dimanche 23 septembre 2012

L'Europe Fantôme


Athènes - affiche publicitaire - 09/2012
Les chefs Troïkans, ont quitté paraît-il précipitamment le territoire de notre baronnie vendredi soir (21/09). Les journaux et les écrans de l'éphémère, ont, une fois de plus, sonné les trompettes de l'imbroglio : on apprend alors que « Samaras résiste, la preuve : il n'y aurait pas d'accord finalisé entre le gouvernement et la Troïka », ou sinon au contraire : que « tout serait suspendu aux élections américaines ». Il n'en est rien en réalité, et c'est ainsi que nombreux sont ceux qui n'accordent plus tellement d'importance aux états d'âme des journalistes. « Bien plus encore lorsque les temps sont sombres et qu'il convient d'avoir des choses la plus large vision possible », dira le poète (Elytis). Sauf que cette vision nous fait encore défaut. Les... sujets grecs, réalisent du moins que les « grands » journalistes, dépendent du... « tiers-payant » de la bancocratie, et par conséquent, de sa mise en scène tirant parti des jeux d'ombre et de lumière pour nous subjuguer. Ils en deviennent (les) placébos, ou (les) puissants psychotropes, c'est selon, surtout dans cette usure accélérée et finalement la mort (dans toutes ses étapes) que nous constatons chaque jour autour de nous. Âge alors des extrêmes à répétition après un court répit. Pour l'homme, les temps furent toujours hélas... maigres et il faut sans cesse lutter pour (provisoirement) éliminer toute forme de boursouflure et de démesure. Comme avec le méta-capitalisme que nous digérons en ce moment... avec ses écorces et ses noyaux. Éliminer donc... si possible.

Dimitri Rellos - Source : dimokratianews.gr
 La presse du régime, insiste de son côté pour que nous ne soyons pas dans l'erreur « car ce départ de la Troïka, n'est pas à interpréter comme un signe de blocage des négociations » (quotidien, Ta Nea 21/09). Vendredi déjà, « Mr Poul M. Thomsen joined the IMF in 1982 and is currently Deputy Director of its European Department » (selon une version de son CV), a... été infortuné, en rencontrant notre concitoyen retraité Dimitri Rellos. C'était au moment précis où Poul Thomsen sortait du bâtiment Ministériel de l'Économie par l'accès donnant sur la rue Nikis (rue... de la victoire), que Dimitri Rellos lui jeta trois œufs (cinq selon d'autres versions des faits). Un de ces projectiles aurait touché le représentant du FMI au visage, informe le reportage, que la grande presse (de télévision par exemple) a soigneusement évité de diffuser. « Je suis un retraité souffrant du cancer. J'ai déjà adressé deux lettres de protestation, à Loverdos [ex-ministre de la Santé - PASOK] et à Stournaras [ministre de l'Économie]. Comme je n'ai pas reçu de réponse je me suis décidé à agir. J'ai pris les œufs et je les ai lancés », a-t-il déclaré devant le juge le soir même. Dimitri Rellos qui par le passé, s'est illustré en lançant un verre de café glacé sur Venizélos (chef du PASOK). Il a été aussitôt arrêté en flagrant délit, et placé en garde à vue ce vendredi.

Devant les Tribunaux - Athènes 09/2012
Il a été déféré au parquet d'Athènes et condamné à quatre mois de prison avec sursis. Son avocat a plaidé la relaxe de son client, ou sinon, et pour mieux juger, la présence de Poul Thomsen dans la salle d'audience lors du procès, mais sa requête fut rejetée, (selon les rares reportages disponibles ce samedi dans la presse, hors blogosphère bien entendu). Parmi les commentateurs de la nouvelle (sur enikos.gr par exemple) il y en a certains qui expriment leur souhait : « que [Poul Thomsen] soit visé par des balles, plutôt que par des œufs », notamment un commentaire sous le pseudonyme... « louder than the guns », ça ne s'invente pas.

Pauvres commentateurs jetés dans l'arène du Protectorat qui ne les protège décidément plus de rien, Mr... IMF, n'est qu'un exécutant dans toute l'acception du terme. Un employé certes, mais de haut rang. On peut pourtant supposer que la Grèce aurait tendance à devenir un territoire dangereux, plus uniquement pour ses habitants... qui ne seront plus sauvés par personne, sauf par eux-mêmes bien entendu... car on peut toujours nier que les dieux ne puissent jamais intervenir dans la marche de notre monde. De ce monde Épicurien et de son chaos « sans finalité, sans providence, sans destin, où ne jouaient que des causes mécaniques, et le hasard (...) » selon l'interprétation de l'œuvre d'Épicure faite par Paul Nizan, il n'y aurait que les méta-capitalistes qui en bénéficient.

"Sotère le chien" - Athènes 20/09
Étonnante époque ! Tout est en dans les mélanges, des genres, des classes sociales, des identités (ex)-professionnelles, des symboliques, des indignations, et des fantômes du passé et du futur. Tout, sauf les plus grands profits, résolument dirigistes et dirigés, car nous finissons par l'admettre à nos dépens bien entendu. Et pour ce qui justement relève des symboles, ces derniers jours, près de la Rue Panepistimiou, je découvre la présence d'un chien nommé Sotère qui à longueur de journée, demeure comme il se doit à même le sol dans cette rue piétonne, en face d'un guichet automatique. Personne ne le remarque, et rares sont ceux qui s'attardent sur son autre représentation, sous forme de « peinture de rue ». Car à côté du guichet de la banque on peut découvrir : « Sotère le chien », pour peu qu'on soit disposé à la dérision. Notons que «  Sotère » est un prénom qui en grec signifie « sauveur » !

"Sotère le chien" - Athènes 20/09
Sotère (le chien) était encore là samedi matin au moment où, pour une fois, la rue Panepistimiou, qui est une artère du centre ville en réalité, fut interdite à la circulation, événement rare, donc remarquable. Une vieille dame, visiblement déboussolée ne comprenait plus rien. Sa mémoire historique étaient néanmoins intacte, et de cet fait, elle s'imagina... l'avènement de (l'autre) pire : « Pourquoi cette... comment dire désaffection ? Est-ce un coup d'état ou quoi ? » Certains ont rigolé, d'autres pas du tout : « Mais Madame, c'est la journée européenne sans voiture et Athènes y participe ». D'autres, n'ont pas manqué une occasion pour faire dans l'ironie : « La journée européenne sans voiture, nous la vivons depuis le premier mémorandum déjà. Surtout sans voiture, sans nourriture et (sans doute) européenne. Salopards... bientôt tous les gens dignes auront quitté le pays, ne resteront que les indics de la Troïka ici, honte... ». 

Athènes : journée européenne sans voiture (22/09)

Sauf que personne n'a souhaité répondre au vieillard qui parla ainsi à voix haute. Il s'éloignait péniblement s'appuyant sur sa canne, il boitait. Un peu plus loin, il s'arrêta un court instant devant un kiosque à journaux. Découvrant les titres du jour, il remarqua surtout  la photo de Samaras en visite chez le Président du Conseil des ministres Mario Monti, prise durant sa visite officielle en Italie cette semaine : « Poursuivez, nous vous soutenons », croit savoir le quotidien Elefteros Typos (22/09). Mais la photo est sinistre. Samaras et Monti n'ont pas l'air heureux.

Elefteros Typos (22/09) - Samaras et Monti
Déjà les Portugais et les Espagnols remplissent les places et les boulevards chez eux. Et chez nous, nous poursuivons notre chemin à travers Athènes, qui s'apprête à connaître (au moins) une journée de mobilisation lors de la grève générale, annoncée pour le mercredi prochain (26/09). Les affiches des syndicats sont posées partout, sur chaque poteau du centre ville, les passants les remarquent, sans plus. On dirait que l'agglomération se préparerait pour un jour férié supplémentaire, sans faire... dans l'esprit révolutionnaire. Mais peut-être que certaines apparences sont devenus trop trompeuses car parmi les usagers du centre ville, les « défavorisés » encore « vivants », se font de plus en plus rares. Les chômeurs et les gagne-peu restent enfermés chez eux le plus souvent, d'où ce recul de la mixité sociale rencontrée sur les trottoirs. On y côtoie, des gens encore « normaux » ainsi que les « défavorisés radicaux », mendiants et autres âmes errantes, en forte recrudescence depuis l'été. C'est ainsi que le trottoir athénien, reflète déjà la société grecque après mutation : la classe moyenne est sur le point d'être éliminée, lentement, mais sûrement.

"Les affiches des syndicats" - Athènes 22/09
Athènes : "Achat d'or" - 09/2012
C'est vers la fin de cette semaine que Kaminis, le maire d'Athènes, a annoncé que ses services d'urgence humanitaire (hors associations), nourrissaient quotidiennement plus de huit mille personnes. Effectivement, et c'était avant hier, j'ai remarqué les travaux de réaménagement, entrepris par l'Épiscopat dans un de ses « points de restauration offerte». On y distribue également des « portions repas » à emporter. Inutile de préciser que le trottoir d'en face ne désemplit jamais durant la journée. Sauf que les « habitués » évitent les regards des passants, et c'est finalement réciproque. Les activistes de la gauche distribuent également des repas dans les quartiers mais plus discrètement, sans faire venir les caméras comme l'extrême droite. Ils restent bien discrets, intervenant, après avoir dressé une liste des familles concernées dans chaque quartier. Les militants leur apportent dans la mesure de leurs possibilités, des repas et des colis dans un emballage... camouflé, « banalisé ».

"Le trottoir d'en face ne désemplit jamais" -  Athènes 20/09
"Nos plages se vident également" - Attique 09/2012
Nos plages se vident également, il était grand temps et c'est finalement plutôt banal. La météo n'est plus estivale, on peut pourtant encore laisser les fenêtres ouvertes pour faire pénétrer l'air et le soleil dans nos bibliothèques, comme dans cette rue du quartier étudiant. « La société a une mémoire de poisson rouge et un comportement de caméléon », peut-on lire sur une affichette collée sur les murs environnants. Ce qui reste à prouver car on attend toujours le... bon sursaut.

"Faire pénétrer l'air et le soleil dans nos bibliothèques" -  Athènes 09/2012
Derrière les micros de notre radio culturelle (ERA-3), ce samedi (22/09), Costas Gouliamos, universitaire chypriote, déplore à son tour la « mainmise de la démocratie oligarchique [le terme appartient à Cornelius Castoriadis] sur la vie et les représentations collectives. La conséquence : les gens, les classes sociales, les couches de la population, les catégories socio-professionnelles, se dressent les unes contre les autres, nous vivons dans un état de guerre permanente mais contrôlée. Les institutions, nos institutions, se militarisent tout en se disant « démocratiques », le totalitarisme a fait, si j'ose dire, un pas supplémentaire vers son accomplissement désormais mondialisé, dépassant le cadre d'analyse, proposé par Hannah Arendt en son temps. Prenons l'exemple [de l'oligarchie démocratique et du totalitarisme] de l'U.E., il n'y a que le Parlement européen qui est élu, et encore... Puis, et il faut le dire, les citoyens également sont fautifs, tout comme les intellectuels, car ils acceptent leur « métamorphose » reproduisant le système. L'Europe est un fantôme (sic) ».

« La société a une mémoire de poisson rouge et un comportement de caméléon » - Athènes 09/2012

C'est peut-être le titre et le thème que Michel Leiris aurait choisi s'il était encore de ce monde. Ce grand ethnographe qui a péniblement mais admirablement transcrit « L'Afrique Fantôme » et ses effets qu'elle produisait alors sur lui, manque de sommeil, pollution nocturne, montée de violence... dans le monde sans retenue. D'ailleurs Paul Nizan de son côté aussi, aurait pleinement apprécié...  notre nouveau siècle... aussi natif de la crise. Fouilles inachevées... et archéologie du futur.

"Fouilles inachevées..." - Attique 09/2012
Les chefs Troikans sont partis, et enfin, nous irons faire la fête ce soir, c'est à dire, relire nos poètes comme Elytis : « Les montagnes en Grèce, peuvent être considérées jusqu'à un certain seuil comme étant une partie de la mer. Tout comme les hivers qui appartiennent tous aux étés ». Et les fantômes ?

P.S. : « Il ne suffit pas de mettre nos rêves en vers. C'est trop peu. Il ne suffit pas de politiser nos propos. C'est trop. Le monde matériel n'est au fond qu'un amas de matériaux. À nous de nous montrer bons ou mauvais architectes, d'édifier le Paradis, ou l'Enfer. (…) Notre destin malgré tout repose entre nos mains » (Odysséas Elytis – 1911-1996).

Athènes 09/2012

9 commentaires:

Lilika a dit…


Le poète grec Odysseas Elytis aurait 100 ans aujourd'hui. Le prix Nobel de littérature (1979) s'interrogeait : « Si [seulement] on pouvait mesurer l'importance des peuples, non pas à l'importance de leurs notables, comme on le fait aujourd'hui, mais à l'intensité de noblesse de cœur qu'ils sont capables de maintenir même dans les circonstances les plus difficiles. »

" Notre destin malgré tout repose entre nos mains »

Merci de terminer votre article sur cette note d'espoir !! On en a besoin ...

Anièry a dit…

Dans le dernier numéro de "La Revue des Livres" (n°7, Sep/Oct 2012), il y a un entretien avec Joëlle Fontaine. Elle vient de publier "De la résistance à la guerre civile en Grèce. 1941-1946" aux éditions La fabrique.
Dans l'entretien, Joëlle Fontaine fait le lien entre la situation actuelle et la défaite de la Résistance face à l'intervention sanguinaire des britanniques sous Churchill.
" On ne peut comprendre ce pays si on ignore que la voie démocratique et réformatrice qu'il aurait pu prendre après la Libération lui a été interdite par cette intervention britannique et par tout ce qui s'est ensuivi pendant trente ans : une guerre civile de trois ans, de 1946 à 1949, qui a achevé de ruiner des régions entières; puis un régime "d'exception" étouffant toute expression libre en maintenant en prison ou en déportation les éléments le plus démocratiques, qui a finalement abouti à la dictature des colonels en 1967.
... Et ce que révèlent les Dékemvriana, les "évènements de décembre", comme disent les Grecs pour désigner les débuts de la guerre civile, c'est que la Grèce a toujours été un pays dominé, depuis sa création en 1830 où on lui a imposé un roi bavarois, jusqu'à la situation actuelle où ses puissants "partenaires" de l'Union européenne n'hésitent pas à enjoindre son Premier ministre de renoncer à consulter le peuple sue un programme de régression sociale sans précédent."

Et en parlant de Churchill, elle dit: " Il a employé tous les moyens pour diviser la Résistance grecque et a dès l'été 1943, programmé l'intervention armée qui lui permettrait d'en venir à bout, après plusieurs mois de manoeuvres politiques méthodiquement déployées, sachant parfaitement que cela plongerait le pays dans la guerre civile.
Les motivations de Churchill étaient assez loin de l'antifascisme affiché par la "Grande Alliance" : il a toujours été un grand admirateur de Mussolini, "le plus grand législateur vivant", "incarnation du génie romain", pour son efficacité dans la lutte contre le communisme, et il eu tout au long de la guerre les meilleurs paroles pour Franco."

Jacoti a dit…

France culture : Concordance des temps | 11-12
par Jean-Noël Jeanneney

http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-le-reveil-de-la-grece-au-xixe-siecle-reves-antiques-et-empreintes-tur

Le réveil de la Grèce au XIXe siècle : rêves antiques et empreintes turques.
C’est surtout sur le XIXe siècle que nous allons braquer notre attention parce que c’est alors que se sont confrontés violemment en Grèce, sur cette terre qui fut le berceau de la démocratie, les rêves antiques et la réalité de la double empreinte byzantine et ottomane. C’est alors que se sont affirmées des tensions historiques qui perdurent aujourd’hui et sans la connaissance desquelles bien des aspects de la Grèce contemporaine demeurent difficiles à comprendre. Joëlle Dalègre, maître de conférences à l’INALCO, est mon invitée ce matin, parce qu’elle a beaucoup travaillé et publié sur cette question, une question qui est plus compliquée et en somme plus ambiguë qu’on ne le croit souvent. Jean-Noël Jeanneney

El Sinsé a dit…

Bonjour et ... En passant :

La "dépêche" (?) A.F.P du jour ;

Grèce: journalistes en grève lundi contre la rigueur

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hSm5vD1ZHh4FP79T1CuhN31VicDQ?docId=CNG.b9735ec723a8084bc9bdcf86641b4b52.531

Cré-@ctivement votre

Sinsé

Anonyme a dit…

Très inspirant merci!

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir, merci pour vos commentaires,eh oui nos journalistes étaient en grève lundi et la Troïka qui ne chôme pas, décidément....

Panagiotis Grigoriou a dit…

C'est fort juste. Je vous remercie pour votre remarque. La Grèce actuelle demeure une suite culturelle des temps byzantins et ottomans.Certes, "des habitudes culturelles, vieilles de vingt siècles - avait dit Cornelius Castoriadis - ont été pulvérisées par deux décennies de modernité", néanmoins, j'ai l'impression que les initiateurs du mémorandum n'ont pas saisi dans quelle type de société ils "interviennent".

Panagiotis Grigoriou a dit…

Vous avez raison. La Grèce de l'après 1945 est celle dont le sort fut en quelque sorte scellé par les résultats de la Guerre civile. Le pays est devenu plus étriqué dans sa richesse humaine et pas uniquement à cause des victimes directes; ensuite son tissu rural,surtout montagnard a été anéanti, plus de 700.000 personnes ont été déplacées. Ensuite et le "régime d'exception" aidant, la Grèce est entrée dans la mondialisation pensant qu'elle fait son entrée dans... trente glorieuses, une erreur de plus. Et évidemment Churchill a joué un rôle crucial en 1944, les gens de gauche évoquèrent la présence britannique comme une nouvelle forme d'occupation. Je pense que l'erreur de la gauche à l'époque fut de ne pas (se) déterminer clairement, soit en faveur de la guerre ouverte pour prendre le pouvoir, soit en faveur d'une position contraire,l'intégrant dans le système politique de l'après 1945, sans toutefois le dominer (à la manière le PCF ou le PCI par exemple). Et l'erreur de la droite, son manque d'implication pour ne pas dire son refus de bâtir un régime démocratique comparable à d'autres au sein de l'Europe occidentale. Sauf qu'en histoire, "l'erreur parfois décelée", n'est que le regard d'une autre époque sur les événements du passé,tout simplement.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Et oui, Elytis. Je l'imagine encore parmi nous, mais quelle aurait été sa vision sur la Grèce de 2012 ? Difficile à concevoir...

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