mardi 3 juillet 2012

L’ours et les moutons



L'été s'installe pour de bon, comme la Troïka d'ailleurs. Le pays ne semble pas s'émouvoir de la prochaine réunion gouvernementale ni de l’Eurogroupe déjà passé, ce n'est pas étonnant. Il y a d’autres urgences: “gagner” un travail saisonnier, dénicher une résidence d'un cousin ou ami retrouvé pour les circonstances...



* Photo de couverture: Athènes, Juin 2012

4 commentaires

M a dit…

Bonsoir,

voilà plusieurs fois que j'hésite à poster ce lien.

http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-4-page-99.htm

Ca fait plusieurs fois que je pense à donner ce lien, mais que je me ravise par peur des anachronismes, des comparaisons déplacées.

Oui bien sûr, aujourd'hui en Grèce, ce n'est pas la guerre, ce n'est pas l'Occupation, ce ne sont pas les nazis. Précisons cela dit que rien ne permet d'affirmer semble-t-il de façon tangible pour le cas français qu'il y ait eu de la part de Vichy, une volonté de supprimer ces "malades".

Alors justement, ça fait réfléchir.

Il me semble évident que dans le cas grec il n'en est pas non plus question.

Donc. Donc quoi ? Donc. Et c'est là où je tourne autour du pot depuis plusieurs jours. Comment dire. Comme ça, l'idée qui me vient et se rappelle à moi c'est que les baudruches de l'Histoire servent de paravent mémoriel à des motifs beaucoup plus simples, beaucoup plus banals. Économiques en l'occurrence. Et que ce sont les motifs en tant que non considérés pour leurs nuisances et dans leur logique qui font naître ces baudruches. Par baudruche j'entends les hystéries disons, qui conduisent vers les gares des des-solutions-qui n'en-sont-pas.

Cercle vicieux.

L'Histoire ne se répète pas en ce sens que le passé ne peut être restitué dans le présent, ce qui serait absurde, que le réel d'hier est révolu, laissant la place au réel de maintenant. Et heureusement car cela signifie que la route est ouverte, que nous pouvons choisir de nous engager sur des voies qui nous élèvent, plutôt que vers celles qui nous laissent des tâches sur les mains.

Mais que nous répétions des scènes de l'Histoire, c'est ce qui arrive quand on n'a pas été capable de dégonfler les baudruches par l'examen des choses qui les font naître.

Je ne sais pas si je suis très claire. Enfin j'essaie de toucher du doigt quelque chose.

Je me disais l'autre jour qu'à Léros nous étions en été. Les patients des hôpitaux ne sont plus nourris depuis le 5 juin, du moins le ministère de la santé n'assure-t-il plus cette responsabilité, malgré les appels des médecins.
Et je me disais... Et cet hiver ? J'y pensais déjà la semaine dernière avant que vous ne nous apportiez le témoignage de l'artisan qui prépare son bois de chauffage, mais ça me l'a rappelé. Quoi? Que plus de 40 000 personnes sont mortes de faim ET de froid, dans les hôpitaux psychiatriques français entre 1940 et 1945.

Des fois je me dis que plus qu'un passé éclairant le présent, c'est le présent qui éclaire le passé. Les choses du passé deviennent comme palpables pour qui ne les a pas vécues.

Peut-on espérer un deuxième mouvement ? Du passé au présent après retour du présent au passé ? Pour tirer les conclusions qui s'imposent ?

Je vous remercie de nous maintenir ainsi alertés par ce qui se passe à Léros. C'est très important, je crois que ça fait révélation des processus qui conduisent à s'orienter, à persister dans des solutions qui n'en sont pas !!

Il faut dégonfler les baudruches par l'examen véritable des logiques véritables à l'origine de nos problèmes.

HugBert a dit…

Cela fait un certain temps que je lis votre blog et ... il m'apprend beaucoup. Il peut apprendre beaucoup ... il pourrait apprendre aux allemands (et aux autres européens dont les français) que les grecs sont des humains. Que pour quelques spéculateurs, des vies sont brisées, éparpillées. Peut-être que la Grèce sera la tête d'un renouveau de notre civilisation qui n'en finit pas de craquer et d'être engloutie. Je l'espère. Et, à chaque fois, je suis extrêmement émue par l'humanité éclatante de cette jeune fille face aux robocops policiers, dans la bannière.

Merci.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour,
Merci pour votre commentaire et réflexion prolongeant nos débats et aussi nos interrogations. Vos comparaisons sont très justes, le présent et le passé sont en interaction, en temps "ordinaire" les gens et le sociétés humaines en oublient les mécanismes mais par temps de crise comme vous le dites "Les choses du passé deviennent comme palpables pour qui ne les a pas vécues".

Encore merci

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour et merci pour vos pensées. Je ne sais pas pour la Grèce (car notre situation est fort "délicate"), mais en tout cas que les peuples européens,Allemands compris, prendront le chemin du renouveau, avant qu'il ne soit trop tard.

Alors puisque vous évoquez cette photo,je voudrais vous apporter certaines précisions... historiques. C'est une photographie que j'ai réalisé sans aucune mise en scène, il y a un an Avenue Vas. Sofias devant le Parlement grec, alors encerclé par les manifestants du mouvement des Indignés. Cette image correspond à une séquence historique précise : la société grecque n'est pas encore détruite dans ses ressources matérielles et psychologiques (au point où elle en est en ce moment). On manifeste et on espère encore à un dénouement facile, et facile aussi grâce à la lutte. J'ose espérer que cette jeune femme sur la photo, qui m'est une inconnue, n'a pas par exemple, emprunter le chemin de l'exil économique depuis. En tout cas, en juin-juillet 2012, et après une année supplémentaire sous le mémorandum, nos représentations collective et les mentalités ont rapidement évolué, pour le meilleur ou pour le pire. Nous gardons pourtant parfois le sourire, je l'espère !

Merci

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