| Athènes - 19/09 |
Jour après jour, nous réalisons davantage, combien et surtout jusqu'à quelle synchronie historique, en somme récente, notre démocratie conservait encore ses chances. Démocratie d'opérette certes, oligarchique, le cas échéant népotiste, en tout cas bourgeoise, c'est à dire et pour l'essentiel, issue de la Révolution Française. Pourtant, nous sommes déjà assez nombreux à la regretter sous l'Acropole, ce qui ne veut pas dire que notre doxa soit partagée par tout le monde. D'emblée, le régime imposé de « failed state », implique un formatage si possible complet de l'ensemble du système, et pour ce qui est de l'effacement des données, nous y sommes, pour ne pas dire que les « données effaçables » c'est bien nous.
| Athènes - 19/09 |
Christos, (un athénien, petit entrepreneur dans le bâtiment en cessation d'activité), ne comprend plus rien : « ceci n'a pas de sens, nous mourons, l'argent n'existe plus, ne circule plus, nous ne consommons que le minimum vital et encore, le marché s'est effondré, les politiciens ne trouveront plus d'électeurs-clients du tout, et de toute façon, de la démocratie on s'en fiche, non ? Désormais, ma mère vit parmi nous, c'est aussi grâce à sa maigre retraite que nous nous débrouillons; alors quelle démocratie ? Mon seul... sens, c'est de remplir mon assiette et [de] voir les députés et ministres pendus Place de la Constitution...»
| Athènes - 19/09 |
Depuis tant d'années, la faim de sens était savamment organisée, y compris de celui, relevant de nos imaginaires collectifs. Désormais, on sombre dans l'anorexie imposée par une « civilisation » de l'image pléthorique, voilà que la fin du sens tout court, semble proche. Et comme déjà, les « Lumières » n'ont jamais été un passage obligé pour toute l'humanité, on éteindra la lumière un peu partout avant de fermer (définitivement ?) la porte de la démocratie (ou « démocratie ») occidentale, pour ouvrir les placards des totalitarismes qui d'ailleurs, ne ressembleront plus à ceux du passé, ne nous y leurrons plus. Vraisemblablement, nous ne pourrons alors que nous dire à nous-mêmes sans s'y tromper, que « c'est [certainement] une chance de ne pas ressembler à ce que le monde nous croit » (Jean Cocteau). Si nous y arrivons...
| Athènes - 19/09 |
Nous assistons impuissants au démantèlement d'une réalité et de ses mythes au profit d'une autre, implacable, un événement « cluster » diront même certains. Parmi les mythes savamment entretenus, celui notamment de l'U.E., de ses institutions, de ses processus décisionnels, de ses vitrines et surtout de ses buts, supposons d'ailleurs qu'ils existent, en dehors des lobbys, des banques et des hégémonies nationales, celle de l'Allemagne qui paraît évidente, mais encore, on ne sait pas tout parait-il. Sauf que ce mythe demeure et demeurera ravageur jusqu'à son remplacement par son autre sens, celui de la mutation et/ou de la... contre-mutation. Et n'en déplaise aux gens des gauches, la contre-mutation, n'est pas et ne sera pas forcement synonyme de « contre-révolution », si « évidente » à combattre à leurs yeux il me semble.
| Athènes - 19/09 |
C'est ainsi qu'à la mutation véhiculée par la bancocratie (nouveau totalitarisme de fait), une certaine réponse sera la contre-mutation des fascismes, ou pour être plus précis, de leurs analogies et des autres anamorphoses du méta-capitalisme, s'accommodant bien de surcroît, du « culturalisme facebook » et des autres nouvelles imageries populaires... C'est ainsi qu'à l'hubris des traders s'ajoute (y compris comme substitut ) désormais, celle des (méta)nazis (de l'Aube dorée). D'ailleurs de nouveaux slogans... de saison, apparus récemment sur les murs d'Athènes, rappellent que les Aubedoriens d'ailleurs en Europe, réserveraient aux Grecs qui s'installent dans ces pays, le même « traitement » que celui « pratiqué » par les milices, bien de chez nous, sur les immigrés installés en Grèce.
| Athènes - 19/09 - "Cours d'allemand" |
Mais en dehors des slogans et de leur portée réelle, un pas supplémentaire vient d'être franchi par la presse... grandement « autorisée », dans la consécration politique et symbolique de l'Aube dorée. « L'argument », (également répété par les ministres et les politiques Nouvelle Démocratie et PASOK récemment) est en somme le suivant : « L'Aube dorée, tout comme les partis de la Gauche sont dangereux pour la démocratie (sic). Sauf que les braves gens de l'Aube dorée font du bon travail, rappelant qu'il faut enfin mettre de l'ordre dans ce pays en imposant le respect des lois. Nous aurons tous à gagner et la démocratie avec en les laissant faire, puis en les incorporant dans les formations politiques de la droite classique ».
| "Notre presse germanophone..." |
Inutile de dire que certains journaux mémorandistes comme Kathimerini, se permettent des éditoriaux de très mauvais goût : « L'Aube dorée comme une chance pour la Démocratie », pour « démontrer l'utilité dans le retour à l'ordre, détruit par tente ans de pratiques gauchistes » et j'en passe, article dont le résumé est justement celui... de « l'argument » (Kassimatis, Kathimerini, 16/09/2012).
Notre vie quotidienne est en train de s'alourdir. Heureusement, je me suis retrouvé durant un bref moment sur l'île d'Astypalaia, où j'ai un peu renoué avec certains aspects d'un quotidien partagé avec les pêcheurs, on dirait même comme jadis, que c'était de « l'anthropologie maritime », néanmoins sur fond de crise (voir le billet du blog intitulé : « La fille du roi » ). C'est à cette occasion, qu'une tranche de micro-histoire, dénichée et ainsi sommairement racontée, m'a incité à rechercher des informations sur John Foster, vaillant pilote de la RAF dont l'appareil fut abattu en mer Égée durant la 2ème Guerre mondiale, et sauvé par les habitants d'une petite île située au Sud d'Astypalaia, Syrna.
En tout cas, j'ai bien remarqué que chez les Astypaliotes, la destruction de l'imaginaire collectif est partielle, contrairement à ce qui se passe à Athènes, car déjà, ces marins-pêcheurs et éleveurs semblent moins nostalgiques d'un passé idéalisé et pour cette raison sans doute, ils demeurent peu réceptifs au discours aubedorien. Par les temps qui courent c'est appréciable.
Sauf qu'à Athènes, les nouvelles ne marquent plus une seule pause, depuis la... boîte, Pandore et ses crépuscules. Car lutter contre un « monstre gluant » qui non seulement court désormais les rues, mais qui devient même par endroits... de l'asphalte, n'a rien d'évident. À gauche, on reconnaît désormais publiquement qu'il y a urgence. Hier soir (19/09), lors d'une réunion publique, co-organisée par les contributeurs des pages culturelles du quotidien Avgi (SYRIZA) et par la rédaction de la revue (mensuelle politique et culturel) Unfollow, il était justement uniquement question de la réaction face à l'Aube dorée. Nous étions très nombreux, et à remplir les locaux jusqu'aux murs, au jardin de la Société des Archéologue, rue Hermès, entre le cimetière antique du Céramique et un terrain de... friche économique, laissé à l'abandon et aux chats errants !
En tout cas, j'ai bien remarqué que chez les Astypaliotes, la destruction de l'imaginaire collectif est partielle, contrairement à ce qui se passe à Athènes, car déjà, ces marins-pêcheurs et éleveurs semblent moins nostalgiques d'un passé idéalisé et pour cette raison sans doute, ils demeurent peu réceptifs au discours aubedorien. Par les temps qui courent c'est appréciable.
Sauf qu'à Athènes, les nouvelles ne marquent plus une seule pause, depuis la... boîte, Pandore et ses crépuscules. Car lutter contre un « monstre gluant » qui non seulement court désormais les rues, mais qui devient même par endroits... de l'asphalte, n'a rien d'évident. À gauche, on reconnaît désormais publiquement qu'il y a urgence. Hier soir (19/09), lors d'une réunion publique, co-organisée par les contributeurs des pages culturelles du quotidien Avgi (SYRIZA) et par la rédaction de la revue (mensuelle politique et culturel) Unfollow, il était justement uniquement question de la réaction face à l'Aube dorée. Nous étions très nombreux, et à remplir les locaux jusqu'aux murs, au jardin de la Société des Archéologue, rue Hermès, entre le cimetière antique du Céramique et un terrain de... friche économique, laissé à l'abandon et aux chats errants !
| "Lors d'une réunion publique (19/09)..." |
Et déjà l'évidence : « Le fascisme... prend, l'Aube dorée n'est pas la seule composante de ce type au sein de la société grecque, [et] elle bénéficie en plus, d'alliés politiques [au sein de la droite dite classique et du PASOK], institutionnels, symboliquement créateurs de représentations et de mentalités, à savoir, une partie de l'Église, de l'Armée, de la Police, de l'Administration, du monde des entreprises, sans oublier évidement les clubs de supporteurs, hooligans ou pas... donc notre première tâche, consiste à ne plus permettre aux autres formations politiques (de la coalition du mémorandum) de faire comme si l'Aube dorée n'existait pas. Nous avons besoin d'alliés au sein du monde bourgeois comme diraient encore certains marxistes, justement pour défendre la démocratie bourgeoise » (Makis Kouzelis, universitaire, parmi les intervenants).
| "Lors d'une réunion publique (19/09)..." |
Puis, Nikodèmos Maina Kinioua, citoyen grec originaire d'Afrique et membre de l'association Asante, a tiré la sonnette d'alarme : « la société grecque reste parfaitement passive face aux agressions commises sur les immigrés par l'Aube dorée », tandis que d'autres intervenants ont souligné que « le problème de l'immigration est posé par la mondialisation, la gauche ne doit pas le nier non plus ».
Et l'aporie fut enfin : « Peut-on s'adresser aussi à cet État, pour combattre l'Aube dorée, en tout cas, pour ce qui est de certaines de ses actions illégales, lorsque l'État gangrené du mémorandum est déjà un destructeur du lien citoyen », question véritable... réponse improbable. Et enfin, Artemis Kalofyri, enseignante, a rappelé « que le symbolisme fasciste domine les représentations des élèves du secondaire depuis déjà 2008 au moins. Les Aubedoriens recrutent en passant par Facebook, et ces jeunes, se représentant souvent une bien mauvaise image d'eux-même, retrouvent dans l'organisation, reconnaissance, protection et un certain usage de la force. Ces garçons, sont évidement issus de la culture de l'image, des jeux vidéo, internet compris, [en plus] du lifestyle. La passerelle de l'hooliganisme a certes joué un rôle hélas funestement précurseur, dans le recrutement aubedorien à travers la population scolaire jusqu'en 2009-2010, mais c'est tout. Depuis, les élèves proches de l'Aube dorée, argumentent politiquement, leur discours est issu d'une systématisation holistique de l'histoire et de l'analyse sociale. C'est du construit, évidement raciste, anti-gauche, et relevant d'une culture disons militaire. D'ailleurs le réseau des salles de gymnastique (musculation et arts martiaux) sont en interconnexion je dirais organique avec l'Aube dorée en ce moment.
Et l'aporie fut enfin : « Peut-on s'adresser aussi à cet État, pour combattre l'Aube dorée, en tout cas, pour ce qui est de certaines de ses actions illégales, lorsque l'État gangrené du mémorandum est déjà un destructeur du lien citoyen », question véritable... réponse improbable. Et enfin, Artemis Kalofyri, enseignante, a rappelé « que le symbolisme fasciste domine les représentations des élèves du secondaire depuis déjà 2008 au moins. Les Aubedoriens recrutent en passant par Facebook, et ces jeunes, se représentant souvent une bien mauvaise image d'eux-même, retrouvent dans l'organisation, reconnaissance, protection et un certain usage de la force. Ces garçons, sont évidement issus de la culture de l'image, des jeux vidéo, internet compris, [en plus] du lifestyle. La passerelle de l'hooliganisme a certes joué un rôle hélas funestement précurseur, dans le recrutement aubedorien à travers la population scolaire jusqu'en 2009-2010, mais c'est tout. Depuis, les élèves proches de l'Aube dorée, argumentent politiquement, leur discours est issu d'une systématisation holistique de l'histoire et de l'analyse sociale. C'est du construit, évidement raciste, anti-gauche, et relevant d'une culture disons militaire. D'ailleurs le réseau des salles de gymnastique (musculation et arts martiaux) sont en interconnexion je dirais organique avec l'Aube dorée en ce moment.
| "Entre le cimetière antique du Céramique et un terrain de... friche économique" |
Parfois issus de l'immigration albanaise, ces jeunes souhaitent vivement intégrer l'armée ou la police car à leurs yeux, c'est la seule perspective professionnelle digne et certaine. Je n'ai jamais caché mon engagement à gauche, mais je n'ai jamais non plus isolé ces élèves. Au contraire, j'ai toujours voulu entretenir le dialogue avec eux. Ils me racontent donc, qu'au sein des locaux de l'Aube dorée, ils trouveront l'encadrement recherché, un endoctrinement idéologique par des Dvd, et un entraînement ou un perfectionnement dans les arts martiaux et les tactiques d'attaque contre les manifestants d'abord, et les autres « cibles » ensuite. Pourtant, par des mobilisations massives dans la rue face à l'Aube dorée et sans violence autre que celle du nombre, déjà dans deux quartiers de l'agglomération, les Aubedoriens ont cessé d'apparaître car ils ont peur du nombre en face... ».
Mondes du dedans, mondes du dehors et le monstre... qui n'a plus besoin de se montrer doux. Étudiants, intellectuels et autre auditoire conquis d'emblée, parmi le lectorat d'Avgi et celui de la revue Unfollow, évidemment. Mais en dehors du jardin des archéologues, le vaste monde des énormes réduits règne en maître. Comme ces jeunes gens qui agressent déjà verbalement des Africains Place Monastiraki, nos chats de passage et autres âmes errantes. Heureusement que nous pouvons encore admirer ce qui reste des bâtiments issus du Bauhaus à Athènes, ou à Weimar, c'est selon.
Mondes du dedans, mondes du dehors et le monstre... qui n'a plus besoin de se montrer doux. Étudiants, intellectuels et autre auditoire conquis d'emblée, parmi le lectorat d'Avgi et celui de la revue Unfollow, évidemment. Mais en dehors du jardin des archéologues, le vaste monde des énormes réduits règne en maître. Comme ces jeunes gens qui agressent déjà verbalement des Africains Place Monastiraki, nos chats de passage et autres âmes errantes. Heureusement que nous pouvons encore admirer ce qui reste des bâtiments issus du Bauhaus à Athènes, ou à Weimar, c'est selon.
| "Bâtiments issus du Bauhaus à Athènes" - 09/2012 |
J'ai aussi vu hier (19/09) des manifestants communistes en nombre... homéopathique devant l'Université, où à proximité, des affichettes nous informant que nous pouvions appendre l'allemand pour 14 euros l'heure de cours. D'ailleurs, notre presse germanophone, est à l'origine d'initiatives éditoriales intéressantes ce dernier temps. Mais ailleurs, cette autre Allemagne, c'est à dire sa politique, contribue à la déréalisation de notre démocratie et in fine de la sienne. Nous imaginons aussi des ministres du gouvernement français ou néerlandais par exemple, faire la morale aux syndicalistes du pays : « Ne bougez pas trop car notre austérité n'est rien, comparée à celle subie par les Grecs, eux, ils sont anéantis » . Fusillés pour l'exemple alors ces Grecs ?
| "Des manifestants communistes..." - Athènes 19/09 |
Athènes, c'est aussi nos liens qui en souffrent, suspendus comme le futur. De la crise et de ses réalisations concrètes évidement. Sous cet angle, le mémorandum est une réussite, le monde du travail n'est plus, et le monde avec. C'est sans doute... l'angle mort au rétroviseur de l'élite politique européenne. À Athènes, une partie des habitants ne sortent plus car pour eux, tout geste quotidien devient inabordable. C'est pour y faire face justement, que j'ai accompagné mon ami chômeur pour certaines de ses démarches hier. Sa santé s'aggrave et il pense que seule... la mort l'attend. Je lui ai offert un sandwich grec nommé souvlaki, en phase avec les... vitrines des boutiques du vieux centre-ville : « Greek is chic », puis, nous avons bu le café chez un autre ami écrivain. Les deux souvlaki à deux euros chacun, plus une sucrerie à un euro, ainsi qu'un kilo de raisin, sans oublier le ticket de métro, ont vite épuisé mon budget journalier, car les donations de septembre envers le blog sont moins nombreuses qu'avant.
Les éventuels lecteurs traders du blog en rigoleront, le temps qu'il fait à Athènes, beau et chaud en ce 20 septembre, ainsi, et selon une campagne publicitaire du Ministère du tourisme : « Nous vivons [effectivement] notre mythe en Grèce ».
Les éventuels lecteurs traders du blog en rigoleront, le temps qu'il fait à Athènes, beau et chaud en ce 20 septembre, ainsi, et selon une campagne publicitaire du Ministère du tourisme : « Nous vivons [effectivement] notre mythe en Grèce ».
| Vitrines en solde - Athènes 19/09 |
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22 commentaires:
Toujours aussi pénétrant, émouvant, magnifiquement bien écrit, ce billet...
Comment te remercier Panagiotis (je sais ce qui reste à faire : actionner sans tarder le bouton à donations sur la colonne de droite du blog...).
Je reviens sur une idée qui m'est venue récemment à propos d'Aube dorée.
Si l'État grec actuel (ND-PASOK) est impuissant et même complice face aux exactions de ces néo-nazis, dont le caractère récurrent, systématique et raciste est bien susceptible d'être qualifié juridiquement de crime contre l'humanité,
et bien,
nous sommes dans une situation prévue par le Traité instaurant la Cour pénale internationale (CPI) lorsqu'un État est défaillant pour poursuivre des criminels contre l'Humanité.
Dans ce cas, le Cour peut être saisie selon deux manières plus une troisième :
Par le Conseil de sécurité de l'ONU (en tous cas par aucune autre instance supranationale hautement contestable comme la Troïka UE-FMI-Banque centrale, ce qui est heureux et réconfortant)
Ou par l'un des 121 pays ayant reconnu la CPI. (Notons que s'y trouvent des pays pour lesquels il est permis de nourrir des sympathies limitées mais réelles, par exemple l'Equateur et son expérience de gauche – je prends le premier exemple qui me vient à l'esprit, parce qu'il a défendu Assange - , ou bien il est permis de montrer des exigences : par exemple pour chacun, son propre pays : il me suffit pour ce pays d'écrire à Messieurs Hollande, président, Ayrault, premier ministre, et Fabius, chef de la diplomatie...)
D'autre part et surtout,
la CPI peut se saisir de sa propre initiative sur la base de « renseignements reçus ». Et pour cela, c'est le Procureur de la CPI qui est compétant : actuellement Monsieur Luis Moreno-Ocampo
Ainsi, engager la CPI à ouvrir une enquête sur Aube dorée et sur les complicité dont jouit cette organisation dans l'administration grecque, cette l'action d'interpellation est à la portée de tous : il suffit d'écrire seul ou collectivement sous forme de pétition à :
Les communications et les plaintes conformément à l’article 15 du Statut de Rome peuvent être envoyées à :
Unité des informations et des éléments de preuve
Bureau du Procureur
Boîte Postale 19519
2500 CM, La Haye
Pays-Bas
ou par courriel à otp.informationdesk@icc-cpi.int,
ou par télécopie au +31 70 515 8555
Se rendre à la Cour pénale internationale
Entrée principale
Maanweg, 174
2516 AB, La Haye
Pays-Bas
Tél. + 31 (0)70 515 8515
Fax. +31 (0)70 515 8555
Nous vous remercions de bien vouloir adresser toute correspondance de préférence dans l'une des deux langues de travail de la Cour français ou anglais.
http://www.icc-cpi.int/Menus/ICC/Structure+of+the+Court/Office+of+the+Prosecutor/
- - - - -
Bonne soirée Panagiotis,
Luc à Nantes
http://jesuisgrec.blogspot.fr/
jesuisgrec@numericable.fr
Jean Cocteau :
« L'honneur de la France, écrit-il dans son Journal du 5 mai 1942, sera peut-être, un jour, d'avoir refusé de se battre »
« L'Allemagne nazie n'est pas non plus sans le séduire, surtout son chef, dont il se fait une représentation qu'il faut placer au musée des Hitler imaginaires. (...) Il est fasciné par l'idée du chef-artiste, politique tout-puissant en même temps que mécène et protecteur des arts, à la fois Napoléon et poète (« Chez Hitler, c'est le poète qui échappait à ces âmes de pions », écrit-il en parlant des dirigeants français de l'avant-guerre). »
Hans Luther de la Reichsbank en parlant de son homologue français, juillet 1931 : « Il a rappelé qu'en France en 1926, toutes les mesures techniques étaient restés inopérantes, jusqu'au jour où la création du ministère d'Union nationale est venue attester la volonté du pays de se sauver par ses propres forces. Sans doute l'Union nationale serait difficile à réaliser en Allemagne, mais ce qui peut et doit être tenté de toute urgence, c'est un effort pour réaliser l'entente entre les gouvernements, entente qui ne saurait manquer d'avoir des effets considérables »
http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/09/20/la-grece-tente-une-contre-offensive-contre-ses-neonazis-devenus-omnipresents_1763228_3214.html
Le jeu turc dans l'immigration en Grèce
http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/monde/bombe-migratoire-en-gr%C3%A8ce20120904.html
C'est à Astypaléa que j'ai pu voir, l'année dernière, un brave commerçant menacer son employé de licenciement s'il le prenait encore à donner un ticket de caisse à un client. Quant au reçu de la chambre pour 10 jours, j'attends encore. Sur les petites îles, les braves paysans-marins-commerçants devenus millionnaires en quelques années ne perdent pas le nord. Le pays et son fonctionement n'est pas leur problème. J'apprécie également ces lieux mais, de grâce, n'évacuez pas leurs responsabilités (même légères au final) dans ce marasme.
A quand un blog French crisis ?
"Selon d’autres calculs faits à l’époque par l’Insee, la baisse serait de 1,1 % par habitant et de 1,6 % par ménage. Du jamais vu, depuis plusieurs décennies."
http://www.mediapart.fr/journal/economie/200912/la-france-s-enfonce-dans-une-crise-sociale-majeure
Bonjour et merci pour vos commentaires et réactions. Sur la pénalisation des actions de l'Aube dorée il faut dire que la tâche n'est pas facile. D'abord, les initiateurs de la politique officielle (Troïka, gouvernement grec, FMI, U.E., gouvernement allemand) introduisent et imposent une variante du crime contre l'humanité via l'austérité, d'ailleurs le journaliste Trangas a déposé une plainte auprès des tribunaux internationaux, visant par exemple Angela Merkel. Ensuite, les gouvernants actuels (en Grèce), même élus certes, légifèrent et agissent, ignorant certaines lois et surtout, le premier Mémorandum déjà et son instauration, ont ignoré la Constitution. C'est ainsi que tout recours à la "Politeia" (disons l'État) devient une affaire délicate. Pourtant, une idée déjà lancée est d'agir juridiquement pour ce qui est des actions de l'Aube dorée sur le terrain.
Pour ce qui est de l'immigration, c'est vrai que le jeux des passeurs (turcs et autres) rejoint celui de la géopolitique de la mondialisation. Et dire que l'immigration massive et incontrôlée ne pose pas problème relèverait au moins de la naïveté. Je trouve d'ailleurs ironiquement "étrange", que les Aubedoriens se focalisent sur ces âmes douloureuses (et créatrices de douleur) en "dépôt" chez nous, et non pas sur le personnel politique initiateur de ce désastre organisé et qui a signé Dunblin II, Costas Simitis pour ne nommer que lui.
Je ne suis pas d'accord par contre avec le commentaire de notre ami anonyme sur les tickets de caisse et les factures concernant Astypaléa par exemple. C'est un autre problème qu'il dénonce, mais qui n'a aucun rapport avec le totalitarisme des "dettes souveraines". Les lecteurs assidus du blog le savent. Juste une remarque : "To Pontiki" (hebdomadaire satyrique), dans un No récent, a présenté le cas de nombreuses fortunes moyennes du pays, où légalement, c'est à dire par le biais des "possibilités offertes par le législateur éponyme", sur un million d'euros par exemple déclarés (pour 2011), ne sont imposés que sur une infime tranche de 25.000 euros et je n'évoque pas les offshore. Ceci explique cela.
Enfin, il y a à redouter effectivement qu'un blog French crisis devienne d'actualité....
Bonjour,
"...les Aubedoriens d'ailleurs en Europe, réserveraient aux Grecs qui s'installent dans ces pays, le même « traitement » que celui « pratiqué » par les milices, bien de chez nous, sur les immigrés installés en Grèce." Ces aubedoriens ne vivent-ils pas eux même à l'étranger? Ne devraient-ils donc pas s'auto-molester?
Un ami de Salonique m'informe que le coût de la vie baisse et que tout est devenu moins cher depuis deux ans (souvlaki inclus). Je m'interroge ...
Ici, en France, beaucoup d'entre nous remarquons le temps du vent mauvais se lever, la French crisis est pour demain.
Merci pour ce travail empathique Panagiotis, et de tout coeur bon courage à v(n)ous tous.
Bonjour Panagiotis,
Merci d'avoir pris en compte cette remarque et d'y avoir répondu. En effet elle sort du cadre strict de cette votre billet. J'aimerais vous dire que je lis vos billets régulièrement et que, selon moi,vous savez bien retranscrire l'ambiance qui règne en ce moment dans le pays. Cela dit, je pense également que la société grèque et tombée dans une situation que l'on pourrait appeller , l'arnaqueur arnaqué. En effet, depuis de nombreuses années, j'ai pu assister médusé au pillage et gaspillage éhonté par les bénéficiaires, des subventions européenes et des crédits obtenus pour diverses raisons de développement. Cela a commencé, toujours de mon point de vue d'observateur distrait, de manière massive avec la récupération de la main-d'oeuvre des balkans dans les années 90. Puis, le phénomène s'est accéléré avec les chantiers des jeux olmpiques. Une fois leur emprise assurée, les partenaires fiananciers internationaux de ces montages frauduleux ont refermé leurs mâchoires sur la Grèce. Bien que la classe politique soit l'actrice principale de cette débâcle, je ne pense pas que les citoyens grecs soient tous de pauvres victimes mais majoritairement complices parfois par passivité. En prenant comme point de départ un point de référence au hasard (Astypaléa) je voulais signaler que, dans une certaine mesure, les grecs qui ont réussi financièrement, et qui aujourd'hui n'ont toujours pas de gros problèmes, ne font preuve d'aucune solidarité avec l'ensemble du pays. Cela nous amène à réfléchir sur la généralisation d'une attitude fiscalement irrésponsable, voire méprisante, attitude adoptée de manière verticale par une partie importante de la population grèque. Aujourd,hui, sur les îles ou dans les campagnes la situation frôle la caricature. Tous se plaignent en coeur "que va-t-on devenir" devant le téléviseur du café et au moment de payer, jamais de reçu ou très rarement. Difficile de penser que cette pratique vieille de plusieurs décennies n'a pas d'effet sur les finances publiques. D'autre part je pense que vous idéalisez la pureté de pensée des marins-pêcheurs-hoteliers-restaurateurs. Ne serais-ce que par les méthodes de pêche destructrices qui ont achevé les ressources d'une mer déjà peu poissoneuse.Et ici, je pense que vous savez de quoi je parle. Quant au volet politique, pour ma part, mais cela reste empirique,j'ai pu constater que les populations des îles votent ssez souvent, mais pas systématiquement, très à droite et ne dédaignent pas toujours une gestion autoritaire de la chose publique. Alors, à l'heure où toute la construction est bloquée en Grèce je pense que le plus grand chantier à ouvrir est celui des mentalités. La Grèce peut-elle relever ce défi?
Surtout n"oubliez pas :
- l'euro est irréversible
- les néo nazis sont vos pires ennemis et les immigrés les premières victimes en Grèce
Bonne chance, vous allez en avoir besoin...
Cher Panagiotis, vos billets sont d'une précision d’entomologiste.
Ces pauvres grecs pris dans la tourmente, n'y sont pour pas grand chose, mis à part leurs dirigeants irresponsables. Mais maintenant, ce sont d'autres citoyens qui approchent les lieux dangereux d'une crise mal fagotée. Nous sommes donc, tous, peuples d’Europe confrontés à une machine infernale très mal réglée.
Comme mon pseudo le laisse entendre, je vis en Allemagne. Car j'ai depuis 10 ans émis des doutes sur les capacités de la France à me permettre de valoriser mes aptitudes. Je me suis donc "exfiltré" avant la cata en cours. Malheureusement, tout ce que j'anticipe depuis 20 ans se réalise.
Une Europe sans tête, une désocialisation, des économies à la dérive, presque partout, pas qu'en Grèce.
Toutes ces vicissitudes ne m'empêchent pas de souhaiter revenir faire un séjour en Grèce et découvrir de nouveau ses paysages et sa population gaie, désormais en peine.
Cher Panagiotis,
Je prends contact avec vous car je connais des difficultés pour avoir accès à vos articles depuis un peu plus d'une semaine. Actuellement, par exemple, je n'ai pu lire que le dernier ; "Mythes ravageurs" les autres n'apparaissent que par leur titre et impossible de les ouvrir. Je n'ai donc pu prendre connaissance de "La nostalgie et les camarades". La semaine dernière c'est "La fille du Roi" qui m'a échappé ... Est-ce normal ? Y a-t-il quelque chose de changé ? Quelle est la solution pour retrouver un accès normal ? Merci de votre aide
Bonsoir, je vous remercie infiniment, je n'ai rien modifié dans la structure du blog, ainsi je vous invite à communiquer par mail, vous et les autres amis du blog si besoin et en pareil cas, pour comprendre si effectivement il y a un problème et ainsi en déterminer les origines. Avez vous essayé en utilisant un autre ordinateur, et/ou un autre programme-navigateur ?
Merci pour votre témoignage si intéressant. Je me demande parfois dans quelle mesure l'Allemagne (c'est à dire sa population au sens large), est à l'abri de la crise, ou sinon pour encore combien de temps... Et si l'Europe tourne... sa page (?)
Je vous remercie pour vos remarques, en y répondant partiellement,je dirais qu'il faut empêcher la destruction des droits liés au monde du travail (ce qui en reste en tout cas), avant de franchir le seuil de la destruction avancée de la société (comme en Grèce). Car à partir de ce seuil, toute action, et toute action politique change de registre, et c'est beaucoup plus compliquer de s'y opposer dans les faits. Courage donc à nous tous !
Merci pour vos précisions. Je comprends ce que vous voulez dire. Je n'idéalise pas les pêcheurs, je leur accorde disons un peu de "grâce" pour ce qui tient de leurs possibilités de sortie de la crise (en somme théorique") certes ! J'ai précisément vécu la destruction d'un milieu marin (et de ses ressources) par des pêcheurs "traditionnels" qui ne l'étaient plus, c'était à Mytilène dans les années 1990. Depuis, il y a eu les subventions de l'U.E. que personnellement je n'ai jamais apprécié comme soit disant "levier de développement"... à enrichir certains et surtout les plus grands (en proportion). Je suis d'accord sur de défi lié au changement des mentalités, mais je le formulerais un peu autrement. Pour caricaturer je dirais que la culture d'en haut dans sa rapacité et la destruction du lien social et sociétal (dont celui impliquant l'impôt régalien), a rejoint des pratiques ancrées dans les mentalités pré-capitalistes "d'en bas", toujours vivantes en Grèce. Donc c'est plus compliqué d'agir que d'analyser il me semble. Honnêtement,je ne sais pas dans quelle mesure la Grèce relèvera ce défi, pour l'instant en tout cas ma réponse serait plutôt négative...
Je crois, je crains que oui...
un seul article m'échappe : la nostalgie
- j'ai fait un tractage sur un marché ce matin - pour la manif du 30.09 (dans un quartier bourgeois donc beaucoup nous évitaient ou refusaient) mais les personnes "populaires" avaient envie de discuter sur le vote des présidentielles, et tous ont évoqué la Grèce, le Portugal et l'Espagne, ils voulaient faire part de leur découragement, et j'ai axé la discussion sur les raisons qu'ils devaient avoir de conserver de l'énergie pour les luttes à venir.Marie-luce28
A vrai dire le moral des allemands est plutôt bon en ce moment. Mais les inquiétudes sont là aussi. Les exportations de ses produits de qualité sont le talon d'Achille qui lie le destin allemand au vortex dépressionnaire actuel. A moins d'une improbable orientation exportatrice vers les pays émergents, je ne vois pas d'issue favorable. L'histoire n'est donc pas écrite...
Concernant l'Europe, il me semble que d'une manière ou d'une autre, elle doit trouver des modes de coopération entre ses peuples pour éviter la misère et la guerre, mère de tous les vices. La monnaie unique a été une tentative pour le moment ratée. Ca a été une erreur, mais ne doit pas empêcher la construction européenne de projets auxquels tous aspirent.
A Naples, un essai intéressant : http://www.leprogres.fr/actualite/2012/09/21/italie-naples-lance-une-sorte-de-monnaie-locale
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