mardi 27 novembre 2012

Automates



La plupart des médias du territoire aménagé par les banques situé au sud de la Bulgarie, ont salué l’accord financier d’hier soir entre les créanciers de notre ex-pays. Ces usuriers auraient mis un peu d’eau dans leur vin, qui n’est autre que... le sang du peuple grec comme on dit désormais chez nous. "Le premier sourire", tel est le titre du journal pro-troïkan, Ta Nea, mais ce grand sujet du jour n’est presque plus discuté entre nous, nos préoccupations sont plus "plates": comme celles des pharmacies qui sont en grève, ou encore celles de ce mendiant hi-tec (?) du quartier, toujours à sa place.

14 commentaires

Anonyme a dit…

Ha ha ha, je ne sais plus s'il faut en rire ou en pleurer tellement c'est consternant: "la dette grecque sera ramenée à 124% du PIB en 2020"

Les eurocrates sont incapables de prévoir quelle sera la croissance du trimestre prochain mais ils tentent de nous faire avaler qu'ils peuvent estimer avec une précision chirurgicale le niveau d'endettement d'un pays dans 10 ans ! Trop fort !

C'est comme un météorologue qui pourrait aujourd'hui nous donner la température de Paris le 28 juillet 2020 à 14h33 !

Et bien entendu les larbins journalistes relaient cette propagande en ajoutant au passage quelques louanges bien sentis à l'adresse des eurocrates.

Voici un graphique qui résume bien la situation (en pointillés les prévisions de la Troika, en trait plein, la réalité):

http://www.zerohedge.com/sites/default/files/images/user3303/imageroot/2012/11/20121114_troika.png

Anonyme a dit…

Le prix du café : qu'est que c'était avant que ça baisse ! Certes, ce ne sont pas des espresso, mais je trouve tous ces capuccino très chers...
J'ai déjà remarqué cela (au pifomètre) : moins les gens ont d'argent, plus les produits usuels (ceux dont ils ont besoin, ou qui leur font plaisir) sont proportionnellement coûteux ; mais ce sont les écrans plats et les i-phones qui entrent dans les indices de coût de la vie.
Panagiotis, vous qui étiez récemment en France, vos pouvez comparer avec les prix des bistrots en France. N'est-ce pas scandaleusement cher en Grèce ?
Alexandria

Panagiotis Grigoriou a dit…

C'est le "pifomètre", la courte vue, sauf sur la destruction des sociétés !

Panagiotis Grigoriou a dit…

Vous avez raison, les prix en Grèce sont scandaleusement chers, et il y a deux tendances, une certaine "baisse", puis le maintient, voire l'augmentation des prix, s'adressant à une clientèle supposée aisée. Ce qui est en train d'accentuer le sentiment et la réalité de l'exclusion chez le grand nombre de gens.

Anonyme a dit…

1,45 euro la tasse en France :

http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/bsweb/serie.asp?idbank=000670982

Anonyme a dit…

Bonsoir,
N'y a t il quand même pas des côtés salutaires à la crise en Grèce, comme moins gaspiller, retourner à des activités plus saines; comme jardiner bricoler , acheter des produits de saison moins chers et meilleurs, améliorer l'isolation des logements,...?

Michel a dit…

Il me semble que l'aspect salutaire de la chose est difficile à repérer lorsque la (quasi) totalité de la société autour de soi ne voit pas le monde de cette façon.
L'idéologie de la production/consommation touche profondément les mentalités, qui ne "voient" pas les aspects positifs d'une situation de restriction. Le fait d'être "forcés à décroitre" n'aide pas non plus à apprécier...

Anonyme a dit…

Je viens de lire la traduction du point de vue d'une lanceuse d'alerte autrichienne sur le MES, l'euro, la vassalité de l'Allemagne par rapport aux États-Unis :

http://wp.me/p1SUIq-25

Anonyme a dit…

Bonjour Panagiotis, bonjour à tous...

Un petit mot sur l'Allemagne quand même. Je souhaitais apporter une petite contribution par rapport aux "intentions" de l'Allemagne.

Il s'agit d'une opinion personnelle qui est un peu différente de celle de l'auteur de ce blog.

Pour faire court, je crois que l'Allemagne est aujourd'hui très, mais alors vraiment très loin de vouloir recréer un saint empire germanique ou un quatrième reich monétaire. À mon avis il n'y a pas une once de volonté de "dominer à nouveau" l'Europe.

Pour moi, l'Allemagne est plutôt l'intello de la classe, un peu naïf, un peu à côté de la plaque, qui a très bien appris les leçons de son papa (le capitalisme anglo-saxon) au cours des dernières années : "la (néo)libéralisation de la société est la seule voie possible, et mènera au bonheur du plus grand nombre dans une richesse infinie".
En tant que bon intello dans sa petite bulle dogmatique, il a beaucoup de mal à comprendre ses camarades qui ont un vécu différent. Et comme c'est le chouchou des profs (des institutions qu'on n'a plus besoin de nommer), il gagne un statut d'autorité "de fait", et en est convaincu, alors qu'il est en fait à des années lumières de la vérité.

La position de l'Allemagne me désespère chaque jour un peu plus. Mais c'est de me rendre compte que cet "intello" est tellement certain de faire "le bien" qui me donne envie de hurler. Comme à tout intello agaçant qui se respecte, il faudrait lui faire fumer un gros pétard/lui bourrer la gueule à la vodka pour la première fois (selon les goûts), puis le laisser se lâcher avec les copains/copines de sa classe. Le lendemain, la situation se détendra assurément et permettra peut être de commencer à dialoguer en bonne intelligence.

Il s'agit d'une opinion, à discuter. Mais j'avais envie de l'exprimer car certaines formulations parfois utilisées dans des billets de Panagiotis me font un peu peur.

Je comprend tout à fait la radicalisation des opinions que peut entraîner une pareille situation, mais le cas de l'Allemagne est très complexe, et à mon avis, il faut faire attention. La haine attise la haine. Ne pas basculer du côté obscur!




Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour le commentaire qui alimente intelligemment nos débats. Malheureusement l'Allemagne (c'est à dire ses élites) ne sont guère naïves, et ce que je rapporte sur ce blog relève du factuel,le Sud de l'Europe meurt économiquement et socialement et ceci n'a rien de complexe...

Anonyme a dit…

Il ne faut à mon avis pas sous estimer l'ignorance TOTALE qu'ont les politiques, particulièrement allemands, de ce qu'il se passe actuellement chez vous.

Sur les quelques milliers de personnes influentes en Allemagne, combien pensez vous ont passé au cours des deux dernières années plus de deux jours en Grèce ailleurs que dans une bulle vacancière? Et même pour les quelques uns qui ont passé ces deux jours en Grèce pour travailler sur le "cas grec", pensez vous qu'ils ont quitté le cercle fermé de leur hôtel de grand luxe dédié à la classé d'affaire internationale?

Ces gens voient des chiffres et des programmes, ne savent pas ce qu'est la réalité. Là est la naïveté dont je parle.

Votre quotidien est quelque chose de tellement étranger à leur cerveau qu'ils continuent dans leurs dogmes sans savoir ce qu'il se passe vraiment. Tout comme l'intello de service qui n'arrive pas à connecter avec ses camarades de classe.

De plus, je peux vous garantir qu'en Allemagne, personne, y compris dans la population, ne sait ce qu'il se passe chez vous. Cela fait trois ans que j'y habite, et je peux vous garantir qu'en France, si une personne sur quatre a peut être vaguement conscience de votre réalité, ce rapport descend à un sur dix ou un sur vingt en Allemagne.

Il n'y a tout simplement pas la moindre information sur votre réalité. Point. Pas de Greekcrisisnow, pas de Okeanews, pas de Là bas si j'y suis, rien du tout en dehors des cercles militants qui sont extrêmement restreints.

C'est le silence absolu. On se réfère à une dimension parallèle, où personne ne sait vraiment ce qu'il s'y passe.

C'est dramatique, mais c'est comme ça, et c'est à prendre en compte pour "juger" des intentions de l'Allemagne.

Je pense qu'il ne faut pas sous estimer l'ignorance réciproque des vécus. C'est à mon avis la cause principale de cette catastrophe, tout comme d'autres catastrophes sociales passées et en cours. Mais dans le cas Grèce/Allemagne, on atteint des sommets.

Anonyme a dit…

PS : je n'arrive pas à comprendre comment fonctionne le système de pseudos pour commenter, ça change sans arrêt, désolé.

Panagiotis Grigoriou a dit…

La population allemande d'accord elle n'est pas au courant, mais les politiques allemands non seulement sont informés mais ils savent pratiquement ce qu'ils font, en tout cas, ceux qui sont en charge du dossier grec, (il y a un ministre d'ailleurs du gouvernement allemand en place en Grèce). L'ignorance a aussi un autre nom : guerre (contre une société ou un peuple). Le processus est déjà si "bien" entamé qu'un retour à la situation apaisée d'avant est impossible (en Grèce, Italie, Espagne, Portugal).

Anonyme a dit…

Je suis d'accord sur le fait qu'il y a une guerre, et que les mécanismes d'ignorance réciproques sont probablement similaires à ceux qui mènent des ignorants au front.

Mais laissez moi douter du fait que la classe politique allemande soit vraiment informée. En lisant les trois seuls journaux sérieux allemands, le Sueddeutsche, le Frankfurter Allgemeine et die Zeit, je ne peux avoir la moindre idée de ce que vous vivez. Passons la télé et la presse tabloïd qui ne fait que distiller du venin dans l'opinion publique. Quand aux journaux "de gauche", le TAZ, der Freitag, ils ont peut être des opinions sur le sujet, mais ne sont pas en mesure de rendre compte de ce qu'il se passe.

J'aimerais savoir de quelles sources d'informations disposent les députés et politiques allemands pour en savoir plus que nous autres.

Par quels moyens pratiques pourraient ils savoir ce que vous vivez? Avez vous des informations à ce sujet?

De quel ministre allemand parlez vous en Grèce? Horst Reichenbach, le "fameux allemand" dont j'ai entendu parler n'est ni ministre ni au compte du gouvernement allemand : c'est un technocrate de Bruxelles, et depuis longtemps apparemment.

Tout ceci ne rend pas la chose moins horrible : mais ne seraient ce pas les institutions européennes, avec la complicité de la France, de l'Angleterre, de la Hollande, etc... qu'il faudrait accuser? Ne serait ce pas l'endoctrinement néo-libéral présent partout depuis des décennies, il est vrai de manière plus franche en Allemagne depuis 2005, qui serait la première cause des évolutions actuelles?

Je dois le répéter encore et encore : je suis atterré par la positions de l'Allemagne depuis quelques années, et son dogmatisme de "bon comptable" cache clairement une stratégie néo libérale des plus brutales. Mais ce n'est pas une stratégie allemande, c'est un stratégie mondiale qui est en cours partout et depuis longtemps, au compte tout d'abord de la classe financière. L'Allemagne joue simplement le "bon élève" de cette idéologie, et en tire la fausse fierté qui va avec...






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