| Athènes - Juin 2012 |
L'été
s'installe pour de bon, comme la Troïka d'ailleurs. Le pays ne
semble pas s'émouvoir de la prochaine réunion gouvernementale ni de
l’Eurogroupe déjà passé, ce n'est pas étonnant. Il y a
d’autres urgences : « gagner » un travail saisonnier,
dénicher une résidence d'un cousin ou ami retrouvé pour les
circonstances, à la mer et si possible en Grèce continentale, enfin
stocker déjà le bois de chauffage pour l’hiver prochain. Aris, le
voisin et cousin de Thessalie en a acheté pour 9 tonnes : « J’ai
du travail en ce moment dans le bâtiment. Une maison à terminer au
village de ma mère, c’est un oncle qui a pensé à moi, plus
l’installation des photovoltaïques. Nous nous sommes spécialisés
aussi dans l'installation des panneaux photovoltaïques depuis avril.
| Le café de la forteresse - Trikala - 01/07/2012 |
Nous travaillons désormais soit dans les champs ou sinon sur les
toits des maison, cela nous procurera un certain revenu jusqu’en
août, ensuite on avisera. J’ai aussi posé le carrelage chez
Yorgos, le voisin carrossier de l’autre côté de la rue, en
échange, il a repeint ma camionnette. Je pense que l’hiver
prochain sera rude. On se débrouille comme on peut, mais on
s’habitue et on s’habitue finalement à tout. Tiens, par exemple,
Dimitri notre autre cousin au chômage depuis son licenciement de la
menuiserie du coin, il a galéré durant plus d’un an. Le frère de
son épouse, Christos le boulanger, lui a trouvé une charge
provisoire donc... durable par les temps qui courent : il est
embauché en CDD par la municipalité à surveiller et à distribuer
l’eau de l’irrigation, car il y a une rotation à respecter et
surtout à surveiller. C’est un travail pratiquement sept jours sur
sept, et de nuit en ce moment, car de jour on n’arrose pas par
telle chaleur. Il gagne 700 euros par mois et il est heureux.
Christos est conseiller municipal, donc la parenté est encore utile.
»
La
parenté, les amitiés et les réseaux ont toujours été de bon
usage dans ce pays, certes, on l'a compris. Entre temps, les sans
parents, ceux qui se retrouvent privés de sens et de sens commun,
les apostats attitrés du système, les exclus de chez les inclus
dans notre univers concentrationnaire de la dette souveraine,
deviennent des bouches inutiles à nourrir, comme ces concitoyens en
hospitalisation psychiatrique sur l’île de Leros.
Grâce
à certains journalistes et à
certains blogs francophones, le vaste monde peut au moins en être
informé.
Ici,
en Thessalie et plus précisément au département de Trikala, une
vieille « tradition » a historiquement imposé que des
établissements (privés) de ce type, soient bien nombreux, davantage
que par la moyenne nationale, mais pour l’instant, la situation
reste contrôlable, en milieu hospitalier Trikaliote, les repas sont
servis. Giorgos Oikonomou doit bien être au courant de la situation de notre... pays réel en tout cas. Ce psychiatre et fils de Christos Oikonomou, psychiatre également et propriétaire de clinique à son époque. Détail... hors psychiatrie : le père Oikonomou, ex-secrétaire d'État à la santé a été depuis les années 1980, député PASOK du département. Son fils, a réussi son élection, décrochant le seul siège PASOK à Trikala en mai 2012, mais il n'a pas été réélu en juin. Giorgos Oikonomou a épousé la fille de Soula Merediti, également élue Pasokiste durant la législature 2009-2012. Donc la psychiatrie à Trikala se porterait plutôt bien.
| Bureau politique de Giorgos Oikonomou - Trikala 02/07 |
En revanche, notre Sécurité Sociale après réunification
forcée des multiples caisses de santé jadis organisées par
branche, va très mal. Le nouvel organisme mis sur pied en Janvier
2012, cumule en six mois, 4,1 milliards d’euros de dettes sur un
budget annuel estimé à 5,8 milliards d’euros. Cette nouvelle
hyper-Caisse (EOPYY), doit 570 millions d’euros aux praticiens des
laboratoires, 800 millions aux cliniques privées, 550 millions à
l’industrie pharmaceutique, 540 millions aux pharmaciens et 1,7
milliard aux Hôpitaux Publics. Ainsi l’EOPYY serait à la
recherche d’un nouvel emprunt, et déjà, les employés de la
branche bancaire... ressuscitant leur propre organisme à part, ils
ont récemment abandonné le radeau de la... « grande Sécu ».
Sans
évoquer les effets... eugénistes de la mise à mal du système du
tiers payant pour le grand ensemble populaire des... brebis
socialement galeuses. G. Theodorakis, président à l’ordre des
cardiologues grecs en a une certaine idée plus précise : « J’ai
eu à m'occuper d'un patient qui avait subi un incident cardiaque
assez sérieux, mais pendant cinq jours, il évitait pourtant
l'hôpital par manque de moyens. Il a eu de la chance, car la
mortalité dans ce type de pathologies s'élève à 20% des cas
observés. Depuis plusieurs semaines, nous constatons par ailleurs
l’arrivée aux urgence des cas de plus en plus fréquents d'œdème
pulmonaire. Il s'agit des patients souffrant de pathologies
cardiovasculaires et qui ont déjà arrêté le traitement, toujours
par manque de moyens. Ces patients n'avouent pas si naturellement
cette interruption volontaire de leur traitement car ils ont honte.
[C’est seulement après les soins en réanimation], et suite à
l’interrogatoire des médecins ayant pratiqué dans l’urgence
qu'ils finissent par l'admettre. Nous constatons enfin, une
recrudescence spectaculaire des décès par infarctus et par des
hémorragies cérébrales, d’abord par manque de suivi mais aussi,
la généralisation avérée des cas de dépression, suite à la
crise », (communication issue du 8ème colloque international de
Cardiologie qui s’est tenu à Rhodes, reproduite par l’hebdomadaire
satyrique To Pontiki, 28/06).
| Trikala centre-ville - 01/07 |
C’est
vrai qu’à Athènes, la situation semble plus préoccupante
qu’ailleurs, malgré son côté « occulte ». Et dans
les campagnes parfois même, la crise serait tout simplement encore
moins visible. Cette ville de Trikala par exemple, demeure paisible
dans ses apparences. J'y remarque des cafés moins fréquentés puis
ce vieil ami libraire introuvable, car il a fait faillite depuis
avril. Et la Grèce se cherche, et elle se cherche aussi un moment de
répit et de repos. Peu importe comment, il y a que le coût qui
compte, et alors il faut qu'il soit moindre, toujours moindre.
Stéphanos par contre, gérant et patron de la menuiserie du village
se concentre sur d’autres soucis. Il a déjà licencié tous ses
employés, dont Dimitri mon cousin reconverti dans... le partage des
eaux, et il ne fabrique plus un seul placard, mais il attend. « La
prison »,
comme il dit parfois en rigolant. Ses ex-associés ont pris leur
retraite il y a un an, et se sont retirés de la mauvaise affaire.
Lui, espérant encore toucher une retraite dans deux ans il reste,
mais alors comment, en arriver un jour à la retraite, ce n'est plus
évident. Le temps des évidences est terminé. Car cet ex-menuisier
est toujours redevable à l’organisme de recouvrement des
cotisations de sécurité sociale pour indépendants, au impôts, à
trois banques. Récemment, trois huissiers se sont présentés chez
lui, « c'est ma Troïka à moi » comme il s’amuse à
raconter. Sa petite entreprise était florissante encore il y a dix
ans, et ses meubles vendus jusqu'en Crète, mais c'était avant IKEA
et avant l’euro. La peau de l’ours est vendue et l’ours sera
affamé. La mondialisation... soit elle t'aime, soit tu la quittes,
pas elle, mais ta vie de petit patron.
On
vient d'apprendre par un reportage du quotidien Kathimerini, qu'un
ours affamé, s’est approché à plusieurs reprises des faubourgs
de la ville de Kastoria, au Nord de la Grèce. Un éleveur, derrière
le spectacle désolant des ses volailles et ses moutons en train de
périr, a menacé de se suicider se jetant du bâtiment de
l’administration régionale. Heureusement, il a changé d’avis
après négociations avec les autorités, il a surtout obtenu la
promesse de la Société de protection de la faune, que cet animal
serait neutralisé, et ainsi endormi, il serait transporté dans une
région du pays. Sur place on évoque inlassablement la crise, mais
certains soulignent à juste titre, que les ours ont toujours été
de notre faune sauvage familière... bien avant les Troïkans, donc
acte.
| Trikala - Café rue d'Asclépios - 02/07 |
Il
devient d'ailleurs plus facile à négocier avec les ours, qu’avec
la Troïka et les bancocrates, question de rapport de force sans
doute, et ce n’est guère Thucydide qui dirait le contraire.
Antonis Samaras et nos autres marionnettes de la gouvernance
désormais élues, semble oublier toute velléité dans la
négociation probbale des Traités et accords, passés avec le
directoire de l'Euro-zonage. Chez SYRIZA, on réclame au moins, les
mêmes clauses d'exception accordées à l'Italie et à l'Espagne.
Est-ce encore possible que de le penser ? Les citoyens encore
pensifs sont bien résignés : « Moi je laisse tomber,
je ne m'occupe plus de rien du grand sort commun, je démissionne, je
voudrais simplement partir une petite semaine à Rhodes, c'est tout
», déclare S.P., mon ami instituteur.
«
Pax Alemana ou sinon le Chaos », est le titre d’un papier
publié par To Pontiki jeudi dernier : « L'Allemagne mise
gros et son jeu de poker devient très serré, dans la mesure où
elle recherche à pérenniser son contrôle complet sur la Zone euro,
en passant par rétablissement désormais supranational des budgets
ex-nationaux. Pour ce faire, et ceci d’une manière apparente ou
dissimulée, les biens nationaux des pays en question seraient en
quelque sorte hypothéqués, c’est aussi un des enjeux du sommet de
Bruxelles. C’est surtout en cela que le cas grec, un cas de
laboratoire, en devient crucial. Ce jeux se poursuivra prochainement
en France, car le conflit pour le moment verbal entre François
Hollande et Angela Merkel, plus la récente tentative de
différenciation par le nouveau président de la France, tentative
d’ailleurs vivement encouragée par Barack Obama, ne semble pas
pour autant, mettre la France à l'abri des attaques des marchés et
de sa dégradation toujours possible, qui est à craindre, par les
agences de notation. Nous en ignorons les conséquences d'un tel
scenario, d'autant plus, que la France n’appartient pas au club des
pays pauvres et... perturbateurs du sud ».
![]() |
| Ursus Arctos en Grèce - Source zoosos.gr - 04/2012 |
Sauf
que de Trikala à jusqu'à Paris on peut toujours ignorer les
analystes et pour cause. Il y a les vacances, ou sinon le quotidien
implacable ou pour certains, encore rassurant. Les prêtres, « nos »
popes se portent bien, aux dires de mes amis ici, même si les
baptêmes à l'église ne concernent désormais qu'un cercle familial
restreint. Mais encore dans pareils cas... le kitsch ne ment toujours
pas ! Entre-temps, j'apprends depuis Athènes, que dans la
parentelle de mon ami Petros, une personne organise un mariage
somptueux à Vouliagmeni dans les quartiers sud des bords de mer. De
l'ostentatoire en pareille époque, est-ce encore possible, qui sont
ces gens ? « Un oncle lointain et son épouse, la
mariée c'est ma cousine. Lui il est retraité du corps diplomatique,
et elle, de la Commission Européenne, une autre planète »,
a précisé Petros au téléphone, pour y ajouter : « Je
ne pense pas m'y rendre. D'abord j'ai horreur des mariages, ensuite,
il faut pouvoir s'habiller à la hauteur, ma compagne et moi cela
fera des frais, et enfin, je ne peux pas financer un cadeau de
mariage correspondant... à leur système solaire ».
| "Baptême en cercle familial restreint" - Trikala 01/07 |
Au
bureau de la Poste de Trikala ce matin, il y a eu une altercation
entre deux retraités du système solaire bien de chez nous :
« Je touchais 1.800 euros de retraite, et elle a été
réduite, je me retrouve à 1.400 euros seulement. On devrait aussi
tailler sur les petites retraites aussi, même ceux qui sont à 500
euros devrait en souffrir ». « Tu parles c...ard,
moi à 470 euros de retraite par mois, plus les nouvelles taxes à
supporter je meurs ». « Et moi, j'avais cotisé,
je ne l'avez pas volé ma retraite ». D'autres plus jeunes
parmi les administrés et usagers de la Poste, actifs ou chômeurs se
sont interposés pour calmer les ardeurs de notre troisième âge.
Visiblement la prochaine Guerre civile éclatera... dans une maison
de retraite. Pas loin de ce bureau de Poste, un autre retraité s'est effondré, le SAMU est arrivé rapidement, c'est vrai que l'hôpital est à dix minutes à pied. Tout le monde s'est senti rassuré pour une fois : "Voyez-vous, nous ne sommes pas complétement abandonnés", a dit une femme. Pas de réponse, c'était hier midi.
| "Un retraité s'est effondré, le SAMU est arrivé rapidement" - Trikala 01/07 |
À
la Poste, j’ai rencontré par hasard dans Giorgos, un ancien
camarade de classe devenu expert comptable, témoin aussi de la
scène, il s'est aussitôt emballé sur la crise : « Cette année
c’est encore pire. Les pauvres, les chômeurs, les petits retraités
seront durablement imposés sur leur patrimoine ou à partir de
celui-ci. Une petite maison, un champ, une vieille voiture, les «
critères » de richesse seront implacables. Les vrais « moyens
possédants » s’en sortiront par contre. Des médecins ou des
anciens promoteurs immobiliers du département, en ont déjà des
sociétés offshore, ou ils se déclarent en Bulgarie, le transfert
fiscal coûte moins de 3000 euros. Et même, lorsqu’il ne le font
pas, craignant pour leur (relativement petite) richesse accumulée
déjà planquée, ils paieront sans broncher toutes les taxes et les
impositions exceptionnelles ou pas, surtout pour ne pas se mettre en
porte-à-faux vis à vis de l'administration fiscale, les pauvres
peut-être, iront encore en prison ».
| « Consommez moutons » - Trikala 02/07 |
Ou
en Australie. Ici aussi dans les cafés de Trikala, des représentants
de la génération des trentenaires, hommes et femmes, évoquent
inlassablement leur possible sortie de la crise : « J’ai
téléphoné au frère de ma mère à Sydney, j’irais en Septembre
». Sur un mur d'en face un graffiti : « Consommez moutons »,
dépassé je crois. Mais à gauche, et dans les colonnes du quotidien
historique, proche de SYRIZA (Avghi), on analyse encore avec brio et
sérieux le sens du vote : « les jeunes ont massivement voté à
gauche c’est encourageant ».
On
vient de l’apprendre, la prospection pétrolière s'accélère à
l'Ouest du pays et le gouvernement se décide à exiger une
imposition supplémentaire, toujours exceptionnelle sur les revenus
de l’année dernière. Moutons et peau de l’ours, juillet 2012,
été grec.
À
la gloire de notre chien-manifestant Loukanikos, un bistrot de Madrid
en porterait désormais le nom. Amis Madrilènes éclairez-nous
![]() |
| "Loukanikos, un bistrot de Madrid ?" - Photo Lifo.gr - juin 2012 |


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4 commentaires:
Bonsoir,
voilà plusieurs fois que j'hésite à poster ce lien.
http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-4-page-99.htm
Ca fait plusieurs fois que je pense à donner ce lien, mais que je me ravise par peur des anachronismes, des comparaisons déplacées.
Oui bien sûr, aujourd'hui en Grèce, ce n'est pas la guerre, ce n'est pas l'Occupation, ce ne sont pas les nazis. Précisons cela dit que rien ne permet d'affirmer semble-t-il de façon tangible pour le cas français qu'il y ait eu de la part de Vichy, une volonté de supprimer ces "malades".
Alors justement, ça fait réfléchir.
Il me semble évident que dans le cas grec il n'en est pas non plus question.
Donc. Donc quoi ? Donc. Et c'est là où je tourne autour du pot depuis plusieurs jours. Comment dire. Comme ça, l'idée qui me vient et se rappelle à moi c'est que les baudruches de l'Histoire servent de paravent mémoriel à des motifs beaucoup plus simples, beaucoup plus banals. Économiques en l'occurrence. Et que ce sont les motifs en tant que non considérés pour leurs nuisances et dans leur logique qui font naître ces baudruches. Par baudruche j'entends les hystéries disons, qui conduisent vers les gares des des-solutions-qui n'en-sont-pas.
Cercle vicieux.
L'Histoire ne se répète pas en ce sens que le passé ne peut être restitué dans le présent, ce qui serait absurde, que le réel d'hier est révolu, laissant la place au réel de maintenant. Et heureusement car cela signifie que la route est ouverte, que nous pouvons choisir de nous engager sur des voies qui nous élèvent, plutôt que vers celles qui nous laissent des tâches sur les mains.
Mais que nous répétions des scènes de l'Histoire, c'est ce qui arrive quand on n'a pas été capable de dégonfler les baudruches par l'examen des choses qui les font naître.
Je ne sais pas si je suis très claire. Enfin j'essaie de toucher du doigt quelque chose.
Je me disais l'autre jour qu'à Léros nous étions en été. Les patients des hôpitaux ne sont plus nourris depuis le 5 juin, du moins le ministère de la santé n'assure-t-il plus cette responsabilité, malgré les appels des médecins.
Et je me disais... Et cet hiver ? J'y pensais déjà la semaine dernière avant que vous ne nous apportiez le témoignage de l'artisan qui prépare son bois de chauffage, mais ça me l'a rappelé. Quoi? Que plus de 40 000 personnes sont mortes de faim ET de froid, dans les hôpitaux psychiatriques français entre 1940 et 1945.
Des fois je me dis que plus qu'un passé éclairant le présent, c'est le présent qui éclaire le passé. Les choses du passé deviennent comme palpables pour qui ne les a pas vécues.
Peut-on espérer un deuxième mouvement ? Du passé au présent après retour du présent au passé ? Pour tirer les conclusions qui s'imposent ?
Je vous remercie de nous maintenir ainsi alertés par ce qui se passe à Léros. C'est très important, je crois que ça fait révélation des processus qui conduisent à s'orienter, à persister dans des solutions qui n'en sont pas !!
Il faut dégonfler les baudruches par l'examen véritable des logiques véritables à l'origine de nos problèmes.
Cela fait un certain temps que je lis votre blog et ... il m'apprend beaucoup. Il peut apprendre beaucoup ... il pourrait apprendre aux allemands (et aux autres européens dont les français) que les grecs sont des humains. Que pour quelques spéculateurs, des vies sont brisées, éparpillées. Peut-être que la Grèce sera la tête d'un renouveau de notre civilisation qui n'en finit pas de craquer et d'être engloutie. Je l'espère. Et, à chaque fois, je suis extrêmement émue par l'humanité éclatante de cette jeune fille face aux robocops policiers, dans la bannière.
Merci.
Bonjour,
Merci pour votre commentaire et réflexion prolongeant nos débats et aussi nos interrogations. Vos comparaisons sont très justes, le présent et le passé sont en interaction, en temps "ordinaire" les gens et le sociétés humaines en oublient les mécanismes mais par temps de crise comme vous le dites "Les choses du passé deviennent comme palpables pour qui ne les a pas vécues".
Encore merci
Bonjour et merci pour vos pensées. Je ne sais pas pour la Grèce (car notre situation est fort "délicate"), mais en tout cas que les peuples européens,Allemands compris, prendront le chemin du renouveau, avant qu'il ne soit trop tard.
Alors puisque vous évoquez cette photo,je voudrais vous apporter certaines précisions... historiques. C'est une photographie que j'ai réalisé sans aucune mise en scène, il y a un an Avenue Vas. Sofias devant le Parlement grec, alors encerclé par les manifestants du mouvement des Indignés. Cette image correspond à une séquence historique précise : la société grecque n'est pas encore détruite dans ses ressources matérielles et psychologiques (au point où elle en est en ce moment). On manifeste et on espère encore à un dénouement facile, et facile aussi grâce à la lutte. J'ose espérer que cette jeune femme sur la photo, qui m'est une inconnue, n'a pas par exemple, emprunter le chemin de l'exil économique depuis. En tout cas, en juin-juillet 2012, et après une année supplémentaire sous le mémorandum, nos représentations collective et les mentalités ont rapidement évolué, pour le meilleur ou pour le pire. Nous gardons pourtant parfois le sourire, je l'espère !
Merci
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