALTE A lA MYSTHYFICATION - CULPABILISATION !!!!!

Magne deux a dit…

les électeurs Grecs qui par clientélisme ont voter Pasok et ND depuis 38 ans ont leur part de responsabilités , leurs gouvernants qui leur ont chanté de douces berceuses ont la leur ...personne et y compris l'Allemagne n'a obligé le gouvernement Simitis à ce joindre à l'euro ...et à truquer les chiffres de son économie quand aux responsables européens dans leur ensemble le simple fait de couvrir ce fait les mets aussi co responsables

Toutatis a dit…

Si vous mettez en doute la capacité des électeurs à comprendre ce pour quoi ils votent, vous rejoignez les européistes et les soutiens du système en général. C'est exactement pour la même raison qu'ils ont compté pour rien les résultats du référendum de 2005 et sont passés par une autre voie pour imposer leur projet.
C'est d'ailleurs ce qu'on entend tout le temps sur les médias dominants, télés en tête: il ne faut jamais faire de référendum car les électeurs ne répondent pas à la question qui leur est posée, ils votent pour d'autres raisons, en résumé ils sont trop idiots.

Guéret Patrick a dit…

Toutatis, ne faites pas semblant de ne pas comprendre...

Il ne s'agit en aucun cas de remettre en doute une capacité à comprendre, mais en cause une information globalement par trop partiale et partielle...

Pour prendre une décision, encore faut-il en avoir tous les éléments en main...

Se pose donc très sérieusement le problème du pluralisme des médias en France et ailleurs...

Agan a dit…

@toutatis
Je suis bien d'accord avec vous. Cet entêtement, des Grecs, à vouloir rejeter la faute de leurs propres incapacités sur les Allemands confine à la puérilité. C'est facile de se découvrir un ennemi fantasmé et intangible pour essayer de masquer sa propre lâcheté et son immobilisme. Panagiotis ne le prenez pas mal, mais le peuple grec se compare en ce moment à l'oisillon dont il est fait mention dans votre texte. Jusqu'à quand allez-vous accepter que l'on s'essuie les pieds sur vous, comme sur un paillasson? Jusqu'à quand acceptez-vous la spoliation de vos quelques richesses naturelles? J'espère que vous tracerez, un jour, sur le sol, une ligne rouge symbolique à ne pas dépasser. Ce que je crains c'est que le peuple grec repousse sans cesse cette ligne et accepte toutes les humiliations en courbant l'échine...

Magne deux a dit…

vous savez comment marche le système politique en Grèce ....vous savez ce que veut dire clientélisme .......

Toutatis a dit…

Peut-être que j'ai un réflexe purement français, non adaptable à la Grèce : un sondage récent disait que 3/4 des Français ne faisaient pas confiance aux journalistes. Cette méfiance, voire hostilité, semble quasiment unanime chez ceux d'en bas, ce qu'on appelle le "peuple". Chez les autres au contraire, ceux d'en haut, c'est au contraire un respect quasi unanime envers les médias. Comme pendant le référendum de 2005, où on avait remarqué que dans les journaux toutes les rédactions et les journalistes vedettes de la presse étaient pour le "oui", et les subalternes pour le "non". En France en tous cas les médias sont jugés par la majorité bons à mettre à la poubelle. Peut-être en est-il autrement en Grèce et qu'ils controlent l'opinion.

Autre fait qui modifie notre jugement : la distance. Plus on est loin de la situation sur laquelle on exprime un avis et moins on peut apprécier justement les motivations des gens qui la subissent. Mais dans le même temps on est plus objectif. En lisant des blogs américains je lis par exemple des choses désagréables à entendre sur nous mais qui ont malheureusement des chances d'être vraies.

alexandre clement a dit…

C'est bien ça l'échec de l'Europe, faire tout le contraire de ce qu'elle avait promis. L'UE devait générer la croissance l'emploi, la stabilité et la réconciliation entre les peuples. C'est la dépression - il faut maintenant employer ce mot - le chômage, la misère et la haine quasi universelle des Boches. Sapir pointait le risque de guerre. L'ubuesque Prix Nobel décerné à cette institution pourrie et corrompu mesure bien le décalage.
La gauche tarde à tirer les leçons de cette histoire récente. Elle a été façonnée et laminée intellectuellement par 50 ans de propagande européiste. Alors que justement dans les années soixante les européistes étaient correctement identifiés à la droite réactionnaire. Elle est sur la défensive et s'accroche comme les idéalistes d'ATTAC à l'idée fumeuse selon laquelle la mobilisation des peuples européens pourrait conduire à la mise en place d'une Europe sociale.
L'urgence est d'imposer la sortie de l'euro et de l'UE par référendum. Si on ne le fait pas ce sera l'extrême droite qui l'imposera. Toute réforme positive sur le plan économique et social passe par là. En effet, on n'a jamais vu des tendances égalitaires s'imposer à l'intérieur d'un ensemble disparate aux contours flous. C'est seulement dans le cadre national - avec une mainmise de l'Etat sur le système bancaire - que cela a pu se réaliser.
Si les idées progressent dans ce sens, elles tardent hélas à se manifester sur le plan politique.

Anonyme a dit…

@Agan
A mon très humble avis, vous n'avez pas raison. Il y a définitivement une faute a jeter sure les européen (non pas les allemands, car les quelques allemands Qui Mettent Leurs Nez Dans Cette Histoire si ils était seuls face aux autres membres de l'UE ils ne feraient pas grand chose). Je crois qu'imputer la faute au seuls allemandQMLNDCH est une erreur ou une simplification qui a tendance à être présenté comme un fait. Et dire "les Allemands", peut devenire a la longue intellectuellement dangereux.
Bref, dans notre système d'économie globale, où la même économie dicte sa loi sure presque tout les pays. Penser la lutte au niveau d'un pays "la grèce" dans ce cas m'a l'aire absurde. Dire "Les grecs ne font rien" est absurde, car ce qui leurs arrive peux nous arriver. La limite rouge nous la repoussons tous. La question est, sur différents plans, car il y a des situations differente celon les individus et leurs entourages, pourquoi si peux de gens se mobilisent sérieusement? Je suppose que c'est le type de questions auquelles peuvent répondre les psy, ou les anthropologues. non?
Et ça m'étonnerais pas que dans les hautes sphère de la société ils aient le sujet bien étudier.
Sinon désoler pour la violence que subit le français lorsque j'écris.

Guéret Patrick a dit…

A Toutatis :

Quel doux mélange ; ça n'est pas parce que il y a une défiance à l'égard des journalistes que pour autant les citoyens sont bien informés!!

D'autre part, la présentation que vous faites de ce sondage (dont on sait ce qu'ils valent...)parait bien schématique avec deux blocs "ceux d'en bas" et "ceux d'en haut".

Si vous pouviez me donner les références concernant ce sondage avec un lien?

Concernant le réferendum de 2005, un "travail d'information", de fourmis, a été mené sur le terrain, notamment entreprises par entreprises par certains syndicats et des associations (attac ou autre). C'est un cas très particulier.

A Magne deux :

Concernant le cilentélisme en Grèce, je dois avouer que je n'en connaîs que ce qu'en on dit nos médias, c'est à dire tout bien considéré pas grand chose, voire rien...

Comme vous avez l'air d'être un spécialiste de la question, je serais très content que vous me tiriez de mon ignorance :

- Ampleur chiffrée du phénomène avant 2010?

- Evolution chiffrée depuis 2010 après les différents mémorendums??

Voilà pour les premières questions.


Vous remarquerez de plus que mon intervention dépassait le cadre de la Grèce, je me cite (une fois n'est pas coutume) : "Se pose donc très sérieusement le problème du pluralisme des médias en France et ailleurs..."

Un cas extèmement curieux dans le traitement de l'information en France : L'Irlande!!

Elle a très récemment obtenu, après chantage, une forte restructuration de sa dette et pourtant bien peu dans nos médias???

Est-ce parce que sa situation ne colle pas avec la fable des paresseux pays du sud de l'europe ou parce que ce sont principalement des banques anglaises qui y sont impliquées???


Bien cordialement.

PS : site américain, j'en consulte tous les jours...

Agan a dit…

@mula
Je suis d'accord avec vous. Après relecture de mon texte je me suis bien rendu compte que dans les faits, tous les peuples repoussent la ligne rouge et pas seulement ces pauvres Grecs qui souffrent affreusement. Ils grondent, montrent les dents mais reculent sans cesse. Peut-être parce qu'on leur a appris la docilité depuis leur naissance, à ne pas remettre en cause l'ordre établi, que sais-je?

Magne dominique a dit…

faisons simple

en Grèce on vote à la proportionnele de liste

le bulletin de vote est établi par liste de Parti
Bulletin PASOK ,ND , SYRIZA etc
sur cette liste l'électeur coche le non d'un député en particulier

quand dans une circonscription de 4 députés un parti fait 25% des voix ce parti receuille 1 siége le député qui le plus grand nombre de croixsur les bulletins est élu

ce député peut avoir promis des emplois , des subventions etc

pour donner un exemple quand Mr Samaras était Ministre de la Culture ....un nombre important de personne ont obtenus des poste au musée de l'Acropole ...ils étaient originaire de Kalamata fief éléctoral de Mr Samaras et eux ou leur parents avaient bien votés .....

ce systéme patriacoméditerranéen existe quasiment depuis l'indépendance de la grèce Moderne

Guéret Patrick a dit…

Mr Magne dominique, vous ne répondez pas à mes questions.

De plus, vous ne répondez pas dans le cadre plus large qui était le mien au départ.

Agan a dit…

mula
En ce qui concerne les Allemands nous disons la même chose.

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