samedi 2 février 2013

Il était une fois à Athènes...




Fumée
Fin 2012. Autour d’une table, dans un café du centre-ville, des retraités, des actifs et des chômeurs évoquent le scrutin qui les préoccupe tous: celui qui se tiendra d’ici quelques jours dans leur immeuble. Faut-il remplir les cuves de fioul ? Doit-on mettre en marche le chauffage collectif ? Voilà les questions du moment à Athènes, où la démocratie palpite moins au gré des débats sur la dette que sur la question du froid — qui revient — et du prix du combustible — dont les prix ont pratiquement triplé depuis 2010.

Athènes - 01/2013

Devant l’entrée d’un immeuble, une altercation, la seconde du jour. Christos, le nouveau locataire du deuxième étage, hors de lui, plaque son voisin de palier contre un mur: “ Tu sais bien que je n’ai plus un rond. Si toi ou les autres vous décidez de remplir les cuves cette année, vous en supporterez seuls le coût !

Nul n’ignore qu’on va grelotter dans les appartements athéniens cet hiver. Ceux qui en ont encore les moyens investissent. Changement de civilisation: ils passent au chauffage au bois. Cette fin d’année part littéralement en fumée, avec nos forêts. Et quand le bois manque, on brûle le reste. Les Athéniens ont ainsi récemment découvert que les granulés de bois qu’on leur vend — supposément composés de sciure de résineux — contenaient parfois toute une variété de substances nocives issues du compactage de détritus, voire de déchets organiques en provenance d’hôpitaux.

La ville s’enfonce dans un smog permanent. Et les citadins regrettent bien souvent d’avoir ouvert leurs fenêtres, ne serait-ce que brièvement: la fumée s’infiltre aussitôt dans les appartements, tapissant les murs, les sols et les fosses nasales. “Avez-vous vu ce nuage ?, interrogent certains. C’est le retour au temps de nos grands-parents... ” Les plus anciens se rappellent l’époque où tout écolier prenait le chemin de l’école le cartable à la main et une bûche sous le bras. La contribution “chauffagière” généralisée avait cessé dans les années 1970. Certains enfants, qui jusque-là (...)




* Photo de couverture: Il était une fois à Athènes... Source: Le Monde diplomatique

5 commentaires

Corruptio3 a dit…

J'allais vous signaler le dossier du Diplo... avant de voir que vous y participiez!

Voici quand même un truc à lire, à savoir un article de Nouriel Roubini, de mai 2012, traduit ici :
http://www.les-crises.fr/grece-abandonner-euro/

Anonyme a dit…

L’évasion fiscale émane en partie en Grèce de règles injustes et laxistes. Mais ce qui explique la corruption de ce pays, c’est surtout le manque de moyens des institutions, le déficit de responsabilité politique, et le fait que les acteurs du système politique se protègent les uns les autres.

http://www.slate.fr/tribune/67519/grece-pire-que-ce-vous-imaginez

Agan a dit…

Bonjour Panagiotis
J'ai une question bien terre-à-terre à vous poser. Ma fille canadienne doit aller, avec sa classe, en voyage en Grèce (Athène, les Îles, etc) Avec tout ce que je lis, est-ce bien prudent de la laisser partir. Ma question est-elle déplacée ou bien dois-je m'inquiéter?
Merci

Magne deux a dit…

en quoi devez vous vous inquiéter les USA et à une moindre mesure les grandes villes du Canada sont bien plus dangeureuses que la Grèce ;-)

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci pour vos commentaires. Ah... je ne dirais pas qu'en Grèce le cannibalisme sociale atteint une telle proportion au point à rendre notre pays... aussi effrayant pour ses visiteurs, autant que pour ses habitants habituels. Inévitablement, et surtout depuis le mémorandum I déjà, la dégradation est inévitable. Certains quartiers centraux athéniens sont à proscrire - surtout de nuit - nos visiteurs doivent être toujours attentifs, y compris sur les îles. D’ailleurs, c’était hier dimanche que mon appareil photo (vieux de 4 ans et sans réelle valeur marchande), qui fut aussi celui des photos du blog, a été volé.... dans un café. Ce qui est plus inquiétant à mon sens, tient de la dégradation de notre système de santé, en cas d'urgence médicale ou accident par exemple. Je conseillerai aux visiteurs de la Grèce la souscription d'une bonne assurance supplémentaire, couvrant également le rapatriement, tout comme certains "frais" locaux. Le sauvetage d'un alpiniste secouru par hélicoptère (secours grecs) a été facturé récemment 30.000 euros. La municipalité de Ioannina a voulu prendre en charge ce sauvetage, heureusement pour le malheureux sauvé !

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