jeudi 20 septembre 2012

Mythes ravageurs



Jour après jour, nous réalisons davantage, combien et surtout jusqu'à quelle synchronie historique, en somme récente, notre démocratie conservait encore ses chances. Démocratie d'opérette certes, oligarchique, le cas échéant népotiste, en tout cas bourgeoise, c'est à dire et pour l'essentiel, issue de la Révolution Française. Pourtant, nous sommes déjà assez nombreux à la regretter sous l'Acropole, ce qui ne veut pas dire que notre doxa soit partagée par tout le monde.



* Photo de couverture: Athènes, le 19 septembre

22 commentaires

LD a dit…

Toujours aussi pénétrant, émouvant, magnifiquement bien écrit, ce billet...

Comment te remercier Panagiotis (je sais ce qui reste à faire : actionner sans tarder le bouton à donations sur la colonne de droite du blog...).

Je reviens sur une idée qui m'est venue récemment à propos d'Aube dorée.

Si l'État grec actuel (ND-PASOK) est impuissant et même complice face aux exactions de ces néo-nazis, dont le caractère récurrent, systématique et raciste est bien susceptible d'être qualifié juridiquement de crime contre l'humanité,
et bien,
nous sommes dans une situation prévue par le Traité instaurant la Cour pénale internationale (CPI) lorsqu'un État est défaillant pour poursuivre des criminels contre l'Humanité.

Dans ce cas, le Cour peut être saisie selon deux manières plus une troisième :

Par le Conseil de sécurité de l'ONU (en tous cas par aucune autre instance supranationale hautement contestable comme la Troïka UE-FMI-Banque centrale, ce qui est heureux et réconfortant)

Ou par l'un des 121 pays ayant reconnu la CPI. (Notons que s'y trouvent des pays pour lesquels il est permis de nourrir des sympathies limitées mais réelles, par exemple l'Equateur et son expérience de gauche – je prends le premier exemple qui me vient à l'esprit, parce qu'il a défendu Assange - , ou bien il est permis de montrer des exigences : par exemple pour chacun, son propre pays : il me suffit pour ce pays d'écrire à Messieurs Hollande, président, Ayrault, premier ministre, et Fabius, chef de la diplomatie...)

D'autre part et surtout,

la CPI peut se saisir de sa propre initiative sur la base de « renseignements reçus ». Et pour cela, c'est le Procureur de la CPI qui est compétant : actuellement Monsieur Luis Moreno-Ocampo


Ainsi, engager la CPI à ouvrir une enquête sur Aube dorée et sur les complicité dont jouit cette organisation dans l'administration grecque, cette l'action d'interpellation est à la portée de tous : il suffit d'écrire seul ou collectivement sous forme de pétition à :






Les communications et les plaintes conformément à l’article 15 du Statut de Rome peuvent être envoyées à :
        Unité des informations et des éléments de preuve
        Bureau du Procureur 
        Boîte Postale 19519 
        2500 CM, La Haye
        Pays-Bas
        ou par courriel à otp.informationdesk@icc-cpi.int,
        ou par télécopie au +31 70 515 8555

Se rendre à la Cour pénale internationale
        Entrée principale                   
        Maanweg, 174                           
        2516 AB, La Haye                      
        Pays-Bas                                  
        Tél. + 31 (0)70 515 8515           
        Fax. +31 (0)70 515 8555

Nous vous remercions de bien vouloir adresser toute correspondance de préférence dans l'une des deux langues de travail de la Cour français ou anglais.

http://www.icc-cpi.int/Menus/ICC/Structure+of+the+Court/Office+of+the+Prosecutor/
- - - - -
Bonne soirée Panagiotis,

Luc à Nantes

http://jesuisgrec.blogspot.fr/
jesuisgrec@numericable.fr

Anonyme a dit…

Jean Cocteau :
« L'honneur de la France, écrit-il dans son Journal du 5 mai 1942, sera peut-être, un jour, d'avoir refusé de se battre »
« L'Allemagne nazie n'est pas non plus sans le séduire, surtout son chef, dont il se fait une représentation qu'il faut placer au musée des Hitler imaginaires. (...) Il est fasciné par l'idée du chef-artiste, politique tout-puissant en même temps que mécène et protecteur des arts, à la fois Napoléon et poète (« Chez Hitler, c'est le poète qui échappait à ces âmes de pions », écrit-il en parlant des dirigeants français de l'avant-guerre). »

Hans Luther de la Reichsbank en parlant de son homologue français, juillet 1931 : « Il a rappelé qu'en France en 1926, toutes les mesures techniques étaient restés inopérantes, jusqu'au jour où la création du ministère d'Union nationale est venue attester la volonté du pays de se sauver par ses propres forces. Sans doute l'Union nationale serait difficile à réaliser en Allemagne, mais ce qui peut et doit être tenté de toute urgence, c'est un effort pour réaliser l'entente entre les gouvernements, entente qui ne saurait manquer d'avoir des effets considérables »

Anonyme a dit…

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/09/20/la-grece-tente-une-contre-offensive-contre-ses-neonazis-devenus-omnipresents_1763228_3214.html

Anonyme a dit…

Le jeu turc dans l'immigration en Grèce

http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/monde/bombe-migratoire-en-gr%C3%A8ce20120904.html

Anonyme a dit…

C'est à Astypaléa que j'ai pu voir, l'année dernière, un brave commerçant menacer son employé de licenciement s'il le prenait encore à donner un ticket de caisse à un client. Quant au reçu de la chambre pour 10 jours, j'attends encore. Sur les petites îles, les braves paysans-marins-commerçants devenus millionnaires en quelques années ne perdent pas le nord. Le pays et son fonctionement n'est pas leur problème. J'apprécie également ces lieux mais, de grâce, n'évacuez pas leurs responsabilités (même légères au final) dans ce marasme.

Anonyme a dit…

A quand un blog French crisis ?

"Selon d’autres calculs faits à l’époque par l’Insee, la baisse serait de 1,1 % par habitant et de 1,6 % par ménage. Du jamais vu, depuis plusieurs décennies."

http://www.mediapart.fr/journal/economie/200912/la-france-s-enfonce-dans-une-crise-sociale-majeure

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour et merci pour vos commentaires et réactions. Sur la pénalisation des actions de l'Aube dorée il faut dire que la tâche n'est pas facile. D'abord, les initiateurs de la politique officielle (Troïka, gouvernement grec, FMI, U.E., gouvernement allemand) introduisent et imposent une variante du crime contre l'humanité via l'austérité, d'ailleurs le journaliste Trangas a déposé une plainte auprès des tribunaux internationaux, visant par exemple Angela Merkel. Ensuite, les gouvernants actuels (en Grèce), même élus certes, légifèrent et agissent, ignorant certaines lois et surtout, le premier Mémorandum déjà et son instauration, ont ignoré la Constitution. C'est ainsi que tout recours à la "Politeia" (disons l'État) devient une affaire délicate. Pourtant, une idée déjà lancée est d'agir juridiquement pour ce qui est des actions de l'Aube dorée sur le terrain.

Pour ce qui est de l'immigration, c'est vrai que le jeux des passeurs (turcs et autres) rejoint celui de la géopolitique de la mondialisation. Et dire que l'immigration massive et incontrôlée ne pose pas problème relèverait au moins de la naïveté. Je trouve d'ailleurs ironiquement "étrange", que les Aubedoriens se focalisent sur ces âmes douloureuses (et créatrices de douleur) en "dépôt" chez nous, et non pas sur le personnel politique initiateur de ce désastre organisé et qui a signé Dunblin II, Costas Simitis pour ne nommer que lui.

Je ne suis pas d'accord par contre avec le commentaire de notre ami anonyme sur les tickets de caisse et les factures concernant Astypaléa par exemple. C'est un autre problème qu'il dénonce, mais qui n'a aucun rapport avec le totalitarisme des "dettes souveraines". Les lecteurs assidus du blog le savent. Juste une remarque : "To Pontiki" (hebdomadaire satyrique), dans un No récent, a présenté le cas de nombreuses fortunes moyennes du pays, où légalement, c'est à dire par le biais des "possibilités offertes par le législateur éponyme", sur un million d'euros par exemple déclarés (pour 2011), ne sont imposés que sur une infime tranche de 25.000 euros et je n'évoque pas les offshore. Ceci explique cela.

Enfin, il y a à redouter effectivement qu'un blog French crisis devienne d'actualité....

sophie a dit…

Bonjour,
"...les Aubedoriens d'ailleurs en Europe, réserveraient aux Grecs qui s'installent dans ces pays, le même « traitement » que celui « pratiqué » par les milices, bien de chez nous, sur les immigrés installés en Grèce." Ces aubedoriens ne vivent-ils pas eux même à l'étranger? Ne devraient-ils donc pas s'auto-molester?
Un ami de Salonique m'informe que le coût de la vie baisse et que tout est devenu moins cher depuis deux ans (souvlaki inclus). Je m'interroge ...
Ici, en France, beaucoup d'entre nous remarquons le temps du vent mauvais se lever, la French crisis est pour demain.

Merci pour ce travail empathique Panagiotis, et de tout coeur bon courage à v(n)ous tous.

Anonyme a dit…

Bonjour Panagiotis,

Merci d'avoir pris en compte cette remarque et d'y avoir répondu. En effet elle sort du cadre strict de cette votre billet. J'aimerais vous dire que je lis vos billets régulièrement et que, selon moi,vous savez bien retranscrire l'ambiance qui règne en ce moment dans le pays. Cela dit, je pense également que la société grèque et tombée dans une situation que l'on pourrait appeller , l'arnaqueur arnaqué. En effet, depuis de nombreuses années, j'ai pu assister médusé au pillage et gaspillage éhonté par les bénéficiaires, des subventions européenes et des crédits obtenus pour diverses raisons de développement. Cela a commencé, toujours de mon point de vue d'observateur distrait, de manière massive avec la récupération de la main-d'oeuvre des balkans dans les années 90. Puis, le phénomène s'est accéléré avec les chantiers des jeux olmpiques. Une fois leur emprise assurée, les partenaires fiananciers internationaux de ces montages frauduleux ont refermé leurs mâchoires sur la Grèce. Bien que la classe politique soit l'actrice principale de cette débâcle, je ne pense pas que les citoyens grecs soient tous de pauvres victimes mais majoritairement complices parfois par passivité. En prenant comme point de départ un point de référence au hasard (Astypaléa) je voulais signaler que, dans une certaine mesure, les grecs qui ont réussi financièrement, et qui aujourd'hui n'ont toujours pas de gros problèmes, ne font preuve d'aucune solidarité avec l'ensemble du pays. Cela nous amène à réfléchir sur la généralisation d'une attitude fiscalement irrésponsable, voire méprisante, attitude adoptée de manière verticale par une partie importante de la population grèque. Aujourd,hui, sur les îles ou dans les campagnes la situation frôle la caricature. Tous se plaignent en coeur "que va-t-on devenir" devant le téléviseur du café et au moment de payer, jamais de reçu ou très rarement. Difficile de penser que cette pratique vieille de plusieurs décennies n'a pas d'effet sur les finances publiques. D'autre part je pense que vous idéalisez la pureté de pensée des marins-pêcheurs-hoteliers-restaurateurs. Ne serais-ce que par les méthodes de pêche destructrices qui ont achevé les ressources d'une mer déjà peu poissoneuse.Et ici, je pense que vous savez de quoi je parle. Quant au volet politique, pour ma part, mais cela reste empirique,j'ai pu constater que les populations des îles votent ssez souvent, mais pas systématiquement, très à droite et ne dédaignent pas toujours une gestion autoritaire de la chose publique. Alors, à l'heure où toute la construction est bloquée en Grèce je pense que le plus grand chantier à ouvrir est celui des mentalités. La Grèce peut-elle relever ce défi?

Anonyme a dit…

Surtout n"oubliez pas :
- l'euro est irréversible
- les néo nazis sont vos pires ennemis et les immigrés les premières victimes en Grèce

Bonne chance, vous allez en avoir besoin...

olivier trehard a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Cher Panagiotis, vos billets sont d'une précision d’entomologiste.

Ces pauvres grecs pris dans la tourmente, n'y sont pour pas grand chose, mis à part leurs dirigeants irresponsables. Mais maintenant, ce sont d'autres citoyens qui approchent les lieux dangereux d'une crise mal fagotée. Nous sommes donc, tous, peuples d’Europe confrontés à une machine infernale très mal réglée.

Comme mon pseudo le laisse entendre, je vis en Allemagne. Car j'ai depuis 10 ans émis des doutes sur les capacités de la France à me permettre de valoriser mes aptitudes. Je me suis donc "exfiltré" avant la cata en cours. Malheureusement, tout ce que j'anticipe depuis 20 ans se réalise.

Une Europe sans tête, une désocialisation, des économies à la dérive, presque partout, pas qu'en Grèce.

Toutes ces vicissitudes ne m'empêchent pas de souhaiter revenir faire un séjour en Grèce et découvrir de nouveau ses paysages et sa population gaie, désormais en peine.

olivier trehard a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Axelle Frebutte a dit…

Cher Panagiotis,

Je prends contact avec vous car je connais des difficultés pour avoir accès à vos articles depuis un peu plus d'une semaine. Actuellement, par exemple, je n'ai pu lire que le dernier ; "Mythes ravageurs" les autres n'apparaissent que par leur titre et impossible de les ouvrir. Je n'ai donc pu prendre connaissance de "La nostalgie et les camarades". La semaine dernière c'est "La fille du Roi" qui m'a échappé ... Est-ce normal ? Y a-t-il quelque chose de changé ? Quelle est la solution pour retrouver un accès normal ? Merci de votre aide

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir, je vous remercie infiniment, je n'ai rien modifié dans la structure du blog, ainsi je vous invite à communiquer par mail, vous et les autres amis du blog si besoin et en pareil cas, pour comprendre si effectivement il y a un problème et ainsi en déterminer les origines. Avez vous essayé en utilisant un autre ordinateur, et/ou un autre programme-navigateur ?

Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour votre témoignage si intéressant. Je me demande parfois dans quelle mesure l'Allemagne (c'est à dire sa population au sens large), est à l'abri de la crise, ou sinon pour encore combien de temps... Et si l'Europe tourne... sa page (?)

Panagiotis Grigoriou a dit…

Je vous remercie pour vos remarques, en y répondant partiellement,je dirais qu'il faut empêcher la destruction des droits liés au monde du travail (ce qui en reste en tout cas), avant de franchir le seuil de la destruction avancée de la société (comme en Grèce). Car à partir de ce seuil, toute action, et toute action politique change de registre, et c'est beaucoup plus compliquer de s'y opposer dans les faits. Courage donc à nous tous !

Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour vos précisions. Je comprends ce que vous voulez dire. Je n'idéalise pas les pêcheurs, je leur accorde disons un peu de "grâce" pour ce qui tient de leurs possibilités de sortie de la crise (en somme théorique") certes ! J'ai précisément vécu la destruction d'un milieu marin (et de ses ressources) par des pêcheurs "traditionnels" qui ne l'étaient plus, c'était à Mytilène dans les années 1990. Depuis, il y a eu les subventions de l'U.E. que personnellement je n'ai jamais apprécié comme soit disant "levier de développement"... à enrichir certains et surtout les plus grands (en proportion). Je suis d'accord sur de défi lié au changement des mentalités, mais je le formulerais un peu autrement. Pour caricaturer je dirais que la culture d'en haut dans sa rapacité et la destruction du lien social et sociétal (dont celui impliquant l'impôt régalien), a rejoint des pratiques ancrées dans les mentalités pré-capitalistes "d'en bas", toujours vivantes en Grèce. Donc c'est plus compliqué d'agir que d'analyser il me semble. Honnêtement,je ne sais pas dans quelle mesure la Grèce relèvera ce défi, pour l'instant en tout cas ma réponse serait plutôt négative...

Panagiotis Grigoriou a dit…

Je crois, je crains que oui...

Anonyme a dit…

un seul article m'échappe : la nostalgie
- j'ai fait un tractage sur un marché ce matin - pour la manif du 30.09 (dans un quartier bourgeois donc beaucoup nous évitaient ou refusaient) mais les personnes "populaires" avaient envie de discuter sur le vote des présidentielles, et tous ont évoqué la Grèce, le Portugal et l'Espagne, ils voulaient faire part de leur découragement, et j'ai axé la discussion sur les raisons qu'ils devaient avoir de conserver de l'énergie pour les luttes à venir.Marie-luce28

Anonyme a dit…

A vrai dire le moral des allemands est plutôt bon en ce moment. Mais les inquiétudes sont là aussi. Les exportations de ses produits de qualité sont le talon d'Achille qui lie le destin allemand au vortex dépressionnaire actuel. A moins d'une improbable orientation exportatrice vers les pays émergents, je ne vois pas d'issue favorable. L'histoire n'est donc pas écrite...

Anonyme a dit…

Concernant l'Europe, il me semble que d'une manière ou d'une autre, elle doit trouver des modes de coopération entre ses peuples pour éviter la misère et la guerre, mère de tous les vices. La monnaie unique a été une tentative pour le moment ratée. Ca a été une erreur, mais ne doit pas empêcher la construction européenne de projets auxquels tous aspirent.

A Naples, un essai intéressant : http://www.leprogres.fr/actualite/2012/09/21/italie-naples-lance-une-sorte-de-monnaie-locale

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