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| Athènes - affiche publicitaire - 09/2012 |
Les
chefs Troïkans, ont quitté paraît-il précipitamment le territoire
de notre baronnie vendredi soir (21/09). Les journaux et les écrans
de l'éphémère, ont, une fois de plus, sonné les trompettes de
l'imbroglio : on apprend alors que « Samaras
résiste, la preuve : il n'y aurait pas d'accord finalisé entre le
gouvernement et la Troïka
», ou sinon au contraire : que « tout
serait suspendu aux élections américaines ».
Il n'en est rien en réalité, et c'est ainsi que nombreux sont ceux
qui n'accordent plus tellement d'importance aux états d'âme des
journalistes. « Bien
plus encore lorsque les temps sont sombres et qu'il convient d'avoir
des choses la plus large vision possible »,
dira le poète (Elytis). Sauf que cette vision nous fait encore
défaut. Les... sujets grecs, réalisent du moins que les « grands »
journalistes, dépendent du... « tiers-payant » de la
bancocratie, et par conséquent, de sa mise en scène tirant parti
des jeux d'ombre et de lumière pour nous subjuguer. Ils en
deviennent (les) placébos, ou (les) puissants psychotropes, c'est
selon, surtout dans cette usure accélérée et finalement la mort
(dans toutes ses étapes) que nous constatons chaque jour autour
de nous. Âge alors des extrêmes à répétition après un court
répit. Pour l'homme, les temps furent toujours hélas... maigres et
il faut sans cesse lutter pour (provisoirement) éliminer toute forme
de boursouflure et de démesure. Comme avec le méta-capitalisme que
nous digérons en ce moment... avec ses écorces et ses noyaux.
Éliminer donc... si possible.
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| Dimitri Rellos - Source : dimokratianews.gr |
La
presse du régime, insiste de son côté pour que nous ne soyons pas
dans l'erreur « car
ce départ de la Troïka, n'est pas à interpréter comme un signe de
blocage des négociations »
(quotidien, Ta
Nea
21/09). Vendredi déjà, « Mr
Poul M. Thomsen joined the IMF in 1982 and is currently Deputy
Director of its European Department »
(selon
une version de son CV),
a... été infortuné, en rencontrant notre concitoyen retraité
Dimitri Rellos. C'était au moment précis où
Poul Thomsen sortait du bâtiment Ministériel de l'Économie par
l'accès donnant sur la rue Nikis (rue... de la victoire), que
Dimitri Rellos lui jeta trois œufs (cinq selon d'autres versions des
faits). Un de ces projectiles aurait touché le représentant du FMI
au visage, informe le reportage, que la grande presse (de télévision
par exemple) a soigneusement évité de diffuser. « Je
suis un retraité souffrant du cancer. J'ai déjà adressé deux
lettres de protestation, à Loverdos
[ex-ministre de la Santé - PASOK] et
à Stournaras [ministre
de l'Économie]. Comme
je n'ai pas reçu de réponse je me suis décidé à agir. J'ai pris
les œufs et je les ai lancés »,
a-t-il déclaré devant le juge le soir même. Dimitri Rellos qui par le
passé, s'est illustré en lançant un verre de café glacé sur
Venizélos (chef du PASOK). Il a été aussitôt arrêté
en flagrant délit, et placé en garde à vue ce vendredi.
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| Devant les Tribunaux - Athènes 09/2012 |
Il
a été déféré au parquet d'Athènes et condamné à quatre mois
de prison avec sursis. Son avocat a plaidé la relaxe de son client,
ou sinon, et pour mieux juger, la présence de Poul Thomsen dans la
salle d'audience lors du procès, mais sa requête fut rejetée,
(selon les rares reportages disponibles
ce samedi dans
la presse,
hors blogosphère bien entendu). Parmi les commentateurs de la
nouvelle (sur enikos.gr par exemple) il y en a certains qui expriment
leur souhait : « que
[Poul Thomsen] soit
visé par des balles, plutôt que par des œufs »,
notamment un commentaire sous le pseudonyme... « louder
than the guns »,
ça ne s'invente pas.
Pauvres
commentateurs jetés dans l'arène du Protectorat qui ne les protège
décidément plus de rien, Mr... IMF, n'est qu'un exécutant dans
toute l'acception du terme. Un employé certes, mais de haut rang. On
peut pourtant supposer que la Grèce aurait tendance à devenir un
territoire dangereux, plus uniquement pour ses habitants... qui
ne seront plus sauvés par personne, sauf par eux-mêmes bien
entendu... car on peut toujours nier que les dieux ne puissent jamais
intervenir dans la marche de notre monde. De ce monde Épicurien
et de son chaos « sans
finalité, sans providence, sans destin, où ne jouaient que des
causes mécaniques, et le hasard
(...) » selon l'interprétation de l'œuvre d'Épicure faite
par Paul Nizan, il n'y aurait que les méta-capitalistes qui en
bénéficient.
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| "Sotère le chien" - Athènes 20/09 |
Étonnante
époque ! Tout est en dans les mélanges, des genres, des
classes sociales, des identités (ex)-professionnelles, des
symboliques, des indignations, et des fantômes du passé et du
futur. Tout, sauf les plus grands profits, résolument dirigistes et
dirigés, car nous finissons par l'admettre à nos dépens bien
entendu. Et pour ce qui justement relève des symboles, ces derniers
jours, près de la Rue Panepistimiou, je découvre la présence d'un
chien nommé Sotère qui à longueur de journée, demeure comme il
se doit à même le sol dans cette rue piétonne, en face d'un
guichet automatique. Personne ne le remarque, et rares sont ceux qui
s'attardent sur son autre représentation, sous forme de « peinture
de rue ». Car à côté du guichet de la banque on peut
découvrir : « Sotère
le chien »,
pour peu qu'on soit disposé à la dérision. Notons que « Sotère »
est un prénom qui en grec signifie « sauveur » !
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| "Sotère le chien" - Athènes 20/09 |
Sotère
(le chien) était encore là samedi matin au moment où, pour une
fois, la rue Panepistimiou, qui est une artère du centre ville en
réalité, fut interdite à la circulation, événement rare, donc
remarquable. Une vieille dame, visiblement déboussolée ne
comprenait plus rien. Sa mémoire historique étaient néanmoins intacte, et
de cet fait, elle s'imagina... l'avènement de (l'autre) pire :
« Pourquoi
cette... comment dire désaffection ? Est-ce un coup d'état ou quoi
? » Certains
ont rigolé, d'autres pas du tout : « Mais
Madame, c'est la journée européenne sans voiture et Athènes y
participe ».
D'autres, n'ont pas manqué une occasion pour faire dans l'ironie :
« La journée
européenne sans voiture, nous la vivons depuis le premier mémorandum
déjà. Surtout sans voiture, sans nourriture et (sans doute)
européenne. Salopards... bientôt tous les gens dignes auront quitté
le pays, ne resteront que les indics de la Troïka ici,
honte... ».
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| Athènes : journée européenne sans voiture (22/09) |
Sauf que personne n'a souhaité répondre au vieillard qui parla
ainsi à voix haute. Il s'éloignait péniblement s'appuyant sur sa
canne, il boitait. Un peu plus loin, il s'arrêta un court instant
devant un kiosque à journaux. Découvrant les titres du jour, il remarqua
surtout la photo de Samaras en visite chez le Président du
Conseil des ministres Mario Monti, prise durant sa visite officielle
en Italie cette semaine : « Poursuivez,
nous vous soutenons »,
croit savoir le quotidien Elefteros
Typos (22/09). Mais
la photo est sinistre. Samaras et Monti n'ont pas l'air heureux.
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| Elefteros
Typos (22/09) - Samaras et Monti |
Déjà
les Portugais et les Espagnols remplissent les places et les
boulevards chez eux. Et chez nous, nous poursuivons notre chemin à
travers Athènes, qui s'apprête à connaître (au moins) une journée
de mobilisation lors de la grève générale, annoncée pour le mercredi
prochain (26/09). Les affiches des syndicats sont posées partout,
sur chaque poteau du centre ville, les passants les remarquent, sans
plus. On dirait que l'agglomération se préparerait pour un jour
férié supplémentaire, sans faire... dans l'esprit révolutionnaire.
Mais peut-être que certaines apparences sont devenus trop trompeuses
car parmi les usagers du centre ville, les « défavorisés »
encore « vivants », se font de plus en plus rares. Les
chômeurs et les gagne-peu restent enfermés chez eux le plus
souvent, d'où ce recul de la mixité sociale rencontrée sur les
trottoirs. On y côtoie, des gens encore « normaux »
ainsi que les « défavorisés radicaux », mendiants et
autres âmes errantes, en forte recrudescence depuis l'été. C'est
ainsi que le trottoir athénien, reflète déjà la société grecque
après mutation : la classe moyenne est sur le point d'être
éliminée, lentement, mais sûrement.
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| "Les affiches des syndicats" - Athènes 22/09 |
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| Athènes : "Achat d'or" - 09/2012 |
C'est
vers la fin de cette semaine que Kaminis, le maire d'Athènes, a
annoncé que ses services d'urgence humanitaire (hors associations),
nourrissaient quotidiennement plus de huit mille personnes.
Effectivement, et c'était avant hier, j'ai remarqué les travaux de
réaménagement, entrepris par l'Épiscopat dans un de ses « points
de restauration offerte». On y distribue également des « portions
repas » à emporter. Inutile de préciser que le trottoir d'en
face ne désemplit jamais durant la journée. Sauf que les
« habitués » évitent les regards des passants, et c'est
finalement réciproque. Les activistes de la gauche distribuent
également des repas dans les quartiers mais plus discrètement, sans
faire venir les caméras comme l'extrême droite. Ils restent bien
discrets, intervenant, après avoir dressé une liste des familles
concernées dans chaque quartier. Les militants leur apportent dans
la mesure de leurs possibilités, des repas et des colis dans un
emballage... camouflé, « banalisé ».
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| "Le trottoir d'en
face ne désemplit jamais" - Athènes 20/09 |
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| "Nos
plages se vident également" - Attique 09/2012 |
Nos
plages se vident également, il était grand temps et c'est finalement plutôt banal. La météo n'est plus estivale, on peut pourtant encore
laisser les fenêtres ouvertes pour faire pénétrer l'air et le
soleil dans nos bibliothèques, comme dans cette rue du quartier
étudiant. « La
société a une mémoire de poisson rouge et un comportement de
caméléon »,
peut-on lire sur une affichette collée sur les murs environnants. Ce
qui reste à prouver car on attend toujours le... bon sursaut.
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| "Faire pénétrer l'air et le
soleil dans nos bibliothèques" - Athènes 09/2012 |
Derrière
les micros de notre radio culturelle (ERA-3), ce samedi (22/09),
Costas Gouliamos, universitaire chypriote, déplore à son tour la
« mainmise de la
démocratie oligarchique
[le terme appartient à Cornelius Castoriadis] sur
la vie et les représentations collectives. La conséquence :
les gens, les classes sociales, les couches de la population, les
catégories socio-professionnelles, se dressent les unes contre les
autres, nous vivons dans un état de guerre permanente mais
contrôlée. Les institutions, nos institutions, se militarisent tout
en se disant « démocratiques », le totalitarisme a
fait, si j'ose dire, un pas supplémentaire vers son accomplissement
désormais mondialisé, dépassant le cadre d'analyse, proposé par
Hannah Arendt en son temps. Prenons l'exemple
[de l'oligarchie démocratique et du totalitarisme] de
l'U.E., il n'y a que le Parlement européen qui est élu, et
encore... Puis, et il faut le dire, les citoyens également sont
fautifs, tout comme les intellectuels, car ils acceptent leur
« métamorphose » reproduisant le système. L'Europe est
un fantôme (sic) ».
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| « La
société a une mémoire de poisson rouge et un comportement de
caméléon » - Athènes 09/2012 |
C'est
peut-être le titre et le thème que Michel Leiris aurait choisi s'il était encore de ce monde. Ce grand ethnographe qui a péniblement
mais admirablement transcrit « L'Afrique Fantôme » et
ses effets qu'elle produisait alors sur lui, manque de sommeil,
pollution nocturne, montée de violence... dans le monde sans
retenue. D'ailleurs Paul Nizan de son côté aussi, aurait
pleinement apprécié... notre nouveau siècle... aussi natif de la
crise. Fouilles inachevées... et archéologie du futur.
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| "Fouilles inachevées..." - Attique 09/2012 |
Les
chefs Troikans sont partis, et enfin, nous irons faire la fête ce
soir, c'est à dire, relire nos poètes comme Elytis : « Les
montagnes en Grèce, peuvent être considérées jusqu'à un
certain seuil comme étant une partie de la mer. Tout comme les
hivers qui appartiennent tous aux étés ».
Et les fantômes ?
P.S. :
« Il ne suffit
pas de mettre nos rêves en vers. C'est trop peu. Il ne suffit pas de
politiser nos propos. C'est trop. Le monde matériel n'est au fond
qu'un amas de matériaux. À nous de nous montrer bons ou mauvais
architectes, d'édifier le Paradis, ou l'Enfer.
(…) Notre destin
malgré tout repose entre nos mains »
(Odysséas Elytis – 1911-1996).
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| Athènes 09/2012 |
9 commentaires:
Le poète grec Odysseas Elytis aurait 100 ans aujourd'hui. Le prix Nobel de littérature (1979) s'interrogeait : « Si [seulement] on pouvait mesurer l'importance des peuples, non pas à l'importance de leurs notables, comme on le fait aujourd'hui, mais à l'intensité de noblesse de cœur qu'ils sont capables de maintenir même dans les circonstances les plus difficiles. »
" Notre destin malgré tout repose entre nos mains »
Merci de terminer votre article sur cette note d'espoir !! On en a besoin ...
Dans le dernier numéro de "La Revue des Livres" (n°7, Sep/Oct 2012), il y a un entretien avec Joëlle Fontaine. Elle vient de publier "De la résistance à la guerre civile en Grèce. 1941-1946" aux éditions La fabrique.
Dans l'entretien, Joëlle Fontaine fait le lien entre la situation actuelle et la défaite de la Résistance face à l'intervention sanguinaire des britanniques sous Churchill.
" On ne peut comprendre ce pays si on ignore que la voie démocratique et réformatrice qu'il aurait pu prendre après la Libération lui a été interdite par cette intervention britannique et par tout ce qui s'est ensuivi pendant trente ans : une guerre civile de trois ans, de 1946 à 1949, qui a achevé de ruiner des régions entières; puis un régime "d'exception" étouffant toute expression libre en maintenant en prison ou en déportation les éléments le plus démocratiques, qui a finalement abouti à la dictature des colonels en 1967.
... Et ce que révèlent les Dékemvriana, les "évènements de décembre", comme disent les Grecs pour désigner les débuts de la guerre civile, c'est que la Grèce a toujours été un pays dominé, depuis sa création en 1830 où on lui a imposé un roi bavarois, jusqu'à la situation actuelle où ses puissants "partenaires" de l'Union européenne n'hésitent pas à enjoindre son Premier ministre de renoncer à consulter le peuple sue un programme de régression sociale sans précédent."
Et en parlant de Churchill, elle dit: " Il a employé tous les moyens pour diviser la Résistance grecque et a dès l'été 1943, programmé l'intervention armée qui lui permettrait d'en venir à bout, après plusieurs mois de manoeuvres politiques méthodiquement déployées, sachant parfaitement que cela plongerait le pays dans la guerre civile.
Les motivations de Churchill étaient assez loin de l'antifascisme affiché par la "Grande Alliance" : il a toujours été un grand admirateur de Mussolini, "le plus grand législateur vivant", "incarnation du génie romain", pour son efficacité dans la lutte contre le communisme, et il eu tout au long de la guerre les meilleurs paroles pour Franco."
France culture : Concordance des temps | 11-12
par Jean-Noël Jeanneney
http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-le-reveil-de-la-grece-au-xixe-siecle-reves-antiques-et-empreintes-tur
Le réveil de la Grèce au XIXe siècle : rêves antiques et empreintes turques.
C’est surtout sur le XIXe siècle que nous allons braquer notre attention parce que c’est alors que se sont confrontés violemment en Grèce, sur cette terre qui fut le berceau de la démocratie, les rêves antiques et la réalité de la double empreinte byzantine et ottomane. C’est alors que se sont affirmées des tensions historiques qui perdurent aujourd’hui et sans la connaissance desquelles bien des aspects de la Grèce contemporaine demeurent difficiles à comprendre. Joëlle Dalègre, maître de conférences à l’INALCO, est mon invitée ce matin, parce qu’elle a beaucoup travaillé et publié sur cette question, une question qui est plus compliquée et en somme plus ambiguë qu’on ne le croit souvent. Jean-Noël Jeanneney
Bonjour et ... En passant :
La "dépêche" (?) A.F.P du jour ;
Grèce: journalistes en grève lundi contre la rigueur
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hSm5vD1ZHh4FP79T1CuhN31VicDQ?docId=CNG.b9735ec723a8084bc9bdcf86641b4b52.531
Cré-@ctivement votre
Sinsé
Très inspirant merci!
Bonsoir, merci pour vos commentaires,eh oui nos journalistes étaient en grève lundi et la Troïka qui ne chôme pas, décidément....
C'est fort juste. Je vous remercie pour votre remarque. La Grèce actuelle demeure une suite culturelle des temps byzantins et ottomans.Certes, "des habitudes culturelles, vieilles de vingt siècles - avait dit Cornelius Castoriadis - ont été pulvérisées par deux décennies de modernité", néanmoins, j'ai l'impression que les initiateurs du mémorandum n'ont pas saisi dans quelle type de société ils "interviennent".
Vous avez raison. La Grèce de l'après 1945 est celle dont le sort fut en quelque sorte scellé par les résultats de la Guerre civile. Le pays est devenu plus étriqué dans sa richesse humaine et pas uniquement à cause des victimes directes; ensuite son tissu rural,surtout montagnard a été anéanti, plus de 700.000 personnes ont été déplacées. Ensuite et le "régime d'exception" aidant, la Grèce est entrée dans la mondialisation pensant qu'elle fait son entrée dans... trente glorieuses, une erreur de plus. Et évidemment Churchill a joué un rôle crucial en 1944, les gens de gauche évoquèrent la présence britannique comme une nouvelle forme d'occupation. Je pense que l'erreur de la gauche à l'époque fut de ne pas (se) déterminer clairement, soit en faveur de la guerre ouverte pour prendre le pouvoir, soit en faveur d'une position contraire,l'intégrant dans le système politique de l'après 1945, sans toutefois le dominer (à la manière le PCF ou le PCI par exemple). Et l'erreur de la droite, son manque d'implication pour ne pas dire son refus de bâtir un régime démocratique comparable à d'autres au sein de l'Europe occidentale. Sauf qu'en histoire, "l'erreur parfois décelée", n'est que le regard d'une autre époque sur les événements du passé,tout simplement.
Et oui, Elytis. Je l'imagine encore parmi nous, mais quelle aurait été sa vision sur la Grèce de 2012 ? Difficile à concevoir...
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