mercredi 29 août 2012

Athènes en... poule position


Poule à Athènes - 27/08

Nous attendons la fin Août, la fin de l'euro (pour la Grèce), la fin des médicaments (pour les Grecs) et Maria, l'épouse croyante du cousin Vassilis, elle attend en plus de tout cela... la fin du monde. Vaste programme ! Bien avant cette fin du monde pourtant, Vassilis a cru bon prendre un cochon « pour la viande de Noël  prochain » réaménageant une partie de l'étable de son grand père, transformé « entre temps » en garage, sauf que cet « entre temps » qui a bien duré depuis la fin des années 1970 s'est terminé avec la crise. Disons alors que 2012, est plutôt l'année du cochon, au village thessalien on anticipe déjà.

"Monument à la mémoire d'un conducteur d'engin" - Août 2012
Apostolos, le père de Vassilis s'est rendu lundi matin chez Dimitri, le pharmacien du village. Il a même attendu une bonne demie-heure l'ouverture de l'officine car il voulait « à tout prix être le premier servi » de la journée. En réalité, pas vraiment à tout prix. Dimitri a précisé qu'il ne délivrera plus de médicaments sans paiement intégral, d'emblée effectué par les patients : « J'anticipe la décision de l'Union des pharmaciens grecs, c'est dur mais c'est ainsi. » Apostolos a levé les yeux vers le ciel : « Donc peine perdue ce matin. J'espérais en bénéficier une dernière fois du tiers payant sur mes médicaments du cœur, mais je vois que c'est déjà trop tard. Que faire ? Avec mes 480 euros de retraite il va falloir choisir entre les médicaments et l'alimentation... » Dimitri s'est excusé visiblement embarrassé : « Je ne peux plus faire autrement, je me vois déjà faire faillite avant Noël. Je te conseille de revoir pourtant avec ton médecin la liste des médicaments. Certains seront sans doute jugés de moindre importance, d'autres, seront peut-être remplacés par des génériques... »

Athènes - 29/08
Apostolos a quitté la pharmacie encore plus dubitatif qu'avant et pour tout dire, désabusé. Il a téléphoné aussitôt à son fils qui se trouvait en ville car ce n'est pas Maria et sa fin du monde qui consolerait le vieil homme. Ce même lundi, l'ensemble des praticiens liées au système de santé, qui n'a plus rien d'un système en réalité, ont dénoncé les conventions surtout pour ce qui tenait encore du tiers payant. Déjà ce « tiers », s'est volatilisé avec le mémorandum II, consécutif à la « tonte » des actifs des organismes d'assurance et de prévoyance des caisses, au détriment des assurés et retraités du pays et aux profit des banques allemandes, et des autres « créanciers »... philanthropes. 

Notre presse « libre » de ce matin (mercredi 29/08) reproduit, d'ailleurs photos à l'appui, les déclarations de Madame Merkel « exprimant sa douleur face au sort des Grecs les plus pauvres ». Certes, après les 60 milliards euros qui seraient générés en Allemagne grâce à la crise grecque, selon certains économistes, il devient de notoriété que de s'exprimer (sincèrement peut-être), sur le sort des pauvres sujets depuis la Métropole. Et nous n'avons plus envie et encore moins le courage de commenter une fois de plus les déclarations des... autorités occupantes, car être occupés devient aussi épuisant à la longue.

Déclarations de Madame Merkel « exprimant sa douleur... » - 29/08

En tout cas, ce même mercredi, les journalistes radio de la zone matinale (sur Real-FM) n'ont pas cessé de reproduire ces autres déclarations depuis le directoire agité, à la tête de notre « Sécurité Sociale » : « les praticiens et les pharmaciens doivent revenir sur leurs décisions, sinon, notre organisme et l'État, les menaceront de représailles (sic) ». De toute manière, ce qui en reste de l'État en Grèce n'est capable que de menaces, de représailles et de nouvelles mesures, comme celles de ce matin (mercredi), chiffrées à 11 milliards d'euros d'austérité, annoncées à l'heure du deuxième café. Pour les journalistes-animateurs sur Real-FM, « c'est coup très dur, [c'est] le coup de grâce même, apporté aux petites retraites (...) sauf que tout cela, sera mis sur la balance des décisions prochaines en Europe qui en quelque sorte détermineront également notre sort car la crise est européenne. Nous ne sommes pas le centre du monde, ou peut-être que si, eh bien... pour se montrer enfin un peu chauvins, on dira que si, effectivement la Grèce est le centre du monde (sic) ».

« L'Aube dorée » - 29/08
Voilà que les inepties faisant dans les stéréotypes les plus longs se mêlent à l'analyse du fait politique, rien de nouveau après tout, sauf que cela redevient trop à la mode. Déjà que les Aubedoriens exhibent leurs fiestas devant le monument de la bataille de Thermopyles (journal « L'Aube dorée » 29/08), appelant à la « lutte pour la Grèce contre les Éphialtès nouveaux », et on se rappellera évidemment du traître... qui trahit les siens aux Thermopyles. Sauf que la substance essentielle de l'antiquité grecque échappe complétement aux pseudo-passéistes de l'extrême droite, mais c'est voulu. On peut à la limite lire son Castoriadis au café, et encore, sans cette « musique » abrutissante qui conditionne depuis des années la sociabilité ambiante (pour ne pas dire... ambulatoire) des cafeterias de la Baronnie, mais certainement pas au café du commerce. Dans cette même longueur d'ondes et de stéréotypes, Anastasia, une habitante de Trikala rencontrée en ville, prétend que « les Juifs sont les responsables de toute cette crise, et de ce fait on peut parfaitement comprendre (sic) qu'Hitler a voulu les réduire en savon (sic) ». On comprendra surtout que notre avenir collectif repose de plus en plus sur une planche savonnée.

"Monument à la mémoire d'un conducteur d'engin" - Août 2012
Pour faire un peu de micro-histoire à la manière des entomologistes, j'y ajouterais que la discussion a été initiée par ma question concernant un monument érigé près de Mesohora (dans la partie montagnarde de la Thessalie Occidentale), à la mémoire d'un conducteur d'engin, mort accidentellement et ainsi honoré par ses collègues. Anastasia, précisa à l'occasion « que dans son service [elle est] la seule qui travaille réellement car les autres sont des fainéants, et [qu'elle] n'a pas peur de la crise car elle est bosseuse ; pas comme les politiciens traîtres qu'il faut fusiller sur la Place Syntagma [Place de la Constitution à Athènes] ». Eh oui, Anastasia la... travailleuse mutante, dont la famille entretenait des liens de clientélisme avec le Pasokisme... matrilocal du coin, est entrée dans la fonction publique bénéficiant au moins des promotions-député, et maintenant que sous les Troïkans il n'y a plus pour tout (le bas) monde, elle a décidé se réveiller tous les matins à... l'Aube dorée.

On le sait, on le voit et on le sent dans l'air du temps : les acculturés politiques du Pasokisme réel (et leurs frères jumeaux de la Nouvelle Démocratie), fonctionnaires ou pas, ne se transformeront pas en Spartakistes sous la doctrine du choc. Ce n'est que très récemment que les moins autistes parmi les camarades de la gauche grecque (une minorité à vrai dire), prennent (toute ?) la mesure de leur propre achronisme ou au mieux, anachronisme. « Automne 2012, ultime occasion pour la gauche », est le titre d'un article, publié sur le site de l'aile gauche de Syriza, c'est en effet d'actualité brûlante pour ne pas dire prophétique (je n'irais pas encore jusque là).

"Chats en... baignade" - Grèce centrale - 26.08

Heureusement que tous les Grecs ne partagent pas les mêmes préoccupations... philosophiques qu'Anastasia. Un couple rencontré sur une plage de la Grèce centrale faisait nager ses deux chats « habitués depuis qu'ils étaient chatons. Mais vous savez Monsieur, nous nous sommes retrouvés ici, sur l'autre bout de la plage car les autres baigneurs nous ont chassés à cause des chats, la Grèce est devenu un pays intolérant envers tout », c'est vrai que nous étions à vingt kilomètres de Thermopyles, qui sait ?

"J'ai rencontré à ma grande surprise... une poule" - 27/08
Nos animaux et nos perceptions sur eux se transforment aussi par la crise. À Athènes cette semaine, dans un quartier résidentiel, j'ai rencontré à ma grande surprise... une poule en pleine ville. Se réfugiant dans une cour d'immeuble, une habitante observant la scène expliqua « que dans le voisinage, quelqu'un à installé un poulailler durant l'été. Sans trop savoir comment, cette poule s'échappe tous les jours pratiquement à la même heure, et vient picorer dans notre cour. Je lui donne à manger car cela me rappelle mon enfance, puis, elle est mignonne qu'en pensez-vous Monsieur ? » La crise mettra donc Athènes... en poule position parmi les capitales du Sud européen, et c'est déjà une distinction.

"La circulation est plus fluide que jamais" - 28/08

Les athéniens seraient de retour des vacances mais la circulation est plus fluide que jamais, c'est vrai que le prix du sans plomb 95 frôle les 2 euros le litre. Lorsqu'on peut, alors on marche ou on prend les transports en commun mais les micro-événements de la crise s'infiltrent partout et jusqu'entre les rails. Lundi après-midi, dans un wagon du Proastiakos (notre seule et unique ligne de RER), un mendiant appartenant aux figures connues des voyageurs ces derniers mois, a brusquement changé de comportement face à l'indifférence des usagers : « Je suis Grec et Gitan, j'habite à Menidi, je n'arrive plus à nourrir mes enfants, les Pakistanais m'ont pris mon boulot... je vois que vous ne donnez rien, donnez car sinon... vous m'obligerez à commettre une bêtise ici dans le train... » Les voyageurs, tétanisés devant la menace ont fini par laisser quelques pièces jaunes, pas... terrible notre RER décidément. 

À proximité d'une station très fréquentée du RER dans les quartiers résidentiels, un grand poissonnier ne désempli pas, si on considère le nombre des clients. Il vend du petit poisson « populaire » et jusqu'à celui qui depuis longtemps est hors de prix et ceci, durant toute la journée. Ses employés-vendeurs sont Grecs ou Albanais, ceux qui nettoient et vident le poisson sont des Pakistanais ou Égyptiens, le caissier est Grec et le sourire semble être partagé par tous, par les temps qui courent c'est tout aussi précieux que le poisson.

"Ceux qui nettoient et vident le poisson..." - Athènes 29/08
"J'ai eu pour 18 euros de poisson..." - 29/08
J'ai eu pour 18 euros de poisson ce matin (pour un repas entre amis), plus huit euros la bière, le sandwich et le café offert à mon ami journaliste au chômage, voilà pour les « extras » de la fin Août (tout en remerciant les contributeurs de ce blog pour leur mécénat citoyen). Sa santé morale est physique s'est aggravée : « Cela fait trois semaines que je ne sors plus de chez moi... tout manque... Je pense rependre ma tournée des rédactions pour trouver quelque chose enfin. Mon épouse est sur le point de faire faillite et de fermer ainsi prochainement son cabinet médical. Son organisme qui lui doit plus de six mille euros, après sa fusion avec le nouveau supposé grand organisme ne reconnaît plus rien. Les agents nous ont conseillé d'engager un avocat, du n'importe quoi. Nous avons pu régler jusqu'à présent toutes les taxes et impôts exceptionnels et il nous restent trois mille euros à régler avant Noël, nous devenons fous... il faut que je retrouve du travail... 

« l'Aube dorée prépare un coup d'État »
Ah... la politique, oui, la gauche est morte car elle n'a pas voulu regarder la société droit dans les yeux et aussi parce que ses outils de compréhension du monde capitaliste sont périmés, depuis bien longtemps même. Sauf que nos salaires tombaient à la fin du mois, donc on pouvait toujours philosopher entre deux verres de Merlot. Je me suis disputé avec les ex-camarades et j'ai coupé les ponts. Ils devraient relire Luciano Canfora de temps à autre. Ils ne réalisent même pas qu'ils tombent dans le piège en suivant l'Aube dorée à la trace, car il est plus important que d'analyser et de comprendre la gestion faite de l'Aube dorée par le système, son instrumentalisation pour le dire autrement. C'est ainsi que le pouvoir, sous prétexte d'attaques racistes ou présumées telles, préparerait une sorte d'intervention policière ou armée étrangère en Grèce, pour en finir avec toute velléité de lutte populaire notamment. Certaines « agressions » attribuées à l'Aube dorée se sont avérées être des règlements des comptes, n'empêche, internet s'est enflammé. Puis, qui peut vérifier que toutes ces agressions et autres crimes commis sur les immigrés proviennent... exclusivement des Aubedoriens. J'en ai assez de tout cela... »

Par cette même orchestration sans doute, une certaine presse prétendait cette semaine (en titre) que « l'Aube dorée prépare un coup d'État », tandis que sur l'autre versant de la presse mainstream, on se félicite (toujours) à la « Une » de « Madame Merkel, déjeunant dans un restaurant grec de Berlin ». Ils n'ont pas vraiment cherché trop loin cette fois-ci, au service de propagande de l'Ambassade allemande, néanmoins la trouvaille et la photographie de la Chancelière est, avouons-le, sympathique !

« Madame Merkel, déjeunant dans un restaurant grec de Berlin » - Ethnos 29/08
« François Hollande offrira tout son soutien à Samaras » - Adesmeftos - 27/08
"Opportunités de travail ou d'études en Australie"
"Voilier volé..."
C'est toujours cette presse, issue de la crêperie salée du mémorandisme bancocrate, cette semaine, qui prétend que « François Hollande offrira tout son soutien à Samaras », encore un simplisme de la diagonale du vide géopolitique, alors passons. Plus terre à terre et plus politique dans un sens, le journal des petites annonces (26/08) publie un encadré « proposant de l'aide  dans leurs démarches à tous ceux qui espèrent trouver des opportunités de travail ou d'études en Australie », nouvelle terre promise des Grecs, après l'Allemagne. Plus une annonce inhabituelle : « Voilier volé, nous sommes à la recherche d'informations... ». 

"La construction illégale..." - Athènes 26/08

"Le tout nouveau locataire du troisième étage"
En face de l'immeuble, la construction illégale de la structure métallique servant à installer probablement une antenne-relais de téléphonie, avance faisant dans le camouflage. Les voisins ont porté plainte, néanmoins, le tout nouveau locataire du troisième étage a d'emblée souhaité être honnête vis à vis des autres : « Je viens d'arriver, je suis entrepreneur dans le bâtiment en presque faillite. Je m'associe à la plainte mais je ne peux pas participer aux frais d'avocat. Je refaits à neuf l'appartement complet, carrelage compris, c'est un arrangement avec Monsieur Pavlos, le propriétaire. C'est un échange, je n'aurai pas à verser de loyer durant un moment... »

"Les scooters des livreurs à pizza" - Athènes 28/08
"Des affiches déchirées..."
 Sur la place en bas du quartier, les scooters des livreurs à pizza à 3,95 sont au repos tout comme le chat en bas de l'immeuble. Des affiches déchirées, entremêlent l'annonce d'un meeting anti Aube dorée et une pièce de théâtre donnant dans l'humour politique bien noir. Il fait toujours beau et chaud, d'où sans doute cette réclame en plein page du journal des annonces sur les « opportunités liées au programme Helios 2 ». Le parti communiste attendant sans doute les premières pluies, par la « Une » de son journal Rizospastis (29/08), lance un appel « pour la grève générale ». 

"Des opportunités liées au programme Helios "
Rizospastis (29/08), lance un appel « pour la grève générale »
 Mes amis cherchent du travail et ceux qui travaillent encore, apprennent de la bouche de leurs employeurs que « malheureusement bientôt les salaires seront en partie versés en tickets alimentaires, valables en supermarché ». Après tout, c'est aussi une manière de transformer... la grève générale en grève de la faim, à moins de manger la poule des voisins. 
Athènes 29/08
 

17 commentaires:

grossir a dit…

Bon courage à eux. Quand ils sortiront de l'UE ça ira déjà mieux.

ilros a dit…

je vois pas comment ça peut durer encore un an sans qu' il y ait une guerre civile ou un coup d' état dans ce pays, aux vues de ce que nous narre l' auteur jour après jour !!!

Anonyme a dit…

Cher Panagiotis,

merci pour ce blog que je lis régulièrement et partage avec tout le monde possible. Un vrai regard qui nous change du lavage de cerveau quotidien des médias, grecs ou européens mais surtout grecs....

Anonyme a dit…

Très drôle.

Magne a dit…

à part le KKE et l'aube Dorée ....cherchez l'erreur personne ne veut quitter l'Europe ....
Etudiez le niveau de vie moyen en Grèce en 1975 et maintenant ....La Grèce de pays d'émigration est passé à pays d'immigration massive et incontrolée

Anonyme a dit…

Les responsables de la coalition gouvernementale (Nouvelle Démocratie, Pasok et Gauche Démocratique) se sont réunis ce mercredi matin 29 aout pour finaliser le paquet de 11,5 milliards d'euros d'économies qui doit être voté dans les semaines à venir afin d'obtenir la nouvelle dose promise à la Grèce. Au sortir de cette réunion, le ministre des finances qui était également présent a informé la presse que le scénario de base était finalisé. Voici les différentes mesures qui devraient être prises.
Nouveau schéma de réserve d'emploi. 35 000 à 45 000 fonctionnaires seront placés pendant trois ans sous ce régime et toucheront 65% (ou 75%) de leur salaire de base. Ils seront licenciés au bout de ces trois ans.
L'objectif de cette mesure est le licenciement de 150 000 agents d'ici 2015.
Les primes de Noël, Pâques et de congés seront supprimées.
Réduction de 10 à 30% du pécule (somme cotisée comme la retraite mais versée en une seule fois au moment de la cessation d'activité) de 23 caisses de retraites. La réduction atteindrait 40% pour certaines caisses.
Contribution d'1% du montant de la retraite pour tous ceux qui ont déjà perçu leur pécule. Contribution évidemment établie indépendamment du niveau des retraites et des autres coupes. Cette mesure concernerait à peu près 800.000 travailleurs.
Réduction échelonnée des retraites.
Le projet étudié par le gouvernement réduirait toutes les pensions de retraites supérieures à 600 ou 700 euros.
Pour les retraites les plus faibles la réduction serait de 1 à 2%. Pour une retraite proche de 1000€ la coupe serait de 5% tandis que pour une pension de 2000€ la réduction atteindrait 20%. Pour les pensions supérieures à 2000€ le taux augmenterait, et un plafond pourrait être institué (on parle de 2500€).
Les retraites de l'OGA, les assurances agricoles, pourraient également être réduites.
Un prélèvement supplémentaire sera institué sur les retraites complémentaires supérieures à 400€. On parle d'une réduction de 8 à 12% si la retraite ne dépasse pas 1000€, et de 15 à 20% au-delà.
La grille unique de salaires sera étendues aux entreprises d'utilité publique (DEKO), ce qui implique des réductions de salaires allant jusqu'à 35% (!)
Les allocations sociales liées aux revenus ainsi que les pensions versées aux femmes célibataires seront réduites.
La fusion et privatisation d'une cinquantaine d'organismes publics.
Seront privatisés entre autres la loterie nationale, l'ancien aéroport, les compagnies de gaz, d'électricité et d'eau, la compagnie de gestion de l'autoroute, les ports qui sont encore publics, l'ensemble des banques dans lesquels l'Etat grec a encore des parts, divers terrains à Corfu et Rhodes, ainsi que 28 immeubles appartenant à l'Etat.
Enfin les grilles de salaire spéciales devraient être revues à la baisse, mais les différentes parties de la coalition n'ont pas encore pu s'accorder sur la mesure à adopter pour les 200 000 agents concernés par cette mesure.
Le contenu du paquet sera encore discuté à plusieurs reprises dans les jours à venir, puis sera proposé à la troïka, qui devra valider, ou non, ces nouvelles coupes. Celle-ci sera de retour à Athènes autour du 8 septembre.

ilros a dit…

ouch ça fait mal là !!! imaginez un train de mesures pareilles en france c' est dingue !!

Caroline a dit…

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/la-grece-se-meurt-la-grece-est-121924

Désolée pour le titre un brin "racoleur", mais il fallait que cela soit lu.

Merci pour vos chroniques que je partage toujours avec le plus grand nombre.

Caroline Courson

Jacoti a dit…

Point avec une amie ayant une petite retraite, on l'a eue au téléphone ce matin.
560€ de pension et une allocation de 200€.
L'allocation est coupée entièrement et 30€ sera enlevé de sa pension.

Bien vieillir, vivre vieux, vivre longtemps !!!

LD a dit…

"L'Islande s'en sort économiquement grâce à une politique de gauche !"

Bonjour Panagiotis,
voici le dernier article que j'ai mis sur notre blog "Par solidarité, je suis grec". Il peut servir d'écho à tes irremplaçables reportage sur la vie quotidienne en Grèce sous la dictature de la Troïka.

http://jesuisgrec.blogspot.fr/2012/09/lislande-sen-sort-economiquement-grace.html

amitiés,
Luc

L'Islande s'en sort économiquement grâce à une politique de gauche ! (défaut de paiement, nationalisations, dévaluation, augmentation courageuse des prestations chômage, implications des citoyens, poursuites judiciaires contre les banquiers fraudeurs, retour à la croissance...)

Voir cet article de la Tribune.
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120831trib000717168/sortie-de-crise-bons-baisers-d-islande.html

Voilà qui pourrait inspirer d'autres pays européens, comme la Grèce (même si l'Islande n'avait le carcan du traité de Maastricht et pourtant ce carcan n'est pas éternel, il suffirait de revoir enfin les institutions européennes, les rendant enfin responsables devant les citoyens européens, et non seulement devant l'oligarchie financière)...

(Nota : cet article intéressant ne parle pas de la révolution démocratique qu'a lancée simultanément l'Islande avec une processus constituant ouvert aux simples citoyens).

(Je sais, la Grèce n'est pas l'Islande, mais elle n'est pas non plus l'Argentine, qui elle aussi s'en est sortie en désobéissant aux diktats du FMI.)

Magne a dit…

300 000 Islandais .......hors de la zone Euros ....
Quand aux Argentins renseignez vous un peu .sérieusement leur situation est loin d'être idyllique

vbjcdkjsckjsbkd a dit…

L'idée selon laquelle l'euro aurait échoué est dangereusement naïve. L'euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l'euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu'il fasse.

Le géniteur des principes de l'euro est l'ex-économiste de l'Université de Chicago : Robert Mundell. Le théoricien de « l'économie de l'offre » est maintenant professeur à l'Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l'Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l'union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m'a dit, exaspéré :

« Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »

Il se trouve que je ne peux pas l'imaginer. Mais comme je n'ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration du à des règlements régissant le placement des pièces.

Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose: trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. ( Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l'avaient empêché de déplacer son trône.)

« Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l'euro.

Lire la suite ici : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=20834#p20834

vbjcdkjsckjsbkd a dit…

En quoi l'espace informatique ouvert au débats offert aux internautes par Étienne Chouard vous dérange-t-il ?

Je vous signale, puisque vous semblez ne l'avoir pas lu, qu'il s'agit juste d'une traduction en français d'un article du Guardian.

En quoi, les propos de Greg Palast dans son article du Guardian du 26 juin 2012 sur la conception et les buts de l'euro dont nous voyons les effets en Grèce n'aurait pas droit d' être cité en tant que commentaires sur ce blog ?

Au nom de quoi, il serait interdit de débattre sur l'euro ? Est-ce que les concepteurs de l'euro ont eu pitié des peuples pour mériter le silence sur leurs agissements ? En quoi un débat sur l'euro devrait-il dériver conformément à vos attentes de telle sorte qu'il soit interdit d'en débattre ?

Si c'est Étienne Chouard qui vous dérange vous pouvez calmement lire la suite ici :

L'euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors, Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l'utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

« L'euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans réduction des règles du commerce. »

Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l'euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l'avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l'économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

Pour lui, ce n'était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l'euro n'était pas de faire de l'Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.

vbjcdkjsckjsbkd a dit…

« Ronald Reagan n'aurait pas été élu président sans l'influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L'économie de l'offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l'avait appelée : « l'économie vaudou »: la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.

Mundell m'a expliqué que, en fait, l'euro est fait d'une pièce avec Reaganomics :

« La discipline monétaire s'imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »

Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n'auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d'Etat en masse, réduire les impôts et d'envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.

Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la "réforme" du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l'écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l'UE l'appliquent, cette « compétitivité » s'annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d'œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel.
Mais ils n'ont pas à expliquer leurs politiques; ils n'ont qu'à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l'union monétaire est la lutte des classes par d'autres moyens.

Nicolas VDR a dit…

Je viens de lire les commentaires sous l'article que vous mettez en lien.

Les commentaires de beaucoup (trop) de personnes sont édifiants, mais finalement guère étonnants : ils prennent la défense des banques e de ceux qui nous ont mis dans la panade !!!

Ce que certains appellent le syndrome de Stockholm, peut-être ?

Martine-Bxl a dit…

Cher Panagiotis,
Pouvez-vous approfondir ceci :

http://fr.sott.net/articles/show/8503-Gaz-Petrole-Grece

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir, je vous remercie pour vos commentaires très nombreux... à suivre la poule et sa position. Plus sérieusement et en réponse au dernier commentaire, je ne peux que confirmer en tout cas en partie, les informations apportées par l'article de soft.net. Oui,effectivement, il y a des hydrocarbures en Mer Egée et mer Libyenne (au Sud de la Crète); par contre et à titre personnel je suis incapable d'évaluer l'importance. Pour le reste, je n'ouvrirai pas un débat ici sur ce blog concernant l'euro, il est disons "ouvert de fait" par mes positions sur l'euro et par mes observations issues de la vie quotidienne sous l'euro en phase II, terminale ou pas, qui peut le dire avec exactitude ?

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