mercredi 18 juillet 2012

Figues de septembre



Ce mois de juillet est déjà bien plus accablant que d'habitude. On circule moins, on respire moins et finalement d'année en année on a aussi l'impression de... moins vivre. C'est ainsi qu'on regarde parfois en arrière allant de surprise en surprise.



* Photo de couverture: Athènes, lors des manifestations de juin 2011

20 commentaires

Anonyme a dit…

Premières impressions au retour de Grèce.
3 îles des Cyclades et un passage à Athènes.
Il n'y a pas de signe patent de la crise, visible de façon évidente. A Athènes, on voit une boutique sur 2 fermée en périphérie, mais je me souviens m'être déjà fait cette réflexion les précédentes fois où je suis venu. En ville de nombreux commerces semblent fermés, mais il n'est pas évident de savoir si c'est massif ou non. Les signes visibles sont plutôt le relatif faible nombre de touristes: je me souviens de Plaka avec un monde fou, même hors saison. Là, j'ai trouvé le quartier calme, les terrasses étaient pleines mais l'ambiance restait paisible.
Sur les îles, la même impression domine. Les hôtels n'étaient pleins nulle part, alors que tous les guides conseillaient de réserver quelques mois à l'avance pour la période de mi-juillet.
A Santorin, j'ai trouvé Oia et Thira très vides, normalement il est impossible de se frayer un chemin dans les ruelles principales. Ces jours-ci, il y avait du monde, certes, mais en nombre très très supportable. Et les hôtels semblaient tous avoir de la place, nous n'avons jamais dû attendre pour un bar ou un resto.

Anonyme a dit…

Avec les élections de juin, j'ai appris que malheureusement la plupart des gens sont des moutons, et que les moutons on une déconcertante envie de se faire tondre...Triste monde mais finalement les élites n'ont pas tort, il ne peut rien leur arriver. Les gens préfèrent toujours sacrifier leurs libertés au détriment de l'ordre. Ainsi naissent les dictatures, et la dictature Europe n'en est qu'à ses débuts...

David a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
cil'vie a dit…

arrivée sur l'île de Naxos depuis le mois d'avril, je vois les propriétaires (hotels bars restaurants) désepérer de jour en jour .. j'étais venue 2 semaines l'année dernière et à peu près tous disaient avoir fait une excellente saison et se préoccupaient assez peu de ce qui pouvaient se passer dans le reste du pays, d'ailleurs la majorité des îles ont voté N.D si je ne me trompe pas ... seulement voilà cette année ils sont touchés à leur tour .. les touristes ne sont pas au RDV .. un propriétaire de "pension" est persuadé qu'il n'est pas inscrit sur les bons sites internet et ne veut pas entendre que "la crise" est à leur porte .. la banque le harcèle suite au crédit qu'il a prit pour rénover ses chambres cet hiver ... la femme de ménage travaille pour 10e par jour, c'est mieux que rien m'a t elle dit .. les transports sont hors de prix ... c'est par ce biais que les îles sont en train de rejoindre le continent, mais est ce pour autant que le peuple trouvera l'unité pour combattre la troika ?
car si la vie parait normale elle ne l'est que pour les touristes ...

David a dit…

Une amie revient de Crète et elle me fait le même constat. Tout est normal pour les touristes français en Crète. Les gens accueillant un peu moins bien le touriste dit-on, mais on vit normalement et on trouve de la nourriture et on me dit que les oranges sont à 0.25 euro le kilo.... Donc les gens qui viennent en Grèce passent à côté de la réalité profonde. Ils sont là certes pour oublier leurs propres soucis... Ceci expliquant cela sans doute.

Que pensez-vous de cette vision extérieure?

M a dit…

Beaucoup de densité dans tous ces billets...

Voici un poème de Laadi FLICI auquel je pense en vous lisant.

Rue Ben M’Hidi
(extraits)

une terrasse de café, des rires
un caïd, un garde champêtre, un melon
des partis, des pastis, des paniers, un arabe
un jeu de boules, une famille hernandez, une autre
un yaouled, un vote, un petit paquet, un kabyle
une campagne électorale, une arrestation
une carte blanche, un colon, une descente
un 380 francs journalier, un popaul
une fatma, un bachaga, un soleil, un chaouch
un pied noir, un autre, un cinéma majestic
un bab el oued, un lopez, un lynch
un square bresson, des ânes, des tournées
un bugeaud, un randon, une a.g.e.a
un vive le gallia, une personnalité religieuse
un mouloudia, un enfant de la casbah, un autre
un kabyle intelligent pas comme les autres
un barman, un pied noir, un directeur
un messier libéral très distingué, un notable
un spectacle de la semaine, un autre, un autre pluriel

vous qui savez ce que sont
la noblesse de l’esprit
et l’élévation de la pensée
la dignité humaine
et la liberté totale
témoignez et criez
tout haut !

Source:
Quand la nuit se brise
Anthologie dirigée et présentée par Abdelmadjid Kaouah

cording a dit…

ai improvise um voyage dans votre pays et reside a l'hotel zeus rue sophocle A Athenes. Cordialement. A demaim peut-ETRE.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci pour tous vos commentaires ainsi que pour poème. Vos remarques concernant le "regard du touriste" sont fort intéressantes. Déjà, le touriste n'étant plus le voyageur, il n'est pas censé voir donc par définition. Ensuite, les professionnels du tourisme ont tendance à minimiser les effets de la crise devant leurs clients, j'en connais un certain nombre et je sais qu'ils agissent de la sorte, ce qui est compréhensible. Ensuite, la crise et ses drames savent parfois se cacher ! Le pays est à -22% sur son PIB depuis le début de la crise, donc, la situation fait penser, toute proportion gardée, à celle de l'Argentine. Le taux de chômage officiel a triplé et un commerce sur trois a fait faillite. Et à travers un système de santé sur le point de s'effondrer, un habitant sur trois n'a plus aucune couverture santé, d'ailleurs j'en fais partie de ces... citoyens qui font attention à leur forme dans un sens ! Sans parler des suicides, des pathologies psychiques et les autres... perles de la crise que vous connaissez également à travers la lecture de ce blog. Voilà pour la réalité. Sauf qu'elle ne concerne pas toute la population, ou pas toute la population de la même manière. Je considère qu'entre 20% et 30% de la population sont suffisamment épargnés pour l'instant, et ces gens remplissent entre autres, les terrasses et les cafés. Mais pour se rendre sur les îles c'est un peu plus compliqué.Déjà, le prix des billets (bateau ou avion) sont exorbitants, entre 400 et 700 euros pour une traversé AR et les îles depuis le Pirée, pour une famille composée de quatre personnes et leur voiture par exemple. C'est d'abord une certaine clientèle grecque qui manque et qui manquera durablement des Cyclades par exemple. J'ai connais une famille qui s'y rendait chaque été à Mykonos ou à Paros faisant dans le lifestyle et non pas pour une quelconque envie de découvrir et de redécouvrir l'harmonie des lieux. Ils étaient bons clients en plus, pour les mêmes raisons. Cet été, ils vivent grâce à la solidarité familiale et encore. Et ce n'est qu'un cas bien parmi d'autres. J'étais à Paros en Septembre 2010 et on parlait déjà de la crise en montrant l'immobilier mis en vente.Dernier point, les îles et Crète, avant la crise, avaient le taux de chômage le plus bas du pays et une certaine richesse indéniable et indéniablement acquise et si peu de temps en réalité, ainsi et pour un moment des effets de la crise semblaient amortis. Plus pour longtemps. Le tourisme ne sera plus de masse et surtout pas de n'importe quelle masse, celle de la classe moyenne ou même ouvrière je crois.

Ultime remarque, il semblerait que certains touristes allemands, venant en Grèce avec trop de stéréotypes et le faisant savoir haut et fort, ne seraient pas toujours bien reçus, mais ceci relève d'un autre débat.

Encore merci pour vos commentaires

Panagiotis Grigoriou a dit…

Pouvez-vous m'envoyer un mail svp

merci

Anonyme a dit…

N'oublions pas que les malheurs du peuple Grec, Espagnol, Portugais, Irlandais, Islandais, etc... sont la conséquence directe des agissements mafieux du plus grand réseau criminel du XXI° siècle : la banque Goldman Sachs :

Pour se souvenir et ne pas oublier les tenants et les aboutissants de la crise financière mondiale : Séance "Nostalgie" avec l'économiste James Galbraith :

http://www.dailymotion.com/video/xfifs6_economistes-atterres-james-galbraith_news

Jacoti a dit…

Je vous invite à regarder ce docu sur Goldman Sachs, effrayant...!!

http://rutube.ru/video/8126acce09774791212eebb5fae57f2e/

Anonyme a dit…

Merci à vous pour vos magnifiques reportages.
Je suis pour la 11ème fois dans le Pélion, ici, les gens semblent s'en sortir grâce aux jardins. Les terrasses ne sont pleines que le week-end. Les gens de notre âge (45 ans environs) ne parlent pas trop de leurs problèmes, j'ai l'impression qu'ils ne veulent pas nous importuner. Cela fait plus de 20 ans que je viens en Grèce, j'adore ce pays, sa culture, sa langue (très difficile)... L'hospitalité est toujours aussi grande, la générosité incroyable.Il faut dire qu'ici,chez vous en Grèce, on adore les enfants.
Continuez à écrire vos articles! C'est vrai que c'est dure, mais l'intelligence des analyses, cela donne du courage!
Bien à vous
Nathalie

Lionel a dit…

Le capital est sans frein et ceci n’a pas de précédent.
Si le capitalisme épouse les méthodes mafieuses, une sortie de la Grèce de la zone euro est légitime voire nécessaire, sans quoi la situation ne fera qu'empirer, elle deviendra désespérée et sans recours. Le danger serait entre autres celui du remplacement d’un peuple par d’autres habitants, un appauvrissement permettant de se saisir des terres et d’en faire le jardin d'une caste de nantis.

J’espère que le génie grec inventera une alternative, l'inverse n'est pas concevable.
Je lis vos notes avec inquiétude sur le présent et l'avenir d'un pays que je parcours pendant mes vacances. Des îles rugueuses, brûlantes, brassées d'azur et de vents, par endroits d'une beauté sauvage, rare. Lieux où les habitants peuvent encore vivre en intelligence avec leur environnement, même si cela peut être dur.

Plus que jamais le tourisme est indispensable à la survie des îles. La Grèce possède de nombreux atouts pour résister à une mutation imposée. Nos amis grecs devront éviter les querelles intestines car la partie qui s’engage est inouïe. Il s'agit maintenant de prendre la mesure de ce qui est essentiel.

Nous marchons dans vos pas.
Lionel

M a dit…

Pour changer vraiment la donne, il faudrait de toute façon en passer par les grandes structures.

Lesquelles grandes structures choisissent pour l'heure le chemin des politiques austéritaires. Ce qui nous rapproche plus de la Solution finale, de la tombe, de la barbarie, du chaos, que de la dignité humaine.

Ça crève les yeux et le coeur mais "on" préfère précipiter les sociétés dans l'abîme que reconnaître qu'"on" s'est trompé, d'ailleurs "on" le voit bien mais "on" est incapable de concevoir en quoi, et "on" préfère se comporter comme des irresponsables plutôt que d'avoir à renoncer à d'abjects privilèges, "on" est trop occupé à brasser de l'air, "on" est trop occupés à danser les danses incestuelles de l'entre-soi des élus de la particule argentière, à mépriser les autres d'autant pour se ré-hausser soi. Sur des colosses aux pieds d'argile. Et alors le ridicule tue. Les autres.

Certains sentant le vent tourner préparent quelques réaménagements. De pure forme. Tels des toupies se laissent à peine dériver sur les bords du cadre que forme leur idéologie, pour capter juste ce qui sied à leurs retournements de veste, point trop n'en faut. Tels des chats cherchent à retomber sur leurs pattes. Mais les chats sont gras et lourds. Mais passons sur ces intestins-là nourris aux petits fours.

A quelques encablures, "on" vote contre son prochain, "on" vote contre la société, "on" lave son camping-car rutilant pour la troisième fois en trois jours, "on" s'étonne qu'il y ait si peu de familles sur les routes des vacances, si peu de touristes, autant de tempes grises, en haute saison. "On" prépare un barbecue, "on" promène son chien dans le camping, "on" serre la main du voisin qui dîne d'une boîtes de saucisses-lentilles, le chômage, un divorce, le camping. La faute à la crise. C'est bien triste mon pauvre monsieur. A pôle emploi, mettre ses doigts dans ses pouces et dire oui Madame à la nouvelle zélée en herbe. Intérioriser cette violence. La tourner vers soi. Ce qu'il faut pour montrer patte blanche. Ce qu'il faut pour ne pas déranger les esprits clivés de la normopathie ambiante, les schizophrénies des citoyens capitaliseurs. Bonne soirée messieurs dames, la nuit sera fraîche sous la tente, ici l'été se fait attendre, mais cet hiver c'était bien pire. On se salue encore. Et puis on rentre "chez soi".

Indignez-vous - Révoltez-vous a dit…

Je crois que la Gréce aurait du choisir la sortie de l'€uro lors des dernières élections. Probablement quelques mois difficiles mais ensuite une compétitivité retrouvée et des jours meilleurs (et libres..)
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé hier vendredi 20 juillet ne plus accepter pour le moment que les banques déposent en garantie auprès d'elle des titres de dette émis par la Grèce, dans l'attente du rapport de la troïka sur l'état d'avancement des réformes dans le pays.
Les banques grecques pourront obtenir les liquidités nécessaires auprès de leur banque centrale nationale, "en vertu des dispositions existantes dans l'Eurosystème"
Cette décision intervient alors que l'accord sur les garanties apportées par la zone euro à la BCE pour accepter les titres grecs prend fin le 25 juillet.
Les chefs de la troïka, formée par l'Union européenne, la BCE et le FMI, doivent se rendre en Grèce la semaine prochaine
Selon la presse grecque, le rapport définitif de la troïka n'est toutefois pas attendu avant la fin août.
La zone Euro est la seule zone monétaire AU MONDE à laisser le contrôle de sa masse monétaire aux banques privées . S'il en était de même pour tout le monde pourquoi pas, mais là c'est n'importe quoi et c'est le citoyen qui paye les pots cassés . En même temps les banques s'en foutent car les dépôts sont garantis par l’État et les activités ne sont pas séparées donc le Casino n'est pas prêt de s’arrêter .
Bref, tant que les états seront prêt à sacrifier leur populations sur l'autel du système bancaire européen sans rien demander aux banques en retour, on n'est pas prêt de voir le bout de cette absurdité .
On a fait du peuple le souverain, et on a proclamé que personne n'avait le droit d'exercer cette souveraineté à sa place.
Voila le monde aujourd'hui : en porte-à-faux entre l'impossibilité de cette souveraineté collective par le peuple et l'illégitimité de quiconque de l’exercer à sa place.
Ou vit-on jamais le peuple souverain ? La politique est ce mélange de mauvaise conscience et de mauvaise foi, dont la moindre acrobatie n'est pas pour les gouvernements de tenter en permanence de faire croire au peuple que c'est lui qui gouverne : source de toutes les mystifications et de toutes les servitudes.
Nous devons retrouver notre LIBERTÉ

garlaban a dit…

pas moyen d'accéder à l'URL

garlaban a dit…

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Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir, je vous remercie pour votre commentaire et témoignage sur Pélion,un de mes amis originaire de cette région, m'a raconté que le tourisme intérieur vers Pélion, et celui de WE seraient sur le point de s'effondrer, de nombreuses tavernes et cafés n'ont même pas ouvert pour cet été.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour vos autres témoignages et prises de position. "La nuit sera fraîche" je crois pour les peuples mais jusqu'à quel moment ? Espérons l'Aube (pas dorée) ! Sur la question de l'Euro, je crois que durant les prochains moins on... verra "mieux".

Encore merci

zozefine a dit…

panagiotis, toujours je t'aimerai pour une phrase comme celle-ci : "À Athènes, certains accrocs aux autres formes de vie que celle des hommes, affichent des avis de recherche pour les chatons égarés". je partage ce désespoir suspendu comme un point d'orgue. pas mal de mes "ami(e)s-de-l'été" sont arrivés. ils sont contents, pas trop de monde - ouf, et les prix ont baissé, et puis, ah, le soleil, et la mer. et l'hospitalité. tout ça tout ça. ils n'en voient rien, de cette crise, rien, le soleil les aveugle. l'iceberg se délite par en-dessous, par en-dessus, c'est encore joli. pourquoi leur gâcher leur plaisir ?

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