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| Eleni Metaxotou - Astypalaia 11/09 |
Il
était une fois un roi sur son île, Syrna, aussi nommée Agios
Ioannis sur les cartes nautiques. Son royaume s'étendait sur cette
petite île de la mer Égée, d’environ 11 km², mesurant 4 km de
long sur 2,5 km de large et sur les îlots rocheux proches, Tria
Nisia (« Trois îles »). Theodoros Metaxotos, surnommé
« le roi de Syrna » vécut sur son île seul avec la
famille, ses bergers et ses bêtes jusqu'aux années 1970, où il
quitta définitivement son royaume pour l'île voisine d'Astypalaia,
20 milles marins plus au Nord dans l'archipel. Il a connu
l'occupation italienne, la guerre de '40, les raids des parachutistes
du Fallschirm-Jäger-Bataillon Brandenburg, la
brève gérance Britannique ainsi que les... ingratitudes de la
République Hellénique après 1947. « J'ai envie
d'être enterrée à Syrna, j'ai les larmes aux yeux lorsque je lève
mon regard vers le Sud »,
m'a-t-elle dit hier Eleni Metaxotou, « la fille du roi »,
rencontrée sur le port de Pera Gialos à Astypalaia devant son
kiosque. Elle y vend du tabac, des glaces et de la toute petite
épicerie au beau milieu d'un univers, le sien, où les commutateurs
ontologiques de la crise se doivent d'être historisés et
pélagiques.
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| Le kiosque d'Eleni Metaxotou - Astypalaia 11/09 |
« Syrna
était notre île, nous avions nos bêtes, des vaches, des moutons,
des chèvres et des cochons. J'y suis née. Durant la guerre mon père
était de la Résistance. Nous aidions les Anglais, on avait donné à
mon père une radio de communication qu'il cacha dans une grotte.
Dans d'autres grottes, il avait entreposé de l'eau et des conserves
et nous y allions à chaque fois que des intrus s'aventuraient sur
notre île, et ces grottes se sont avérées bien utiles durant la
guerre. Nous y allions par deux personnes dans chaque grotte, et
chaque membre de la famille savait au préalable où aller.
D'ailleurs mon père portait toujours un pistolet sur lui pour nous
défendre des pirates. Un jour, des navires de guerre des Anglais,
entrés sur la baie de Syrna, ont été repérés par les Allemands
qui les ont aussitôt attaqué, puis les soldats Allemands ont
encerclé Syrna avant d'y débarquer. [C'était le HDML (MEDOUSA)
1381, opérant en Égée du Sud en Août 1944. Selon certaines
sources,
son équipage aurait été transféré dans un camp de prisonniers en
Autriche]
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| Eleni Metaxotou enfant |
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| Athéna Source : Dimitris Galon |
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| Theodoros Metaxotos |
Inutile
de dire que nous, nous nous cachions dans les grottes. Nous avions
même enfermé nos six chiens dans un ancien puits sans eau, car ils
allaient nous suivre ces pauvres bêtes et nous serions ainsi trahis.
Nous avons abandonné toutes nos autres bêtes, les chats et les
poules de la maison et jusqu'à nos troupeaux, en attendant le départ
des soldats. Des temps durs... à faire brûler la mer. Je me
souviens aussi du jour où nous avons repêché John Foster
[pilote de la RAF, son avion fut
abattu en avril 1944, son copilote ayant trouvé la mort], cela
faisait trois jours qu'il se trouvait dans son radeau que les
courants de la mer ont fait dériver jusqu'à nous. Il était blessé
à sa jambe et à sa tête, sa chair arrachée, il a frôlé la mort.
Mon père l'a installé dans une grotte et il a aussitôt prévenu
les Anglais par radio. Et moi, petite fille à l'âge de la
maternelle, j'étais chargée à rester auprès de lui dans la
grotte, et de lui apporter la nourriture dans sa bouche en lui disant
« mam » [manger], ensuite, les Anglais ont pu le
récupérer lorsque sa santé fut un peu rétablie.
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| Sur le HDML (MEDOUSA)
1381 - Source : astypalaia.blogspot |
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| Syrna |
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| Au kiosque d'Eleni Metaxotou - Astypalaia 11/09 |
John
Foster est venu nous voir à Astypalaia. Nous avions déjà déterré
les restes de mon père les mettant dans la boite métallique
(sic) comme de coutume. John ouvrit la boite pour prendre le crane
de mon père affectueusement dans ses bras. Il a pris son os du pied
pour le poser sur le sien, jadis blessé. Il est resté ainsi
immobile à pleurer durant des heures. Cela fait quelques années que
je n'ai plus de nouvelles de John Foster, je me fais du souci. Puis,
c'était peu après la guerre, une nuit, nous avons entendu un
vacarme comme jamais auparavant. Mon père et ses bergers sont allés
voir, cela venait de la baie toute proche. Et il a vu un enfer. Un
gros bateau se déchirait sur les rochers en train de couler déjà,
éventré [le 07/12/1946]. Puis beaucoup de gens jeunes,
hommes, femmes et enfants en train de se noyer. Mon père a d'abord
tiré une balle dans l'air pour prévenir, puis il interrogea un
premier rescapé pour comprendre. Nous ne savions rien sur ces gens
et nous avions peur, il y en avait presque neuf cent âmes à bord du
bateau.
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| Occupation Italienne 1912-1944 |
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| Deutsche Luftwaffe sur Astypalaia |
Je
crois que le capitaine, honte à lui car c'était un Grec, a
délibérément voulu briser le navire. [C'est par deux
articles relatifs au naufrage
du navire Athéna, que Dimitris Galon, qui a effectué des
plongées dans l'épave, enquêté depuis 2007 sur ce naufrage et
également rencontré Eleni
Metaxotou, donne une autre version, expliquant que les causes du
naufrage furent accidentelles]. Ces gens, étaient des
Juifs se rendant en Palestine, pauvres gens. Mon père ne savait pas
comment faire. Nous avons hébergé à la maison les blessés les
plus atteints, puis mon père a ordonné à ses bergers d'égorger
des bêtes par dizaines et de les faire cuire. Il a dit aussi aux
rescapés : « dispersez-vous dans les environs et capturez
des bêtes.
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| "Fallschirm-Jäger-Bataillon Brandenburg et leur canon antiaérien" astypalaia.blogspot |
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| Même endroit - Astypalaia 11/09 |
Vous les ferez cuire en allumant des feux, il n'y a qu'à
ramasser du bois. Par contre, lorsque vous entendrez mes coups de
feu, il faut que vous vous réunissiez tous sur la plage, ce sera le
signal : ils seront venus vous récupérer ». Nous
avions déchiré nos draps pour fabriquer des bandages pour les
blessés, puis, mon père a alerté les Anglais à Rhodes. En
attendant, nous nous sommes aperçus qu'un nouveau-né pleurait
quelque part entre les rochets. Effectivement, sa maman l'avait jeté
à temps du naufrage mais elle, elle n'a pas pu survivre, le bateau
l'emporta. Pauvre femme, son bébé a survécu car il était
enveloppé dans deux couvertures. J'ai pris ce bébé et je
m'occupais de lui. On lui donnait du lait de chèvre, puis, au moment
où les secours sont arrivés, je ne voulais pas me séparer de lui.
Je venais tout juste de perdre mon frère, alors âgé de quatre ans
emporté par la maladie, dans ma petite tête, ce bébé, ce garçon,
signifiait le retour de mon frère.
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| Eleni Metaxotou - Astypalaia |
En
attendant les secours par bateau, les Anglais ont fait parachuter des
vivres et des médicaments. Puis, les gens ont été récupérés
mais après, des cadavres ont été rejetés sur la plage, c'était
atroce. Mon père et ses bergers les ont enterrés comme il le
pouvaient. Dans les années '50 des Israéliens, militaires et
autres, sont venus récupérer les restes des leurs. Sauf que la fin
de la Guerre ne nous a pas apporté la paix. Lorsque la Grèce est
enfin arrivée, et nous nous croyons libérés, le maire d'Astypalaia
d'alors, un ancien collabo des Allemands et des Italiens, a dit que
Syrna appartenait désormais à la commune. Il a décrété un appel
d'offres afin de louer notre terre à d'autres bergers, et nous en
étions chassés. Il a fallut ensuite, disons négocier avec le
berger intrus, pour revenir un an après sur notre île et presque
repartir à zéro avec trente bêtes. Dans les années '70, nous
avons définitivement quitté Syrna pour Astypalaia, mon père a
aussitôt déclaré un cancer et mourut. J'ai été convoquée par
les autorités à Rhodes ensuite, pour recevoir la médaille de mon
père, déjà médaillé par les Britanniques. Cela se nomme un
État... Puis... et j'en suis outrée, j'ai envie de mourir de
colère en apprenant récemment que les Allemands iront installer des
photovoltaïques et des éoliennes sur Syrna. J'ai honte, nous avons
résisté et voilà qu'ils reviennent. Nous leur donnons notre
soleil, notre vent et ils nous les revendent ensuite, c'est n'importe
quoi... Mais qui va écouter une vieille comme moi ? Ils prétendent
que c'est plutôt positif pour l'île. Le vent de l'Égée les
emportera tous et nous avec... Enterrez-moi à Syrna pourtant,
près de la chapelle...»
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| "Sur les murs du café
à Chora" - 11/09 |






Au
vieux café et ailleurs, la communauté Astypaliote semble divisée.
« Les retombées seront positives, il aura des emplois
créés, puis l'île retrouvera peut-être son autonomie en
électricité » on entend ici ou là. Sur les murs du café
à Chora, on a accroché le nuage entier de ce qui subsiste du court
vingtième siècle de passage par ici : le Duce, Che Guevara,
les Italiens, la Guerre, Karamanlis Ier... c'est ainsi que les
commutateurs ontologiques du futur
cette fois-ci, discuté et débattu avec ferveur entre deux verres
d'ouzo, n'auront plus à s'affoler. Le maire de l'île Panormitis
Kontaratos, très apprécié je crois, rencontré hier dans son
bureau, affirme « que les retombées du projet Syrna
seront positives, surtout que les habitants d'Astypalaia n'auront pas
à supporter les éventuelles nuisances grâce à la distance. Notre
pays et l'archipel, traversent une bien mauvaise phase mais nous
luttons pour notre futur. Déjà que la médecine, les soins et les
transports demeurent un problème épineux...
». Qui dirait le contraire ? Nous luttons.
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| Astypalaia - 09/2012 |
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| "Des skippers Allemands..."- Astypalaia 09/2012 |
Syrna,
île « inhabitée aujourd'hui, on trouve des vestiges de
bâtiments sur un promontoire entre deux baies peu profondes dans le
sud-ouest de l'île, une chapelle dédiée à Saint Jean et autre à
Saint Georges. Les habitants des autres îles continuent à pratiquer
sur Syrna l’élevage, l'agriculture et la pêche » selon
wikipédia.
On
contemplera encore la mer depuis la falaise, à la quasi jonction des
côtes Sud et Nord sur cette île, à l'endroit aussi où les jeunes
hommes du Fallschirm-Jäger-Bataillon Brandenburg avaient
installé leur canon antiaérien. Mais cette vieille guerre n'a
laissé que ses traces et encore. J'ai rencontré cette semaine à
Astypalaia des skippers Allemands, Britanniques, Français et Turcs,
tous des gens courageux, cultivés de la mer et enfin heureusement
joyeux dans leurs propos. Tout comme un retraité venu de Tasmanie,
rencontré dans le bus reliant les deux extrémités asphaltées de
l'île : « Je suis parti Grec depuis l'autre île
en face à l'âge de 15 ans. J'ai fait deux ans dans la marine
marchande, puis à l'âge de 17 ans, j'ai émigré en Australie,
c'est ainsi que je me suis fait Tasmanien. La mer las-bas c'est
l'Océan, comment vous dire... c'est aussi un autre soleil ».
Marinos qui tient un café depuis plus de 20 sur la baie de Maltezana
et qui est aussi un excellent pâtissier, le confirme : « Des
skippers et autres plaisanciers Grecs on n'en voit plus tellement
depuis trois ans. Et lorsqu'ils viennent, ils vont acheter des
haricots surgelés à la supérette en face pour cuisiner à bord,
ils ne sortent plus. La... belle époque a pris progressivement la
fuite depuis 2004. Mais j'ai toujours le sourire. On se débrouille,
tantôt la pêche, nos patates et nos bêtes, c'est la vie... »
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| Le café de Marinos - 09/2012 |
Hier
matin, l'année scolaire a été inaugurée aussi à
Astypalaia. Comme partout en Grèce c'est en même temps un acte... de
bénédiction par le prêtre du coin. La directrice de l'école
primaire a souligné dans son discours que « nous
devons soutenir la connaissance et le savoir car il faut viser déjà
très haut dans les études, c'est à dire l'université. La crise
passera, et de toute manière les enseignants, même dans l'adversité
économique [640 euros par mois
est le salaire des nouveaux enseignants] livreront
cette bataille. Le savoir acquis sera indispensable... et qui sait,
certains enfants pourront s'en sortir ailleurs, en Australie, en
Angleterre, ou dans les autres pays de l'U.E., pensez-y. »
Un garçon interrompit sa directrice : « Madame,
je voudrais devenir capitaine de navire, je peux ? »
et tout le monde a pu rire enfin. « Dernière chose
– poursuivit la directrice - nous venons de recevoir des
instructions de la part du Ministère : les parents dont les
revenus annuels ne dépassent pas les 3.000 euros, peuvent déposer
un dossier auprès de moi et ainsi recevoir une petite aide sous
forme d'allocation. C'est par les directions des écoles que ces
dossiers seront ensuite transmis plus haut.
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| "L'année scolaire a été inaugurée aussi à
Astypalaia" - 11/09 |
C'est également valable pour
tous les ressortissants de l'U.E., mais... pas pour les Albanais car
ils ne font pas encore partie de l'U.E., donc ceux qui sont concernés
doivent passer me voir rapiement ». Enfin, un élu de la région, prenant la parole à son tour, s'est
excusé devant les enfants : « Nous nous
excusons parce que nous vous laisserons un piètre monde, un monde
mauvais. J'espère que vous le changerez... nous, nous n'avons pas
pu », les parents et
autres adultes présents ont baissé leurs yeux tandis que les
enfants n'avaient des yeux que pour les sucreries qui les
attendaient à la clôture des discours.
En
attendant le bateau de ligne j'ai encore le temps d'un café chez
Marinos et d'une dernière rencontre avec la fille du roi de Syrna.
« Écoutez-la -
m'a-t-elle dit sa nièce - elle a raison cette dame car
elle vient de la vie, c'est à dire de la mer ».
Et nous autres alors ?
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| Maltezana - 09/2012 |
13 commentaires:
Excellent article qui nous donne un éclairage sur la vie passé et les problémes du présent , triste de voir que la Grèce ne peut investir dans le solaire et l'éolien qui sont les energies d'avenir pour toutes ses iles
Christina
Vraiment,j'ai pleuré en lisant l'histoire de cette femme,elle est belle cette personne,ainsi que toute sa famille une sacrée leçon de vie et de courage et quelle belle image des grecs et et d'un passé si cruel,merçi monsieur Panagiotis de nous offrir ces pages de vie,ça redonne espoir dans l'humain......
Je viens régulièrement à Amorgos deux mois d'été (et parfois au printemps) depuis plus de dix ans, j'y ai construit une petite maison dans le sud de l'île; Cette année, en plus de l'inquiétude tangible des amis grecs de l'île - qu'ils vivent dans l'île ou à Athènes - il semble aussi qu'un projet de parc éolien et solaire désespère les habitants. Ah oui! C'est une entreprise allemande qui porte le projet... ça passe d'autant moins qu'aucune retombée sur l'île n'est prévue. Difficile de démêler le vrai du faux mais cette opacité en elle-même illustre bien le problème des Grecs... Merci de votre blog que je suis depuis le début...
Je n'ai pas non plus compris "le commutateur ontologique"...
Je ne suis pas d'accord avec le précédent commentaire, j'aime bien votre style, même si je le trouve étrange, grec, sibyllin, quoi!
Merci de ce bel article
Suite du commentaire... Je m'inquiète toutefois, en tant que prof d'allemand amoureuse de la Grèce (je ne suis pourtant pas Allemande!) de cette haine que beaucoup de Grecs ont envers l'Allemagne. Ils confondent tout. Il y a la politique, il y a les banques (surtout elles!) et puis les gens en Allemagne, qui commencent vraiment à en avoir assez d'être critiqués ainsi!
Je ne comprends pas les Grecs, même si cela fait 20 ans que je passe tous mes étés chez vous... Mon amour pour votre culture date de longtemps, puisque tout a commencé pour moi à onze ans, lors des premiers cours de grec ancien (donnés par un prêtre défroqué d'origine ... italienne!)
Bref, si je n'avais pas cet amour si profond pour votre culture et votre pays, que je connais quand même pas si mal, même si je ne fais que baragouiner votre magnifique langue, hélas, je ne me permettrais pas de vous parler ainsi.
Non, je ne vous comprends pas. Qu'ont avoir les touristes allemands, qui vous apportent tout de même de l'argent, dont vous avez pu aussi profiter, n'est-ce pas, avec tout ça. Et si des gens essaient d'installer des éoliennes et de développer le photovoltaïque, n'est-ce pas une opportunité?
Vous êtes sur la planète guerre de 39-45, je trouve votre article très beau, et le moment d'après, il m'énerve au plus haut point. Mais arrêtez les amalgames!!! C'est, dans le fond, le niveau de la presse de boulevard de chez vous qui associe les photos de la dernière guerre (en noir-blanc) avec les envahisseurs teutons de Bruxelles.
Moi, je me reconnais dans l'Allemagne de l'expressionnisme, de la résistance intérieure (elle a aussi existé, die innere Emigration, celle de Marx (originaire de Trêve, en Allemagne donc!) Thomas Mann, de son frère Heinrich Mann, de Brecht surtout, de Benjamin (juif allemand, mais allemand!) , de Fassbinder, de Wim Wenders, pour ne citer que ceux-là...
Et aujourd'hui encore, l'Allemagne accueille des milliers de Grecs, si c'était une population aussi détestable, personne ne désirerait aller se les geler là-bas.
Un peu de dialectique, que diable!
Je signe ce coup de gueule: Nathalie Boy de la Tour
Chère anonyme ,
vous ayant lu avec attention , je pense que vous êtes soit mal informée soit , comment dirai-je , malhonnête !
En effet dans les dernières lignes de votre commentaire , vous omettez sciemment , ou pas , de préciser les causes d'une migration massive vers l'Allemagne : son vieillissement et son futur manque de main d’œuvre , concomitant à un chômage grandissant des jeunes européens du sud , vous ne me ferez pas croire que vous ignorez que madame Merkel fait en ce moment un recrutement massif dans les pays qu'elle a contribué à "assécher" financièrement par ses refus économiques successifs.
Je vous concède la qualité de professeur d'allemand mais surement pas celle de professeur d'économie allemande encore moins celle de sociologue... et si effectivement nos amis grecs se trompent de guerre , ils ne se trompent pas de crise , eux !
Bonne soirée !
A propos du regard de commisération chagrinée que de nombreux Allemands jettent sur les Grecs (parfaitement illustré par le commentaire laissé un peu plus haut), quand ce n'est pas un regard franchement hostile mais toujours de bonne conscience, je recommande le très intéressant article du Monde Diplomatique de juillet, intitulé "L'effroi du retraité allemand face à l'épouvantail grec" (http://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/CYRAN/47928). Il montre comment les médias allemands s'y prennent pour enfoncer des préjugés racistes anti-grecs dans la cervelle des gens. Mieux vaut s'"énerver au plus haut point" contre les Grecs que contre les banques...
Je pense que c'est une erreur de s'en prendre aux Allemands. C'est le système qui est coupable, et pas l'Allemagne. Système qu'une majorité de Grecs ont approuvé. L'argent nécessaire à soulager la crise existe : les centaines de milliards détenus par des Grecs riches dans les banques suisses et autres. Un des effets du système économique européen est de désolidariser partout (par la liberté des mouvements de capitaux) les riches du reste de la population. Inutile de s'en prendre après aux retraités allemands. Il se passe en ce moment en Espagne la même chose que ce qui s'est produit en Grèce : une fuite des capitaux gigantesque, qu'on demandera ensuite à des contribuables du nord de l'Europe de combler, en les culpabilisant.
Allemande en France, je m'inquiète moi de l'Allemagne. Depuis que la "crise grecque" a commencé le lis la presse allemande (die Welt, Focus, der Stern, der Spiegel ...) et j'ai honte. Un tel ton, un tel mépris, une telle haine par rapport au peuple grec est impensable en France, même dans la presse d'extrème-droite. La guerre 39/45 est fini, Brecht et Benjamin sont morts. Ce qui me préoccupe, c' est le présent et il est vraiment inquiétant.
Bonjour merci pour vos commentaires que je ne commenterai pas car tout ou presque est déjà dit, y compris sur l'Allemagne.
Effectivement en Grèce on ne se trompe pas de.... crise !
En passant ...
La Grèce relance son programme de privatisations
(Le Monde.fr avec AFP | 12.09.2012)
http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/12/la-grece-relance-son-programme-de-privatisations_1759142_3234.html
Cré-@ctivement votre
El Sinsé
Pour certaine je recommande vivement la lecture de l'excellent livre de Paul Mazower "dans la Grèce d'Hitler " vous comprendrez peut être que le comportement actuel de l'Allemagne est pour le moins déplacé , et de vous renseigner un peu sur le scandale Siemens pour des corrompus il faut des corrupteurs
Étrange cette impression d'une nouvelle Treuhand , pour ceux qui auraient oublié ou pas connu , un aricle de Libé en 1995:
http://www.liberation.fr/economie/0101130585-mission-accomplie-la-treuhand-s-autodetruit
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