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| « Plan
B : Oui à l'emploi – Non à l'euro » |
Effectivement,
nous étions assez nombreux ce matin dans les rues d'Athènes, de Salonique
et d'ailleurs. Les syndicats ont estimé le chiffre de la participation à plus de
100.000 manifestants, rien qu'à Athènes. D'abord, les communistes ont
ouvert la marche derrière les banderoles de leur syndicat PAME, car ils
ont choisi d'arriver les premiers Place de la Constitution.... puis
de quitter les lieux... aussi les premiers.
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| Syndicat PAME |
Les autres syndicats ont suivi,
c'étaient
des milliers de grévistes – secteurs privé et public confondus répondant également à l'appel,
des partis de gauche, des anti-mémorandistes de droite (ceux du
parti de Kamenos) et selon certains témoignages, de quelques
centaines d'Aubedoriens... en civil.
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| Les autres syndicats |
On
sentait visiblement la détermination se mêler à l'amertume. « Nous
avons beaucoup perdu, et même notre temps... nous devrions venir
ici plus nombreux », avouaient certains. Puis, mes amis issus de la
génération de « Lambrakis », toujours nostalgiques, se sont remémorés 1965,
« où plus d'un million de gens manifestaient durant des
semaines... sauf que notre société a changé, tellement. Ah... tiens,
c'est dans cet immeuble... oui celui-là, à l'époque il abritait un restaurant. Eh bien,
nous avions fêté le retour de Mikis à Athènes, je crois que c'était en 1962, décidément, c'est loin... ». Oui, mais « nous ne devons pas regarder sans cesse derrière nous, car le futur sera composé des matériaux
du présent », a rétorqué un autre ami. C'est en ce moment précisément que Christina, une femme âgée à la voix disons assez discrète, est passée nous
saluer rapidement : « Je viens d'en bas, oui, il y a beaucoup de
monde, ne perdons pas le fil de l'espoir ». J'ai remarqué
en l'observant en train partir qu'elle boitait légèrement : « Tu
sais quoi ? Christina, a fait cinq ans de prison sous le régime des
Colonels, elle a été torturé, depuis, elle vit... un peu en
apesanteur ».
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| "C'est dans cet immeuble..." |
Devant
nous, défile à présent la banderole des scientifiques du Centre Nationale de la recherche
Géologique, démantelé par les Troïkans de l'intérieur, et par les
Troikans tout court. Désormais, seules les multinationales
prospecteront... à nos pertes et à leurs profits. Derrière cette
banderole, nous reconnaissons le député Michelogiannakis, de la « Gauche »
Démocratique, cette formation créé en 2010 pour servir le
Troikanisme et ses coalitions gouvernementales installées par les
administrateurs coloniaux depuis Berlin notamment selon les dires de certains. C'est à ce propos sans doute que chez les
manifestants, il y en a qui en veulent "directement" à Angela
Merkel, si l'on tient compte des slogans ou d'une certaine imagerie...
populaire manifestante bien entendu. En tout cas, ce député DIMAR (« Gauche »
Démocratique), semble prendre ses distances vis à vis de Kouvelis et du directoire de son parti. C'est aussi exact, qu'un petit nombre déjà
de ses députés, envisagent désormais la rupture avec le gouvernement et avec
DIMAR. C'est sans doute pour cette raison, qu'une loi récente, a été adoptée in extremis, par 151 voix
au parlement, sur un total de 300 députés, c'est fort juste. (Déjà ?)
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| "La banderole du Centre Nationale de la recherche
Géologique" |
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| Panagiotis Lafazanis, député SYRIZA |
Les
manifestants du secteur hospitaliers ont été longuement applaudis, et c'est près
d'eux, que nous avons aperçu Panagiotis Lafazanis, député SYRIZA,
notons-le, parmi les plus critiques au sein de sa formation politique vis à vis de l'Euro et de la « perspective
européenne de la Grèce ». Et il n'est pas le seul, devant le Parlement, on pouvait lire ceci sur une énorme banderole déployée ce matin : « Plan
B : Oui à l'emploi – Non à l'euro »,
je sens ce dernier temps une certaine cristallisation s'accélérer au sein de l'opinion.
« On n' aura pas la trouille de perdre l'euro éternellement »,
surtout « tout en
ayant faim », expliqua une manifestante Place de la Constitution.
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| "Ces nombreux photographes..." |
Et
ces nombreux photographes du jour, très occupés, ils ont aussi
remarqué cet homme symboliquement enchainé, tout comme, que le « cercueil
de la culture »,
une trouvaille des employés du secteur.
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| "Ceux
qui pensaient en découdre avec les MAT (CRS)..." |
"Inexorablement", ceux
qui pensaient en découdre avec les MAT (CRS) l'ont « fait »
comme toujours vers la fin de la manifestation, place de la
Constitution. Et aussitôt, c'était l'habituelle chimie policière qui a couvert la
place et nous... par son nuage protecteur. La fin.
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| "Chômage" |
Nous
avons quitté les lieux en pensant aux absents. Aux amis chômeurs
découragés, déprimés et ainsi défaits, ou à ces (autres)
employés du secteur privé ne peuvent plus manifester. Et à cette vieille femme
surtout, furtivement rencontré telle une ombre, place Koumoundourou, devant le siège du parti d'Alexis
Tsipras (SYRIZA). Elle fouillait dans une poubelle à la recherche de
nourriture, c'est sans doute son ultime but politique, que les autres ne devraient plus ignorer. « Les autres », c'est à dire nous, et c'est déjà de l'altérité,
produite chaque jour avec tant de minutie par le mémorandum. Temps des
mutations.
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| "Elle fouillait dans une poubelle..." |
La
journée fut pourtant si belle sous notre soleil incomplet. Une main
inconnue a dessiné "Samaras le diablotin ». Légende
unique du dessin : « chômage »,
visible cette après-midi comme ce matin, à l'angle de la Rue Éole et de la rue Hermès. Asi Klavdianou., âgée de 70 ans vient d'être interpellée, puis arrêtée
vers 16h aujourd'hui. Elle est la mère d'un économiste et
éditorialiste connu. Elle est également l'éditrice du journal de gauche
Epohi (« l'Époque »). Deux cent personnes ont manifesté ce soir
devant le bâtiment central de la Police, rue Alexandras. La lumière
et l'ombre, vérités finalement plus incontournables que jamais. Poursuivons.
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| "Ministère de l'Économie" |
13 commentaires:
Encore une manifestaion à Syntagma, une manifestation supplémentaire des fonctionnaires, des communistes, des pro-Tsipras ...Vraiment, c'est totalement inutile. Il faut retrousser ses bras de chemises pour travailler, pas pour tendre le poing.
il est temps que les grecs apprennent que l'Europe c'est du vent .
que leurs hommes politiques-comme ceux des autres Pays d'Europe - ne pensent qu'à leurs intérêts personnels et n'ont aucun sens patriotique.
la Grèce est un petit Pays . je pense que ses nationaux ont un sens aigu de la politique et de la pratique démocratique.
je suis convaincu que que c'est un atout important pour qu'ils s'en sortent .
les requins ne sont pas des sauveurs.... ce ne sont que des PREDATEURS
Heureusement que vous vous cachez derrière un pseudo. C'est bien le commentaire le plus stupide que j'ai lu ces derniers mois. Ah! les tenants de la droite quel vision réductrice vous avez.
"Il faut retrousser ses bras de chemises pour travailler, pas pour tendre le poing."
Encore faut il qu'il y ait du travail.
Le taux de chômage grec montre qu'il n'y a pas de travail, à moins de travailler gratuitement.
Merci pour ce compte-rendu et surtout ces magnifiques photographies d'Athènes ; qui n'est jamais aussi belle que lorsque son peuple relève la tête...
L'impasse à gauche et à droite
avec ou sans pseudo, le système a besoin de bras pour sa police mais n'a pas besoin de bras pour des salaires encore trop élevés. La logique libérale prétend que l'offre et la demande de travail s'ajustent par les salaires et que s'il reste du chômage c'est que les revendications sont trop élevées. C'est le non dit de la bancocratie cosmopolite et apatride.
Donc la Grèce doit aller jusqu'au bout du dogme libéral comme toute la planète.
L'erreur domine les esprits.
La gauche avide de servitude volontaire manifeste devant des caisses vides mais tient à l'euro comme à un élément de progrès irréversible. Elle tient aussi à son catéchisme antiraciste, l'immigration n'est pas un problème mais une chance et vouloir maîtriser le problème c'est du fascisme. Le terrorisme intellectuel fonctionne à plein temps en France comme en Grèce.
La droite tient le même discours car les mots sont interchangeables mais la réalité est ailleurs. L'extrême droite tolérée caricature le patriotisme et s'ingénie à se rendre imbuvable, l'enfermement est alors complet. Chaque valeur isolée des autres devient monstrueuse.
Je me réfugie dans une abstention polie. Il faudrait un exorcisme collectif pour sortir tout le monde de cet apocalypse. je ne vois que des idiots utiles de la dictature bancaire.
Il faut donc aimer son prochain et lui verser une louche de la soupe populaire dans laquelle nous communierons tous rapidement.
Cordialement
Olivarus
Il faut que la Grèce sorte de l'euro, et dévalue, ses exportations, agricoles en particulier, redevenues compétitives, mais aussi le tourisme, augmenteront. Et cela créera des emplois.
A ceux qui disent que les importations seront donc plus chères..hé bien ça ne peut pas être pire qu'actuellement où la majorité des grecs ne peuvent plus se soigner, ou acheter de l'essence..
les exportations agricoles de la Grèce ........c'est une blague ?
le tourisme de masse n'est pas une solution cela à déjà salopé pas mal d'endroits et cela ne rapporte rien
pas toujours d'accord avec vous mais la je ne peux que plussoier avec vous .
Grèce, premier producteur européen de coton et de tabac!!!
le tabac est loin d'être une culture d'avenir quand au coton dans un pays ou les ressource en eau potable sont limités et vont le devenir de plus en plus ....... cela me fait doucement rire
OK donc la Grèce reste dans l'euro (cad le mark !)n'exporte plus, voit son tourisme baisser (la Tunisie ou la Turquie sont moins chères),les salariés qui n'ont plus rien travaillent pour des salaires de misère et donc la Grèce devient un pays parfait pour les firmes européennes qui veulent délocaliser..la Chine en moins loin !
Cela ne me fait pas doucement rire...
Bonsoir, je crois les commentaires couvrent pratiquement tout le champ des interrogations possibles, y compris... dans la caricature (il s'agit du premier commentaire) ! Et aussi concernant l'impasse. Nous sommes dans l'impasse, mais elle peut aussi se transformer en ouverture. Un des problèmes majeurs tient de l'institutionnalisation des forces politiques, gauche(s) comprise(s), d'autant plus que c'est la finance qui dicte les règles depuis un moment déjà. Paul Jorion sur son blog, tire une fois de plus, l'alarme et pour ce qui est de la Grèce, on attend la Troïka encore lundi.... Une bonne semaine....
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