samedi 31 mars 2012

Débat-conférence à Paris (11 avril)


Athènes - juin 2011
À l'attention des amis et lecteurs du blog
Je serai présent (intervenant) à Paris au débat-conférence:

Mercredi 11 avril 2012, à 19 heures
Salle des Actes à l’Ecole Normale Supérieure
45, rue d’Ulm 75005 Paris
ROSE ET RESEDA Paris – Université Populaire Itinérante 
 
La Grèce :
L’EXPERIMENTATION D’UN NOUVEL ORDRE
POLITICO-ECONOMIQUE
Ouverture : diaporama-photos de Cédric SPILTHOOREN, photographe, http://cedric-spilthooren-photography.com/photo/reportage/greek-crisis
Panagiotis GRIGORIOU, historien et ethnologue grec, bloggeur associé de Marianne 2
Philippe COHEN, rédacteur en chef de Marianne 2, auteur notamment avec Luc Richard de « Le Vampire du Milieu : comment la Chine nous dicte sa loi », 2010, Fayard/Mille et une Nuits
A son entrée dans l’euro, la Grèce connaît tout d’abord une croissance dynamique grâce un endettement public et privé très important. Mais en 2009, les marchés financiers fragilisés par la crise des subprimes, spéculent contre sa dette publique qui devient insoutenable.
L’Europe et le FMI volent au secours des banques et imposent à la Grèce des plans d’austérité d’un genre nouveau : baisse des revenus de 20%, licenciements des fonctionnaires, réforme du droit du travail.
« Pays sous occupation », la Grèce connaît aujourd’hui une régression sociale d’une extrême violence : malnutrition, montée de la pauvreté, recul des soins, suicides.
Panagiotis Grigoriou sera le grand témoin du processus de « destruction de toute une société », dont l’Etat abandonne les citoyens au profit du remboursement de dettes illégitimes.
Philippe Cohen décrira le nouveau système de domination imposé à la Grèce par la Troïka : austérité budgétaire et salariale, privatisations, contrôle politique. Il nous dira si une généralisation de ces mesures menace l’ensemble de la zone euro et si ce nouvel ordre social serait viable politiquement et économiquement.

vendredi 30 mars 2012

Conjonctures bousculées



Nous savons tous depuis Thucydide et l’Épitaphe de Périclès, que la vie est faite de vicissitudes variées, de conjonctures bousculées, imprévues et non rationnelles du point de vue des désirs de tout un chacun, comme le rappelait à ce propos, et il y a déjà bien longtemps, Cornelius Castoriadis. Le problème n’est plus là, mais plutôt la suite de ce constat : Qu’allons-nous en faire?
Vues des campagnes du centre de la Grèce, ces conjonctures bousculées conduisent à un certain fatalisme ou au mieux, à l’attentisme. Les départementales de la région de Thessalie se vident de plus en plus, on attend alors chez soi, on se retire, mais ce n’est pas pour la contemplation. Vies finalement suspendues.

mercredi 28 mars 2012

Train de vie


Grèce centrale - 27 mars 2012 - Début de l'électrification de la ligne Athènes-Thessalonique
Le printemps s’installe enfin. C'est le deuxième sous la Troïka. Ses représentants exceptionnels devaient se retrouver à Athènes cette semaine, mais finalement, ils ne sont pas venus. Les autres, permanents, sont toujours là. On évoque souvent les Troïkans au fil des discussions. « Nous sommes des incapables, de toute façon ils nous gouvernent. Nos politiciens sont... excellents, mais seulement pour se remplir les poches. Nous ne voterons plus pour eux, PASOK et Nouvelle Démocratie », dit une femme âgée à sa voisine dans un train, au départ d'Athènes en direction du centre de la Grèce. Un homme intervient dans leur discussion : « Alors votons pour le nouveau parti des officiers réservistes, vous savez, il vient d'être créé, mon fils m'en parle souvent, il est passé par l'École des officiers, et il a raison. Des politiciens, nous en avons déjà assez, passons à autre chose, à une autre gestion... ».

lundi 26 mars 2012

Fête nationale exclusive


« Nous voulons qu'on nous rende notre patrie » - Athènes 25 mars 2012
Notre nouveau régime méta-démocratique devient de plus en plus exclusif et pourquoi pas, inventif. On prolonge le mandat inexistant du « gouvernement » actuel comme on prolonge la durée dite de la dette, mais on fait pourtant court, très court, sur une partie d'elle, surtout lorsqu'il s'agit de mettre à bas les avoirs des organismes ex-paritaires d'assurance-maladie et de prévoyance. Un tel organisme, en quelque sorte paritaire, était aussi chaque fête nationale. Car chacun, pouvait lui donner un sens différent, voire variable, mais on arrivait au moins, à faire semblant de commémorer ensemble, et pas que faire semblant, finalement.

Sous la Papadémocratie, le paritarisme commémoratif perd aussi son sens, pour ainsi se muer en une zone exclusive prétorienne (ZEP) ! C'était encore dans l'invention de l'exclusivité et de l'exclusion, que durant le week-end dernier, « tout le pays a commémoré » la fête nationale du 25 mars.

vendredi 23 mars 2012

Bigarades préventives



Bigaradier - Athènes - mars 2012

Gestuelles, gesticulations et zeste de saison. D'abord le provisoire se rangeant pour une fois de notre côté, voilà une bonne nouvelle : l'amendement germano-ecclésiastique introduisant l'industrie photovoltaïque sur le Mont Pentélique, a été repoussé au « Parlement », par le ministre de l'environnement Papakonstantinou lui-même. Il a fait marche arrière devant notre mobilisation. Colère, et surtout volonté exprimées à travers cette opposition, y compris par des actes, de nombreux acteurs à l'échelle locale et nationale, élus locaux des communes concernées, Union des ingénieurs agronomes des services de l'État (il n'a pas été encore démantelé !), WWF Grèce, Société ornithologique du pays, partis de la gauche et de l'écologie, les archéologues, pratiquement tout le monde y était.

mercredi 21 mars 2012

Allemagne Église Fratrie


Mont Pentélique - 2011
Nous allons de surprise en surprise. Le peu d'État fonctionnel que nous avions, se vide de sens, et se vide tout court. Nombreux députés des “grands” partis, sachant qu'ils ne seront plus jamais réélus, retirent, d'après les rumeurs de saison, leurs dernières billes du système, se faisant ainsi les initiateurs d'amendements issus du monde des affaires, dépeçant le cadavre de ce qui reste du pays, moyennant finance, un service alors très payant, assez analogue de celui présumé des lobbys à Bruxelles, jeu d'ailleurs assez connu mais rarement évoqué par les grands médias.

mardi 20 mars 2012

Mauvais augure ?


Rhodes - 16 mars 2012

Ce lundi 19 mars nous avons cru entendre certains oiseaux de mauvais augure, bien au-delà de chez nous d'ailleurs. C'est bien connu, sous la Troïka, l'actualité intérieure de la Baronnie efface le plus souvent, toutes les autres nouvelles, déjà, ne plus avoir à l'œil les affaires du vaste monde, c'est mauvais signe. Car ainsi perdre la dimension continentale, voire planétaire de certains signifiants à travers l'inter-connectivité des événements, cela ne peut que réduire notre sens critique. Ceci, doit faire partie partie de la programmation de la stratégie du choc, et nous le constatons, depuis des mois en Grèce. Assommés par une actualité intérieure écrasante tout le reste s'estompe, et jusqu'à l'effacement final de toute information, au bout d'un certain temps. Ainsi même, et de plus en plus souvent, on entend autour de nous, celles et ceux qui s'y refusent toute connexion désormais à l'actualité, « basta... nous ne suivons plus les informations, car nous devons ensuite prendre des médicaments pour s'en dormir ou pour tenir, c'est déjà le cas d'ailleurs ». Quant aux nouvelles depuis les autres pays, qui plus est, analysées si possible dans leurs vraies dimensions, il ne faut plus en rêver trop et trop souvent, pas question.

vendredi 16 mars 2012

Air du temps


Rhodes, à l'École des métiers du tourisme - mars 2012
En ce moment tout est encore dans l'air du temps. Le nouveau cap politique, autre que celui que nous subissons, les stratégies ou les impasses personnelles, la « pendulation passive » du collectif, le court, puis le très court terme, s'entremêlent. À Rhodes par exemple, telle sa classe moyenne qui recherche un plan « B » pour son existence, bientôt future, un retour chez les parents au village, plutôt situé à l'intérieur de l'île, un potager ou une oliveraie de secours, un repli. À moins de mille euros par mois et par salaire, les familles ont du mal à envisager l'avenir : « Nous ne fréquentons plus tellement certains amis alors restés... au même niveau de revenus qu'avant. Nous ne savons plus comment emballer l'affaire. Nous trouvons des prétextes, alors tantôt nous avons un enfant malade, tantôt nous sommes pris ailleurs, mais il faut bien l'avouer, nous avons honte. Le plus grave, c'est que nous ne pourrons plus nous rendre aux hôpitaux athéniens, en cas de pathologie grave, car rien qu'en frais de voyage il faut compter 500 euros pour un malade et son accompagnateur, inimaginable. Puis Rhodes, c'est censée être un centre régional, malheur aux habitants des petites îles, car par la déconfiture des liaisons maritimes, eh bien pour eux, c'en est fini de la santé... », (témoignage d'un couple la quarantaine tout juste, habitant la ville de Rhodes).

mercredi 14 mars 2012

Tempêtes et giboulées


"Donner une chance à Rhodes"
C'est la tempête ce mardi en mer Égée, et les ferries restent amarrés. À Rhodes, il faut bien scruter l'horizon, espérant au moins sur l'arrivée du roulier quotidien, et encore, il faut bien avoir de la chance. « Donner une chance à Rhodes » justement, titrait lundi 13 mars, l'hebdomadaire local « Drasis » (« L'Action » www.idrasis.gr ). Car ici, à part les caprices de la météo, on appréhende désormais davantage les effets de la crise sur la saison touristique. L'éditorialiste de l'hebdomadaire, Teris Chatziioannou, se montre perplexe face aux événements du 7 mars, exprimant par la même occasion son « inquiétude quant à la germanophopie, alors irrationnelle, dont font preuve, certaines minorités agissantes depuis un certain temps en Grèce, portant ainsi un préjudice énorme à notre tourisme (...) car nous devons montrer plus que jamais, que nous resterons une société multiculturelle, ouverte, et solidement encrée dans l'Union Européenne ».

dimanche 11 mars 2012

Signalétiques de saison


Rhodes 2012 - Image de son passé
Le métronome de la crise n'indique pas le même tempo partout. Dans les îles grecques, et bien au-delà, son signal, pourtant toujours audible, s'atténue quelquefois par l'écho de la mer. À Rhodes, ce signal, trahit pourtant une certaine agitation. C'est la saison du grand rafistolage en direct. Peinture, menuiserie et surtout, l'appréhension du futur. Les hôtels et les autres infrastructures touristiques, sont en ce moment en réfection, car le moment du premier vol charter ne tardera pas. Examiné sous ce prisme, le quasi-imprévisible qui a créé l'événement du 7 mars, comme dirait peut-être Georges Braque en pareilles circonstances, a été largement commenté sous la polémique, à travers les terrasses du vieux port, et dans les cafés, décorés des images du passé.

jeudi 8 mars 2012

Rhodes contre le Colosse ?


« À l'époque c'était le fascisme des Italiens, maintenant c'est le fascisme des banques » - Rhodes 7 mars 2012

Lorsque l'ancien et le nouveau se mélangent violemment, mordant ainsi à plein croc dans la nuque de la théâtralité humaine, eh bien, c'est évident, les temps changent, même ici, à l'autre bout de la mer Égée, sous le signe du printemps.

Je me trouve sur l'île de Rhodes, bénéficiant de l'hospitalité offerte par le Centre International des Écrivains et des Traducteurs qui dépend de la Ville de Rhodes. J'avais terminé ici deux livres, d'abord une monographie historique comme on dit encore parfois, un livre-enquête sur les pratiques culturelles des soldats et officiers de l'armée grecque entre 1916 et 1923, puis, la dernière fois, durant mai 2011, j'achevais un roman de fiction politique (en grec), ce dernier, n'ayant pas trouvé d'éditeur, pour le moment en tout cas.

lundi 5 mars 2012

La force sans le droit



À deux pas de l'Agora – Athènes, 03/03/2012

Ces jours-ci, notre histoire patauge un peu. Nos patates... échangistes ont un moment occupé  l'actualité. Ainsi, ce lundi matin la pomme de terre en vente directe, gagne les quartiers chics du nord de l'agglomération athénienne. Dans la presse grecque la probabilité d'un défaut pour la fin de la semaine est de nouveau évoquée, au cas où nous dit on, le PSI (échange des titres de la dette grecque ré-échelonnée, disons volontairement) n'ira pas vraiment jusqu'au bout.

Qui s'en soucie encore parmi nous ? Car à deux pas de l'Agora une vie de chien brode désormais du lien entre les espèces, et les passants passent, sans y prêter trop d'attention.

vendredi 2 mars 2012

Air Otages


Alexis Tsipras, chef du parti de gauche SYRIZA selon une certaine presse en Allemagne
Depuis le Memorandum II, notre psychologie devient peu à peu celle des otages et comme dans pareils cas, les ravisseurs restent maîtres du destin, jusqu'à renverser le rapport des forces en présence. La toute récente rhétorique des médias va dans ce sens, « c'était inéluctable, il n'y a pas d'autre choix, attendons patiemment les mesures d'accompagnement, en Allemagne et à Bruxelles les investisseurs préparent leurs bagages » ; « les investisseurs », le terme finira par être banni du vocabulaire populaire, vraiment. Je me souviens d'une discussion que j'ai eu il y a presque deux ans, avec un couple travaillant à l'époque au sein de la compagnie aérienne Olympic Air.