vendredi 3 août 2012

Tropismes parallèles


"Fêtes locales, réelles ou reconstruites" - Syros Août 2012
Le temps des « vacances » souvent considéré comme un temps de rupture qui finalement n'en était pas forcement un, ni à travers les faits et gestes est encore moins dans sa constance diachronique, se trouve désormais dilué dans les eaux territoriales de la crise. De l'Égée à l'Adriatique, son héliotropisme en sort modifié suivant les remodelages de la nouvelle Europe des banques et des dettes souveraines. Parfois, et même sur ce blog certains lecteurs francophones, également visiteurs des îles de l'Égée et de la Grèce, expriment leur impression « de ne pas avoir observé la crise à un tel point, hormis une moindre fréquentation des lieux peut-être ». Ils ont le regard certes honnête, néanmoins impuissant.

Hermoupolis - Syros Août 2012
Les excusant, je dirais que la crise sait se cacher derrière les tropismes des étés méditerranéens, pour l'instant encore divers et variés et pourtant, sous le signe de la tristesse ou si possible au mieux de la réflexion. Les petits et grands gestes du quotidien populaire par temps de Mémorandum n'épargnent plus les Cyclades, sauf que le touriste n'y verra pas grand chose, à moins de redevenir un peu voyageur. Hier (jeudi), dans un supermarché d'Hermoupolis il n'y avait pas la grande foule de 2008, les clients ne râlaient plus devant les caisses car il n'y a plus d'attente, et on réfléchissant davantage devant les fromages, « quelle feta, et surtout combien en y ajoutant 150 gr d'olives de Kalamata », guère plus. Des Athéniens même, se croyant quelque part... rescapés du miracle bancocrate central, ont été soulagés d'avoir trouvé aussi ici sur Syros, le miel importé à deux euros, après avoir... admiré, le miel local à huit euros (pour une quantité équivalente) ainsi devenu inabordable.

Hermoupolis - Syros Août 2012
Le compte n'y est définitivement plus et en dépit de la première pleine lune d'Août, ce n'est certainement plus la « lune de miel » du tourisme. Notre mosaïque quotidienne relève désormais d'une autre sorte de Byzance ou de syncrétisme dans les réalités parallèles à Athènes comme à Syros. Ainsi, une retraitée et habitante de l'île, ayant entreposé pour un bref moment un sac de courses derrière sa voiture, un 4X4 d'il y a dix ans, pour revenir aussitôt un deuxième sac dans la main, réalisa l'immensité de « l'improbable » : « Auriez-vu ce sac de courses, je n'arrive pas à réaliser ce qui s'est produit, alors il a été volé en trente secondes, dans le sac il y avait de la nourriture pour chats et deux bouteilles d'eau, nous en sommes là alors, à Syros aussi... » La caissière, interpelée et croyant rassurer la cliente, se lança dans une énumération des faits de la toute dernière saison de la crise : « Vous savez Madame, cela arrive souvent, lundi dernier, un vieux monsieur s'est fait volé sa viande, puis... les temps ont changé aussi chez nous ». « N'en parlons plus, mes 580 euros de retraite ne suffisent plus, pour moi et pour mes chats et le 4X4, c'était mon mari qui l'avait acheté, il est devenu invendable... J'ai perdu mon mari l'année dernière... » L'échange entre ces deux femmes s'est fait sous un ton calme et je dirais même apaisé, un dialogue ordinaire, d'ailleurs les touristes non hellénophones n'ont rien remarqué, à part la fluidité des passages aux caisses bien entendu.

"Des professionnels du tourisme"  - Syros Août 2012
Des vacanciers grecs seulement, témoins directs de la scène, ont fait remarqué que chez eux à Tripoli (dans le Péloponnèse et non pas en Lybie), « il y en a désormais certains Grecs qui font les poubelles pour trouver à manger, mais c'est dans la nuit ou très tôt le matin, à l'aube ». La crise donc n'est pas que du spectaculaire, ce n'est pas Hiroshima, mais un ensemble ou plutôt un assemblage de faits et gestes appartenant et durablement à la micro-histoire immédiate de tout un chacun et finalement de tous, ou enfin presque. Car il y en a aussi ces très grosses cylindrées toujours récentes, immatriculées à Athènes le plus souvent, sillonnant les routes de Syros, pas très nombreuses finalement, mais au combien remarquées et remarquables par les temps qui courent. Au demeurant, il devient impressionnant que de constater combien les routes sont assez vides les soirs et vers minuit, tout autant que les cafés et les tavernes, sauf certaines exceptions, mais rares. On dirait un mois de mai ou d'octobre, nous sommes pourtant en « pleine saison ».

Est de l'île de Syros Août 2012
On s'y fait et surtout on s'y adapte. Des professionnels du tourisme et de la restauration ayant... joli pignon sur rue, c'est à dire sur le port ou sur la Place de la Mairie à Hermoupolis, ont mis leurs maisons en location pour déménager dans de studios afin de diminuer leurs frais car « on ne s'en sort plus ». C'est un premier pas vers la faillite redoutent certains, et une fois de plus, le touriste consommateur (et de plus en plus éphémère), ne voit que le sourire du cafetier ou du glacier. « Les gens sont toujours aussi accueillants », pas de doute. Des Français même s'étant installés sur Syros depuis des années se posent désormais la question de leur survie, parmi eux, certains bénéficient d'une solidarité locale et durable, car des paysans polyactifs leurs offrent quotidiennement des légumes et des fruits... « la terre ne ment pas » comme dirait une figure tragique de l'histoire de France, et j'y ajouterais que « la mer non plus ». Car malgré l'épuisement des ressources halieutiques (surtout dans les eux des Cyclades), nombreux sont ceux qui pratiquent la pêche au quotidien presque pour leur propre consommation, puis pour vendre le reste aux voisins et amis, ou aux restaurateurs, le cas échéant. 
"Il y en a même qui pêchent aussi pour nourrir leurs chats"
À Galisas, il y en a même qui pêchent aussi pour nourrir leurs colonies de chats, ce qui au fond pourrait être considéré comme étant un acte de résistance. Je me souviens d'un documentaire français des années 1990 sur les chats des Cyclades où selon le commentaire, « les chats sont les rois de ses îles » à Syros au moins c'est toujours vrai. Certains habitants, Grecs ou pas, nourrissent et protègent de dizaines de chats, y compris dans les grottes de Galisas et « ce n'est pas le Mémorandum qui changera les hommes et leurs bêtes ici » selon les dires des gens.

D'autres actes sans doute plus concrets, plus collectifs et plus politiques s'accomplissent par les « Autonomes d'Hermoupolis », certains parmi eux, sont des anciens « Indignés » de la Place de la Constitution d'il y a un an. Ils agissent désormais « localement ». Sauf que la scène centrale est en train de nous échapper. C'est vrai que pour la première fois, la Place Syntagma fut occupée par l'Aube dorée mercredi matin (01/08). Les membres de l'organisation sous la surveillance de leurs députés, ont distribué des denrées alimentaires « aux seuls nécessitants Grecs ». Le Maire de la ville, l'insignifiant et « Pasoko-Kouveliste » (Fotis Kouvelis chef du parti gouvernemental de la Gauche Démocratique), Giorgos Kaminis avait interdit la manifestation « pour ne pas donner l'impression, qui plus est, dans un haut lieu touristique et historiquement symbolique de la capitale, que le peuple grec a faim ». 

Le communiqué de l'Aube dorée n'a pas tardé : « Le maire des immigrés clandestins, après avoir obéi aux ordres de son chef politique Monsieur Kouvelis alors membre du gouvernemental du Mémorandum, vient par un décret misérable et honteux, d'interdire la distribution alimentaire de l'Aube dorée » selon le reportage du quotidien Avgi – 02/08. Photo à l'appui, ce même journal de gauche, insiste sur l'inscription « Pit Bull », figurant sur un « t-short » Aubedorien. Paraphrasant légèrement l'esprit et le commentaire du journal, je dirais qu'il veut signaler le « paradoxe de faire garder et nourrir les moutons par un Pit Bull ». Le microcosme de la gauche ainsi que les valeureux activistes Autonomes de Syros resteront sans doute convaincus, pour les autres « citoyens » et nos... divers moutons politiquement affamés et affamés tout court, rien de si sûr. Faisant preuve d'une certaine naïveté je crois, Avgi préfère aussi parfois se référer au monde ouvrier de jadis, oubliant qu'à l'époque... les prolétaires étaient plutôt « chèvres »... que « moutons » et ils s'exprimèrent aussi autrement qu'à travers la blogosphère ou les « médias sociaux » (c'est un autre grand débat évidemment).

« L'Aube dorée à Syntagma» - Avgi 02/08
"Avgi préfère aussi parfois se référer au monde ouvrier de jadis" - 29/07
Et entre temps, aussi sur Syros, les chèvres de toute sorte sont devenues rares. On a beau même accroché une « banderole résistante » sur le bâtiment de l'administration régionale de l'Égée du Sud, et c'est le seul signe d'insurrection enfin visible, presque en s'y excusant. Des étrangers, Européens et Américains plus quelque Grecs atypiques, amoureux des lieux et des harmonies Égéennes se retrouvent sur une plage pour passer l'été comme toujours depuis trente ans. On y fête d'abord la pleine lune et les éléments, dans une quasi disparition de la crise environnante. Au même moment, dans un bar des environs de l'autre cote de la falaise et de la « civilisation », pratiquement vide (la civilisation et le bar), deux jeunes femmes grecques, regrettaient leur rêve brisé : « Je ne crois plus Maria, nous ne pourrons plus espérer qu'un jour, comme déjà l'a fait notre amie Anna, nous nous offrirons un studio de 25 m2 à Mykonos », pour une fois, la crise est devenue enfin... utile à quelque chose !

"Des étrangers, plus quelque Grecs se retrouvent sur une plage" - Syros 02/08
C'est vrai que je ne remarque plus comme en 2008, ce bruit des hélicoptères traversant le ciel de Syros à destination de Mykonos. Donc certains (nouveaux) riches se seraient appauvris ou sinon ils vont ailleurs. Caramanlis, le dernier Premier ministre de l'avant Troïka, a pourtant fait son réapparition sur Mykonos la semaine dernière selon le reportage de notre hebdomadaire satyrique To Pontiki (La Souris) dans l'édition de jeudi dernier. Ses reporteurs, rapportent également une autre petite histoire du temps des dernières vacances, assez étonnante, mais insistant sur le fait que cette information n'a pas été vérifiée, « donc nous ne savons pas si elle est vraie, et pourtant elle circule : Georges Papandréou souhaitant prendre le bateau de ligne pour se rendre à Patmos depuis une autre île, s'est vu interdire l'accès au ferry par le capitaine du navire en personne, ce dernier exprimant le sentiment de rejet de la politique socialement destructrice de Georges Papandréou. Après intervention des autorités portuaires, Papandréou aurait embarqué et une fois le navire amarré à Patmos, [île de l'Apocalypse], le capitaine aurait appris son licenciement sec », mais on ne peut toujours pas vérifier, certes, et à part la destruction sociale.

Dessin publié par le quotidien Avgi 29/07
Et les grandes nouvelles courent et circulent toujours dans l'indifférence générale de nos tropismes parallèles et fatigués de saison et d'époque. Samaras et les autres coalisés au « gouvernement » sont tombés d'accord sur les prochaines mesures mémorandaires, chiffrées à plus de 11 milliards d'euros, car même catastrophiques [et illusoires], « ces mesures doivent montrer que la Grèce est coopérante vis à vis de ses créanciers et de l'Europe » martèle le haut parleur de Madame Merkel, nommé Samaras. La Grèce n'existe plus en tant que pays, ce n'est que du paysage, sauf que les yeux des touristes ne le verrons pas non plus. À Syros enfin, la langue française n'est plus à la mode et on recherche des professeurs de la langue allemande.

Au moins, certaines fêtes locales, réelles ou reconstruites auront encore lieu cet été tout comme des expositions artistiques. C'est finalement l'être humain qui finirait par ne plus mentir après la terre et la mer bien entendu. 
« Banderole résistante » sur le bâtiment de l'administration régionale de l'Égée du Sud - Hermoupolis 02/08
 

18 commentaires:

Mélia a dit…

Bonjour,
Merci pour ces billets.

Savez-vous s'il y a des mouvements de population des villes vers les campagnes afin de se remettre à cultiver la terre (en remplacement de la nourriture qui est devenue trop chère) ?

zozefine a dit…

sur la scène du théâtre grec, "inventé" ici en somme, et sur celle de l'égée dévorée par le soleil, c'est clair : the show must go on. mais si les touristes ne voient pas sous la ligne de flottaison de l'iceberg troïkan, ils constatent, parfois pour s'en réjouir aussi (on est en août, et qui août dit en général cohue) la partie émergée qui les concerne : ils sont peu nombreux. les syriotes vivant du tourisme (une minorité dans cette île peu touristique) ont attendu l'été comme en suspension : peut-être que l'été leur permettra de survivre encore quelques mois ? et bien non, ils sont et resteront dans la même mouise et les mêmes angoisses que les autres.

Anonyme a dit…

en 1969 j'étais en Grèce pour 2 semaines...il faut être bigrement aveugle pour ne pas se rendre compte de ce qu'il se passe dans un pays - même sans parler la langue.

Anonyme a dit…

ben voyons j'ai été en vacance enfant dans l'Espagne de Franco il y avait pas plus de policiers au M2 qu'en France

Aupetitgendre Jean Francois a dit…

…certains lecteurs francophones, également visiteurs des îles de l'Égée et de la Grèce, expriment leur impression « de ne pas avoir observé la crise à un tel point, hormis une moindre fréquentation des lieux peut-être »… Après avoir lu ce passage dans la dernière chronique, je souhaiterais laisser ce message :

A tous mes compatriotes qui décideraient de passer quelques temps en Grèce, j’ai envie de crier qu’ils arrêtent de faire du tourisme de consommation. On peut en effet profiter des merveilleuses plages, déguster son ouzo chaque soir, se régaler de souvlakis ou de moussaka, sans jamais voir ce qui se cache derrière le sourire commercial du serveur, la générosité et l’hospitalité de l’habitant, la joie de vivre qui s’étale dans les cafés et dans les fêtes locales. Nous, touristes, nous permettons, par notre présence, à quelques familles de survivre et celles-ci ne vont pas nous refroidir avec des histoires de crise. Et puis les Grecs sont extrêmement pudiques et sont capables d’afficher un sourire radieux quand ils sont au 36ème dessous.
Chers compatriotes, quand vous mangez votre pita, prenez le temps d’observer la tête du patron quand il se croit seul : son sourire a disparu et on lit l’anxiété, le désarroi sur son visage. Quand vous buvez votre ouzo, trouvez une plaisanterie sur la Troïka, Hollandréou ou la crisis et demandez au garçon qui vous sert si ce n’est pas trop dur ici, en ce moment. Si vous n’obtenez de lui que peu de détails très personnels, vous apprendrez vite qu’il exerce ailleurs un autre petit boulot, qu’il n’est pas déclaré et n’a pas de couverture sociale, qu’il ne rêve que d’émigration mais ne sait plus où aller, qu’il a un très bon diplôme universitaire mais qui ne lui sert à rien etc. Vous verrez comment un simple sourire, une tape sur l’épaule, un signe d’empathie perce la carapace de vos hôtes qui alors vous exprimeront d’un geste, d’une mimique, ce que Panayotis tente de vous décrire à longueur de chronique et qui vous semble exagéré, dramatisé, catastrophiste… Jean-François.

zozefine a dit…

ce qui est irremplaçable avec panagiotis, c'est qu'il pratique l'ethnologie d'immersion, participative : il est à la fois frappé de plein fouet par cette destruction de masse à bas voltage (par bas voltage, j'entends juste qu'il ne s'agit pas de bombes) et qu'il analyse tout cela avec la distance nécessaire pour pouvoir en parler. car le problème de cette catastrophe, c'est qu'elle est difficilement dicible. ce que jean françois dit est tout à fait exact, il suffit de discuter une minute avec empathie avec les grecs, tous les grecs, mais aussi une bonne partie des expatriés, pour qu'ils vous disent quelque chose de cette crise. mais l'érosion terrible des liens sociaux, la bascule vers quelque chose de très inquiétant, rendu visible par l'omniprésence des néos nazis (d'autant plus omniprésents que les médias leur servent la soupe à longueur de journée) est difficilement exprimable. et fait partie de cette sorte d'angoisse constante qu'on ressent en regardant autour de soi. ça me fait penser à ces amis vivant dans des coins plutôt chouettes en france, qui, au lendemain du premier tour de la présidentielle, se rendaient compte qu'une majorité de gens, de voisins, de commerçants du coin avaient voté la pen-la haine.

olaf a dit…

Je suis allé en Grèce en Septembre 2010, en partie parce que j'aime bien ce pays et aussi je me suis dit que d'y dépenser quelques centaines d'euros pourrait l'aider, un peu, je ne suis pas Crésus non plus. A l'époque, j'avais pourtant senti une tension, des soucis.

Lors d'une excursion en bus dans les météores, à la fin la guide polyglotte avait clairement dit au micro la situation économique et sociale calamiteuse, évoquant le prix de l'immobilier, des locations...

Bref, je me suis dit déjà à l'époque : "ils sont dans la mouise"

On est sortis du bus, des allemands la plupart, et on a donné notre pour boire compatissant à cette franche et sympathique guide.

olaf a dit…

Effectivement, les grecs sont pudiques, n'exposent pas leurs difficultés, pour raisons commerciales touristiques aussi.

Mais, pour moi, le personnel de l'hôtel en Thessalonique me faisait de la peine. Des travailleurs humbles et gentils. Malgré leur gentillesse, je sentais poindre une tristesse quand bien même de la gaieté apparaissait aussi au détour d'une discussion. Il faut que je retourne en Grèce lors de prochaines vacances. Car j'aime bien ce pays et pas qu'en touriste.

Anonyme a dit…

suite ...malgré les fêtes, les sourires, la gentillesse des personnes rencontrées pour les 2 Françaises à sac à dos prenant les transports en commun ou en stop (premières vacances avec premières payes)- nous nous sommes aussi aperçues que des passants qui pensaient que nous avions des problèmes notamment avec la police étaient attentifs et inquiets. Si nous nous étions contentées de visites guidées nous n'aurions rien vu...le silence était à l'époque vital, nous ne nous serions pas perdues et demandé notre chemin...

Âne de Nîmes a dit…

Oui oui, eh bien la Grèce mérite mieux que la charité compatissante. Comme l'Espagne, le Portugal, l'Italie, et toute la cordée, cher Olaf, c'est-à-dire nous tous.
Surtout quand celle-ci s'accompagne d'un complaisant fatalisme austéritaire. Ma pauv' dame, remettons-nous en à la Providence et prions
Comment se porte votre "ami" "Descartes" (Descartes c'est son pseudo) grand adepte à d'autres heures des contorsions trololobiographiques ?

Lionel a dit…

Un copié-collé des résumés de présentation d’un film qui analyse entre autres les difficultés rencontrées par les habitants pour vivre sur leur île. Il faut souhaiter une rediffusion de ce documentaire exceptionnel.
Côté remèdes suivant l’exemple de ce qui est fait ici et là, mettre en place des aires marines protégées en bordure de chaque île, seul moyen de reconstituer la faune marine.

Paysages : l'île de Symi
Réalisateur : Jean-Loic Portron
Auteur : Jean-Loic Portron
Producteurs : ARTE FRANCE, JBA PRODUCTION

(un extrait du film est proposé)
les résumés :
Comment se sont formées les campagnes et les villes ? D'où viennent leur richesse et leur diversité ? La série PAYSAGES propose une lecture détaillée...,Ici, la beauté dissimule une histoire souvent tragique mais essentielle pour le destin de l'Europe ; elle masque l'extrême pauvreté, l'isolement, le travail acharné de populations qui se contentent de peu. C'est ici, dans les Cyclades, que la navigation a pris son essor, au Iième millénaire. Aujourd'hui, le bateau est toujours le gagne pain des îliens. Le tourisme est la dernière venue des activités insulaires. En vingt ans l'équipement hôtelier et la fréquentation ont quadruplé d'importance. La plupart des îles vivent désormais au rythme de la saison touristique, de juin à octobre.

http://www.totalvod.com/25-04-12/location/paysages-l-ile-de-symi-213913.html

La beauté des îles de la mer Égée masque l'extrême précarité de leur situation. Le problème, pour chacune d'elles, a été de vivre de ses propres ressources, de son sol, de ses vergers, de ses troupeaux et, ne le pouvant pas, de s'ouvrir au dehors. Vivre sur une île, c'est vivre avec la mer.
C'est ici, dans les Cyclades, que la navigation a pris son essor, au deuxième millénaire. Aujourd'hui, le développement du tourisme jugule l'hémorragie humaine qui vidait Symi. Mais, alors que l'île avait résisté à des siècles d'invasions guerrières, ces déferlements pacifiques n'en laissent plus que l'apparence.

http://www.film-documentaire.fr/Paysages_LÎle-Symi_(Dodécanèse__Grèce).html,film,5709

olaf a dit…

Âne de Nîmes

Savez vous que la France et l'Italie ont un patrimoine public et privé par habitant bien plus important que l'Allemagne :

http://s182403251.onlinehome.fr/spip.php?article886

Alors qu'attendent ils pour le vendre et assumer les gestions publiques ou privées calamiteuses de l'Espagne et de la Grèce ? Personne n'a mis un colt sur la tempe des décideurs de ces pays pour signer des contrats d'infrastructures immobilières idiotes, autoroutes, TGV inutiles, bâtiments olympiques, musées vides, costa del sol bétonnée à outrance...

En matière de comptabilité et d’investissement, eh oui, il faut un peu de cartésianisme, ne vous en déplaise.

olaf a dit…

Sinon, vous avez donné à ce jour, ou dépensé, combien de vos deniers personnels pour ces pays à sauver que vous citez ?

J'ai bien peur que ne soyez de ceux qui ne sont généreux qu'avec l'argent des autres, mais pas le votre.

olaf a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
lavidadelosgatos a dit…

J'ai passé l'année passée à Chypre où j'étais entre autres serveuse dans un resto. Au fil des mois, de plus en plus de Grecs viennent à Chypre et prennent les boulots des immigrés moins aimés des Chypriotes (comme les Roumains, les Bulgares etc) mais aussi beaucoup de porte à porte. Je suis allé 3 fois en Grèce pendant l'année (Crète, Athènes et Sérifos) et bizarrement j'ai senti davantage la crise grecque à Chypre qu'en Grèce. A Athènes où je suis allé avec un Chypriote, les gens étaient adorables, les bars étaient plein, je n'ai pas senti de morosité, loin de là, mais des gens adorables plutôt plein de vie. Lorsque je suis allé payé la facture d'électricité et d'eau (dans 2 endroits différents et non à la poste puisque les factures étaient trop anciennes), j'ai vu aucune scène de désespoir. La seule anecdote qui sort un peu de l'ordinaire c'est dans un supermarché, un vieux fou qui a "pris" pas mal de choses et nous les a donné une fois sortie de la caisse, la caissière a un peu rouspété mais sans plus.
En Crète, je suis partie seule en Avril, j'ai pu sentir une autre ambiance, très peu de touriste, des prix cassés sur les hôtels (à Chania et à Sfakia) et des serveurs qui attendent les touristes. A Sfakia, des hôtels à 90% vides à Pâques, une chambre à 15€/nuit au lieu de 35, je pense que c'est le seul moment où j'ai vraiment ressenti quelque chose.
A Sérifos, cette île m'a pas l'air très touristique et il y a si peu d'activité que je n'ai rien vu non plus de "crise".

Je pense que même en tant que touriste on peut comprendre des choses.
Pour finir, contrairement à ce qui est dit dans les commentaires, j'avais pas mal d'amis Grecs à Chypre, et j'ai aussi travaillé avec quelques uns, et j'ai pas trouvé qu'il y avait la pudeur dont vous parlez. Comme tout être humain, le Grec se plaint.

Mon commentaire sert à rien mais bon, j'aime la Grèce et les Grecs et je lis régulièrement ce blog.

fincaparaiso a dit…

Stefan SWEIG a dit(je résume) que les hommes ont beaucoup de patience ce qui permet aux gouvernements autoritaires ou corrompus de rester au pouvoir si longtemps.
le peuple Grec est donc engagé sur ce chemin de l'acceptation,(et donc de la pudeur et de l'humilité),un chemin qui sera long,car le "MONSTRE DOUX" se fait la main sur ce hors d'oeuvre que représente la Grèce.

Toutatis a dit…

En ce qui concerne la France (et peut-être l'Italie) le "patrimoine privé" est constitué en majorité d'immobilier, qui est forcément très élevé puisque nous subissons depuis dix ans une bulle immobilière qui semble heureusement sur le point d'éclater. A la fin combien en restera-t'il de ce "patrimoine" ?
Et si, poussés par une frénésie de civisme, des millions de gens se mettent à vendre leur bien pour rembourser les dettes publiques, les prix chuteront encore bien plus rapidement et deviendront proches de zéro.
Ne pas oublier que le patrimoine ne vaut que ce que d'autres sont prèts à payer en échange.

olaf a dit…

En partie d'accord, mais le patrimoine immobilier devrait subir une taxe de revenu implicite pour ceux qui ne louent pas leurs biens, qu'ils habitent ou pas leurs biens. Seuls les loueurs payent une taxe sur les revenus immobiliers. Cette taxe, ce sont les locataires qui la payent in fine. Je trouve ça pas équitable. Comme le signale Sterdyniak :

http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=1494

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