| Sur le barrage d'Achéloos - Thessalie Août 2012 |
Les
séquentialité dense en faits critiques et forcement de crise,
dépassent cet été les « communes mesures » de jadis.
Entre les mesures annoncées de la bancocratie troïkane par Samaras
et ses autres His
Master's Voice,
l'effondrement du système de santé, et la stratégie holistique des
faits devenus trop divers, les habitants d'ici, sur ce champ de tir
de l'Union Européenne des Banques, subissent et véhiculent à la
fois leurs propres mutations.
| "Votons pour des candidats bien de chez nous" - Région d'Achéloos - Thessalie Août 2012 |
Les
stratèges du choc nous ont d'abord obligés dans l'adoption d'un
vocabulaire, d'une sémantique et d'une grammaire dites « de
crise et d'urgence », puis, une fois notre appréhension et
construction du temps détruites, le champ, et le « champ de
tir » devient enfin aussi « libre » pour nous voir
imposer la seule cadence possible, celle du choc et de l'avenir...
authentiquement hétéronome.
Nous
subissons la violence « d'en haut et d'en bas » dans
toute sa sémiologie, puis nous fabriquons nos propres violences
politiquement agissantes et surtout orchestrées et/ou récupérées
par les tenants des faits du médiatiquement réel. Heureusement que
tout le monde n'est pas rémunéré ou contraint d'adhérer à la
construction du temps dominant (y compris journalistique),
autrement-dit, du calendrier imposé par nos « gérants ».
Ainsi, la presse locale de Paros et d'Antiparos, revient sur les
faits et gestes dans l'orchestration de l'après-événement de
l'agression sur l'adolescente à proximité... de sa Côte d'or.
L'hebdomadaire Ta Nea
Parou Antiparou, daté
du 11 Août,
souligne l'ampleur de l'orchestration, faits à l'appui, c'est à
dire la volonté politique de faire « coïncider »
l'arrestation du Pakistanais présumé coupable, et le déclenchement
de l'opération policière d'envergure à l'échelle du pays,
conduisant à plus de 8.000 d'interpellation d'immigrés et à de
milliers d'arrestations. Comme par hasard, c'était un 4 Août (jour
« anniversaire » de l'instauration de la dictature du
Général Metaxas en 1936), lorsque la police locale aussi sur l'île
de Syros, chef lieu des Cyclades, opérait le transfert de « l'ogre
de Paros », du « bourreau des Cyclades » ou du « monstre
Pakistanais », selon les reportages de la presse nationale et des
chaines de télévision, « après
les aveux et les résultats des tests ADN, sur Ali M. et sur sa
victime, [une jeune
grecque âgée de 15 ans], violentée
et sauvagement frappée par le présumé agresseur en plein jour et à
proximité de la plage célèbre au sable doré ».
| Port de Syros 08/2012 |
J'étais
à Syros ce 4 Août et j'avais
noté sur ce blog
la réaction de certains habitants comme Takis, qui pensait que cette
affaire serait plutôt montée. Évidement, cet événement «
cluster » est à la fois fort significatif et de plus, un catalyseur
des opinions. Moins conspirationnistes que Takis, deux autres
habitants d'Hermoupolis rencontrés dimanche matin (05/08) sur le
port, partageaient néanmoins le même avis que lui pour ce qui est
d'un autre aspect de l'affaire : « on
en fait un très gros plat, on médiatise à l'extrême un drame et
un crime, et on mobilise une escorte policière comme pour un tueur
en série. En plus, en interne depuis la Police on aurait bien
délibérément informé les types de l'Aube dorée
». Les rédacteurs de hebdomadaire Ta
Nea Parou Antiparou partagent
cette analyse et soulignent également « que
l'usage du qualificatif « ogre » à l'encontre de
l'auteur présumé du crime, est au moins erroné, car à Paros, il
n'y a pas eu de tels crimes en série, qui plus est, perpétués par
la même personne. »
![]() |
| Grigoris Lambrakis |
Ce
terme et ses symboliques c'est un lègue issu de l'holographie sombre
des années 1950, lorsque à Salonique, un célèbre criminel fut le
protagoniste dans une affaire d'ailleurs assez controversée. Après
une série d'agressions et de meurtres de couples dans les environs
de Saloniques à la fin des années 1950, tous attribués à « l'ogre
du parc boisé de Seich Sou », c'est en 1963 qu'Aristide
Pangradidis alors âgé de 23 ans fut arrêté. Pangratidis est un
enfant de la misère ayant connu les « Maisons de
redressement » et dont le père, a été fusillé par les
partisans de gauche durant l'Occupation. L'affaire tombait au
meilleur moment pour le pouvoir de l'époque, car l'opinion publique
était aussi politiquement... inquiète, après l'attentat perpétué
les figures d'hombre du para-État de la droite, du député EDA
(Gauche Unitaire) Grigoris Lambrakis. C'était à Salonique, le
mercredi 22 mai 1963 (veille de l'Ascension), à la sortie d'un
meeting du mouvement pour la paix tenu à Thessalonique, que
Lambrakis est renversé par une motocyclette triporteur sur lequel se
trouvent deux hommes, Emannouil Emannouilidis et Spyro Gotzamanis.
Grièvement blessé à la tête, Lambrakis est
dans le coma et hospitalisé. EDA envoie auprès de lui une
délégation formée par le poète Yannis Ritsos, membre du
Comité directeur, Mikis Théodorakis et Manolis Glezos. C'est à ce
moment que naît l'idée d'un mouvement spécifique autour de
Lambrakis qui regroupa toute la jeunesse de
gauche de l'époque après le décès du député le lundi 27 mai
1963. C'est aussi cette montée de la gauche qui inquiéta ses
adversaires politiques, jusqu'au point culminant de l'instauration de
la dictature des Colonels en avril 1967.
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| Aristide Pangratidis lors de son procès - Source : entefktirio.blogspot.com |
Aristide
Pangratidis a été exécuté à Seich Sou même, le 17 février
1968, malgré les réticences du Procureur qui exprima des doutes sur
l'implication de Pangratidis aux quatre meurtres qui lui ont été
attribués. L'histoire ne se répète pas mais certaines de ses
symboliques ainsi que sa sémiologie peuvent être récupérées,
surtout lorsqu'elles demeurent opérationnelles. Les canalisateurs
d'opinion le savent bien, ainsi, le qualificatif (« l'ogre »),
si facilement adopté par l'ensemble de la presse, n'est pas du tout
fortuit. De même, l'arrestation du « braqueur-activiste anti-État
» Tasos Theofilou, et assassin présumé du chauffeur de taxi qui
avait tenté d'empêcher la fuite des braqueurs de Paros (le 10/08),
a aussi été mise à profit par un « aménagement
chronologique », cadrant avec le calendrier politique du
moment. Par la même occasion, des personnes se réclamant du
mouvement activiste anarchiste, expriment leur désaccord avec les
prises de positions de Theofilou, par une lettre publiée par
l'hebdomadaire satyrique et d'investigation To Pontiki, daté
du 23/08.
On
dirait que la spirale des événements « étouffants par le
bas » rejoignent tout en les masquant, ces autres grands faits
venus d'en haut... hautement plus étouffants. Car c'est en ce moment
que certaines décisions sont sans doute en cours de précision entre
Paris, Bruxelles et Berlin sur la Grèce, et sur la zone euro, même
si les positions de François Hollande et d'Angela Merkel semblent
quelque peu différentes. Les Grecs n'y prêtent plus tellement
d'attention et nos conspirationnistes sur la toile hellénophone,
trouvent à dire que toute cette orchestration de la violence interne
en Grèce, entre les immigrés, l'Aube dorée et les autres, prépare
le terrain à une intervention armée de type « maintient de
l'ordre » venue de l'étranger, par les forces
« Euro-unionnaises » ou par celles de l'ONU, ce qui dans
les deux cas en revient à l'intervention des grandes puissances,
sous prétexte de défendre l'ordre, la « démocratie »
et les citoyens. Si ce scenario se confirme, il s'agira sans doute de
la dernière phase de la satellisation du pays, après avoir provoqué
une crise alimentaire, sanitaire, sociale, politique et finalement
ethnique, « on » intervient alors militairement, en y
apportant en plus pour complémenter le dessert... les sacs de riz.
On pourra alors appeler ce dessert de la méta-Europa « riz au
lait » toute comme l'opération future, pour faire dans
l'onomatopée créative mais ce n'est pas dit que tout le monde en
rigolera.
| "Le fleuve vaincra" - Région d'Achéloos - Thessalie Août 2012 |
Ce
qui semble déjà réconforter nos conspirationnistes par contre,
tient par une étrange coïncidence de la « Une » du
Monde dans sa version
électronique datée du 24/08,
où, sous le titre : « L'aggravation
des violences racistes en Grèce inquiète l'ONU »,
on apprend que « le
Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) s'est dit,
jeudi 23 août, préoccupé par "l'aggravation" des
attaques racistes en Grèce, et a demandé au gouvernement d'agir
pour lutter contre ce fléau. Laurens Jolles, représentant de
l'Europe du Sud-Est au UNHCR, a exprimé "sa préoccupation face
à ce phénomène qui a pris des dimensions inquiétantes et semble
être coordonné par des groupes et individus se prévalant d'agir au
nom de la sécurité publique, alors qu'en réalité, ils menacent
les institutions démocratiques". Lors d'une rencontre avec
Nikos Dendias, ministre grec de la protection du citoyen, M. Jolles
"a demandé de prendre des mesures pour lutter contre la hausse
du nombre d'attaques racistes, protéger les victimes et poursuivre
en justice les auteurs et les instigateurs à la violence"
[…] Nikos
Dendias a récemment qualifié l'immigration illégale "d'un des
grands problèmes du pays" et s'est engagé à mettre fin à
"l'invasion sans précédent" d'immigrants. Selon l'UNHCR,
il a promis la mise en place d'une "force spéciale pour lutter
contre la violence raciale". Soulignant le manque d'une
procédure adéquate d'octroi d'asile en Grèce, M. Jolles a aussi
évoqué le risque d'avoir, parmi les sans-papiers arrêtés, "des
personnes qui ont besoin de protection", et appelé le
gouvernement à renforcer le mécanisme d'asile. »
![]() |
| Aubedoriennes contre les MAT - Corinthe 23/08 Source : inews.gr |
Du
pain complet, encore bénit et mâché pour l'Aube dorée. Déjà
depuis deux jours, les Aubedoriens soutenus par le maire et une
partie de la population de la ville de Corinthe, s'opposent
violemment à l'utilisation de la caserne de la ville pour y loger
des immigrés clandestins en détention. Les... « légionnaires »
des « unités » Aubedoriennes sont ainsi « fatalement »
entrés en contact avec les unités de MAT (CRS) jeudi et vendredi.
Le maire a privé d'eau le bâtiment, et un député Nouvelle
Démocratie a été molesté par les Aubedoriens. Au même moment,
les échanges au Parlement entre le député Kasidiaris (Aube dorée)
et le Ministre de l'Intérieur ont été très vifs. Au moins, on ne
pourra plus dire qu'il ne se passe rien en Grèce, y compris au
niveau interpersonnel.
Mes
amis d'Athènes, luttant contre l'installation illégale d'une
antenne téléphonique, se sont adressés
au comité de quartier. Ils ont découvert que le responsable habite
un des immeubles à l'autre bout de la rue. Il n'était pas au
courant de l'affaire car la construction n'est pas visible de partout
et de toute manière « on » joue le camouflage. « C'est
une forme de guerre urbaine que nous subissons, donc nous devons
réagir, se connaître d'abord et rester solidaires »
précisa un voisin. Des habitants d'un même immeuble et d'un même
quartier qui s'ignorèrent depuis toujours, apprennent à se
connaître dans l'adversité. « Madame B., avocate prendra
en charge le dossier dès lundi, elle est d'ici en plus », a
annoncé le responsable du quartier, heureusement que la seule
sociabilité de crise ne se résume pas à la surmédiatisation des
commandos de l'Aube dorée.
| "Chez la mariée" - portail... décoré (Thessalie 25/08) |
Ailleurs,
et en Thessalie (Grèce centrale), les habitants des villages autour
de Trikala ne ratent plus un mariage, histoire
de s'y retrouver et de sortir maintenant que les tavernes et autres
bistrots deviennent progressivement inaccessibles : « Nous
y allons dès jeudi chez la future mariée en glissant évidement
l'enveloppe contenant le cadeau, c'est à dire un billet de vingt
euros. Plus personne presque n'apporte de cadeaux sous forme d'objets
et même concernant la somme, les règles ont changé. Avant il était
très mal vu que de laisser moins de cinquante euros, car tout se dit
au village, mais depuis la crise il y eu... baisse des tarifs »
(témoignage d'un habitant de la région de Trikala – Août 2012).
D'ailleurs, vingt euros c'est également le tarif actuel pour le
« blanchiment » d'un enfant nouveau né, selon les usages
adaptés à la nouvelle situation. Il s'agit d'une forme de cadeau
que les proches et amis de la famille posent sur le lit du bébé
lors de leur première visite chez ses parents à partir du
quarantième jour après la naissance. La baisse des... tarifs est
aussi analogue et il semblerait que vingt euros soit pour l'instant
une somme socialement, économiquement acceptable sans y perdre la
face, autrement-dit, en préservant une certaine dignité plus une
obligation mieux acceptable dans l'éventualité toujours possible
d'un futur contre-don. « Au mariage de ma fille, Alexandra
avait donné à l'époque 80 euros, c'était en 2004. Sa fille se
marie samedi mais je ne peux pas lui offrir autant, pourtant c'est la
règle mais elle comprend. Je ne suis pas la seule dans cette
situation, vingt euros c'est honorable et on fera la fête tous
ensemble » (témoignage d'une habitante de la région de
Trikala – Août 2012).
| Dans les régions montagneuses de Thessalie - Août 2012 |
Les
pratiques changent avec l'effondrement du modèle d'avant et surtout,
par la conviction désormais acquise que le retour à la prospérité
ne sera pas pour demain. Une économie de crise accompagnée par une
réappropriation de la pluralité est en train de s'opérer en
Thessalie occidentale : « Mes
parents sont des agriculteurs ils cultivent depuis des décennies le
maïs et le tabac mais pour le reste, leur mode de vie était devenu
citadin. Tout comme des autres villageois dans le sens où
l'auto-consommation avait disparue, les habitants n'y avaient plus de
poules, des lapins et plus tellement de cultures disons « vivrières »
au village, pour tout approvisionnement nous nous rendions au
supermarché de la ville dépenser l'argent des récoltes et des
subventions. Depuis six mois, on se met à replanter des lentilles et
des haricots, à part les tomates et autres légumes d'été. Le but
c'est l'autoconsommation et on échange le surplus avec les voisins.
On revalorise ainsi nos arbres fruitiers et nos compétences.
L'épouse du coiffeur propose ses confitures aux clients de son
époux, c'est le moment de la figue et sa confiture est excellente.
Des éleveurs offrent ou vendent à tout petit prix à d'autres
villageois, les jeunes agneaux qu'ils ne veulent pas garder pour ne
pas diminuer la production laitière des brebis.
| Dans les régions montagneuses de Thessalie - Août 2012 |
Ces
agneaux, trois au grand maximum, seront nourris par leurs
propriétaires pour être consommés au Printemps 2013, à Pâques
notamment, encore une vieille pratique qui revient en force. D'autres
villageois ou même citadins de la ville voisine, Trikala,
achèteraient même auprès des éleveurs de la région, un petit
nombre de bêtes, dix à douze moutons ou chèvres et qui restent au
sein du troupeau. En échange, l'éleveur qui assure toujours le
quotidien des bêtes, garde la moitié des nouveau-nés et les deux
tiers du lait transformé en fromage pour ce qui est de la production
des animaux vendus, plus l'argent de la vente bien entendu. De toute
manière, l'élevage n'est plus rentable, à moins de diversifier
certaines pratiques et surtout de produire soi-même le fourrage
nécessaire à la prairie familiale, avoine et parfois maïs
notamment. Mais il y a aussi du tragicomique dans nos pâturages. La
semaine dernière, un éleveur m'a fait venir pour soigner une de ses
bêtes. Il prétendait qu'il avait abandonné le pot trayeur et le
lactoduc et préfère désormais traire ses chèvres à la main « car
c'est mieux ». En réalité, comme il n'a pas d'électricité à
l'étable, il utilisait un générateur mais vu le prix des
carburants il a fait marche arrière. En passant par chez lui
ensuite, il a réglé ma visite en sortant de son congélateur cinq
kilos de viande, cela m'arrive de plus en plus souvent, on me paye
totalement ou partiellement à l'ancienne, viande, œufs, poules, on
me propose même des animaux mais chez nous le jardin est petit »
(témoignage de D., vétérinaire exerçant dans la région de
Trikala, 24/08).
| Mesohora : "Non au barrage" - Août 2012 |
Dans
les montagnes du département et à sa frontière administrative avec
l'Épire, on peut rencontrer enfin des
gens visiblement heureux de vivre. Certes, le barrage controversé
sur le fleuve Achéloos est tout proche, on sait que des années de
lutte acharnée ont ainsi opposé les habitants et les promoteurs du
projet co-financé par les fonds structurels de l'U.E., un non sens
écologique et économique selon la majorité des habitants, à
Mesohora par exemple. Au café de Mesohora (400 habitants) à plus de
800 mètres d'altitude on peut encore prendre l'air, lorsqu'en bas en
plaine, le thermomètre a frôlé les
40° C. Des habitants, des hommes plus précisément, boivent leur
ouzo et leur bière en marquant une pose dans leurs occupations du
jour. Il est question de météo, d'élevage et de... pratiques de
pêche en mer car parmi les convives, T. avait vécu un moment en mer
Égée : « Je pêchais la dorade et à présent... je
pêche le marcassin. On ne parle plus tellement de la crise ici, la
montagne a toujours survécu à toutes les guerres laissant les
désordres en plaine et en ville. Nous ne manquons plus de grand
chose ici, ni de travail, les médicaments et les soins par
contre deviennent désormais une préoccupation des gens mais on s'y
ferra comme nos ancêtres ».
| Au café de Mesohora - Août 2012 |
C'est
vrai que le système de santé est mourant, les pharmaciens de la
moitié des départements ne délivrent plus de médicaments via le
tiers-payant, chez les retraités de la plaine Thessalienne c'est
déjà la peur : « Toute notre retraite passera dans
les médicaments, pour que nos retraites soient versées en Août,
l'organisme a dû emprunter pratiquement deux cent millions d'euros,
l'État ne lui verse plus sa contribution, l'hiver sera dur, mais on
ira au mariage samedi et on oubliera la crise » (24/08).
| Région de Mesohora - Août 2012 |
Je
viens de relire un de mes carnets de notes manuscrits, datant de
1989, lors d'une enquête de terrain au sein d'une communauté
villageoise en mer Égée. La préhistoire de la crise est déjà
visible, mais pas la crise. Histoires entre pécheurs, plongeurs,
« exploitants » de la mer et qui finirent souvent devant
les tribunaux. Du profit faisant dans le peu importe comment, le
népotisme local et le PASOK, déjà considéré comme étant une
« peste » pour une partie des habitants. Loin de l'euro
et de ses multiples sémantiques et symboliques de crise, loin aussi
de Corinthe et de ses... nouveaux raisins de la colère. D'ailleurs
le mot « crise » n'apparait pas une seule fois dans mon
carnet. À l'époque, il était toujours question de pêche, des
tempêtes, de foot et des mariages. De la tramontane et de la mer,
tout simplement.
| Entre la Thessalie et l'Epire - Août 2012 |




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7 commentaires:
Quand même quelques nouvelles réconfortante d'une socialité qui ne se perd pas tout à fait et peut même émerger grâce à la crise
Kwarkito a déjà tout dit ! C'est la résurgence de ces réseaux d'échanges matériels, sans passer par l'argent absent, qui est réconfortante...
Merci à vous, Panagiotis, pour votre mémoire historique – j'avais oublié l'affaire Lambrakis, malgré le film de Costa-Gavras, que je me remémore seulement à l'instant –, et les liens, les parallèles que vous établissez avec le temps présent. Précieuses chroniques...
Dominique Gerin
Je n'y vois rien d'autres que tentatives de survivre...
Réseaux ou pas, survie ou pas, la crise est là et le monde qui l'a produit aussi.
Il faudra autre chose que ces simples mécanismes de réajustement du quotidien pour commencer à espérer autre chose et éviter la guerre civile à venir masquant la guerre véritable qui n'est autre que sociale.
Et pour l'instant de ce que l'on peut lire sur le blog de Grigoriou, l'on en voit pas vraiment de trace... Mais que peuvent faire les grecs, seuls face au capitalisme mondialisé. Peut être qu'un jour nous verra nous rejoindre tous pour faire face. D'un bout à l'autre du monde avec des intensités et de temps différents, alors apparaîtra l'espoir et l'on remettra enfin en cause l'ordre régnant.
Nous n'en sommes pas là, reste la survie et ses stratégies. Reste le politique qui manipule, étouffe et caresse les peurs, s'accroche à son monde, de toutes les manières possibles.
Merci Panagiotis,
Je lis tes récits depuis plusieurs mois via Rezo,et je les partage.
Merci pour ces témoignages sur le terrain,ces tranches de vie qui nous donnent à toucher la réalité grecque et nous donne un aperçu de ce qui nous attend si nous n'y prenons pas garde.
Tu nous fait naviguer dans le pays des désillusions et d'une certaine forme de fatalisme, avec d'un côté le fascisme qui pointe, et de l'autre une solidarité retrouvée pour faire front à la troïka et sa thérapie de choc.
Je te souhaite à toi et peuple grec beaucoup de courage pour faire face.
Bravo pour tes textes toujours bien écrits et les photos qui illustrent tes propos
merci pour cette fin d'article sur les montagnes d'Epire, descendante de la Haute-Savoie, je connais bien cette 'résistance' montagnarde, la gnôle remplace l'ouzo, et on trafiquait le tabac entre les vallées des Alpes françaises et suisses... enfin il y a eu 10 % de la population de mon village qui a migré en Argentine à la fin du XIXe siècle...
Bonsoir,je vous remercie pour vos commentaires fort encourageants, relevant également de indispensable esprit critique. En effet, je me pose également la même question que certains parmi vous; c'est à dire, dans quelle mesure "il faudra autre chose que ces simples mécanismes de réajustement du quotidien pour commencer à espérer autre chose et éviter la guerre civile à venir masquant la guerre véritable qui n'est autre que sociale", et j'y ajouterais pour imposer un véritable autre projet collectif. D'ailleurs en observant et en subissant en même temps le nouvel univers issu de la crise, je sais que les tentatives de (meilleure) survie, elles ne conduiront au mieux qu'à la survie. C'est ainsi que les "programmations" venues d'en haut et de la géopolitique en cours ne seront nullement annulées, ni même entravées. D'où sans doute, un certain fatalisme qui n'est pas forcement synonyme d'inaction. Il est aussi évident que certains espaces géographiques se prêtent davantage à de formes de résistance et de réappropriation du quotidien face à la crise (comme la montagne), ce qui pourtant n'apporte pas non plus la "solution globale". Par exemple, nous ne savons pas encore si les montagnes grecques redeviendront attractives ou si au contraire, une nouvelle émigration aura lieu. En tout cas, la vague supposée (et annoncée par les médias) de citadins retournant dans leurs campagnes n'a pas (encore ?) eu lieu.
quand irons-nous cueillir les raisins de la colère ?
chrisi avhi. golden dawn. qu'en faire ? si ce gouvernement avait un peu plus de c*uilles, ou y trouvait moins son intérêt (le plus bas, le plus tactique, le plus pusillanime), il devrait purement et simplement interdire ce parti. pas de liberté aux ennemis de la liberté. on me dira : ça n'empêcherait rien. mais au moins, ça ôterait la façade légale de ces vrais de vrais néo-nazis. car je crois que personne ne le répètera assez : ce sont des vrais gros, immondes néo-nazis, et la bête immonde n'est pas morte. et c'est ici, en grèce massacrée, bien plus que le fn en france, bien plus qu'orban en hongrie, que cette bête immonde reémerge. qu'au moins on lui ôte la légalité de montrer son sale mufle.
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