vendredi 17 août 2012

“All about Eve”



“Nos” dernières nouvelles deviennent de plus en plus brèves. Les médias poursuivant dans la quête de l'éphémère durablement accablant... et les informés décrochent aussi durablement. À quoi bon être mieux informé sur la “mise en vente” de la Banque Agricole pour quelque dizaines de millions d'euros lorsque ses actifs...



* Photo de couverture: “All about Eve”. Cinéma de plein air. Athènes, le 17 août

7 commentaires

Anonyme a dit…

L'Espagne , l'Italie puis la France...On attend notre tour

zozefine a dit…

"nos vieilles gauches n'ont rien vu venir de nos nouvelles droites." encore que, à voir chrisi avghi, il n'est pas sûr que cette extrême droite là soit si "nouvelle", car "le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde" (brecht). une des perplexités, face à cet assassinat à grande échelle opéré par le néo-libéralisme et sa stratégie du choc, est jusqu'à présent le manque de réactivité actuelle de la population : suicides, départs, repli sur soi, déchéance sociale. rien de moins, mais rien de plus. et là, j'ai du mal à ne pas penser à un livre prophétique, puisqu'écrit en 1933, par wilhem reich, "psychologie de masse du fascisme". bien sûr, les attendus psychanalytiques eux-mêmes sont un poil délirants, l'orgone n'a jamais fait recette parmi les concepts opérants, mais. mais reich pose à mon avis LA question laquelle, si on avait la réponse, nous permettrait d'avancer un peu sur le chemin du dénouage de noeud : non pas "pourquoi des gens volent dans cette situation ?", pourquoi des gens passent à l'acte, mais pourquoi tout le monde ne vole pas ? pourquoi pas 11 millions de passages à l'acte ? pourquoi cette soumission auto-destructrice à l'autorité ? à l'oppression ? au nom de quoi accepte-t-on la destruction systématique de nos vies d'individus, le seul "bien" au fond qui soit vraiment à nous ? quelle est cette chose supérieure sur l'autel de laquelle nous venons poser, à genoux, l'entièreté de nos espoirs, de nos rêves, de notre joie de vivre et le futur de nos enfants ? quel est ce moloch-baal qui se repaît de nos existences offertes avec tant d'obéissance ?

Anonyme a dit…

j'ai écouté les conférences d'Annie Lacroix-Riz notamment celle sur la "stratégie du choc" appliquée à l'europe en étudiant les différentes "crises" historiques et leurs similitudes - nous sommes tous (nous le "peuple ouvrier") dans le même bateau à différents stades des chocs. Votre pays est le laboratoire de mise en oeuvre de cette stratégie mais aussi l'exemple manipulatoire pour les autres pays.

Anonyme a dit…

"pourquoi cette soumission auto-destructrice à l'autorité ? à l'oppression ? au nom de quoi accepte-t-on la destruction systématique de nos vies d'individus, le seul "bien" au fond qui soit vraiment à nous ?"

Parce que pendant plusieurs dizaine d'années, les réseaux humains ont été détruit mais remplacé par un confort de façade, qui rendait acceptable la perte de la solidarité. Plus de réseau mais un frigidaire, un petit chez soi confortable, un salaire pas trop mal. Alors on a accepté, pensant ne pas trop y perdre.
Lorsque le confort de façade s'écroule, alors seulement on s'aperçoit qu'on a perdu notre autonomie. Et comment la reconstruire quand on ne l'a même pas connu (pour certains, ça remonte à leurs arrières-grands-parents) ?
"C'est bien plus facile de dire "Heil Hitler !" que d'avoir une crise d'angoisse" J. Oury

olaf a dit…

Cette explication du frigo est un peu absurde, j'ai toujours bénéficié d'un frigo et de nourriture, et j'ai aussi toujours dit merde à mes patrons quand nécessaire, quitte à me faire virer avec pertes et fracas. J'ai en plus trouvé très agréable, même si ça coute, de pouvoir faire chier grave ceux qui se croyaient immunisés. Leur réactions idiotes ont conforté que j'étais sur la bonne voie d'un gourmet qui empêche de tourner rond. Un plaisir cher et rare, qui se mérite. Une forme de luxe, que de crisper les nantis de pouvoir, et d'humour. Car c'est un régal que de voir leur visage quand on leur dit non. Du Buster Keaton pur jus.

zozefine a dit…

c'est sûrement pas le petit confort frigo télé à soi pour soi qui explique la soumission à l'autorité. cette soumission, elle vient de tellement plus loin historiquement et mentalement, psychiquement.

en plus, cette/ta logique explicative donne pour cause à cette soumission des acquis sociaux fondamentaux : la logique voudrait alors que plus les acquis sont nombreux (mais jamais définitifs), plus soumis on est ??? prends l'histoire de l'humanité avant ta naissance, et tu verras bien combien ce raisonnement est faux.

en plus, la grèce actuelle est le contre-exemple total à cette théorie du nombril : justement les gens n'ont plus rien, plus de petit confort, plus de petit salaire, et l'angoisse qui leur mord le bide chaque instant. et c'est justement là qu'ils sont le plus soumis.

la question de reich, c'est exactement le contraire : pourquoi quand les gens sont vraiment le plus opprimés, exploités, humiliés, déniés, vilipendés, pourquoi seuls quelques uns se révoltent ? pourquoi pas tout le monde ? pourquoi quand tu arrives pas à joindre les deux bouts, à nourrir tes gosses, à payer ton loyer, à penser demain, pourquoi tu vas pas braquer la 1ère banque ? casser du bourge (et dieu sait si les bourges grecs sont odieusement bourges) ?

question de reich dans l'allemagne de 33 : non pas pourquoi des gens volent, mais pourquoi tout le monde ne vole pas ? et on a la réponse historique, le national socialisme. son bouquin s'intitule "psychologie de masse du fascisme". je suis pas sûre de ses réponses, mais les questions sont on ne plus plus pertinentes.

Alain Lasverne a dit…

C'est une fin du monde en douceur que P. Grigoriou nous offre là, d'autant plus terrible. On en frémit par anticipation de toutes nos souffrances déjà prêtes dans nos corps offerts à la lame du Marché.
Pourquoi ne se lèvent-ils pas se demandent plusieurs commentateurs ? Mais parce qu'on ne peut penser un monde sans règles quand on est habitué à une société hyper-réglementée. La règle est dans nos esprits. A mon avis l'ami journaliste se sent un peu comme une sorte de touriste sur le pont du Titanic, en train de se dire que tout ça n'est pas...Normal.
Il y aussi la peur, la peur de la prison, des coups, si l'on se lance dans le vol ou autres.
Et une sorte de dignité qui s'interdit de se reconnaître dans le dénuement, d'en parler aux autres et d'envisager peut-être une sortie collective. L'individualisme est une prison de verre que le Marché nous a aussi légué.

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