mardi 14 août 2012

Un été “Alien”



En ce mois d'Août, nous allons de surprise en rebondissement, car entre ses deux lunes les événements se télescopent. Puis les Cyclades décidément, font une fois de plus l'actualité des faits divers, invariablement issus de la crise ou ressentis comme tels. Après “l'ogre”, voilà les braqueurs-assassins, toujours à Paros.



* Photo de couverture: Le ferry. Port d'Hermoupolis, le 10 août

17 commentaires

Sophie K. a dit…

Et pendant ce temps-là, les organisateurs des JO jouent l'hymne Grec et hissent son drapeau entre deux airs de rock sur le thème de la liberté.
No comment.

Anonyme a dit…

Merci Panagiotis. Vos informations sont irremplaçables pour suivre la situation en Grèce depuis ici.
Jean-Michel

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour je vous remercie pour vos commentaires et encouragements, c'est vrai que nos situations ne s'améliorent pas... avant et après les insignifiants JO !

Toutatis a dit…

En ce qui concerne l'immobilier, je ne pense pas que la suggestion de la Troïka de mettre sur le marché les 100000 logements détenus par les banques soit une mauvaise chose. Il se passe la même chose en Espagne. Ce pays a connu une bulle immobilière démente, et les banques détiennent des centaines de milliers de logements qu'elles rechignent à mettre en vente. Cela a pour conséquence de ralentir la baisse des prix, alors qu'une forte baisse rendrait les logements accessibles à beaucoup de gens, ce qui relancerait le marché et l'économie, en plus de loger ces gens. Les prix doivent s'adapter aux revenus des éventuels acheteurs. Si les revenus sont divisés par deux il est normal que les prix le soient aussi. Cela participe aussi à une politique visant à favoriser ceux qui travaillent, et pas ceux qui sont assis sur les biens qu'ils possèdent. Cela dit je ne sais pas si la Grèce a connu aussi une bulle immobilière comme l'Espagne (et la France).

Anonyme a dit…

En france aussi il faudrait que la bulle immobilière pête: Elle a contribué à la situation actuelle... tant de gens endettés pour un truc acheté plus de 2 fois sa valeur réelle ces dernières années, pour des durées au delà de 25, voire 30 ans, durée des crédits que les banques accordaient en pleine euphorie.

Eh bien, pendant ces décennies, ces gens sont étranglés par le vendeur et la banque font moins tourner l'économie: Gros achants e, particulier, de véhicule par exemple... ce sera une Logan made-in-Roumanie, alimentant là encore le ressentiment anti-étranger de ceux qui bossent chez Peugeot apprenant pendant leurs vacances de mauvaises nouvelles... au delà même de ceux qui sont sur notre sol.

Cela ne participe pas à atténuer la crise en cours... Cela n'a pas pêté aussi vite que les subprimes aux USA car on emprunte en France surtout à taux fixes... mais cela ne fait que retarder le nécessaire assainissement de ce secteur.

Quand trop de gens ont payé des choses ne valant pas leur prix, cela pose toujours des problèmes. A l'echelle d'un pays et avec un type de bien forcément (vu sa valeur) acheté à crédit, cela pose un problème global.

Ajoutons en prime que nous sommes dans une situation ou les propriétaire sont en général des retraités, ayant profité des 30 glorieuses, qui se montrent des vendeurs très durs.

Vendeurs à qui nous payons des retraites qui ont été très amputées pour les actifs (surtout ceux qui ont fait des études et ont commencé plus tard: 25+42=67 ans mini pour bien du monde... on remplacera le parasol par un déambulateur en cadeau au pot de départ de la boite... si on a du travail jusque là, vu qu'on pousse dehors à partir de 50/55 ans)!

Au delà du racisme ordinaire, le problème risque donc d'aller très au delà et de toucher la cohésion du pays aussi de manière générationelle. Cela devient extrêmement sensible avec ces 25/40 ans qui peinent à loger leur famille décemment, même avec un bon boulot. J'ose à peine penser à ceux qui triment au SMIC et qui sont confrontés à ces vieux proprios qui poussent les prix pour pouvoir passer leur retraite... à voyager... en Grèce et au delà.

En prime ils ont voté Sarko à 80%...

Lionel a dit…

Ce matin sur France Culture à partir de la 36 e minute de l'émission Les matins d'été :
La Grèce, première ruine de l'Europe politique ? Avec Stathis Kouvelakis
http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-d-ete-la-grece-premiere-ruine-de-l-europe-politique-2012-08-14

C’est un peu comme la pierre de Sisyphe, puisque les références à la Grèce ancienne sont très en vogue en ce moment… Dans le rôle de Sisyphe, le gouvernement grec, et dans le rôle de celui qui en a imposé l’absurde nécessité : une Troïka (FMI, Banque mondiale et Union européenne) de plus en plus exigeante.
La pierre de Sisyphe parce que les chiffres de la croissance publiés hier le montrent bien : les politiques d’austérité n’ont eu aucun effet pour l’instant, le PIB est en chute de plus de 6%... Et que va devoir faire le gouvernement grec bien ennuyé de présenter de si mauvais chiffres à ses évaluateurs? Serrer encore la vis, sabrer encore dans les dépenses.
La Grèce est entrée c’est officiel dans sa cinquième année de récession… le taux de chômage atteint aujourd’hui 23%, le salaire minimum est passé en-dessous des 600 euros. Un dirigeant d’entreprise publique a été limogé, la semaine dernière, pour avoir refusé de baisser les salaires de ses employés… de 35% en deux ans comme l’exigent les nouvelles règles du jeu.
La semaine prochaine, le gouvernement d’Antonio Samaras doit rembourser plus de 3 milliards d’euros d’obligations détenues par les banques centrales d’Europe. Sa seule solution est de parvenir à les convaincre d’attendre encore.
Mais combien de temps pourra-t-il tenir et à quel prix ?
Grand entretien de 7h35 à 8h30 avec Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie politique au King's College de Londres, spécialiste de la Grèce.

Anonyme a dit…

Enfin un intellectuel sur ce site qui à tout compris au monde qui se met en place avec la complicité des gouvernements successifs

NACIRI A. a dit…

Je lis vos chroniques depuis quelque temps, via le site Rezo.net.
J'ai le sentiment de voir la Grèce et les Grecs pour ce qu'ils sont, très différents des prospectus publicitaires pour touristes. Des frères humains quoi, semblables à tous ceux que l'on peut rencontrer dans les quatre coins de la planète. Et cela me donnait de plus en plus envie d'aller en Grèce, hors saison, et hors circuits (je n'en ai ni le goût ni les moyens). Mais je suis triste de constater que des Grecs dirigent leur colère contre plus faible encore qu'eux et non contre les responsables de leur situation ! Mais bon, les Grecs n'ont pas le monopole de ce genre de réactions !
Merci en tout cas pour vos articles, et en français, et quel français.

Anonyme a dit…

La réponse ci dessus concerne anonyme et son message de 20h03

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci pour vos commentaires, remarques et informations supplémentaires que vous apportez sur le blog. Le monde qui se met en place sera bien différent de ce que nous connaissions et il devient difficile de se faire une idée évidement "complète" mais on dispose déjà de nombreuses pièces du puzzle... piégé. Évidement "expérimentation grecque" (puis italienne, espagnole etc) est fort éloquente de la nouvelle situation et comme les portes du futur sont ouvertes pour ne pas dire enfoncées, tout est possible. Les Grecs ne seraient pas différents des autres peuples en Europe en tout cas, en interagissant à de telles situations analogues, en tout cas nous sommes nombreux à penser qu'étonnamment nous ne sombrons pas encore dans une anomie généralisée. Reste à confirmer ou pas pourtant.

denis a dit…

Bonjour Panagiotis.
Je laisse peu de commentaires, mais je tenais a vous remercier pour vos post, qui permettent d'avoir un bon appercu de la situation, et qui sont plaisant a lire.

wesson a dit…

Bonjour toutatis,

Mettre en vente tous ces logements n'est pas forcément une bonne chose pour les banques, car dès lors qu'un logement saisi est vendu à moins que la valeur du prêt qu'il couvrait (ce qui est toujours le cas dans le contexte d'éclatement de bulle), cela matérialise une perte que la banque est obligé d'inscrire immédiatement dans ses comptes. Et ça, effectivement elles ne veulent surtout pas le faire, car cela montrerai que techniquement elles sont toutes en faillite.

Bref, elles gardent tous ces logements, et car si ils le sont, c'est considéré comme un bien liquide (qu'elle peut vendre sans délai) que la banque peut inscrire à son bilan.

Et si déjà ce problème sera particulièrement critique en Grèce, en Espagne ce sera d'une toute autre ampleur: le stock des logements à vendre y est dit-on plus élevé que aux USA, de très piètre qualité, et avaient été achetés à prix d'or et construit dans des endroits ou l'on avait pas réellement besoin - Genre cuidad valdeluz (taillée pour 35000 habitants et livrée en 2006, elle compte aujourd'hui un peu moins de 1300 habitants). On peut tabler sur pratiquement les 2/3 de la valeur totale que les banques devront passer en pertes, ce qui devrait représenter plusieurs centaines de milliards d'euros. La situation ne sera même pas rattrapable par le gouvernement Espagnol ...

Pour en revenir au propos sur la Grèce, si les banques sont forcées de vendre les logements saisis, ça va faire chuter les prix à un point tel que elles y trouveront l'occasion d'aller une nouvelle fois au tapis.

wesson a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
wesson a dit…

Bonjour Panagiotis,

je voudrais vous signaler la vidéo d'une émission qui m'as paru assez intéressante sur France Culture, avec Sthatis Kouvelakis, qui est professeur de philosophie à Londres, mais également a été candidat de Syriza aux dernières élections.

voici le lien

http://www.dailymotion.com/video/xst1n4_les-matins-d-ete-la-grece-aujourd-hui_news?start=183

Par bien des aspects, son récit de la situation est plus inquiétant que le votre. Que pouvez-vous en dire ?

Anonyme a dit…

Le gouvernement grec remboursera bien la BCE le 20 août, comme prévu, grâce à une émission obligataire arrangée. Mais ce répit risque d’être de courte durée. Tout se met en place pour sortir la Grèce de la zone euro, au moment où celle-ci est aspirée par la dépression.
En France la bulle immobilière fait couler le reste de l'économie: les gens sont endettés pour avoir acheté 200 briques et 10 sacs de ciment au prix fort. Et ils paieront pendant tellement d'années. Les Banques s'en foutent : celui qui a acheté paie des mensualités pendant X années ensuite il ne peut plus, alors la banque vend aux enchères. Mais elle a déjà touché des dizaines de mois de remboursement. Faites le calcul : c'est le jackpot pour elle. Pendant ce temps les gens mangent des tranches de jambon avec des nouilles, et roulent en voitures fabriquées chez Renault à Tanger.
Mais bon : en France on a les hommes politiques que l'on mérite : CHIRAC pendant 12 ans, ensuite SARKOZY pendant 5 ans. Tous élus démocratiquement. Bravo

Alain a dit…

Bonjour,

Cela fait plusieurs mois que je suis ce BLOG avec un grand intérêt. Merci de ces informations informelles et si essentielles pour cette description de la situation si précise.Etant si loin en France, seul mes encouragements et un lieu d"hébergement en France peuvent peu-être t'apporter un peu d'espoir............
En tout cas, Milles merci pour ce récit d'un pays à l'abandon et sans doute l'avenir de l'EUROPE

Zoum a dit…

Tant que les peuples du monde sont incapables de dire STOP, nous subirons tous les conséquences de la futilité démocratique. Est-ce clair ?

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