dimanche 23 septembre 2012

L'Europe Fantôme



Les chefs Troïkans, ont quitté paraît-il précipitamment le territoire de notre baronnie vendredi soir le 21 septembre 2012. Les journaux et les écrans de l'éphémère, ont, une fois de plus, sonné les trompettes de l'imbroglio: on apprend alors que “Samaras résiste, la preuve: il n'y aurait pas d'accord finalisé entre le gouvernement et la Troïka”, ou sinon au contraire: que “tout serait suspendu aux élections américaines”.



* Photo de couverture: Affiche publicitaire. Athènes, septembre 2012

9 commentaires

Lilika a dit…


Le poète grec Odysseas Elytis aurait 100 ans aujourd'hui. Le prix Nobel de littérature (1979) s'interrogeait : « Si [seulement] on pouvait mesurer l'importance des peuples, non pas à l'importance de leurs notables, comme on le fait aujourd'hui, mais à l'intensité de noblesse de cœur qu'ils sont capables de maintenir même dans les circonstances les plus difficiles. »

" Notre destin malgré tout repose entre nos mains »

Merci de terminer votre article sur cette note d'espoir !! On en a besoin ...

Anièry a dit…

Dans le dernier numéro de "La Revue des Livres" (n°7, Sep/Oct 2012), il y a un entretien avec Joëlle Fontaine. Elle vient de publier "De la résistance à la guerre civile en Grèce. 1941-1946" aux éditions La fabrique.
Dans l'entretien, Joëlle Fontaine fait le lien entre la situation actuelle et la défaite de la Résistance face à l'intervention sanguinaire des britanniques sous Churchill.
" On ne peut comprendre ce pays si on ignore que la voie démocratique et réformatrice qu'il aurait pu prendre après la Libération lui a été interdite par cette intervention britannique et par tout ce qui s'est ensuivi pendant trente ans : une guerre civile de trois ans, de 1946 à 1949, qui a achevé de ruiner des régions entières; puis un régime "d'exception" étouffant toute expression libre en maintenant en prison ou en déportation les éléments le plus démocratiques, qui a finalement abouti à la dictature des colonels en 1967.
... Et ce que révèlent les Dékemvriana, les "évènements de décembre", comme disent les Grecs pour désigner les débuts de la guerre civile, c'est que la Grèce a toujours été un pays dominé, depuis sa création en 1830 où on lui a imposé un roi bavarois, jusqu'à la situation actuelle où ses puissants "partenaires" de l'Union européenne n'hésitent pas à enjoindre son Premier ministre de renoncer à consulter le peuple sue un programme de régression sociale sans précédent."

Et en parlant de Churchill, elle dit: " Il a employé tous les moyens pour diviser la Résistance grecque et a dès l'été 1943, programmé l'intervention armée qui lui permettrait d'en venir à bout, après plusieurs mois de manoeuvres politiques méthodiquement déployées, sachant parfaitement que cela plongerait le pays dans la guerre civile.
Les motivations de Churchill étaient assez loin de l'antifascisme affiché par la "Grande Alliance" : il a toujours été un grand admirateur de Mussolini, "le plus grand législateur vivant", "incarnation du génie romain", pour son efficacité dans la lutte contre le communisme, et il eu tout au long de la guerre les meilleurs paroles pour Franco."

Jacoti a dit…

France culture : Concordance des temps | 11-12
par Jean-Noël Jeanneney

http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-le-reveil-de-la-grece-au-xixe-siecle-reves-antiques-et-empreintes-tur

Le réveil de la Grèce au XIXe siècle : rêves antiques et empreintes turques.
C’est surtout sur le XIXe siècle que nous allons braquer notre attention parce que c’est alors que se sont confrontés violemment en Grèce, sur cette terre qui fut le berceau de la démocratie, les rêves antiques et la réalité de la double empreinte byzantine et ottomane. C’est alors que se sont affirmées des tensions historiques qui perdurent aujourd’hui et sans la connaissance desquelles bien des aspects de la Grèce contemporaine demeurent difficiles à comprendre. Joëlle Dalègre, maître de conférences à l’INALCO, est mon invitée ce matin, parce qu’elle a beaucoup travaillé et publié sur cette question, une question qui est plus compliquée et en somme plus ambiguë qu’on ne le croit souvent. Jean-Noël Jeanneney

El Sinsé a dit…

Bonjour et ... En passant :

La "dépêche" (?) A.F.P du jour ;

Grèce: journalistes en grève lundi contre la rigueur

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hSm5vD1ZHh4FP79T1CuhN31VicDQ?docId=CNG.b9735ec723a8084bc9bdcf86641b4b52.531

Cré-@ctivement votre

Sinsé

Anonyme a dit…

Très inspirant merci!

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir, merci pour vos commentaires,eh oui nos journalistes étaient en grève lundi et la Troïka qui ne chôme pas, décidément....

Panagiotis Grigoriou a dit…

C'est fort juste. Je vous remercie pour votre remarque. La Grèce actuelle demeure une suite culturelle des temps byzantins et ottomans.Certes, "des habitudes culturelles, vieilles de vingt siècles - avait dit Cornelius Castoriadis - ont été pulvérisées par deux décennies de modernité", néanmoins, j'ai l'impression que les initiateurs du mémorandum n'ont pas saisi dans quelle type de société ils "interviennent".

Panagiotis Grigoriou a dit…

Vous avez raison. La Grèce de l'après 1945 est celle dont le sort fut en quelque sorte scellé par les résultats de la Guerre civile. Le pays est devenu plus étriqué dans sa richesse humaine et pas uniquement à cause des victimes directes; ensuite son tissu rural,surtout montagnard a été anéanti, plus de 700.000 personnes ont été déplacées. Ensuite et le "régime d'exception" aidant, la Grèce est entrée dans la mondialisation pensant qu'elle fait son entrée dans... trente glorieuses, une erreur de plus. Et évidemment Churchill a joué un rôle crucial en 1944, les gens de gauche évoquèrent la présence britannique comme une nouvelle forme d'occupation. Je pense que l'erreur de la gauche à l'époque fut de ne pas (se) déterminer clairement, soit en faveur de la guerre ouverte pour prendre le pouvoir, soit en faveur d'une position contraire,l'intégrant dans le système politique de l'après 1945, sans toutefois le dominer (à la manière le PCF ou le PCI par exemple). Et l'erreur de la droite, son manque d'implication pour ne pas dire son refus de bâtir un régime démocratique comparable à d'autres au sein de l'Europe occidentale. Sauf qu'en histoire, "l'erreur parfois décelée", n'est que le regard d'une autre époque sur les événements du passé,tout simplement.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Et oui, Elytis. Je l'imagine encore parmi nous, mais quelle aurait été sa vision sur la Grèce de 2012 ? Difficile à concevoir...

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