mardi 18 septembre 2012

La nostalgie et les camarades



Temps d'automne. Athènes et ses environs ont renoué avec la pluie et les orages le week-end dernier, et dès ce lundi, nous voilà sous la pluie des mesures encore nouvelles, celle-ci ininterrompue depuis 2010, c'est dire, le premier Mémorandum de ce conférencier de luxe nommé Papandréou. Inlassablement, les médias énumèrent ces mesures, en rajoutent dans la dramatisation, c'est ainsi que la cadence de l'état de choc semble et devient de fait, sans fin.



* Photo de couverture: “Vie, où es-tu”. Sur un mur d'Athènes, septembre 2012

23 commentaires

Anonyme a dit…

Le capitalisme, c'est à dire son épiphénomène de la démocratie bourgeoise comme on disait jadis, est renversé par le méta-capitalisme des banques"

vous vouliez dire quoi en fait ?

Panagiotis Grigoriou a dit…

Que le régime économique et politique que nous connaissions depuis 1945 n'est plus!

Anonyme a dit…

le régime économique et politique

Dictature de la banque.

Disparition du pouvoir national dans des structures fédérales totalitaires. Totalitaire car l'idéologie obligatoire c'est le libéralisme.

Liberté totale de circulation des hommes (bonjour l'immigration de masse ingérable), circulation des marchandises (bonjour le dumping social des pays "low costs") et libre circulation des capitaux (bonjour la spéculation sur la rentabilité maximale à court terme).

Le libéralisme est satanique. La Grèce vit son martyre comme le monde entier qui suit rapidement.

Vous êtes dans la post-démocratie, la ploutocratie matérialiste qui considère la Grèce comme une chose, les grecs comme des marchandises. Tant que le grec n'est pas compétitif avec le dernier chinois au chômage, il faut continuer à serrer puisque l'ajustement compétitif se fait par les salaires et non la dévaluation. Car la dévaluation c'est la drachme, donc la souveraineté de la Grèce, et la souveraineté c'est l'ennemi de la banque. L'esclavage est total.

Le mensonge est bancaire car les aides à la Grèce n'existent pas mais les aides aux banques qui prêtent à l'Etat grec en ponctionnant des intérêts sur les déficits. Prise illégale d'intérêts sur le contribuable grec.

Le pouvoir des usuriers est total puisque c'est la priorité aux usuriers, jusqu'à la privatisation totale de la chose grecque comme garantie hypothécaire aux usuriers.

Solution, retour au drachme, dévaluation pour stimuler en interne la production et les exports. nationalisation des banques prédatrices et moratoire et défaut sur la dette. Bref retour au patriotisme sans les dérives que l'on sait avec un gouvernement transcourants de salut public.

Un miracle de grâce et de bon sens que je souhaite à la Grèce comme l'ont fait l'Islande et l'Argentine et comme devra le faire la France qui suit le même chemin que la Grèce. Il faut briser la bancocratie et mettre en prison les voleurs.

Tout cela est politiquement incorrect.

Y-a-t-il des forces qui poussent en ce sens sans sombrer dans le débile de la violence déréglée?

Cordialement

Olivarus

Anonyme a dit…

Olivarus bonjour , j'aimerai savoir ce que va exporter la Gréce ...

Toutatis a dit…

Tout à fait d'accord. Mais ce que l'on constate c'est que ce genre de solutions n'est défendu que par des marginaux (en particulier des libertariens) ou des gens qualifiés d' "extrémistes de droite".
La gauche est incapable d'aller dans cette direction, puisque son évolution idéologique l'a conduite a stigmatiser toute idée de "nation". Il ne lui reste plus qu'à souhaiter une évolution (révolution ?) simultanée de tous les pays ensemble, évènement fort improbable.

olivier trehard a dit…

On pose la même question à l'Islande

La dévaluation rend bon marché le travailleur grec sans le faire souffrir sur ses achats internes, et donc les multinationales trouveront leur intérêt à investir en Grèce et à exporter depuis la Grèce. L'Argentine a complété sa dévaluation par des droits de douanes sélectifs qui ont recréé la production locale de produits fabriqués avant en Chine, même les téléphones portables.

Les fédéralistes sont contre les monnaies locales mais aussi contre le protectionnisme qu'ils caricaturent à plaisir alors que tous les pays prospères se protègent en jouant les contreparties avec leurs partenaires. L'excès de protectionnisme est aussi débile que l'excès de libre échangisme mais on veut vous enfermer dans un dualisme aberrant.

Les monnaies nationales et les protections mesurées complètent la panoplie des pays qui se redressent.

Attendez vous à ce que des idéologues vous disent que le protectionnisme c'est la Corée du Nord. On a tout entendu pour mieux enfermer les nations dans l'Europe apatride.

Pour les banquiers l'ennemi c'est la nation.

Cordialement

olivier trehard a dit…

La gauche est pilotée par les loges maçonniques et le pouvoir ploutocratique, elle est donc asservie à l'idéologie fédéraliste contre son peuple.

Les journaux propriétés des oligarques considèrent comme d'extrême droite toute réaction patriotique et souverainiste, quitte à encourager en sous main une extrême droite odieuse.

l'enfermement est alors total. (C'est mon analyse pour la France, je n'en sais rien pour la Grèce).

Cordialement

Panagiotis Grigoriou a dit…

La gauche grecque est mal pilotée mais elle poursuit sa tracée dans l'inconnu obligatoire, parfois avec courage et souffrant d'un certain... aveuglement. (La gauche, pas la social-démocratie)

olivier trehard a dit…

Cher Panagiotis,

je ne connais pas la Grèce donc j'aurai tort de transférer ce que je vois en France mécaniquement sur la Grèce. Je suis économiste, je cherche des exemples de réussites dans le monde. Il existe peut-être une revue économique grecque en langue française?
Je n'ai pas encore lu d'économistes souverainistes grecs, comme on a en France des économistes souverainistes et fédéralistes plus ou moins engagés d'ailleurs. Je pèche certainement par ignorance car le débat doit être ouvert en Grèce comme partout.

On peut être de gauche et souverainiste en France (Chevènement) mais la traduction se fait mal en termes d'influence politique. J'imagine qu'en Grèce cela doit aussi être le cas. Je dis cela car la clivage droite/gauche pourrait plus facilement être transcendé si les esprits évoluaient.

Cordialement

En tout cas votre blog est passionnant.


Olivarus

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je lis votre blog depuis pas mal de temps maintenant et la situation dans laquelle votre pays est plongé m’écœure depuis bien longtemps et me fait peur quand à l'avenir de votre pays ainsi que de nos pays européens.

Je suis tout aussi sceptique quand à "l'avenir" de ces même autres pays européens avec une telle ligne de conduite politique appliquée sur l'ensemble de l’Europe...tôt ou tard, j'en suis convaincu, ça pétera !

Je veux en venir à cette question où je n'ai toujours pas de réponse...peut-être avez vous des pistes ?

La politique d’austérité :

- crée de la misère
- crée du désespoir
- banalise le fascisme ou autres mouvements extrêmes et dangereux
- crée du chômage en masse

Tout ces ingrédients rassemblés forment un risque d'explosion sociale (comme je l'ai dis plus haut, tôt ou tard il se passera quelque chose).

Nos hommes et femmes politiques sont loin d'être des idiots (j'en suis certain aussi - j'espère ne pas me tromper en affirmant ça).
Donc, je me dis qu'ils doivent connaître ces risques, ils doivent se douter que si ils continuent de "jouer" avec la vie et le travail des gens ils risquent gros sur l'avenir de l'Europe et des pays européens (il suffit de voir les réactions "anti-Europe" de plus en plus présente dans les esprits - normal nous sommes très loin d'une Europe sociale).

D'où cette question :

Qu'espèrent-ils obtenir ? Pensent-ils déjà à l'après ? Est-ce que tout cela est voulu pour obtenir quelque chose de plus important plus tard ?


D'avance merci.

Bien cordialement.

Marc.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Je vous remercie pour votre commentaire, ainsi que pour vos remarques, effectivement, si cela a encore un sens (pratique) on peut être de gauche et souverainiste, sans pour autant sombrer dans le nationalisme et ses stéréotypes, l'histoire confirmera ou pas ! Il y a l'économiste Leonidas Vatikiotis, dont certains textes devraient être traduits en français.

Cordialement

Panagiotis Grigoriou a dit…

Je vous remercie de votre commentaire, vous posez une question essentielle à laquelle toute réponse "logique" serait risquée. Le personnel politique est loin d'être "idiot" c'est certain. Je crois que l'U.E., sous l'impulsion d'une partie de ses élites politico-financières organise le monde du futur proche, comme un univers concentrationnaire grandeur nature,c'est à dire adapté à la taille des pays, les uns après les autres. On obtiendra la fin de l'Occident Européen,tel que nous l'avions connu depuis 1945 au moins, et un certain asservissement des peuples ensuite, suivant la géopolitique actuelle et future, d'où la prépondérance de l"Allemagne (et de ses banques) dans ce processus. Il semblerait en tout cas....

Panagiotis Grigoriou a dit…

Tout est possible !

olivier trehard a dit…

"Qu'espèrent-ils obtenir ? Pensent-ils déjà à l'après ? Est-ce que tout cela est voulu pour obtenir quelque chose de plus important plus tard ?"


Question très difficile.


On a essayé de construire l'Europe.




Réponse fédéraliste

J'ai joué au méchant souverainiste. je peux jouer au gentil fédéraliste maintenant.Puisque la classe politique a célébré la grand messe fédéraliste depuis des années sans toujours l'avouer et sans en assumer les conséquences.

Economiquement c'est possible.

Cela suppose que l'Allemagne et les pays nantis de l'Euroland traite la Grèce et cie comme l'Allemagne de l'Ouest a traité l'Allemagne de l'est depuis la chute du mur. A savoir des transferts de plusieurs centaines de milliards d'euros en direction des pays moins développés de la zone, financés par le contribuable de la zone nantie. Personne ne veut le dire car c'est électoralement difficile à vendre et que l'allemand moyen se sent prussien éventuellement mais pas grec ou portugais. Le sentiment patriotique fédéral est une généreuse idée bercée par l'hymne à la joie de Ludwig mais qui se tasse un peu quand on concrétise prosaiquement.

C'est possible, cela veut dire que le fonctionnaire grec touche le même salaire que son collègue berlinois et donc que le pouvoir d'achat du pays est tiré vers le haut par la fonction publique. Le secteur privé lui est en phase de rattrapage du public par le jeu de la consommation des nouveaux nantis. Soit, cela suppose à monnaie unique que la création de richesse par habitant converge entre les deux zones. c'est un pari possible mais pas sûr, en l'absence de convergence certaine il y a problème de balance commerciale à la sortie et donc de compétitivité qui induit à monnaie unique baisse de salaires du plus faible, divergence aggravée. Cela suppose que la solidarité des peuples soit profonde malgré la diversité des langues et des histoires. Que la mobilité soit acquise. Les USA voient leur structure fédérale facilitée par la langue qui permet à un peuple de pionniers de se déplacer à grande distance. pas évident pour la civilisation européenne de mosaiques identitaires très raffinées.

Le fédéralisme est possible, mais il faut aller jusqu'au bout et avoir des règles d'harmonisations sociales, fiscales qui convergent. Autant dire qu'il faut que politiquement les pressions soient cohérentes.

On est en plein inédit. Je ne suis pas sûr que de commencer par la monnaie soit viable. Même sans jouer au cassandre.

A cela se superpose le problème de la création monétaire inconsidérée par les banques et donc le surendettement mais c'est une autre affaire à démêler.

Je ne suis pas sûr que les politiques comprennent bien l'économie.

Réponse timide.

Olivarus

Namurois a dit…

Tout cela est effarant! Si je peux encore comprendre que dans un pays comme la Belgique(pays riche?), on puisse toujours sacrifier autant aux dieux du consumérisme, en ignorant sciemment la lente décrépitude du système et la descente aux enfers de nombre de concitoyens, je ne m'explique pas cette docilité fatale des grecs qui,bien que déjà en enfer, s'accrochent désespérément à l'ancien culte du consumérisme et surtout ses prêtres!
Panagiotis, tu écris dans une de tes réponses: "effectivement, si cela a encore un sens (pratique) on peut être de gauche et souverainiste, sans pour autant sombrer dans le nationalisme et ses stéréotypes.".
Parlant de nationalisme et de stéréotypes, je te livre un scoop dont je viens de parler sur mon blog.
Geertrui Windels se présente au poste de bourgmestre d'une commune belge, sur une liste... nationaliste.
Cela pourrait, par les temps qui courent, paraître banal. Si ce n'est que cette dame est l'épouse d'Herman Van Rompuy, l'homme qui exhorte l'Europe à un sommet contre le populisme et le nationalisme!
Tu vois le niveau de nos dirigeants et la profondeur de leus convictions...

Toutatis a dit…

Toutes ces descriptions me font souvent penser à Dmitri Orlov et à ses prédictions du déclin US (et occidental en général) où il évoque ce qui risque de se passer en se basant sur son expérience de la chute de l'ex URSS. Il distingue "les cinq stades de l'effondrement"
Stade 1 : L'effondrement financier
Stade 2 : L'effondrement commercial
Stade 3 : L'effondrement politique
Stade 4 : L'effondrement social
Stade 5 : L'effondrement culturel
Il note aussi que les conséquences sur la population russe ont été limitées par la résilience de certains aspects du régime communiste, en ce qui concerne en particulier l'approvisionnement en produits de base et la santé. Que se passera-t'il dans des sociétés où cette résilience sera impossible ?

David a dit…

On voit poindre dans le laboratoire grec, ce que les fascistes financiers veulent installer en Europe sous son oeil bienveillant, le 4ème Reich.

La vie se trouve dans ce beau tag “vie où es-tu” sur les murs d’Athènes. Tag de désespoir. Tag d’espoir....

Jacoti a dit…

Une interview en fin de reportage de Roberto Lavagna, ancien ministre de l'économie argentin. Il parle de la Grèce.

http://www.youtube.com/watch?v=DuFE8ATBt7g&feature=player_embedded#!

Magne a dit…

250 OOO Islandais n'ont pas les mêmes problèmes que les 13 000 000 de Grecs , pays ou la main d'oeuvre clandestine pèse en masse sur les travailleurs Grecs pays ou l'industrie est plus que faible
quand à comparer à l'Argentine ou tout ne va pas si bien loin de la voir les dernières manifestations , on n'est absolument pas dans les mêmes problématiques

Panagiotis Grigoriou a dit…

Remarque : en Grèce le stade 5 précède tous les autres !

olivier trehard a dit…

Vous avez en partie raison, il faudrait multiplier les exemples. mais la Grèce a une balance des paiements positive pour le tourisme qui peut se renforcer avec une dévaluation. Donc c'est vrai qu'il y a des différences mais la Grèce a aussi des atouts, ce n'est pas le désert des tartares.

Ce qui est vrai dans les deux cas c'est que la dévaluation n'a pas été la catastrophe annoncée mais la solution et cela ne plait pas à tout le monde. N'attendez pas du système qu'il chante les mérites des islandais, ils ont mis en faillite les banques prédatrices et fait défaut sur les banques étrangères. C'est politiquement incorrect.

Oui c'est vrai l'Argentine n'a pas résolu tous ses problèmes mais regardez de quel gouffre elle vient.

je ne vous vends pas des miracles mais on cherche à vous dire que la sortie de la Grèce de l'euro serait l'apocalypse alors qu'ils sont déjà dedans.

Vous sentez bien que nous sommes en guerre idéologique. Mais n'importe quel économiste honnête doit vous énoncer les avantages et inconvénients des solutions.

Cordialement

Olivarus

Anonyme a dit…

Désolé, mais le stade 5 succède aux précédents. C'est de la logique matérialiste marxienne. Évidemment loin du platonisme des idées directrices suspendues dans l'éternel.

Anonyme a dit…

En passant :

L’austérité, mais dans le calme par Lordon

http://blog.mondediplo.net/2012-09-19-L-austerite-mais-dans-le-calme

Cré-@ctivement votre

Sinsé

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