| Aciérie d'Aspropyrgos - 20/07 - source : Ethnos.gr |
Vendredi
vers 5h du matin à l'aube, les MAT, c'est à dire les CRS de notre
pays à la sociologie décapsulée, ont attaqué les grévistes de
l'aciérie Chalyvourgiki, à l'Ouest du Pirée. Le Procureur de la
« République » sans Res publica, avait évidemment
donné l'ordre de faire « lever » les piquets de grève
et ainsi « dégager la voie pour permettre à ceux qui
souhaitent travailler, le retour au travail ». Le
porte-parole du gouvernement a même insisté dans son explication
« des incidents par la volonté de faire appliquer la loi,
ainsi que le droit sacré de la liberté de travailler ».
On frôle le burlesque. Des négociations pourtant, se déroulèrent
encore la veille au ministère du « Travail », entre les
représentants des ouvriers et ceux du gouvernement, et « on »
attendait la participation de la partie patronale. Les syndicalistes
n'avaient pas non plus caché ces derniers jours leur volonté de
compromis, posant comme préalable, la réembauche partielle et
progressive des confrères licenciés et un certain accord sur les
salaires. De toute façon, le propriétaire de l'entreprise, Nikos
Manesis, ne s'est jamais montré réellement prêt à s'asseoir
autour de la même table avec les syndicalistes et le ministre.
Surtout depuis les élections de juin.
| Aciérie d'Aspropyrgos - 20/07 - source : Ethnos.gr |
Les
grévistes qui se trouvaient devant l'usine, une dizaine environ, ont
été arrêtés et mis en détention. Ils ont été libérés dans la
journée suite également à la pression du mouvement syndicaliste
(de ce qui en reste en tout cas), car aussitôt, la nouvelle a
circulé et les autres grévistes, certains habitants, des
syndicalistes et des représentants des partis de la gauche, SYRIZA
et KKE se sont réunis devant l'usine et aux alentours, provoquant
d'ailleurs un embouteillage impressionnant sur la « rocade des
raffineries », aux dires des journalistes qui prétendent
observer l'essentiel à notre place. La police prétorienne a fait
usage de sa chimie habituelle et de sa force de l'ordre,
indéniablement toujours plus nouveau que la fois d'avant. Nous n'en
sommes plus vraiment surpris je dirais, mauvais signe. Les députés
SYRIZA et KKE Stratoulis, Alexopoulos et Katsiotis, ont été ainsi
molestés et frappés par les policiers, je crois qu'il s'agit là
aussi d'une première en Grèce, et ceci depuis bien d'années. Ce
qui prouve d'abord que les élus du peuple s'asseyant du « mauvais
côté » dans l'hémicycle, ne peuvent plus compter sur leur
immunité par exemple.
Et parmi les autres élus, certains pourront
poursuivre leurs affaires en holdings et autres offshore,
confiant aux chaleureuses et bienveillantes banques l'argent déjà
acquis par les corrupteurs de la société Siemens et autres sociétés
de notre monde devenu si global en si peu de temps, sans souci aucun.
Sous le soleil des Troïkans exactement ! Mais une autre remarque
s'impose aussi : c'étaient également deux députés KKE et SYRIZA
(Kanelli et Dourou) qui ont été agressées par le député
Aubedorien Kasidiaris sur un plateau de télévision en juin dernier,
acte d'ailleurs ayant contribué au renforcement de la popularité du
parti de Mihaliolakos et de ses miliciens, et pas qu'au sein de la
Police, cette dernière a comme on sait, massivement voté en faveur
de l'Aube dorée, 50% des policiers environ, selon certaines
enquêtes. L'imagerie et l'inconscient collectifs « travaillerons »
alors ces faits et gestes à leur guise et à nos risques et périls
par la même occasion... suivant les « orientations du
public ».
| Aciérie d'Aspropyrgos - 20/07 - source : Ethnos.gr |
Nous
arriverions alors à cerner les contours de notre prochain univers à
travers les expression de son état préparatoire que nous subissons
déjà. Les marchés, c'est à dire les banques américaines,
allemandes et françaises, plus les autres vaisseaux
inter-galactiques du même genre, toutes ces créatures de type
« alien », étant devenues détentrices et par quelle
force, des algorithmes de notre aliénation ultime : des États
sans souveraineté, des sociétés violentes et violentées y compris
en Europe, et la déréalisation du futur, c'est à dire l'esclavage
comme seul horizon pour le plus grand nombre des ex-citoyens, de
toute manière déjà dépolitisés depuis des lustres. « Leur
modèle [celui des « marchés »]
n'est pas viable » prédisent certains, mais
des... viabilités de toute sorte, l'histoire humaine en a connu
suffisamment pour en être vaccinée contre l'humanisme (qui
d'ailleurs n'aurait rien de naturel), malheureusement c'est ainsi et
pas autrement, n'en déplaise aux utopistes, donc prenons garde si
nous le pouvons encore.
Et
nos grévistes ont fait de leur « mieux possible », sans
pour autant déborder la séquentialité dominante de notre temps,
ils ne pouvaient pas y arriver tous seuls de toute manière. Cette
lutte des métallos durait pourtant depuis plus de neuf mois pour
acquérir ainsi et dès ses débuts « valeur de symbole »
comme on dit parfois sans s'y tromper. Une lutte essentielle pour les
ouvriers et leurs familles, bénéficiant d'une solidarité plus que
« de classe » de la part du monde associatifs, des
syndicats, des partis de gauche, qui demeura néanmoins
« symbolique » bien que populaire pour le reste de la
société. On pouvait toujours saluer la lutte des métallos de
l'usine de Chalyvourgiki, mais de... loin, sans s'y préoccuper
au-delà, et comment d'ailleurs ?
J'avais
rencontré certains de ces ouvriers en novembre dernier, du temps où
j'avais aussi visité et un peu fréquenté par mes liens d'amitié,
l'École de formation des officiers et ouvriers marins, se trouvant
pratiquement en face de l'aciérie entre une raffinerie et deux
terminaux pour pétroliers et autres méthaniers. Des lieux de
travail, politiquement et sociologiquement marqués, et qui tentent à
devenir des lieux de mémoire à present. Les grévistes pensaient
alors participer en co-créateurs, en un mouvement qui se croyait
lui-même plus vaste, et annonciateur de la « dé-mémorandisation »
du pays.
| Aciérie d'Aspropyrgos - 20/07 l'embouteillage - source : Ethnos.gr |
C'était
vrai jusqu'en juin, ce qui ne signifie pas que les métallos s'y
rendront la tête abaissée. Il manqua pourtant à cette grève sa
concrétisation par la grande politique, autrement dit, par des
rapports de force mieux favorables et qui auraient pu en multiplier
l'écho et les revendications « locales », sur lesquelles
d'ailleurs tout la société serait plutôt d'accord. Ou presque, si
l'on en juge par les résultats des élections de juin et par la
précipitation du gouvernement Samaras. Car notre « premier
ministre » et ses autres marionnettes du merkelisme, après
avoir avalé leurs fausses velléités de « négociation »
du mémorandum, il a fait preuve de « courage et de fermeté »
vis à vis de métallos. Son service de presse a voulu préciser que
l'ordre de « dégager l'accès de l'usine de ceux qui
entravaient la libre circulation des travailleurs non-grévistes, en
violation des décisions de la justice » a été
directement donné par Samaras lui-même. Les non-grévistes
précisons-le, sont une cinquantaine de personnes, « briseurs
de grève » et administratifs, proches de la direction. Société
grecque en brisures pour tout dire. En face, deux cent cinquante
grévistes, déterminés à conserver leurs emplois, leurs salaires
et leur dignité, sachant que l'entreprise ne se porterait pas si
mal, produisant surtout pour l'exportation.
Antonis
Samaras quant à lui, il honore bien son contrat de politicien
insignifiant, néfaste, et créé par le grand marché
« démiurgique », ainsi, il pourra enfin accueillir la
semaine prochaine, les hauts dignitaires Troïkans, un « succès »
enfin dans la main. C'est aussi un signe qui ne trompe pas :
désormais, la répression connaîtra de nouveaux seuils et pas
seulement qu'en Grèce, les métallos espagnols par exemple, viennent
de connaître un « traitement » analogue. La nouvelle
Europe c'est la bancocratie plus la répression et l'électricité en
moins.
| Plage d'Attique - 7h du matin 21/O7 |
| Cinéma en plein air - Athènes juillet 2012 |
Jeudi,
nous avons appris que le courant a été coupé à un établissement
hospitalier pour de patients souffrant de pathologie qu'on considère
comme incurables, situé près d'Athènes. À l'occasion, les
praticiens qu'y exercent, ont précisé devant les cameras et les
micros des reporteurs que la Sécurité Sociale ne verse plus un seul
euro pour leur établissement. Devant le tollé général et surtout
la médiatisation de cette affaire, l'entreprise (encore un peu)
publique d'énergie électrique du pays, a fait marche arrière. Le
porte-parole du gouvernement a fait savoir que le Premier ministre a
« aussi œuvré dans cette direction ». C'est vrai
que nos malades incurables (et une partie des électeurs avec) ne
font pas grève dans un pays où pas loin de la moitié de la
population active ne travaille pas.
Dès
hier (vendredi) près-midi, les syndicats et autres « incurables »
dans les partis de la gauche ont organisé la riposte sur place,
manifestations, appels au soutien général et aux grèves de
solidarité mais l'essentiel semble leur échapper. Car dans la
désunion et (aussi) de ce fait, éloignée du pouvoir
gouvernemental, elle n'y arrivera pas à ces rapports des forces lui
permettant à faire renverser la mauvaise vapeur. Le « fertilisant
politique », pour le dire autrement, n'y est pas, et
l'agglomération athénienne se vide de ses habitants, été et
chômage obligent. N'empêche, Samaras a toujours peur des grévistes
qui durent, et ainsi il prend les devants pour désamorcer à temps
la contestation à venir, alors pressentie pour cet automne, aux
dires de certains analystes.
| Touristes japonais et Athènes-centre - 19/07 |
Grévistes
ou pas, on se vide de tout, de nous mêmes et pour certains de leur
dernier courage. Mon ami M., rapporte que nombreux sont ses collègues
qui ont démissionné, abandonnant leurs statut de chercheur en CDI
ou le cas échéant celui de fonctionnaire, pour s'expatrier. « La
moitié des ces scientifiques qui étaient revenus en Grèce après
leurs études brillantes aux États-Unis, sont déjà repartis.
Biologistes, généticiens, informaticiens dans l'imagerie médicale
comme moi, et ceci, notamment à la suite des élections de juin, une
vraie catastrophe, dans ce pays ils resteront les moins qualifiés au
chômage, les vieux mourants et l'Aube dorée si cela continu
et il continuera je crois... »
Vendredi
matin, il y avait déjà la quai devant les boutiques vendant des
décodeurs numériques. Les chaines de télévision sans aucune
exception ont cessé d'émettre en analogique. Thanasis, le garagiste
avait déjà pris les devants ayant acheté son boitier dès la
veille. Mon oncle St., agent hospitalier à la retraite, est rentré
chez lui le fameux boitier sous les bras. Finalement je l'ai aidé à
l'installer. « C'est une dépense de trop mais nous en
sommes disons dépendants » a-t-il dit mais sans trop
insister, il sait que hors soirées électorales et autres exceptions
et toujours dans l'observation ethnographique, je ne regarde pas la
télévision.
Sur
un marché athénien, vendredi toujours, une vieille dame s'est
plainte du tout numérique et non pas du tout répressif, ceci
expliquerait cela. À 7h du matin ce samedi les plages de Salamine et
d'Attique n'étaient pas encore pleines, tout comme nos cinémas en
plein air, ils ne font pas toujours le plein de spectateurs, même à
5 euros l'entrée. C'est que notre grand scenario a changé. Sept
Grecs sur dix ne partiront pas en vacances cet été selon les
sondages, mais l'agglomération se vide. Le pâtissier du coin croit
savoir que de nombreux citadins ont emballé leur inactivité la
conduisant jusqu'au village dont ils sont originaires, pour (lui)
faire passer l'été et plus... si affinités, au sein de leurs
familles souvent étendues.
| "Jeune homme sans abri" - Syntagma 19/07 |
| « Crisis dinner » |
La
ville se vide pour autant sans « s'alléger ». Sauf pour
les touristes japonais, toujours souriants et heureux, en vacances au
moins. Place de la Constitution, la voirie s'occupe étrangement du
gazon, tandis qu'un jeune homme sans abri réclame de l'aide aux
passants, à l'entrée du métro précisant par son texte bien
affiché « qu'il est Grec ». Deux jeunes femmes font la
promotion d'un opérateur de téléphonie à côté sans y prêter
attention, ni même un seul regard, de même que les acheteurs de
petits pains à 0,50 euros pièce, dont le succès n'est plus à
démontré. Je dirais que nous adopterions progressivement un regard
« offshore » les uns vis à vis des autres. En plus à
part les incendies et les meurtres qui se multiplient, on vient
d'apprendre samedi matin, que « des inconnus ont placé de
la viande et autre nourriture empoisonnée, visant les animaux
sauvage et les chiens bergers au Parc national de Valia Kalda, en
Grèce du Nord. Ce n'est pas la première fois cette année a déclaré
à la presse locale le maire de la ville de Grevena » le
chef-lieu. Donc si même nos bêtes sauvages subissent nos humeurs
des temps de crise, c'est alors grave.
| Rue de la Métropole un mendiant - "retraité"- 19/07 |
Rue
de la Métropole à Athènes, en pleine gloire touristique, j'ai
rencontré un autre mendiant, "retraité" (sans retraite) cette fois-ci, silencieux
debout sous l'ombre d'un immeuble il attendait... Au lieu et place
de texte... explicatif à sa mendicité, et d'une seule main, il
tenait à la fois son gobelet, et une photographie mal vieillie, le
représentant dans une position sociale, économique et symbolique
tout autre, le montrant souriant et bien habillé entouré de ses
trois enfants. Le message est clair : « j'y suis et
vous passants encore bien portants, vous pouvez en arriver à ma
place ». J'ai remarqué que les passants, réalisant
justement le sens de la photo, l'évitent rapidement du regard mais
ils laissent pourtant une petite pièce jaune d'une main parfois
hésitante.
Certains
petits restaurants du quartier touristique viennent d'inventer le
« crisis dinner » à 5 euros et dans le parc
voisin un homme assez âgé, distribuait jeudi dernier aux touristes,
des prospectus vantant les beautés de sa résidence à la mer. Sans
trop de succès visiblement, même un de nos chiens errants s'est
endormi sur un de ces dépliants. C'est vrai qu'il n'a pas encore été
délogé par les MAT lui et que les chiens ne feraient pas grève !
| Athènes 19/07 |
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18 commentaires:
vous soulignez une réalité:les grèves et les manifestations ne sont plus adaptées aux pouvoirs coercitifs et répressifs exercés par les dirigeants européens actuels: ces formes de revendication relèvent définitivement des sociétés de la fin du 19é siècle et d'une bonne partie du 20é siècle et les pouvoirs en place jubilent de cette impuissance des masses à trouver les voies nouvelles de la protestation, de l'indignation contre les poliations dont ils sont victimes car que se passe t'il d'autre à l'heure actuelle que la spoliation organisée et formatée des populations européennes tant au travers de la vente du patrimoine national réspectif qu' à celui des droits des particuliers à vivre dignement, en baissant leurs salaires , leurs retraites, leurs allocations et parallèlement à une augmentation des impôts et taxes.les parades à ce crime organisé et impuni pour le moment, se trouveront dans la douleur et au forceps , mais entre temps nous préssentons tous que cela demandera beaucoup de temps et de souffrance.
Des heurts d'une rare violence ont éclaté entre des ouvriers et leur personnel d'encadrement dans une usine indienne du constructeur automobile Maruti Suzuki, près de New Delhi, blessant près d'une centaine de manageurs et provoquant la mort du responsable des ressources humaines. (...)
(article du journal "Le Monde"http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/20/flambee-de-violence-dans-une-usine-maruti-suzuki-de-new-delhi_1736287_3234.html)
Cher Panagiotis,
À propos de ce passage :
"l'humanisme (qui d'ailleurs n'aurait rien de naturel)"
Je ne suis pas plus optimiste ou pessimiste que vous par rapport à la situation de nos pays (je suis espagnol) Cependant, je me refuse d'accepter cette croyance dans l'"homo homini lupus", religion qui, encore une, ne fait que le bonheur de capitalistes ou bancocrates, comme vous les appelez.
C'est bien de prévenir contre la cécité et le manque d'esprit critique qui peuvent accompagner et souvent accompagnent une vision d'un monde meilleur. Mais supprimez l'utopie et vous trouverez les gens les plus conscients de ce qu'il se passe, donc les plus aptes à agir, au bord du suicide. Et nous ne pouvons pas nous passer d'eux car, par l'instant, il faut se défendre et puis un jour, dès que la majorité des gens sera capable de voir au-delà de leurs postes télé, il faudra aussi prendre le futur dans nos mains.
Merci de votre blog. J'y apprécie votre vue personnelle, sans la langue de bois qu'étouffe les neurones qui nous restent. Et vos photos qui pourraient aussi être celles de mon quotidien. Mais gardez un peu d'espoir! Au moins dans l'abstrait ne vous condamnez pas à la misère du darwinisme social. C'est bien un biologiste qui vous le suggère.
Bonsoir,
« C'est une dépense de trop mais nous en sommes disons dépendants »
De cette dépendance-là Dino Risi avait tiré un magnifique sketch :
http://www.youtube.com/watch?v=JZ4uQQLBUhc, pour le plaisir.
Cet engin, et la dépendance qu'il engendre, a certainement une part de responsabilité dans l'abrutissement des individus contemporains, dans leur castration intellectuelle et opérationelle. Je serais très curieuse d'assister à l'expérience suivante : suppression de toutes les télé pendant un mois sur l'ensemble du continent européen.
Panagiotis, j'ai cherché en vain le nom de l'hopital auquel le courant a été coupé. Vous pouvez le donner SVP ?
Merci pour votre témoignage en temps réel à la veille de la "descente" de la troïka... Il ne peut s'agir que d'une volonté de mettre à genoux les peuples en laissant volontairement le pouvoir aux Marchés !
Je me permets de publier un paragraphe avec le lien de votre blog sur Mediapart, journal indépendant français.
http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-therese-ferrisi/230712/grece-aube-matee
Merci pour votre commentaire, c'est ainsi et il en sera davantage au fur et à mesure où "la théorie des miettes, selon laquelle elles tombent de la table des plus aisés et finissent par profiter à tous, a clairement cessé de fonctionner. Là où elle n’existait pas ou plus, la pauvreté est réapparue, depuis devenue structurelle et s’étendant" - billet de François Leclerc sur le site de Paul Jorion www.pauljorion.com/blog/?p=39741#more-39741. Les travailleurs de jadis faisaient grève pour plus de miettes, essentielles certes mais le temps des miettes est révolu. Je suis d'accord avec vous sur le temps et la souffrance.
Merci pour cette nouvelle, ignorée des médias grecs, j'avais aussi lu ce papier du Monde. Chez les pays dits émergents la croissance "passe et casse" et ceci depuis toujours.
Bonjour et merci pour votre commentaire ainsi que pour votre suggestion de bon sens ! C'est vrai qu'à défaut d'utopie la prise en main du futur nous sera impossible. Et l'espoir demeure contre vents et mauvaises marées, je vous le souhaite aussi de tout cœur. Nous devrions échanger sur nos expériences et sur nos luttes, déjà entre Espagnols, Italiens, Portugais, Irlandais et Grecs, les médias ont réussi à déconnecter notre vécu sous la bancocratie.
Bonjour et merci pour votre témoignage et le lien. Il s'agit de L'établissement pour patients souffrant de maladies incurables de Kypseli (un quartier d'Athènes). On trouve l'information mais malheureusement pour les non hellénophones, qu'en grec, voilà par exemple sur le site du quotidien économique www.naftemporiki.gr/news/cstory.asp?id=2211916
Bonjour je vous remercie, et aussi pour le paragraphe sur Mediapart.
Bonjour Panayiotis,
J'avais entendu dire que SYRIZA avait empêché le déroulement d'une grève de solidarité avec Xalivouryia dans une autre entreprise sidérurgique ? Qu'en est-il ?
On vous sent en colère devant ces actes, et je ne peux m'empêcher d epenser à tout ce que mon pays d'origine a déjà subi... Les députés molestés... Un vent (très) mauvais souffle.
Ici en France nous tentons d'organiser la solidarité avec les camarades.
Enfin, bravo pour cette phrase qui à mon avis fera son chemin : "La nouvelle Europe c'est la bancocratie plus la répression et l'électricité en moins."
La sortie de la Grèce de l'euro serait pour septembre
http://globaleconomicanalysis.blogspot.fr/2012/07/imf-seeks-to-halt-aid-to-greece.html
A partir de là, ce sera plus dur, et plus clair je pense, puisqu'il ne sera plus question de discuter avec des "bancocrates" éloignés. Le dialogue sera entre riches grecs et pauvres grecs.
L’Espagne aurait plus intérêt à une sortie de l'Euro :
L'Espagne peut avoir deux stratégies : poursuivre l'ajustement débuté en 2009 pour réduire le déficit public et le déficit extérieur en recevant certaines formes d'aides des autres pays de la zone euro : recapitalisation des banques ; périodiquement, achats de dette par la BCE et peut-être dans le futur par l'EFSF-ESM ; ou bien sortir de l'euro, faire défaut sur sa dette extérieure brute et dévaluer fortement sa devise.
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=65086
C'est peut être aussi ce type d'étude que devraient lire les manifestants.
le coup de l'hopital, c'est quand même énorme, une pure logique de "rationalisation" terminale/neonazie (pas la peine de me sortir le point Godwin, c'est très précisement de ce dont il s'agit)
Ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de regarder la serie Torchwood seraient bien avisés d'y jeter un oeil au fait, les saisons 3 et 4 (pouvant etre regardées en "standalone" sans se taper toute la serie : une seule histoire par saison) etant non seulement ouvertement politiques, mais ayant anticipé pas mal des saloperies à venir. Ainsi dans la saison 4, le point de depart etant l'immortalité subite de tous les habitants, se transformera tres vite en cauchemar "rationnel" quand il s'agira de classer/hierarchiser/redefinir la valeur de la vie des populations...
Ce qui etait un scenario de SF qu'on avait du mal à imaginer se realiser un jour (ou disons pas avant quelques siecles...), ça commence déjà à y ressembler un peu en Grèce...
Pourtant, il y a des sous :
Mettons que cette fortune ne rapporte que 10 % en moyenne, soit 2600 milliards, pour des contribuables qui devraient être taxés au minimum à hauteur de la moitié de leurs revenus, cela ferait 1300 milliards de recettes fiscales en plus dans le monde. Nul doute que chaque pays saurait quoi en faire…
http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2012/07/23/26-000-milliards-de-dollars-dissimules-dans-les-paradis-fiscaux/
Bonjour, merci pour votre remarque et commentaire, je n'ai pas pu confirmer votre information sur SYRIZA et l'empêchement du déroulement d'une grève de solidarité avec Xalivouryia dans une autre entreprise sidérurgique. J'y reviens dès que possible.
Merci pour votre solidarité
Et dire que tout cela était prévu et organisé de longue date par les vrais dirigeants mondiaux. Je ne cesse de diffuser la déclaration de Rockefeller en juin 1991 lors de son discours devant la Commission trilatérale : « ..Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et aux autres grandes publications dont les dirigeants ont assisté à nos réunions et ont respecté leurs promesses de discrétion pendant presque quarante ans. Il nous aurait été impossible de développer notre plan d’action pour le Monde si nous avions été sous la lumière des projecteurs pendant toutes ces années. Mais maintenant, le Monde est plus sophistiqué et mieux préparé à la marche vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée au cours des siècles passés… ». Il y a vingt ans, on me renvoyait à la théorie du complot, aujourd’hui les gens s’étonnent que ce soit arrivé, que l’autodétermination nationale soit un vieux souvenir. Et pourtant, rien ne change, on vote, on proteste, on s’indigne... Si je n’étais pas un irréductible optimiste, je désespèrerais de la conscience politique de mes congénères. Depuis trois mois que je parcours l’Epire, je parle aussi de Panayotis et de son blog que peu de Grecs semblent connaître, même quand je croise une jeune et sympathique anthropologue athénienne en vacances sur ma plage. Pourtant, quoi de plus simple que de taper greekcrisisnow sur son ordinateur ou dans le premier cybercafé venu….
Cher Panayotis, je suis encore "grec" pour deux mois et je ferais bien quelques kilomètres de route pour vous rencontrer, à Athènes, Thessalonique, Trikala…, ou pourquoi pas à Igoumenitsa, il y a ici matière à chroniquer ! (je paierai dans ce cas vos frais de route). Comment fait-on pour vous proposer un rendez-vous ?
En attendant, merci pour votre excellent travail de chercheur chômeur.
PS : Lors d’une Paneyiri dans un petit village de montagne, j’ai demandé à un jeune comment il se faisait que les danseurs étaient si gais alors que la musique et les paroles des chansons sont si tristes. Il m’a répondu que les Epirotes sont un peuple familier des drames et de la misère et que leur musique est donc triste. Et s’ils sont gais en tournant au son du clarino, c’est parce qu’ils peuvent encore danser ! J’ai trouvé que c’était une belle philosophie… Jean-François Aupetitgendre, Igoumenitsa.
Bonjour et merci pour votre commentaire et témoignage. C'est avec plaisir que nous pouvons organiser notre rencontre, pouvez-vous m'envoyer un mail pour échanger les informations pratiques ?
Cordialement
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